Tag: démocratie

  • Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Un instant « solennel » pour « honorer le souvenir » des disparus mais aussi un « moment de reconnaissance en cette année intense, sans aucun répit ni sur le front du secours ni sur celui des feux », a introduit ce samedi 6 décembre, Richard Maillé, président du Sdis (Service départemental d’Incendie et de Secours) 13 à l’occasion de la cérémonie de la Sainte-Barbe, protectrice de ceux qui affrontent le feu et le danger.

    Dans le hall cathédrale de l’Hôtel du Département, des hommes et femmes casqués plutôt habitués au terrain, à raison d’une intervention toutes les 3 minutes. Le Sdis 13 étant l’un des plus importants de France avec 1 250 sapeurs-pompiers professionnels et 4 700 volontaires. La collectivité poursuivant une « politique volontariste du recrutement malgré la pression financière », s’est félicité Richard Maillé, ils seront 75 à venir compléter les rangs annonce-t-il. Soit une augmentation de plus de 23% en dix ans, ajoute-t-il.

    « Depuis 2015, nous mettons en avant la protection des biens et des personnes », a martelé Martine Vassal, présidente DVD du Département qui en a profité pour adresser un message au préfet Jacques Witkowski.

    Un « modèle atypique »

    « J’espère que vous resterez un long moment dans nos murs, je suis persuadée que vous allez être l’homme de la situation », a-t-elle lancée, rappelant que « nous sommes dans un département particulier où vous avez tous les risques sauf celui des avalanches ». Pour les pompiers, « pas d’économie, que des dépenses pour du matériel et des casernes du XXIe siècle », poursuit l’élue qui prévient : « Les recettes ne sont pas extensibles. » Pour elle, « les départements sont en danger », estimant que « sans eux c’est une régression de la démocratie ». Elle insiste : « Il va falloir qu’au plus haut niveau de l’État, on travaille sur l’équation des recettes et des dépenses, Monsieur le préfet. »

    Le représentant de l’État se bornera à la lecture du message de Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, défendant un « modèle atypique fondé sur le volontariat qui nous oblige ». Les sapeurs pompiers vont également pourvoir bénéficier de trimestres supplémentaires pour la retraite « dans un décret pris dans les prochains jours », a promis le ministre.

    Cette cérémonie a également été l’occasion de remise de médailles de la sécurité intérieure, échelon bronze argent ou or, et de casques pour la 55e promotion de professionnels, baptisée du nom d’Emma Bouquet, tragiquement décédée à 21 ans en février et, volontaire au centre d’incendie et de secours d’Eyguières depuis 2 ans.

  • Un festival pour briser idées reçues et fake news en région Occitanie

    Un festival pour briser idées reçues et fake news en région Occitanie

    Des tables rondes, des débats, conférences, remises de prix, documentaires, pièces de théâtre et même des matchs de rugby… ! A l’occasion des 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État, le conseil régional de la laïcité et des valeurs républicaines organise, dans les villes de la région, un festival de la laïcité, du 3 au 9 décembre.

    En présence d’experts, d’associations, de syndicats et de jeunes, les 120 événements* se veulent autant de moments à la fois festifs, vivants et instructifs à rebours de l’image rigide donnée par certains à cette valeur fondamentale de la République française. « Plus que jamais au moment où se développent les fake news via les intégristes et les populistes, la laïcité est une nécessité en démocratie », insiste Carole Delga (PS). La présidente de Région déplore que par « méconnaissance ou incompréhension », la laïcité soit devenue pour certains synonyme de « terreau d’exclusion », alors qu’elle permet au contraire tout l’inverse. « Elle nous permet de vivre ensemble dans la République dans le respect des valeurs et des convictions de chacun. Ce n’est pas un combat contre mais une force bienveillante du commun : la République française », dit-elle par opposition aux 50 ans de la mort de Franco.

    Face à la religion musulmane qui se sent ostracisée, l’élue socialiste l’assure : « La laïcité permet de croire ou de ne pas croire, c’est la liberté de conscience, la capacité à choisir son destin. Il n’y a pas d’excommunication des religions. Il n’y a pas de religion d’État dans notre pays. La loi est toujours supérieure à la foi ».

    Parce que les populations migrent de plus en plus, Henri Peña-Ruiz, évoquant l’assassinat d’une jeune Iranienne (Mahsa Amini) pour « une mèche de cheveu qui dépassait », insiste sur ce bien précieux pour l’avenir. « La laïcité permet le vivre ensemble, l’égalité de droit des convictions spirituelles et l’orientation de la puissance publique vers l’intérêt général ». Et le parrain du conseil régional de la laïcité de conclure à l’attention des jeunes qui doutent : « Dans un pays laïque, il y a de la place pour tout le monde ».

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    Ils ont tous 16 ans, des envies et des propositions. Et mieux : les défendent. Autour de la table, au centre social de la Martine (15e), Hadidja, Soulayman, Zayan et Iqbal font partie des jeunes que Kader Allem, coordinateur du service jeunesse, comptent bien voir intégrer officiellement un futur « conseil des jeunes », d’ici janvier.

    Sur l’idée qu’ici « on ne consomme pas des loisirs », explique Kader, qui insiste sur le rôle éducatif du centre social. « On doit vous apporter ce que vous n’allez pas proposer », insiste-t-il face aux jeunes, rappelant la sortie au musée d’histoire de Marseille, le matin même. « Génial », reconnaît Zayan. Il faut dire que sur le passage de Kader, ça déménage. En poste depuis 10 mois, il dynamite les idées reçues. Les presque jeunes adultes participent déjà aux réunions avec les responsables du centre. « C’est bien qu’on nous entende », se félicite Hadidja. Cet été, ils ont par exemple pu organiser une sortie bouée tractée. Cela peut paraître anecdotique, mais il a fallu argumenter et débattre pour y arriver face à une équipe de responsables pas convaincue. Une expérience de démocratie bien concrète.

    « Il faut trouver une activité que tout le monde soit en capacités de faire, avec laquelle tout le monde soit d’accord », explique Zayan. « On met tout à plat, chacun donne son avis et on fait une synthèse », complète Soulayman. Déjà organisés en groupes sur les réseaux sociaux pour échanger, ils ont su porter la parole de la majorité. « On ne peut pas dire aux jeunes “vous avez le pouvoir d’agir” et leur dire non », estime Kader, qui espère les voir intégrer à terme le conseil d’administration du centre social pour leur donner la possibilité de s’exprimer sur les projets, le fonctionnement de l’accueil jeunes. Histoire de « co-construire » la vie du secteur jeunes en « trouvant un équilibre ».

    Question de confiance

    « On aimerait des heures plus adaptées », lance Soulayman quand, aujourd’hui, il faut concilier l’accueil des tout-petits avec celui des ados. Dans un grand sourire, Hadidja se souvient de cette rentrée tardive de rando qui a fini sur la plage avec jeux et pique-nique. Plus de séjours, aussi, seraient les bienvenus. « Cet été, on a fait trois voyages dans les Alpes, à Paris et Argelès », raconte Zayan, heureux que « Kader ait tenu parole ». La confiance restant aussi le maître mot de la démarche.

    Le conseil jeunes, c’est aussi l’occasion d’aborder concrètement la question du financement. Une grande injustice, estiment-ils. « On nous dit toujours, y a pas de sous, on trouve ça dommage », commente Soulayman. Kader ne leur cache pas les difficultés, les dossiers déposés dans le cadre de subventions pour les quartiers prioritaires, « on est obligés de jongler ». Et l’État qui diminue tout. « Cela nous inquiète », alertent les jeunes.

    Ils aimeraient aussi que le centre social s’équipe de minibus pour se déplacer plus facilement. Une priorité pour Kader. Dans la vie de tous les jours aussi, l’expérience porte ses fruits. « Cela nous apprend à être à l’aise, à mieux s’exprimer », reconnaît Hadidja. « On est capable d’avoir un avis et qu’il soit pris en compte », ajoute Soulayman. Même si Zayan reconnaît qu’il « n’y a pas moyen » d’aller contre l’avis de sa mère ou d’un professeur.

    « Le pouvoir d’agir »

    Le « pouvoir d’agir des jeunes », c’est bien là le leitmotiv de Kader, qui doit par la même occasion convaincre les adultes.

    « Je suis assez grand pour prendre des décisions, je suis mature, quelqu’un de construit. Avoir 18 ans ça veut rien dire. Je suis un grand garçon », embraye Iqbal. « Des gens de mon âge ont déjà assez de poids sur le dos, beaucoup de responsabilités. Ils travaillent, paient le loyer de chez eux. Je suis assez grand pour que, ma parole, elle compte quand je dis quelque chose. On a tous notre mot à dire, c’est ça la liberté d’expression », insiste-t-il. Et de revenir sur ce qui se passe dans son quartier la Simiane.

    « On a des loyers trop chers. On est au centre des quartiers Nord, mais on est oubliés. Le syndic ne fait rien pour nous. Alors qu’il y a un terrain, on pourrait en faire un vrai stade comme à l’époque de mon grand frère. Là, je sors, je fais quoi ? Je m’assois sur le banc, je regarde l’heure passer ? Alors qu’il y aurait beaucoup de choses à faire », s’indigne-t-il. « C’est vide », confirme Zayan. Les tentatives de dialogue, n’ont « rien donné », déplorent-ils. « J’ai bien pensé à faire une manifestation », confie Iqbal, « mais les gens s’en foutent, car on n’est pas assez de jeunes, on est des générations séparées ».

    De là à évoquer le droit de vote dans les quartiers, il n’y a qu’un pas, qu’il franchit sans souci. « Je parle beaucoup politique avec mon père, je serai capable. Je veux vraiment que ça change et pas que pour moi, aussi pour les plus petits ! », insiste Iqbal. « Je veux pas déménager, je suis né ici, je veux changer là où j’habite », assène Zayan.

  • La liste de gauche Union étudiante bien exclue des élections universitaires à Avignon

    La liste de gauche Union étudiante bien exclue des élections universitaires à Avignon

    Pas de liste de gauche aux élections des représentants des usagers de ce mercredi 5 et jeudi 6 novembre à l’Université d’Avignon.

    La direction de l’établissement a effectivement confirmé, ce lundi 3 novembre, la non-recevabilité en raison « du caractère incomplet des dossiers de candidatures déposés à la date limite fixée par l’arrêté électoral et de l’absence de régularisation dans les délais réglementaires », précisant que « le respect des règles électorales constitue la condition indispensable d’un exercice équitable et transparent de la démocratie universitaire », peut-on lire dans un communiqué de presse.

    Du côté des membres de l’Union étudiante, c’est toujours l’incompréhension qui règne. « Il parle de son attachement aux règles. Mais il a donné un délai pour la commission de recherche, donc cela montre qu’une adaptation est possible. Si cette décision-là n’avait pas été prise, cela aurait été plus cohérent, on aurait accepté. Mais là, il y a une règle pour deux décisions, il se contredit lui-même », confie avec amertume Théo Carette, membre actif de la liste, en s’adressant au président de l’Université, Georges Linarès, décisionnaire final. Un recours devrait être présenté dès la publication des résultats.

    Droite et extrême droite

    La direction de l’Université affirme également regretter que « l’ensemble des sensibilités étudiantes ne puisse être représenté lors de ces élections ». Car c’est en effet la seule liste se réclamant de gauche parmi les quatre en lice, avec notamment la présence de l’UNI et de la Cocarde, proches de l’extrême droite, comprenant notamment des attachés parlementaires du RN en leur sein.

  • Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Pas moins de 330 déplacements sur le terrain pour 30 000 personnes rencontrées, 5 076 questionnaires remplis et 1 500 propositions de citoyens. La tournée de la Région Occitanie, qui s’est déroulée d’avril à août 2025, fut quelque peu intense pour les élus de la majorité, regroupée derrière la présidente PS Carole Delga. « Nous traversons un épisode de crise politique qui abîme le lien entre citoyens et politiques. L’étude “Fractures françaises[qui montre que 90% des Français se disent mécontents de la situation du pays, Ndlr] confirme cette défiance entre les élus et le peuple. Notre souhait était d’avoir une relation réinventée avec les citoyens, c’est le fil rouge de nos mandats », souligne Carole Delga.

    Pouvoir d’achat en tête

    Ainsi, au fil des rencontres avec la population, les élus ont pu prendre le pouls de leurs attentes mais aussi recueillir leur avis sur les politiques publiques menées depuis plus de 3 ans, date de l’élection de Carole Delga à la tête de l’Occitanie pour un second mandat. « Nous sommes allés sur le terrain hors contexte électoral, ce qui est d’autant plus intéressant car le dialogue est beaucoup plus franc. Nous n’avons pas toujours bien été accueillis mais assez vite, on voit que ce dialogue apaise la relation des citoyens avec la démocratie, on en a particulièrement besoin », soutient Benjamin Assié, président du groupe Occitanie Écologie.

    À l’analyse des questionnaires, il semblerait que plusieurs préoccupations soient primordiales pour les Occitans. « La question du pouvoir d’achat revient spontanément, toutes les mesures qui viennent en aide aux familles comme celle visant à faire la rentrée scolaire la moins chère de France. Les soins, ensuite, avec les recrutements de médecins dans les déserts médicaux. Enfin, la question des déplacements car nous sommes la région la plus enclavée de France, les citoyens nous demandent de rouvrir des lignes de train hors métropole », énumère Carole Delga. Autant de requêtes résonnant avec les dispositifs mis en place par la Région.

    Ensuite, vient le « mieux vivre ensemble » avec l’égalité femmes-hommes et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Une manière de montrer que les Occitans sont en réalité bien éloignés de la frénésie autour de l’immigration chère à l’extrême droite. « On veut présenter la France comme excédée par les immigrés mais ce n’est pas vrai. Certains populistes présentent l’immigration comme facteur d’insécurité mais ce n’est pas vécu comme tel par les Français », observe Carole Delga. La transition écologique quant à elle arrive en troisième position dans les propositions faites par les Occitans. « Il y a un éco-bashing de l’extrême droite, par certains médias. Mais en réalité, les habitants voient d’un bon œil le développement de cette filière », poursuit Benjamin Assié.

    Néanmoins, la collectivité socialiste a essuyé quelques critiques. « Nous étions parfois interpellés sur le fait d’avoir une meilleure connaissance de l’offre des transports. Nous allons faire des efforts pour avoir une meilleure lisibilité. Tout comme l’installation de médecins où dans certains départements, il n’y en a pas encore assez », reconnaît la présidente. Concernant le projet quelque peu décrié de l’A69, « elle est citée dans le Tarn mais les gens ne nous en parlent pas en dehors du département. C’est un phénomène monté en épingle », précise Carole Delga. Forte de ces échanges, la Région prévoit un acte 2 de cette tournée après les élections municipales, en mars 2026. La collectivité compte également lancer un Comité régional du dialogue citoyen, afin de pérenniser cette relation.

  • La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    La gauche embraye pour les municipales à Saint-Cyr

    Ce vendredi, la gauche (PCF et PS), l’Association Saint-Cyr citoyenne, écologique et sociale, ainsi qu’un groupe de citoyens ont annoncé leur candidature commune au sein de la liste « Saint-Cyr à gauche, vers une ville juste et solidaire », menée par Sylvie Vinceneux, responsable de la commission nationale logement du PCF. Comme d’autres colistiers, elle figurait sur la liste « Un nouvel élan pour Saint-Cyr », conduite en 2020 par Dominique Olivier (PS), élu municipal depuis 2015, qui fera partie de l’aventure en position non-éligible.

    Le logement en priorité

    « Seule femme tête de liste », Sylvie Vinceneux aura pour concurrents la liste de la majorité sortante conduite par Pierre Luciano (DVC), adjoint du maire Philippe Barthélémy (qui ne se représentera pas), le conseiller municipal d’opposition Yvan Maubé (DVD) et Philippe Serre (ex-PS devenu macroniste), tête de liste à gauche en 2014. Pas de liste RN en vue. Mais l’enjeu autour de ses électeurs, majoritaires lors des législatives de 2024, est primordial : « Beaucoup votent pour eux et cherchent des coupables. On s’adresse aussi à eux et on prouvera que le RN n’est pas la réponse », annonce Sylvie Vinceneux.

    Dans un « contexte de cadre budgétaire contraint qui aura des répercussions au local », la liste veut faire évoluer « une ville vieillissante et repliée sur elle-même, avec un manque de démocratie locale » où « 43% population a plus de 60 ans » et qui connaît « une baisse démographique depuis une dizaine d’années, ce qui peut avoir des effets néfastes ».

    Pour ce faire, le logement est une priorité : « 45% sont des résidences secondaires. Il y a beaucoup d’Airbnb et seulement 9% de logements sociaux alors que 70% des habitants y ont droit. Les prix ne permettent pas aux jeunes actifs de rester », détaille Sylvie Vinceneux, qui relève aussi « près de 6% de passoires thermiques ». À ce titre, le projet de constructions de logements sociaux dans le quartier Pradeaux-Gare ne doit cependant « pas exproprier une cinquantaine de familles. On proposera un contre-projet », annonce la tête de liste. Ainsi, « la solidarité » est mise en avant pour « venir en aide aux plus fragiles, dont les seniors », et lutter contre « un taux de pauvreté de 10%, avec 14% de familles monoparentales ».

    Parmi les autres sujets abordés, celui de l’écologie et de la justice sociale, avec une « préoccupation particulière pour l’agriculture, les plages et le littoral, notre bien commun », dans une ville qui devra « bâtir sans bétonner ». Dans cette logique, a aussi été abordée la question des mobilités, notamment celle de la nouvelle gare, sur laquelle « il paraît impossible de revenir en arrière quant à l’implantation », mais « qui doit répondre aux besoins en termes d’accès et de stationnement, permettre de fluidifier la circulation à Saint-Cyr et y être reliée par des transports en commun ».

    Enfin, des propositions sur des sujets communautaires (gestion de l’eau, des déchets…) seront mis au débat, avec la volonté « d’informer la population plutôt que de passer des projets en catimini », conclut Sylvie Vinceneux, qui invite « les Saint-Cyriennes et Cyriens partageant nos valeurs à nous rejoindre ».

  • L’ONU, une maison commune menacée

    L’ONU, une maison commune menacée

    « Nous, peuples des nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Il y a quatre-vingts ans jour pour jour, la charte des Nations Unies était ratifiée par la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’URSS, les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale aux côtés de 46 autres états. L’idée étant d’empêcher un nouveau conflit mondial dévastateur. Cette volonté d’une communauté internationale avait déjà émergé au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec Société des nations (SDN) créée en 1919 et qui se solde par un échec après 25 ans d’engagement.

    L’Organisation des Nations Unies (ONU) est donc fondée sur quatre missions : maintenir la paix et la sécurité internationale, favoriser la coopération internationale, lutter contre la pauvreté et assurer le respect des droits de l’homme. Deux ans après la ratification de la charte, le drapeau est adopté, fond bleu et rameau d’olivier, symboles de la paix.

    Quatre-vingts ans plus tard, l’institution est critiquée, les attaques fusent. Dans son texte fondateur, il est notifié dès l’article 2 que « l’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres ». Si ce principe s’applique pour l’Assemblée générale et ses 193 États membres, ce n’est pas le cas du Conseil de sécurité, organe exécutif de l’Onu, dont seuls les cinq membres permanents ont un droit de veto. Cette hiérarchie, issue de la guerre, pose question au fil des ans et des conflits qui éclatent. Ces lignes ne suffiront pas à tous les lister… Le génocide à Gaza en est un exemple criant. Les États-Unis, allié indéfectible d’Israël, ont, en deux ans seulement, opposé à six reprises leur veto sur des projets de résolutions exigeant la fin immédiate et permanente de la guerre sur le territoire palestinien. « La 10 000e réunion du Conseil de sécurité se solde par un veto, symbole de sa paralysie », se désolait le 18 septembre dernier le site d’information onusien. L’organisation reste, à ce jour, la seule garante du multilatéralisme. Et fait face à l’une de ses plus grandes menaces à ce jour en la personne de Donald Trump.

    C’est au siège new-yorkais de l’institution, à la tribune de la grande salle recouverte de marbre vert qu’ont été prononcés les discours parmi les plus marquants de notre histoire récente. De Harry Truman à Yasser Arafat, Thomas Sankara, Fidel Castro en passant par Nelson Mandela, Mouammar Kadhafi, Vladimir Poutine. Ces murs ont été le théâtre de la diplomatie mondiale. Pour le meilleur et parfois, le pire. « L’ONU ne règle pas les problèmes (…), elle en crée de nouveaux que nous devons résoudre », c’est ce qu’a avancé l’actuel président américain le 25 septembre dernier. Depuis le retour du milliardaire républicain au pouvoir en janvier, les États-Unis, premier contributeur de l’ONU, ont suspendu leur financement. C’est 1,5 milliard de dollars de cotisés qui n’avaient pas été payés au 30 septembre, dont 300 millions de dettes cumulées au fil des années selon un rapport de l’ONG Service international pour les droits de l’Homme (ISHR), publié ce mardi.

    À cela s’ajoutent les manœuvres de la Chine et de la Russie pour couper les financements de certains organismes qui déplaisent à ces deux puissances. « À l’heure où l’ONU est en pleine réforme et où la crise financière la frappe durement, ces efforts (…) constituent une menace existentielle pour le système des droits humains », note l’ONG suisse.

    Une catastrophe pour l’ONU qui prévoit d’ores et déjà une réduction de 15% de son budget ordinaire pour 2026, qui va nécessairement impacter les 38 000 personnes travaillant pour le Secrétariat et les 112 000 agents sur le terrain. Et des millions de personnes dans le monde.

    CHRONOLOGIE

    24 octobre 1945 : Ratification de la charte

    La charte de l’Organisation des Nations Unies est ratifiée et acte sa création officielle. Les cinq membres permanents, vainqueurs de la Seconde guerre mondiale sont signataires aux côtés de 46 autres États.

    10 décembre 1948 : Déclaration universelle des droits de l’Homme

    Les 58 États qui siègent alors au sein de l’Assemblée générale adoptent la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris.

    22 novembre 1967 : La résolution 242

    Après la guerre des Six Jours le Conseil de Sécurité adopte la résolution 242 censée servir de base à la paix au Moyen Orient. Le texte demande, déjà, le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés».

    13 novembre 1974 : Arafat, le rameau d’olivier et le fusil

    Le leader de l’Organisation de libération de la Palestine, Yasser Arafat, s’exprime pour la première fois devant l’Assemblée générale, dans ce qui était alors considéré comme un tournant.

    4 octobre 1984 : Sankara à la tribune

    Dans la célèbre salle de marbre vert, le président burkinabé lance un vibrant discours contre les grandes puissances impérialistes qui restera dans l’histoire.

    31 janvier 1992 : Première réunion du conseil de sécurité

    Le Conseil de sécurité tient la première réunion de son histoire au niveau des chefs d’État ou de gouvernement dans son siège new-yorkais. Ce rendez-vous posera les bases d’un rapport du Secrétaire général intitulé « Agenda pour la paix ».

    5 février 2003 : Colin Powell et la fiole

    Pour justifier d’une intervention militaire en Irak, le secrétaire d’État américain Colin Powell présente de fausses preuves d’armes de destruction massives retrouvées sur le sol irakien. Le discours du Français Dominique de Villepin restera aussi un moment fort de l’opposition à cette guerre basée sur ce mensonge.

    12 décembre 2015 : Accord de Paris

    Lors de la COP21 de Paris, 195 partis signent un accord et universel sur le climat.

    30 janvier 2020 : Épidémie mondiale

    Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé déclare l’épidémie de Covid-19 urgence de santé publique de portée internationale.

  • 80 bougies dans la tempête

    80 bougies dans la tempête

    Les Nations Unies. Le terme, cher au président américain Franklin Delano Roosevelt (30 janvier 1882-12 avril 1945) a donné son nom à l’unique organisation mondiale réunissant l’ensemble des pays de la planète. C’est le lieu de la discussion, de la confrontation, de traités et de chartes donnant à la communauté humaine un socle commun d’actions et de valeurs. Cette visée idéaliste n’est pas une utopie. L’ONU et tous les organismes qui s’y rattachent, sont une lueur d’espoir pour les peuples. Ceux qui fustigent son existence, ses prises de position, sont les autocrates, les partisans de la guerre, de la force.

    Droit international

    C’est grâce à l’ONU que le droit international surnage dans un océan de conflits et parmi les prédateurs. Un droit international qui est piétiné non parce qu’il est faible mais parce qu’il n’est pas respecté faute de courage politique.

    Faire primer le droit international c’est ne pas reculer et sanctionner ceux qui se rendent coupables de guerres et d’agressions territoriales à l’instar de la Russie de Poutine et du gouvernement de Netanyahu en Israël.

    La menace pèse sur l’ONU comme elle pèse sur les démocraties, les peuples. Le danger le plus terrible est celui de la guerre. Née sur l’idée du « plus jamais ça », après les millions de morts du second conflit mondial, l’ONU doit faire face à la frénésie militariste. 3 000 milliards de dollars de dépenses d’armement seront atteints d’ici la fin de l’année. Cette folie est justifiée au nom de la défense des uns contre les autres. Une manne pour les complexes militaro-industriels. Dans ce contexte, l’ONU est, en dépit, de ses défauts, plus que jamais indispensable.

  • Une sensibilisation à la démocratie pour 200 jeunes

    Une sensibilisation à la démocratie pour 200 jeunes

    Ils sont venus de Nantes, Nîmes, Alès, Digne-les-Bains… 200 élèves issus des structures d’insertion des quatre coins de la France ont déambulé, ce mercredi, dans le camp des Milles. Pour ce jeune public, issu de structures d’insertion comme l’École de la deuxième chance, l’Institut Télémaque et autres associations, fouler le sol du site mémoriel est une première. D’autres n’en avaient jamais entendu parler. Ignoraient même, le rôle de la France dans la déportation des juifs, entre 1939 et 1945. Ce bout d’histoire, ils ont pu le découvrir par le biais d’une journée « d’engagement et de réflexion citoyenne » autour du thème de la démocratie, coorganisée par le Camp des Milles et la Fondation groupe EDF.

    « C’est une journée de lancement. 3 000 au total répartis dans une vingtaine d’associations spécialisées dans l’insertion des jeunes vont vivre la même journée », précise Alain Perra, délégué général pour la Fondation EDF. Au programme de la journée, visite guidée des lieux, de l’exposition de La Vie Dessinée de Joann Sfar et séquences d’ateliers et d’échanges axés sur les thèmes de la « citoyenneté, la mémoire et la fraternité ». Objectif, décrypter les mécanismes qui mènent aux actions de discriminations et fournir des outils de lutte contre l’extrémisme et la haine dans leur globalité.

    L’« espoir » de demain

    « J’ai été touchée, on parle souvent du rôle des nazis et des étrangers dans la déportation, mais on oublie de rappeler qu’on a eu notre rôle aussi, pointe Margaux, 20 ans. On nous le cache presque et on préfère accuser les autres. » En « temps de crise », terme régulièrement revenu au cours des ateliers et terreau des discriminations, Margaux estime que la « fraternité » est nécessaire. « Il y a beaucoup d’injustices en ce moment : sexisme, racisme, violences envers les femmes et hommes, les homosexuels. On peut se soutenir malgré nos différences. » « On se met à la place des gens qui ont été enfermés ici (…) En termes d’informations, j’avais l’impression qu’il manquait quelques éléments (…) C’est bien de parler du site, mais il faudrait qu’on ramène les propos de ce qu’il se passe aujourd’hui. On doit parler de ce qu’il se passe aujourd’hui, ne pas laisser faire. Par exemple, sur l’affiche à l’entrée (traitant du 7 octobre 2023), il aurait fallu rappeler le contexte », ajoute Guillaume, 22 ans.

    Pour Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles, l’engagement citoyen de la jeunesse est « un espoir » pour assurer la démocratie de demain. « Ce qu’il faut retenir avant tout, des leçons de cette venue au Camp des Milles, c’est que la haine de l’autre peut mener au pire pour chacun d’entre nous, au pire pour la société, la liberté, la démocratie. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte en France ou l’on voit se développer les haines identitaires, le rejet de l’autre et ce lieu est une alerte terrible (….) Il ne faut plus rien laisser passer dans ce domaine. »