Tag: démantèlement

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.

  • Le double sens porte Saint-Lazare inquiète des riverains d’Avignon

    Le double sens porte Saint-Lazare inquiète des riverains d’Avignon

    Alors que la mini-pelle a déjà commencé à buriner le goudron devant la porte Saint-Lazare d’Avignon pour permettre aux voitures de rentrer à nouveau dans les remparts, une vingtaine de personnes se sont rassemblées à quelques mètres pour s’opposer à cette décision.

    Didier Bally, membre du collectif Saint-Lazare, dénonce une « décision irréfléchie ». Il s’interroge ainsi sur la « précipitation » de cette opération qui fait partie d’un plan plus large. « Il n’y a aucun avantage, si ce n’est défaire pour défaire ce qui a été fait », insiste-t-il, estimant que cela augure « une modification plus importante de la circulation en intra-muros ».

    Il pointe également que cette circulation ne pourra emprunter, pour l’heure, la rue du Rempart-Saint-Lazare. Et que les véhicules vont croiser ceux descendant de la rue Carreterie, ainsi que les piétons et les cyclistes. « Ce qui pose aussi un problème de sécurité », estime-t-il.

    Modifications possibles

    Contacté par La Marseillaise, l’adjoint au maire délégué aux mobilités, Nicolas Donnadille, assure que cette mesure, qui fait partie du démantèlement du plan Faubourg, permet « d’ouvrir un accès supplémentaire au secteur nord-est d’Avignon intra-muros », estimant que les deux ouvertures existantes, que sont la porte Thiers et la porte Saint-Joseph, ne suffisaient pas. Tout en rappelant que « c’était un engagement de campagne ». Et que des évolutions sont possibles en apportant des « aménagements de sécurité ou de réduction de vitesse » pour dissuader ceux qui aimeraient se servir de ce nouveau passage pour éviter les embouteillages. Et d’assurer que des évolutions sont possibles si les retours des riverains sont négatifs.

    Pétition sur onparticipe.fr

  • Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Nous vous demandons, Monsieur le préfet, d’être le garant de l’inconditionnalité de la mise à l’abri des personnes vulnérables hors de toute autre considération que leur besoin d’un abri immédiat, sûr et digne. » Dans un long courrier, argumenté, en date 24 juillet, dont nous avons eu connaissance, le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO 13), plateforme départementale qui gère l’hébergement, l’insertion et l’accès au logement des personnes sans abri, regroupant une vingtaine d’associations, dresse un bilan déplorable des dispositifs d’hébergement d’urgence.

    Elle dénonce une politique publique ultra-restrictive avec « une sélection des demandeurs en fonction de critères de vulnérabilité », une « orientation réduite aux femmes victimes de violences intrafamiliales », un accès aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale et d’urgence réservé aux seuls ménages issus d’hôtels « excluant de fait tous les autres ». Elle pointe également l’exclusion de l’accueil des mères isolées avec au moins un enfant de moins de 3 ans, au motif que leur prise en charge relève du Département. Autant de critères qui ont conduit à « un démantèlement complet des possibilités de mise à l’abri », s’indigne le SIAO.

    90 % des appels au 115

    sans solution

    Pire, « à ce jour, le 115 n’offre aucune solution pour 90 % des appels reçus malgré l’ouverture des haltes de nuit, 267 personnes restant quotidiennement sans réponse », déplore la plateforme. « Tout semble indiquer que (…) la politique publique d’accompagnement de la rue au logement sur notre département est aujourd’hui focalisée à l’excès sur le respect d’une cible de nuitées hôtelières de 1 500 personnes par jour, soit 547 500 nuitées par an », analyse le SIAO. Un potentiel de nuitées compromis par « les opérations de renouvellement urbain, les évacuations de campement, ou encore les dispositifs exceptionnels comme les plans Grand froid ou Canicule ».

    Violences sexuelles, exploitations, emprise… En tant qu’associatifs de terrain, « nous constatons quotidiennement les risques majeurs encourus par les femmes auxquelles aucune solution n’est proposée », témoigne le SIAO, ajoutant que pour les enfants, les conséquences sont tout aussi dramatiques avec rupture de scolarité, difficultés d’accès aux soins, insécurité permanente qui porte atteinte à leur développement. Un « coût financier et humain » qui « produira dans les années à venir son lot de malheurs », entre « violences, délinquances, traite d’êtres humains et trafics en tout genre », alerte le SIAO.

    C’est à la fois un « cri d’indignation » et « un combat » que porte la plateforme départementale, s’interrogeant « très sérieusement » sur son maintien au sein du dispositif. Décision que le SIAO prendra lors de sa prochaine assemblée générale, en septembre, en fonction de la réponse du préfet, prévient-il.

    Contactée, la préfecture se refuse à tout commentaire. À noter qu’un marché public pour l’hébergement d’urgence des personnes sans domicile en Provence-Alpes-Côte d’Azur a été lancé, en février, auprès des hôteliers. De quoi « optimiser le taux d’occupation de leurs établissements tout au long de l’année, sécuriser leurs revenus et s’inscrire dans une action à forte utilité sociale », vantait alors la préfecture. Selon le dernier bilan de la Dreets (Direction régionale de l’économie de l’emploi, du travail et des solidarités) Paca, en date de novembre 2025, quelque 20 070 personnes et 12 460 ménages ont sollicité le 115, en 2024, dans le département. Au final, trois demandes sur quatre n’aboutissent pas à un hébergement.

  • Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Les regards convergeront lundi dans le box vers Félix Bingui, 35 ans, alias « Le chat » ou « Féfé », présenté comme « le chef incontestable » d’un important réseau de stupéfiants du clan Yoda, ce qu’il nie. Le principal point de deal de la Fontaine à La Paternelle (14e) générait autour de 100 000 euros de recettes par jour. 19 autres prévenus répondent aussi à des degrés divers de trafic de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de non-justification de ressources.

    Le 2e arrondissement a d’abord constitué la matrice de l’équipe dite des Carmes qui s’est ensuite donnée pour nom « Yoda » en se confrontant dès février 2023 à sa puissante rivale la « DZ Mafia » qui l’a depuis supplantée au terme d’une longue série de règlements de comptes se soldant par une effroyable hécatombe.

    Longtemps au vert à l’étranger pour échapper à la guerre qui faisait rage à Marseille et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Félix Bingui a été arrêté en mars 2024 au Maroc puis extradé vers la France en janvier 2025. Estampillé dans le « haut du spectre » du narcobanditisme, il est incarcéré à la prison de haute de sécurité de Vendin-le-Vieil surnommée la « prison des narcos » et mis à l’isolement en cellule ultra-sécurisée.

    Félix Bingui est un franco-camerounais né en 1990 à Alès dans le Gard. Il a grandi à Nîmes avant de s’installer à Marseille à la fin des années 2000, de se mettre au charbon dans le quartier des Carmes puis d’être incarcéré en 2010. Le casier judiciaire de Bingui porte depuis trace de 13 mentions notamment pour vols, association de malfaiteurs, trafics de stupéfiants.

    Les investigations de l’Office antistupéfiants ont conduit au démantèlement de ce réseau d’envergure particulièrement organisé, hiérarchisé, avec des rôles répartis entre les différents acteurs pour les convois, le conditionnement de la cocaïne et du cannabis, la collecte de l’argent, le recours à des appartements « nourrices » disséminés pour le stockage des stupéfiants, de l’argent et des armes, l’utilisation de lignes téléphoniques dédiées et changeantes et de communications cryptées, le recours à des prête-noms, l’équipement en armes et munitions dans l’optique de la confrontation avec le clan adverse.

    Pour les enquêteurs, Félix Bingui se positionne en chef d’équipe, prodigue instructions et conseils. C’est celui à qui chacun rend compte, celui qui règle les conflits, celui qui bénéficie de transferts d’argent internationaux, celui qu’on sollicite parfois pour la fourniture d’armes. II possède deux villas à Dubaï où il jouit du statut de résident et circule en Ferrari. À Dubaï, le cercle des affidés vit grand train dépensant 300 000 euros en un mois en restaurants et boites de nuit, locations de voiture de sport. Aux enquêteurs, il explique son train de vie par ses économies, son activité de revente de véhicules depuis la prison, se disant aussi très doué en paris sportifs.

    Des écoutes rapportent un accident de la route survenu en 2022 à Dubaï ayant causé la mort d’un tiers. Pour protéger Mohamed H dit « Pirate » qui serait l’auteur, décrit comme son bras droit, son collecteur d’argent, son responsable pour l’approvisionnement en résine, le clan désigne un autre membre pour endosser la responsabilité, en échange de quoi « Pirate » lui verse 200 000 euros pour sa caution et ses frais d’avocat, l’entretient à hauteur de 10 000 par mois pendant un an et demi.

    « Le chat » se sait menacé. En novembre dernier, 9 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés pour avoir tenté de l’assassiner en Espagne. C’était le 17 mai 2023, deux individus cagoulés ouvraient le feu sur Bingui et Zino, un comparse, attablés en terrasse d’une cafétéria près de Marbella, les blessant légèrement.

  • Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    « Jott contribue depuis des années à structurer la filière mode locale, nous appelons à une décision qui garantisse la pérennité de l’entreprise, la sauvegarde des emplois et le maintien du siège à Marseille. » Dans un communiqué commun, Jocelyn Meire, président de Mode in Sud et Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIMP) montent au créneau pour défendre la marque aux doudounes colorées. L’avenir de la société fondée voilà 16 ans par deux Marseillais et cousins, Mathieu et Nicolas Gourdikian, placée en redressement judiciaire le 18 décembre, devrait être scellé ce lundi 13 avril.

    Pour Jocelyn Meire, c’est le projet de reprise « Mars », proposé par des membres de l’équipe dirigeante actuelle, qu’il faut soutenir. « Ce n’est pas le mieux-disant en termes de maintien des salariés » convient-il quand seulement 34% des 200 employés seraient gardés. Mais l’idée que Jott puisse être repris par un fonds d’investissement qui détient Chevignon et surtout Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein », dans le cadre de l’offre portée par le groupe Amoniss, le défrise. Proposition qui aurait eu un écho favorable lors de l’audience au tribunal de commerce fin mars. Un « mauvais signal » martèle-t-il, craignant le démantèlement.

    « L’humain oublié »

    Il va dans le sens des salariés qui ont écrit au juge-commissaire, alerté la CCIMP, la Ville de Marseille, la Région et le Département, explique une salariée du siège. « On sait bien qu’on ne peut pas reprendre tout le monde » estime-t-elle mais « on craint de voir la marque associée à la fast fashion ». Une vaste consultation a été engagée par les représentants des salariés au CSE, précise Damien Laine, l’un d’entre eux, « les équipes soutiennent à plus de 70% Mars ». Après avoir été racheté en 2021 par L. Catterton, chez Jott, « l’humain a été oublié » déplore-t-il, les actionnaires ne voyant « que le financier ». « On souhaite que cela redevienne une marque familiale », insiste-t-il.

    C’est parce qu’ils ne « voulaient pas que ça s’arrête », que Mathilde Picard, directrice commerciale Retail de l’entreprise et deux autres membres de la direction se sont lancés dans la bataille. « On a contacté Nicolas Gourdikian, on lui a présenté notre projet, il a dit : “go” », explique-t-elle. Passer de 25 à 15% de frais de personnel lui paraît plus tenable. « Ce n’est pas par gaieté de cœur, mais financièrement ça ne passe pas », précise-t-elle. Si Jott en est arrivé là, c’est que Catterton a remis en cause un modèle « où 65% du chiffre d’affaires se fait en 4 mois, de septembre à décembre », analyse-t-elle. Multiplier les points de vente, monter les prix alors que la marque se voulait de qualité mais accessible, sont pour elle autant d’erreurs. Or, la doudoune a de l’avenir car « l’outwear », le vêtement d’extérieur, a le vent en poupe en France : « C’est +2% et les projections de marché, c’est +5 à +6% à 3 ans », assure-t-elle.

  • Grève des marins contre la mise à la casse du Kalliste

    Grève des marins contre la mise à la casse du Kalliste

    Entré en 1993 dans la flotte de la compagnie maritime, le Kalliste, navire emblématique de la délégation de service public entre Marseille et la Corse, réaffecté sur la ligne Marseille-Nador (Maroc) la saison dernière avant sa mise à l’arrêt en octobre dans le port de Marseille, « a énormément servi et peut encore servir. Il y a mieux à faire que sa mise à la casse », défend Jean-Mathieu Figarella, secrétaire de la CGT Méridionale. La direction en a décidé autrement.

    Le 17 septembre dernier, cette dernière avait avancé ses pions lors d’un CSE extraordinaire sur son plan de réorganisation qui mettait forte option sur la vente du ferry. La Méridionale « fait face à une dégradation de sa situation économique, dans un contexte de concurrence internationale très intense », explique la direction. Aucun départ contraint n’aurait lieu mais un plan de départ volontaire était une probabilité. Le 12 janvier, la direction a confirmé la cession du Kalliste au chantier turc Sok Denzcilik, la « seule offre ferme reçue », précise-t-elle, vente qui ne sera effective qu’après la remise de l’avis issu du rapport d’expertise complémentaire demandé par le CSE.

    Un outil pour contrer GNV

    Pour le syndicat cette décision met en péril des « centaines d’emplois parce qu’on n’a aucune garantie derrière ». Jean-Mathieu Figarella estime que le navire « peut permettre aux compagnies de se positionner sur le port de Sète pour contrer et pour écarter le GNV de l’Afrique du Nord ». Il précise que « dans le cadre de ce programme commun 2026, le Kalliste a potentiellement toute sa place, et s’en débarrasser ainsi, aussi rapidement et dans ces conditions, serait irresponsable ». La direction assure quant à elle que « tous les scénarios d’exploitation se sont révélés structurellement déficitaires ».

    En l’état des discussions, le syndicat CGT de La Méridionale a déposé un préavis de grève à durée illimitée au port de Marseille à compter de l’ordre donné du dernier voyage du Kalliste, non encore communiqué par La Méridionale. Un appel auquel se joint le syndicat CGT des marins de Marseille qui avait déjà déposé un préavis de grève le 2 décembre dernier pour dénoncer une situation « plus tenable », liée à « la concurrence déloyale des compagnies sous pavillon international italien » couplée d’une « mise en concurrence » des compagnies Corsica Linea et La Méridionale sur la Corse.

  • La discussion ouverte sur le futur du Camembert Cousteau

    La discussion ouverte sur le futur du Camembert Cousteau

    Un pas en avant… Après une rencontre avec des représentants de la direction du Grand port maritime de Marseille le 30 octobre, le collectif « Camembert de Cousteau », qui réunit la fédération des comités d’intérêt de quartier (CIQ) du 16e arrondissement, le collectif Thala et la coopérative Hôtel du Nord, se félicite d’avoir réussi à ouvrir un espace de discussion.

    Cet été, habitants et associatifs s’étaient mobilisé pour évoquer l’avenir du bâtiment menacé de démolition et propriété du port, situé à deux pas de l’espace Mistral, tout à côté du hangar qui abrite le sous-marin Saga, machine imaginée par le marin au bonnet rouge, et du siège du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Une pétition avait été lancée pour sa sauvegarde. En parallèle, une quinzaine d’artistes avaient donné à voir toutes ses possibilités en le transformant en musée éphémère, empli de graffs et de fresques colorés. Le chantier de démantèlement avait finalement été suspendu. Un des pieux de la plateforme supportant le Saga ayant été fragilisé.

    « Trop tôt pour communiquer »

    « Nous allons entamer, dès janvier 2026, un travail sur une convention d’occupation », précise Michel Teule, président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement. Les demandes n’ont pas bougé : faire du Camembert un espace public, un lieu patrimonial et associatif avec « différentes activités en relation avec la mer et le quartier », rappelle Michel Teule.

    Leur projet a été présenté, reste à en définir les modalités de financement, à régler aussi la question du loyer. Des échanges « riches » s’est réjouit ce dernier. À terme, une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) pourrait même voir le jour. Autour de la table, ils ont insisté aussi pour que le Port soit partie prenante des discussions menées autour des projets de réaménagement du littoral qui seraient menés au sein du « grand Estaque ».

    Contactée, la direction du GPMM a confirmé ce vendredi 7 novembre que des discussions étaient en cours mais considéré qu’« il était trop tôt pour communiquer sur les modalités précises ». Et de réaffirmer que le Port travaille « en concertation avec la Ville et les acteurs locaux pour définir l’avenir du site », dans le cadre justement du « Grand Estaque ». Le GPMM rappelle que « toute occupation du domaine public du Port » doit « respecter les règles en vigueur » et « garantir la sécurité et la viabilité des projets ».

  • Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Quel avenir pour l’écoplateforme de la centrale de Gardanne ?

    Se dirige-t-on vers une transformation d’ampleur du site de la centrale thermique de Gardanne ? Après un mois de consultations des riverains et autres acteurs du territoire de Gardanne et Meyreuil, l’enquête publique sur le développement d’une « écoplateforme industrielle » s’est conclue, ce jeudi 23 octobre.

    L’objectif affiché est de réindustrialiser le site via l’exploitation des parcelles inutilisées, ou presque, de l’immense terrain ancienne centrale à charbon. « Il s’agit de dépolluer, déconstruire et viabiliser une dizaine de parcelles représentant environ 30 hectares sur l’ensemble des 73 hectares du site. Ces parcelles sont destinées à accueillir des industriels qui loueront leurs emplacements via des baux de longue durée », expose la note technique de l’enquête publique. « C’est une enquête publique sur le réaménagement du foncier, la réhabilitation du terrain. On allotit le site en faisant des parcelles dans une logique de zéro artificialisation des sols », précise Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie. Dans le détail, la consultation du projet portait sur trois phases distinctes de travaux, avec un découpage en 18 parcelles à terme.

    La première phase se concentre sur « les travaux de viabilisation des parcelles » et la préparation des terrains avec raccordements des réseaux d’eau, télécoms… La deuxième porte sur « la démolition de la TAR (Tour Aero-Réfrigérée), un bâtiment de 65m de hauteur et 100m de diamètre, pour un coût estimé à environ 3 millions d’euros », toujours selon les documents de l’enquête publique. Même principe pour la troisième phase, avec le démantèlement de la Tranche 5, l’ancienne unité de production au charbon et de sa cheminée, estimée à plus de 30 millions d’euros. En bref, une « remise en valeur du site en vue de sa réindustrialisation et la création d’emplois », selon Camille Jaffrelo, qui table sur plus de 500 emplois directs créés à terme.

    Riverains et écolos mécontents ?

    Reste que les intentions affichées par l’industriel ne sont pas entendues de cette oreille par différents collectifs de riverains et associations de défense de l’environnement. À l’image de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP, membre de FNE13) qui compte plus de 80 adhérents, dont les CIQ Ouest et Est de la cité, mais aussi le comité d’intérêt de quartier de Langarié, de Fuveau Ouest… « On craint qu’on installe une industrie et qu’une fois qu’elle est là, qu’on nous montre ce qu’elle génère, contents ou pas contents. Vous ne nous dites pas quelles industries vous mettrez, vous ne nous parlez pas des effets cumulés ? Moi, je dis non », martèle Olivier Beuret, président de l’ALNP, à l’adresse de GazelEnergie. Même ressenti du côté de Jean-Luc Le Mouel, co-président du CIQ Gardanne Est : « Si on remet 18 grosses usines par-dessus, on se tire, on s’en va ! » Et une pétition lancée en ligne contre le projet a récolté près de 1 240 signatures.

    Des inquiétudes pas légitimes aux yeux GazelEnergie : « Les critiques sur le manque de communication ne sont pas entendables… Rien n’a été fait en catimini, l’enquête publique s’est tenue normalement, avec du débat. » Et surtout, sur le fond, l’entreprise explique que le découpage en 18 parcelles n’implique pas l’arrivée de 18 projets industriels. Et encore moins l’installation de « 18 industries lourdes », selon Camille Jaffrelo. Qui insiste : « Chacun des projets qui pourrait venir s’implanter aura son propre dossier d’instruction avec les études d’impacts, de danger et effets cumulés. Mais d’abord nous devons commencer par le début : réhabiliter le terrain. » Elle évoque plus globalement des « arguments fallacieux » : « Certains expliquent que le projet de pyrogazéification porté par les salariés et l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne, Ndlr.] serait un incinérateur, qu’il y aurait une scierie géante, ce sont des fake-news et ce n’est pas le sujet de l’enquête publique. »

    La CGT favorable,

    mais nuancé

    En parlant du projet des salariés, Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, est très clair sur la position du syndicat : « On est favorable au développement industriel du site et à la création d’emplois qui ont pour vocation la production d’énergie, tant qu’ils intègrent la prise en compte de l’environnement, de la réponse aux besoins et créateurs d’emplois statutaires. » Un avis nuancé donc, d’autant que le projet porté par les salariés, Bio-Méthane Provence, aboutira « que l’écoplateforme se fasse ou non ». « Nous ne rentrons pas dans le cadre de l’enquête publique actuelle, rien ne ralentira la faisabilité de notre projet », insiste le syndicaliste.

    GazelEnergie dit plancher sur l’installation potentielle de site en lien avec « des batteries électriques, datacenter et, en parallèle, la pose d’ombrières solaires sur les parkings actuels ». Si « rien n’est acté pour l’heure », l’entreprise vise des projets industriels « légers ».

  • La DZ Mafia blanchissait ses recettes en lingots d’or

    La DZ Mafia blanchissait ses recettes en lingots d’or

    On touche du doigt le caractère massif et les profits considérables du narcotrafic. Il n’y a qu’avec le démantèlement des réseaux de blanchiment que nous pourrons porter des coups durables et affaiblir les organisations criminelles », a déclaré samedi le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, tirant les leçons aux côtés du colonel Olivier Leblanc, commandant de la section de recherches Paca de la gendarmerie de l’opération de coopération franco-italienne, du démantèlement d’un vaste réseau international de conversion en lingots d’or des recettes du narcotrafic marseillais, ensuite exportés vers le Kosovo puis la Turquie.

    L’enquête commune avec la Guardia di Finanza de Milan s’est appuyée sur les dispositifs européens d’entraide
    – l’agence Eurojust et le service Europol – mais aussi le soutien technique de la toute nouvelle Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la Gendarmerie. Une centaine de gendarmes ont été mobilisés sous l’égide de la section de recherches de Marseille avec les SR de Paris, de Strasbourg, de Chambéry ainsi que du GIGN. Ce succès a été rendu possible par l’excellence des relations déjà anciennes nouées entre les autorités policières et judiciaires franco-italiennes, « leur grande réactivité et leur confiance totale » a salué le chef du parquet de Marseille.

    Le démantèlement s’est opéré en deux phases à partir d’un renseignement de la Guardia di Finanza, fin décembre 2024, sur une importante organisation criminelle basée à Milan où elle était dotée d’une fonderie, spécialisée dans le blanchiment de numéraire, et notamment les flux financiers très importants de la DZ Mafia. La récupération du numéraire en France et son transport vers l’Italie était assurée par des équipes de Syriens et de Maghrébins qui utilisent des voitures embarquant des « caches particulièrement sophistiquées ».

    « Ces collectes de fonds représentaient d’octobre 2024 à août 2025 plus de 30 millions d’euros et c’étaient des collectes hebdomadaires principalement à Marseille, ses environs mais aussi à Lyon, Paris et à l’Italie. Chez un des collecteurs, il a été retrouvé 2,4 millions d’euros. C’était le produit d’une semaine de collecte à Saint-Etienne et Clermont-Ferrand » a ainsi détaillé le procureur pour qui 70% de la collecte était fournie par des trafiquants marseillais liés à la DZ Mafia. « Marseille, malheureusement une fois de plus, se taille la part du lion », a-t-il relevé.

    Le 7 septembre 2025, un convoi détecté entre l’Italie et l’Espagne déclenchait les interpellations. 55 lingots d’or 24 carats de 1 kilo cachés dans des voitures et plus de 2,4 millions d’euros en espèce étaient trouvés, ce qui représente une saisie de 8 millions d’euros. Sept individus (3 hommes et 4 femmes) de cette équipe de transporteurs ont été mis en examen et écroués pour blanchiment aggravé de stupéfiants et association de malfaiteurs.

    La deuxième vague d’interpellations est survenue ce 23 septembre lancée à Vitrolles, Marignane, Martigues, Marseille et Berre-l’Étang ainsi qu’en Italie. Sept personnes ont été mises en examen dont 4 en détention provisoire. Ont été saisis 300 000 euros, 6 véhicules, de la maroquinerie et de la joaillerie de luxe. Les Italiens ont arrêté 4 personnes et mis la main sur 238 kilos d’or, 400 kilos d’argent, 7 kilos de palladium, 5 kilos de platinium, une somme globale d’1,3 million d’euros et 24 biens immobiliers.

    « Marseille,
    une fois de plus, se taille
    la part du lion »