Tag: dédicace

  • [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    Écouter sans filtre ni complaisance les acteurs d’une situation, tisser des liens, déconstruire ce qui n’est pas uniquement local et peut relever d’un passé post-colonial, écarter les fables des médias qui dramatisent, diabolisent et mythifient, veiller sans relâche pour que chacune des phrases écrites soit prioritairement lisible et incarnée, tels sont quelques-uns des enjeux de cette enquête rédigée au terme de 25 années d’entretiens et de remises en questions. Un peu comme dans La Misère du monde de Pierre Bourdieu, ce chantier entrelace une connaissance constamment renouvelée du proche environnement, des témoignages bruts et des synthèses provisoires. Endurance et vigilance : après une enfance vécue dans une cité dont on sait l’évolution et le délabrement, puisqu’elle « porte le nom d’un peintre », après son lycée abandonné en classe de seconde, dans un improbable cheminement, farouchement consolidé par cette thèse à l’Université, Durkheim et Marcel Mauss, Khadidja Sahraoui identifie progressivement un segment mal connu du prolétariat d’aujourd’hui, les « petites mains » du trafic de drogue.

    En dépit de l’anonymat qu’ils conservent et des pseudonymes qu’elle invente pour qu’on ne les tracasse pas – Rocky, Carpe, Citron ou Frites, porteur d’une rage de dents ou bien Bordeaux, trop jeune guetteur venu de loin, victime d’une exécution commanditée par son réseau – les trajectoires de ces garçons prennent dans les détours de son livre une irréfutable consistance, un relief qui ne s’efface pas.

    Les idées reçues, les préjugés à propos de « l’argent facile » sont balayés. Ces « gamins » se sont engouffrés dans des existences cadenassées par leurs supérieurs, ces subalternes obéissent à de féroces organisateurs. Ils s’ennuient, tentent d’éviter la honte de leurs parents, traficotent 12 ou 14 heures par jour. Les bruits, l’absence de loyauté, le stress et la terreur, les pilonnages et les affrontements avec la police, l’urine et la saleté, le sang et les larmes les transforment. Ces précaires en quête de virilité, ces non-blancs cagoulent leurs visages. Ils n’ont pas droit à l’erreur et peuvent finir très vite leur adolescence entre les quatre planches d’un cercueil.

    Un grand refus
    du fatalisme

    Pas du tout pour les excuser, bien évidemment pour tenter de comprendre, Khadidja Sahraoui les décrit sans fatalisme ni fascination. Elle reproduit sans familiarité leurs expressions, l’humour et la radicalité de leur vocabulaire. Ces garçons ont été fragilisés et cabossés par toutes sortes de frustrations et d’humiliations. Un milieu scolaire sans exigence ni finalité, les rejets et les inégalités sociales endurés par leurs parents ou leurs fratries, les accidents de santé ne les épargnent pas.

    Le livre de Khadidja n’est pourtant jamais catastrophique. Preuves à l’appui, parce qu’elle connaît le temps long des cités, elle établit que cette jeunesse du narcotrafic, impitoyablement racialisée, discriminée et stigmatisée peut aussi « s’en sortir ». Elle démontre que les déterminants et les dysfonctionnements sociaux ne sont pas toujours victorieux, la situation la plus néfaste peut être renversée. Avec ces jeunes du narcotrafic longtemps terriblement fautifs, elle n’est pas seulement en posture d’empathie. Ses attitudes sont toujours le reflet infiniment précieux d’une analyse et de réflexions dont le monde politique, les médias et les travailleurs sociaux devraient s’inspirer. Un aîné à présent devenu un proche ami, l’anthropologue Michel Péraldi estime que son livre est pour Marseille l’équivalent du grand ouvrage de l’américain Philippe Bourgois, traduit et publié au Seuil en 2001 : « En quête de respect. Le crack à New York ».

    Via Albert Londres et ses suiveurs, une croyance voudrait que Marseille, ville « sans mémoire ni monuments » préfère effacer et ne pas méditer les traces de son passé. Quand on entrevoit le parcours d’une personne comme Khadidja Sahraoui, on est persuadé du contraire. Au milieu des destructions, des tournants et des accélérations de la plus récente époque, sa ville natale est une ville de souffrances, de joies et de réminiscences. Quelques-uns de ses plus vifs attachements, entre autres les noms et prénoms de ses parents, exilés loin de l’Algérie figurent dans la page de remerciements de son livre. Quand elle le dédicace, elle griffonne quelquefois une phrase qui n’est pas un slogan : « la lutte continue ».

    Aujourd’hui samedi 17h,

    librairie Maupetit, rencontre-

    signature avec
    Khadidja Sahraoui

  • [Lecture] Jean-Sébastien Bach remis au goût du jour

    [Lecture] Jean-Sébastien Bach remis au goût du jour

    S’il estime qu’il est pour lui un « vieux compagnon » qu’il écoute depuis plus de quarante ans, ce n’est pas le parcours de la vie de Jean-Sébastien Bach que Stéphane Salord veut dérouler dans le livre qu’il vient de publier. Habituellement vu dans la sphère politique locale, étant délégué Génération écologie du Pays d’Aix et actif au cours des élections municipales, Stéphane Salord présente son livre Bach, la marche vers l’éternité, comme « un livre sans prétention intellectuelle, qui n’est pas là pour parler de mes états d’âme », mais pour proposer un « angle issu d’une recherche personnelle : regarder l’inversion complète de la trajectoire de cet homme par rapport à d’autres musiciens », contextualise l’auteur, au cours d’une séquence de dédicaces tenue ce mercredi 9 septembre. 116 pages de recherches autour du compositeur du XVIIe siècle, autoéditées, pour dire « qu’il est temps de s’intéresser à Bach, le musicien de l’attention, de la profondeur (…) pas la peine d’être un spécialiste pour écouter Bach. Sa musique est là pour nous permettre de mieux réfléchir et rendre les choses compliquées acceptables », insiste Stéphane Salord. En attendant d’autres séquences de dédicaces, le livre est à retrouver sur les plateformes en ligne, notamment.

  • Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Face aux écrans, les festivals de littérature jeunesse font de la résistance ! Ce sera encore le cas les 29, 30 et 31 mai au Vigan qui accueille la 13e édition des Éclats de lire et espère rassembler une partie des enfants des Cévennes en proposant des ateliers, lectures, spectacles et des rencontres avec des auteurs.

    Le festival s’ouvre par une soirée vendredi 29 mai (18h) au cinéma Le Palace avec la projection Le Secret des mésanges, un long-métrage d’animation en papier découpé d’Antoine Lanciaux et Pierre-Luc Granjon, qui sera suivie par un échange avec Samuel Ribeyron, directeur artistique des décors du film.

    Dédicaces et spectacles

    À partir du samedi, pas moins de 11 ateliers sont organisés autour d’une fresque de la nature, d’images perdues du monde, de dessins de BD et de mangas ou encore sur les différentes techniques de dessin. Trois lectures « vitaminées » sont également au programme (15, 16 et 17h). Le spectacle Folkestone qui interroge les préoccupations de préadolescents, clôturera la journée à l’école Jean-Carrière (19h30, dès 8 ans).

    Dimanche, le programme sera encore plus fourni avec 13 ateliers, deux lectures, une parade (16h) et deux spectacles à l’auditorium. Le premier, Puisette et fragile (dès 4 ans) se déroule à 11h et s’appuie sur des papiers découpés pour illustrer un monde fantastique et aborder la notion de partage. Le deuxième, Cache-toi, Arsène! (16h45, dès 6 ans) rappelle le film Ratatouille où le rat n’est cette fois pas amoureux de la bonne cuisine française mais de la musique, passion qu’il partage avec son maître, Jean le pianiste.

    Tout le week-end, des séances de dédicaces avec huit auteurs présents, dont Romain Badel ou Magali Bardos, sont aussi organisées (samedi après-midi et dimanche toute la journée) dans les jardins du château d’Assas. Trois expositions seront aussi disponibles sur les insectes et les carapaces à plume à la médiathèque et sur l’école de l’imaginaire dans le hall du château.

  • Le courage et la dignité de Gisèle Pelicot émeuvent le public à Aix

    Le courage et la dignité de Gisèle Pelicot émeuvent le public à Aix

    Animée par Aquilina, de la librairie Goulard, la rencontre entre Gisèle Pelicot et Judith Perrignon s’est déroulée, ce jeudi 21 mai, dans l’amphithéâtre de la Manufacture d’Aix-en-Provence. Gisèle Pelicot, victime des viols de Mazan. Son ex-mari, Dominique Pelicot, a été reconnu coupable de l’avoir droguée et fait violer par une cinquantaine d’autres hommes. Tous ont été condamnés à des peines de prison, fin 2024.

    Elle est revenue sur son histoire et le récit dont elle témoigne dans son livre Et la joie de vivre, paru le 17 février 2026, aux éditions Flammarion.

    Une salle pleine attendait Gisèle Pelicot, souriante, accueillie par des applaudissements nourris aux côtés de Judith Perrignon, romancière qui a coécrit Et la joie de vivre. Gisèle Pelicot a retracé, au cours de cette conférence, sa rencontre avec Judith, son enfance, sa famille, ses enfants, ses petits-enfants. Elle a évoqué le procès, mais a surtout porté un message d’espoir. Le public a été témoin de sa force, de son courage à continuer de vivre dans ce qu’elle appelle « la lumière ». Son récit se veut comme « une réconciliation entre le passé et le présent, les hommes et les femmes, la joie et la douleur » , a souligné Aquilina.

    « N’ayez pas peur de parler »

    Gisèle Pelicot rencontre Judith Perrignon par le biais de Sophie de Closets, qui est l’éditrice du livre. Un ouvrage qu’elle n’avait pas l’intention d’écrire au départ. « Réflexion faite, je me suis dit que ce livre pouvait être utile, que mon histoire pouvait servir aux autres », raconte Gisèle. Pour Judith Perrignon, « il fallait ce texte, il fallait qu’on connaisse Gisèle, personne ne savait qui c’était ».

    Gisèle Pelicot a été confrontée au deuil, la mort de sa mère, très jeune, mais se rappelle également de l’amour : « ça m’a permis d’être la femme que je suis aujourd’hui. » Son livre ne revient pas seulement les violences extrêmes qu’elle a subies. Il s’agit aussi de l’histoire d’une vie où la joie est un mécanisme, un moyen de se relever face aux difficultés. Judith Perrignon souligne, lors de cette conférence, que ce livre est « un récit de vie qui alterne le déroulé de l’affaire et les souvenirs, la jeunesse, la rencontre ».

    Au moment d’évoquer le procès et le moment où elle a visionné les vidéos tournées par son ex-mari, Gisèle Pelicot : « C’était une violence inouïe, de la barbarie. Comment ces individus pouvaient commettre ces horreurs sur un corps inerte ? C’est un corps mort… »

    Elle dit se reconstruire, sa famille aussi. Pour Gisèle Pelicot, ce livre parle à toutes les générations de femmes et d’hommes. « N’ayez pas peur de parler parce que vous serez entendues, je pense que ce procès a libéré la parole des femmes. Je l’ai fait pour les autres, pour qu’elles osent parler. Faites-vous confiance et avancez. »

  • Des pros du handball au contact des jeunes à Saint-Zacharie

    Des pros du handball au contact des jeunes à Saint-Zacharie

    Ce partenariat permet aux jeunes Varois de rencontrer des sportifs professionnels, qui participent à ces ateliers dans le cadre de missions d’intérêt général. Ces jeunes filles et garçons ont pris part à des ateliers sportifs, avant de partager un temps d’échange et de dédicaces avec les joueurs.