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  • [Sciences] Une boule de bactéries géante découverte à Carry-le-Rouet

    [Sciences] Une boule de bactéries géante découverte à Carry-le-Rouet

    En plongeant dans la baie de Carry-le-Rouet, non loin de Marseille, pour récolter des échantillons de sédiments à quelques mètres de profondeur, les scientifiques de l’Institut de biosciences et biotechnologies d’Aix-Marseille (Biam, Saint-Paul-lès-Durance) voulaient étudier des micro-organismes unicellulaires qui s’orientent grâce au champ magnétique terrestre – dits « magnétotactiques ». Au laboratoire, c’est un micro-organisme jusque-là inconnu qui attire leur attention : une boule de bactéries semblant liées les unes aux autres, vivant et se déplaçant collectivement. Ils viennent de découvrir une nouvelle espèce de procaryote multicellulaire magnétotactique (MMP) qu’ils appelleront Magnetogigantoglobus et décrivent dans The ISME Journal.

    Communication

    Les bactéries sont connues pour être composées d’une seule cellule. Mais certaines vivent en consortium, comme les MMP. « Leur existence est connue depuis les années 1990 », précise Caroline Monteil, chercheuse CEA au Biam et dernière autrice de l’article. Mais seuls deux types étaient connus : les MMP sphériques et ellipsoïdaux, qui font 3 à 6 micromètres et sont composés d’une cinquantaine de cellules, pas plus. Magnetogigantoglobus est trente fois plus volumineux et composé d’environ 130 cellules. Pour les scientifiques, cette grande taille serait liée à sa capacité à dégrader des composés organiques complexes. « Cela implique une grande diversité d’enzymes et du stockage de nutriments, donc il faut de la place, résume Caroline Monteil. Cela pourrait aussi être un moyen de protection contre la prédation. Mais ces hypothèses sont à vérifier. »

    Au-delà de l’intérêt que représente la découverte d’une nouvelle espèce, « cela éclaire d’un jour nouveau la complexité du monde bactérien et apporte un modèle inédit pour comprendre les mécanismes ayant amené à l’émergence de la multicellularité », souligne Caroline Monteil. Car les chemins pour passer de la première cellule apparue il y a quelques milliards d’années aux organismes divers et complexes du vivant actuel sont toujours très mystérieux. « Ce nouveau micro-organisme multicellulaire représente une étape évolutive où les cellules ne semblent pas spécialisées et peuvent a priori fonctionner de la même façon, mais elles sont potentiellement capables de communiquer et de coopérer tout en ne réalisant pas la même tâche en même temps », ajoute la chercheuse qui aimerait éclaircir les mécanismes qui permettent cette communication. « Elles sont 130 cellules et capables de décider en une fraction de seconde d’aller dans la même direction, souligne-t-elle. C’est très intrigant. »

    Et si la réponse était dans le petit espace vide au cœur de la boule de bactéries ? « Il n’est pas forcément vide, insiste-t-elle. Il s’y passe peut-être des choses, comme l’échange de messages moléculaires. » Il reste à les intercepter et à les déchiffrer.

    Repères

    Procaryotes

    Ces micro-organismes sont généralement composés d’une cellule dépourvue de noyau. Ce domaine regroupe les bactéries et les archées. Il s’oppose à celui des eucaryotes dont les cellules ont un noyau (comme les animaux et les plantes).

    Bactéries

    Dans la grande majorité des cas, ces procaryotes sont composés d’une seule cellule. Mais elles peuvent parfois vivre en consortium – comme Magnetogigantoglobus, récemment décrit –ou adopter des comportements multi-cellulaires– c’est-à-dire agir temporairement de manière coordonnée, pour chasser par exemple.

    R. Blakemore

    Ce microbiologiste américain a décrit pour la première fois les bactéries magnétotactiques dans la revue Science en 1975. Observées dans des sédiments marins, elles contiennent des particules magnétiques qui leur permettent de s’orienter grâce au champ magnétique terrestre.

  • Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Deux établissements restés ouverts en violation d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative ont été condamnés, mardi, en correctionnelle. Deux procédures parfaitement distinctes, mais dont les gérants, absents à l’audience, jouaient du même argument : faire croire qu’ils n’ouvraient qu’à leurs amis.

    D’abord un bar à chicha, « The Moo », au 89 avenue de Toulon (5e). Le caboulot obscur est en infraction à deux arrêtés préfectoraux successifs ordonnant sa fermeture pour deux mois. Le premier oukase préfectoral date d’octobre 2025 et était justifié par la découverte de 1,2 kg de tabac de contrebande de narguilé à l’intérieur. Malgré l’injonction du préfet, des riverains se plaignent des allées et venues sonores des clients quittant l’établissement à l’aube. Pour l’ambiance, l’établissement est tenu depuis 2024 par un jeune de 23 ans, condamné à deux reprises pour trafic de stupéfiants.

    Après avoir d’abord verbalisé tous les véhicules garés en vrac aux abords, les policiers poussent la porte de l’établissement dont la vitrine est drapée d’un rideau noir occultant. Ils trouvent dans une salle passablement enfumée 18 individus sur des canapés autour de narguilés, fumant, buvant, jouant aux cartes. En sous-sol, il décompte 25 autres clients fumant aussi la chicha. « C’est une soirée entre amis » a tenté Islam Ben Ahmed Daho, un cogérant.

    Bis repetita le 26 janvier 2026. Alors qu’il est sous le coup d’un second arrêté de fermeture de 2 mois pour troubles à la tranquillité publique, les policiers en planque voient soudain le patron s’enfuir en courant du bar. Ils vont l’interpeller le lendemain. Il accuse alors les policiers d’avoir menacé ses amis. Si on ne peut plus regarder tranquillement un match à la télé ! « Il est incapable de donner le nom de ses amis. Ça ne tient pas debout le coup de la soirée privée. Il ne veut absolument pas respecter les arrêtés et il n’est pas là aujourd’hui pour s’expliquer », expose la procureure, Isabelle Candau, qui rappelle ses deux condamnations pour trafic de stupéfiants, dont la dernière en 2022 à 15 mois de prison ferme. Le tribunal lui inflige 2 mois de prison ferme, 2 000 euros d’amende et un an d’interdiction d’exploitation d’un débit de boissons.

    À noter que le préfet a fait fermer le 16 janvier pour deux mois le « Green Lounge » 61, avenue de Stalingrad à Arles, les Douanes y ayant trouvé 3 kg de tabac à chicha d’origine étrangère.

    Situé dans un virage de la route des Goudes, adossé à un bunker, le restaurant de la Calanque blanche est resté ouvert malgré l’arrêté préfectoral du 22 août 2025 ordonnant sa fermeture pour 8 jours, pour cause de « stationnement anarchique » et de « tapage nocturne ». On est dans le Parc national des Calanques. Avisée par la police municipale qu’il s’en fichait, la police nationale se rend sur place le 10 septembre 2025 et constate que des camions déchargent de la marchandise et qu’ensuite une centaine de personnes sont attablées. « L’accès est fermé au public, c’est une soirée privée », proteste Benjamin Aguad, 36 ans, qui tenait alors aussi la Cabane des Amis sur les plages du Prado. Auditionné, il nie, affirme avoir invité une centaine de collaborateurs à profiter de l’établissement pour éviter de tout jeter à la poubelle.

    « On attend encore la liste des soi-disant collaborateurs et le registre des personnels qu’il s’était engagé à communiquer. Ça ne tient pas », oppose la procureure qui écarte l’argument antigaspillage au vu du camion qui déchargeait des victuailles. Le restaurateur aux 16 sociétés, déjà condamné pour travail dissimulé, mais aussi installation sans autorisation de caméra de vidéosurveillance, écope cette fois de 3 000 euros d’amende dont 1 000 avec sursis. Même peine pour sa société.

  • Léo Lagrange ouvre les pistes de l’aéronautique aux jeunes

    Léo Lagrange ouvre les pistes de l’aéronautique aux jeunes

    On ne dirait pas un jeu. J’ai eu un peu le vertige, mais ça va. » Kenza* enlève son casque de réalité virtuelle et repose les manettes sur le siège de pilote. Une première pour cette élève de sixième qui n’a « jamais pris l’avion » et après quelques cambrures involontaires, vient de réussir un atterrissage sans faute aux commandes d’un avion de chasse. « Je ne sais pas ce que je ferai plus tard, mais je n’avais jamais imaginé ça…c’est bien de découvrir ces métiers. »

    Simulateurs de vol, ateliers pédagogiques, échanges avec des experts du secteur aéronautique et aérien ou exploration des coulisses du numérique, le gymnase s’est transformé en un salon de l’aéronautique ludique. « On n’est pas dans un job dating, on ouvre les pistes mais on ne trace pas de chemin. Nous mettons en lien notre jeune public avec une belle filière professionnelle qui a un avenir », annonce Vincent Séguéla, secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange. Depuis 2022, l’association d’éducation populaire qui fête ses 90 ans organise trois fois par an les journées Horizon Aéro, un événement immersif porté par Boeing France.

    Faire décoller son avenir

    « On est dans la découverte des métiers techniques, numériques et aéronautiques », précise Jean-Marc Fron, directeur général de Boeing France, qui invite les jeunes à explorer « les professions en lien avec les grands défis technologiques et environnementaux du monde de demain ». Et elles sont nombreuses et variées dans ce secteur « qui recrute en permanence et jouit d’un potentiel de croissance important ». Mais victime de décennies de dédain, la filière industrielle reste aujourd’hui encore peu attractive. Pilotage, mécanique, construction, soudure, contrôle, sécurité, accueil, baggages, informatique, maintenance…elle pourant offre un vaste pannel de métiers « avec plusieurs portes d’accès, du CAP à l’ingénieur. Et elle se féminise. Déconstruire les stéréotypes est très important », indique le DG de Boeing, venu réhausser le blason industriel sur un territoire où son conurrent Airbus est implanté. « On le fait pas pour nous, mais pour la filière. »

    Sur le terrain du gymnase, le sport des jeunes consistait à passer d’un atelier à l’autre, à se tester au quizz de l’association découvrAIRte, à poser leurs questions, à prendre la parole et à partager leurs impressions au micro d’une webradio sur le monde de l’industrie et des métiers techniques et manuels en France, sur leur rapport au travail et leur avenir. Les simulateurs captent cependant le plus gros de l’attention. Jean-Michel Capron, qui travaille depuis dix ans avec la Fédération Léo Lagrange, explique les principes du guidage au sol pour placer un avion sur la piste. Au commande d’un Boeing 737, Théo, 14 ans, reste attentif aux messages radio et commence à prendre de l’assurance au deuxième voyage. Fin du vol. Il atterrit en plein centre de la piste et souffle : « J’ai ramené tous mes passagers ! » Sous les rires des animateurs, l’adolescent laisse sa place un peu à contre-coeur. Visiblement grissé par l’expérience, il avoue : « Au début je jouais en vidéo. Après j’étais trop concentré en vérité. Je voulais faire médecin mais là je sais plus. C’est tarpin bien le vol. »

    Sur un forum associatif, aux côtés de l’Epide, de l’Apave Camas Formation, Catherine pour l’agence France Travail de Marignane, explique : « On informe sur ces métiers en tension. Usineur, câbleur, ajusteur ou ingénieur ultra qualifié. » L’aéronautique, mais aussi l’aéroprtuaire y sont représentés. Ce dernier particulièrement en crise de recrutement. « Les horaires décalés, saisonnier…mieux vaut avoir une voiture car les rotations des navettes restent insuffisantes. » À côté, la Ville de Marseille propose une aide au permis de conduire.

    Mais aussi quelques métiers autour du loisir. L’Aéroclub de Saint-Rémy Les Alpilles, affilié à la Fédération française de vol en planeur (FFVP) avait installé un simulateur tout aussi prisé des minots. Quoique le planneur a aussi ses pistes pros : « Mécano, chef de piste, animateur de vol… », liste Xavier, retraité de la justice qui affiche 15 années de pratique au compteur.

    * Les prénoms des mineurs ont été changés.

  • Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    En 1971, un cycliste amateur, débarqué de Moselle depuis peu pour rejoindre un de ses amis rencontré à l’armée, a l’idée folle de créer une course à Bessèges. Le dénommé Roland Fangille, 32 ans, lance, avec l’appui de son beau-père René Rambaud, alors président de l’Union cycliste bességeoise, une course d’un jour : le Grand Prix de Bessèges est né. Deux ans après, la course s’enrichit de deux étapes supplémentaires, puis de deux autres en 1974. Toutes partent alors de Bessèges, formant une étoile, comme le conçoit son président et fondateur.

    55 ans après, l’Étoile arpente désormais plus en profondeur le département du Gard, avec de nombreuses villes étapes (Alès, Saint-Gilles, Bellegarde…). Mais Bessèges reste le cœur de la course. Et chaque année, la 3e étape lui fait la part belle avec le Grand Prix de Bessèges, dont l’arrivée et le départ se font dans la commune.

    Ancienne ville minière au cœur des Cévennes

    Particulièrement animée lors du passage de la petite reine et célèbre pour cette spécificité, Bessèges n’a pas toujours été connue pour cela. À l’origine, « Béou-Cèze » était un hameau de la paroisse de Saint-Andéol-de-Robiac. La commune naît par décret impérial en 1858. Autrefois cité minière et industrielle, elle est postée sur les bords de la Cèze, qui favorisait son activité économique. Elle connut à ce titre un drame, lorsque le ruisseau du Long, autre cours d’eau de la commune, s’engouffra dans les galeries minières, tuant 110 des 139 mineurs présents. Quatre furent retrouvés plusieurs jours après. Cet événement important de la mémoire communale est connu sous le nom de « Catastrophe des Mines de Lalle ».

    Aujourd’hui, la commune continue d’exister au-delà de son passé. 2 600 âmes vivent dans ce paisible bourg rural niché dans le parc national des Cévennes, à 30 km au nord d’Alès. Elle propose ainsi de nombreux parcours de randonnée sur ses hauteurs, offrant des points de vue exceptionnels. Son patrimoine n’est pas en reste, avec, notamment, la tour du guet de Castillon, l’église de Foussignargues, l’ancien couvent des sœurs Clarisses, le château de la Marchande… Enfin, depuis quelques années, Bessèges développe le MI.A.O.U., un circuit d’art urbain à ciel ouvert, classé « sentier découverte du Parc national des Cévennes ».

  • Domessargues, le petit poucet de l’Étoile de Bessèges

    Domessargues, le petit poucet de l’Étoile de Bessèges

    Un village au rendez-vous d’une course internationale. Petit bourg rural gardois recouvert à plus de 50% de forêts, Domessargues fait figure de petit poucet dans l’organisation de l’Étoile de Bessèges. Et elle ne sera pas seulement traversée par les coureurs, puisqu’elle les verra passer par trois fois, accueillant l’arrivée de la deuxième étape et tout ce qui va avec (bus des équipes, podiums…). Une opportunité unique pour la commune, qui va se retrouver sous les feux des projecteurs et des caméras de télévision. « C’est une occasion exceptionnelle pour notre village de mettre en avant son patrimoine et de partager la passion du cyclisme avec les participants et les spectateurs. Nous sommes impatients d’accueillir les coureurs et amateurs de vélo pour cet événement majeur », se réjouit la municipalité.

    Un écran géant installé

    Le village sera donc en effervescence ce jeudi. Et pour que la fête soit complète, une trentaine de bénévoles – cyclistes amateurs, agents municipaux, élus – seront mobilisés, et un écran géant sera installé sur la place de la mairie. Un moment qui promet d’être historique, et unique dans le milieu du sport professionnel.

  • [Etoile de Bessèges] Saint-Gilles, entre nature et patrimoine historique

    [Etoile de Bessèges] Saint-Gilles, entre nature et patrimoine historique

    Aux portes de la Camargue, jonché entre de majestueux voisins – Arles à l’est, Vauvert à l’ouest, les Saintes-Maries-de-la-Mer au sud, et Nîmes au nord – Saint-Gilles et ses quelques 15 000 habitants a également des atouts à faire valoir. Au premier rang, l’abbatiale de Saint-Gilles construite au XIIe siècle et qui demeurait, au Moyen-Âge, le 4e lieu de pèlerinage du monde Chrétien. Elle figure ainsi au Patrimoine Mondial de l’UNESCO comme étape sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Citons aussi le Château d’Espeyran, bâti au XIXe siècle, et resté en l’état, qui accueille aujourd’hui le Centre national du microfilm et de la numérisation.

    Pour les amateurs de grand air, Saint-Gilles offre également de nombreuses possibilités de balades et randonnées entre Costières et Camargue, notamment sur le sentier du Cougourlier, au cœur des marais, mais aussi via les pistes cyclables, avec des nombreuses voies vertes, et un nouveau tronçon de la Via Rhôna qui relie la commune à Bellegarde depuis cet été.

  • Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Dans une petite salle en rez-de-chaussée du bâtiment DB27, sept collégiennes en cercle se font passer un cri. D’abord crispées, secouées de rires nerveux, elles finissent par se prendre au jeu, guidées par Christine Hinque. L’exercice peut avoir l’air loufoque, mais l’intervenante, spécialisée en théâtre d’improvisation, explique : « Ça donne l’autorisation aux filles de prendre le pouvoir en faisant tomber les barrières ».

    Et des barrières, dans l’orientation ou le monde du travail, il y en a pléthore. Qu’elles soient réelles ou intériorisées. C’est pour les faire tomber que la direction de la communication du site fosséen d’ArcelorMittal a créé, en 2015, le réseau Femmes de steel qui organise chaque année une journée de découverte des métiers industriels. Depuis son lancement, le collectif a touché 780 jeunes filles. Ce mardi 27 janvier, c’était au tour de 131 collégiennes et lycéennes de six établissements de Fos-sur-Mer, Istres, Martigues, Châteauneuf-les-Martigues et Arles de visiter les installations et d’expérimenter les postes de l’aciérie.

    Des représentations genrées

    Emy et Chloé, en 3e au collège des Amandeirets, n’avaient jamais vu de près les hauts-fourneaux. Fascinées par les EPI (équipements de protection individuelle), elles se font tirer le portrait devant une immense photo de la coulée continue. Les deux élèves apprécient l’événement, bien qu’elles sachent ce qu’elles veulent faire plus tard : « Criminologue et organisatrice d’événements, plus particulièrement de mariages ». « On n’a pas le cerveau pour faire des sciences techniques », justifient-elles.

    Un préjugé qui a la peau dure. La référente égalité du collège Alphonse Daudet, à Istres, témoigne : « J’ai réalisé l’an dernier à quel point les représentations sont genrées. Je suis hyper attentive en conseils de classe et je me rends compte que beaucoup de filles partent dans le social et l’esthétique, tandis que les garçons pensent plutôt à des filières techniques de niche ». Géraldine Dautheribes, professeure de technologie dans le même établissement, glisse : « Ce n’est pas vraiment un choix qu’elles font, puisque l’aide à la personne et l’esthétique ça n’a rien à voir. On ne leur propose que ça, alors que plein de choses existent, à nous de leur montrer ».

    Sa collègue reprend : « On a l’impression que les filles choisissent par dépit dans le petit univers qu’on leur donne. Il faut faire venir des représentations de femmes dans plein de métiers différents, pour qu’elles aient des modèles ».

    29% des embauches

    en 2025

    Pour Chloé Gros, responsable du service maintenance électro-mécanique du département logistique d’Arcelor, cette journée Femmes de steel permet aux élèves de se faire une image réelle de l’industrie, parfois fantasmée, et d’avoir « des points de contact dans l’usine avec un ancrage féminin ». « Les rencontres, ça change tout, ça peut susciter un intérêt et être une porte d’entrée dans le secteur », poursuit-elle. Fanny en sait quelque chose. Elle est venue découvrir l’aciérie il y a quelques années dans le cadre du réseau et travaille désormais dans la préparation de travaux en maintenance.

    Isabelle Cristini, directrice des ressources humaines du site, perçoit une dynamique positive dans la course à la parité. « Le comité de direction compte 50% de femmes, tout comme le conseil d’administration », affirme-t-elle. L’entreprise s’impose l’égalité pour ce qui relève des jobs d’été et des contrats GEIQ de réinsertion.

    Certaines disparités persistent néanmoins, notamment sur les postes techniques. À Fos, les femmes représentent 10% des effectifs dans l’usine, 30% des contrats de stage et 29% des embauches en 2025. Une part qui atteint les 40% concernant les recrutements de cadres. « On a ces chiffres car on a très peu de candidates », explique Isabelle Cristini.

    D’où l’intérêt du réseau Femmes de steel. Et cette journée porte ses fruits ! Selon une enquête menée par ArcelorMittal à la fin de chaque édition, 56% des participantes affirment que l’événement les a aidées à faire un choix dans leur orientation. 22% disent avoir envisagé un métier technique avant de mettre les pieds dans l’aciérie, un chiffre qui augmente de 8 points à la fin de la découverte, les secteurs de la digitalisation, de la chimie ou de l’ingienérie étant les plus cités.

  • Grotte Cosquer, une seconde entrée révélée

    Grotte Cosquer, une seconde entrée révélée

    La Marseillaise : C’est en 1985 qu’Henri Cosquer dit découvrir la grotte dont il déclare officiellement l’existence en 1991. Une seule entrée semble exister. Quand et comment pressentez-vous la possibilité d’un autre accès ?

    Thierry Betton : Quand j’ai écho de la découverte de cette grotte, je ne sais pas qu’il y a des dessins à l’intérieur, mais ça pique mon intérêt de spéléologue. Je connais très bien l’anse de la triperie. Je pratique l’escalade depuis mon adolescence et j’y ai ouvert une voie d’escalade en 1976. Dès ma première plongée en solo, j’ai tout de suite l’intuition qu’il existe un deuxième réseau, dans le haut. Je cherche d’abord une ouverture terrestre. Je ne la trouve pas. Je plonge. Après une dizaine de tentatives, je découvre en mars 1992 ce deuxième accès, immergé dans seulement 3 mètres au lieu des 36 mètres. Une courte plongée me donne accès à une cavité dans laquelle je sens un courant d’air. En remontant, je découvre une chatière de 60 cm de diamètre sur 1,5 mètre de long, que j’arrive à franchir. Je débouche sur une galerie concrétionnée, féerique. Je la suis et ça me mène au sommet de la cathédrale qui donne accès au puits noyé. Ce qui confirme mon intuition : la présence de cette deuxième ouverture permet à la grotte de se maintenir en surpression.

    Que permet cette nouvelle porte d’accès ?

    T.B. : Elle a été utilisée par les équipes de recherche, mais aussi pour mettre en place toute la logistique qui a permis la construction de la via ferrata finalisée à l’automne 1998. La cheminée à l’extrémité de la galerie qui plonge sur le puits de la dernière salle est une partie dangereuse. Elle implique une progression spéléo technique. Mais, l’avantage de ce passage, c’est que la partie en immersion est bien plus courte. Cet aménagement inédit de via ferrata en milieu sous-marin a permis à des scientifiques non aguerris à la plongée, comme le préhistorien Jean Clottes, d’accéder au site. Une première mission d’expertise avait été menée, en 1991, par le ministère de la Culture. En 1994, avec Luc Vanrell, qui a découvert l’épave du P-36 de Saint-Exupéry, nous participons en tant que plongeurs à l’indication de Jean Courtin du CNRS à la mission scientifique pour effectuer les relevés topographiques. à ce moment, l’entrée haute n’est pas utilisée, car Cosquer avait dit que l’accès était quasi impraticable. Quand on fait les plongées et que je vois le matériel qui est amené et la logistique que ça demande, parce qu’il faut imaginer que là, il a fallu tirer l’électricité, un câble sur 150 mètres de long, à 36 mètres de profondeur, ce qui veut dire que tout le matériel qu’on passe est conditionné dans des caissons qui peuvent supporter la pression… Du coup, nous, on parle donc de l’accès haut, on dit qu’il est utilisable. à l’époque, je suis pompier volontaire à Cassis, membre du Groupe de recherche et d’intervention en milieu périlleux (Grimp) et je mesure le risque. En juin 1995, Courtin me recontacte pour sortir la centrale météo de la grotte. Elle avait cessé d’émettre. à cette époque, les crédits de l’état avaient été engloutis dans les recherches menées en parallèle sur la grotte Chauvet. On a le feu vert en proposant de réaliser l’opération de sauvetage moyennant quelques sandwichs et le plein d’essence. On peut sortir la centrale, la réparer et la remettre en place et on fait la démonstration qu’on peut accéder à la grotte par cette entrée.

    Pourquoi a-t-elle été mise au secret si longtemps ?

    T.B. : Quand je trouve l’entrée, passée l’émotion, il y a cette question : à qui en parler ? La découverte avait déjà fait l’objet d’une polémique et les doutes sur une galéjade marseillaise avaient été écartés. Mais ce sont surtout la sécurité et le souci de préservation du site qui ont fait foi sur ce choix du silence. Car il y avait eu la noyade des trois plongeurs grenoblois en 1991. Et révéler cet accès risquait aussi d’attiser les curiosités. Or, le site, dangereux, venait d’être interdit, mais ça, on l’a appris plus tard. Aujourd’hui, il y a des grilles, le site est inviolable. Dans un tout premier temps, je parle de l’accès haut à Bernard Dinacera, le fondateur de l’Atelier de la Mer, à la Pointe-Rouge. On y retourne ensemble et on prend le temps d’explorer. C’est là qu’on voit le panneau des mains, les bisons… Puis j’avais besoin de communiquer et j’en parle aussi à mon frère Régis et à Luc Vanrell, qui prendra la suite de Jean Courtin, en 2001, à la direction des recherches scientifiques.

    Pourquoi la révéler aujourd’hui ?

    T.B. : J’avais déjà posé des jalons dès 2022. Il y a eu des articles sur « les oubliés », puis « les effacés » de cette histoire… Mais si j’y reviens, c’est parce que j’ai acheté pour mon petit-fils la BD qui vient de sortir sur « la rencontre de Barbu dans la grotte ». Elle est très belle, bien scénographiée et didactique. Mais il y a une page en particulier qui m’a interpellé, avec un encadré où il est dit qu’une autre entrée est découverte par Henri Cosquer. Or, cette publication ne peut ignorer les conditions de découverte du second accès. Ce que je souhaite surtout, c’est rétablir des faits, rendre leur place à tous les acteurs de cette aventure qui sont près de 80 en réalité à avoir œuvrer durant 30 ans pour que la réplique de la grotte puisse être réalisée. Ceux sans qui rien n’aurait été possible. S’ils sortent enfin de l’ombre, ce n’est pas pour polémiquer ni par intérêt financier, c’est juste pour dire que c’est une aventure collective, pas le fait d’un héros solitaire. Non seulement elle est collective, mais elle n’est que collective. Mieux, elle est paritaire dès les premières heures. Ils étaient quatre plongeurs, dont deux femmes, Cendrine Cosquer, la nièce d’Henri, et Pascale Oriol. Puis, il y a eu Sylvie Gouirand, Anne Delhomme, Orsane Vanrell, toutes les plongeuses, les chercheuses qui ont joué un rôle très important. Or, le rendu muséal met un seul homme sur un piédestal, tel un super héros. C’est dommage, car parler de tout ce travail d’équipe permettrait aussi à une petite fille de s’identifier, de rêver d’un destin de plongeuse, d’archéologue.

    L’histoire de ces « oubliés » et de ces « effacés » de la découverte a-t-elle vocation à intégrer la version officielle ?

    T.B. : C’est mon souhait de rendre visible la partie immergée de l’aventure pour qu’on saisisse toute la complexité de l’immense opération… Mais cette décision ne m’appartient pas. Je ne demande rien, pas plus que les quatre plongeurs à l’origine de la découverte, ni que les 80 personnes qui ont travaillé à la mise à jour des vestiges. C’est compliqué, car la grotte porte le nom de quelqu’un. Il y a des droits sur les entrées… Simplement, dans la narration, il serait bien d’ajouter quelques noms, des photos d’autres visages.

  • [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    Il chuchote au micro, droit, figé dans le déni le plus parfait. « Je n’avais aucune intention sexuelle. Je suis non violent, en particulier envers les enfants. Je cherchais juste un mannequin pour l’articuler de manière à l’asseoir sur une table, car j’avais dans l’idée de simuler des cours scolaires pour faire une autoévaluation de ma manière d’être et de m’exprimer, car ça fait longtemps que je rêve d’enseigner. C’était une démarche à but thérapeutique car j’ai totalement perdu confiance en moi », brode David, 56 ans, électromécanicien qui vit à Bouc-Bel-Air, condamné en 2005 pour l’agression sexuelle de sa fille de 4 ans.

    « Vous avez commandé une poupée enfantine avec un vagin destiné à être pénétré », lui rappelle la présidente Charlotte Joubert, qui décrit l’objet de 20 kg pour 1,32 m aux traits enfantins. Un modèle baptisé « Teen Sex Doll » vendu 539 dollars sur une plateforme chinoise. « Ça a sauté aux yeux du livreur d’UPS qui a donné l’alerte en voyant, au travers du colis endommagé, une poupée d’apparence de 6 ans ! », lance Me Joanny Moulin, avocat de l’association Parole d’enfant, partie civile qui lui fait confirmer que devant les gendarmes, il a reconnu s’être masturbé avec cette poupée.

    Quand la présidente rappelle au prévenu la découverte un an avant les faits, sur son ordinateur, de « sept images de gosses qui font des fellations », il nie encore. « Avez-vous un double maléfique qui télécharge malgré vous ? » – « J’ai jamais voulu les télécharger, ce sont des fichiers corrompus, indésirables. » Devant les gendarmes, il a bien admis regarder des « vidéos sur l’inceste ». à la barre, ce père aux cheveux blancs justifie : « J’ai été agressé sexuellement dans ma famille quand j’étais enfant et adolescent. C’est quelque chose dont je n’arrive pas à me débarrasser. Mon père ne s’est jamais aperçu de rien, mais je suis persuadé que ma mère le savait. »

    Une expertise psychiatrique antérieure aux faits décrit « une personnalité de type pervers dans le déni absolu ». « Non, je ne suis pas pervers », réfute encore le prévenu. Même déni sur la plainte récente d’une autre de ses filles, qui s’est souvenue qu’il l’avait fait venir deux fois dans son lit alors qu’il était tout nu.

    « Nous voulons que par votre décision, vous protégiez les enfants de l’extrême dangerosité que représente l’achat de ce type d’objet et que vous donniez un signal ferme à l’ensemble des pédocriminels », demande Me Moulin, partie civile qui obtiendra l’euro symbolique demandé. « à l’heure de l’invasion chinoise de notre économie, ces poupées pédocriminelles font le buzz. Elles ne sont pas un substitut pour ne pas passer à l’acte, sinon l’état en vendrait ! Tout au contraire, une personne sur deux qui ont procédé à cet achat passe à l’acte. »

    « Le danger est là et prévisible de passer à l’acte », confirme le procureur adjoint, Olivier Poulet, devant ce prévenu « dans le déni absolu de sa déviance avec des histoires à dormir debout ». « Ce n’est rien d’autre qu’une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné en 2005 pour agression sexuelle par ascendant ». Il requiert 12 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de soins psychiatriques et une interdiction d’exercer toute activité en lien avec l’enfance.

    « C’est un procès honteux, la relaxe s’impose ! » tonne Me Nicolas Perrin, pour qui « on a voulu faire du médiatique, on a pris le premier malheureux venu avec la polémique Shein. On met des bûches dans le feu pour alimenter l’étiquette de pédophile qu’on veut lui coller. Rien ne relève d’un caractère pénal. Il a acheté légalement et pas sur le darknet une poupée qui n’a rien d’enfantine ». Son client écope de 18 mois de prison, dont 6 ferme sous bracelet avec 2 ans de soins psychiatriques, et 5 ans d’interdiction d’activité en lien avec les mineurs.

    « Une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné »

  • Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    L’acheteur de 56 ans d’une poupée pédopornographique proposée sur une plateforme de vente en ligne comparaît libre, ce vendredi, devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, pour « détention ou acquisition d’images ou de représentations de mineurs à caractère pornographique ». Il encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

    Le quinquagénaire, domicilié à Bouc-Bel-Air, avait reconnu en garde à vue avoir « commandé cette poupée à des fins sexuelles ». Il a été déféré le 5 novembre au parquet d’Aix-en-Provence et placé sous contrôle judiciaire jusqu’au procès. Le procureur avait précisé que le colis n’était pas de la plateforme Shein.

    Deux jours plus tôt, des employés d’une société de livraison avaient alerté la gendarmerie de la découverte d’un colis plutôt lourd et en partie ouvert qui contenait une poupée pédopornographique en silicone de 1,30 mètre, expédiée par la société chinoise Zech. Le destinataire est tout sauf inconnu, étant déjà inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles (Fijais), à la suite d’une condamnation pour agression sexuelle sur mineur.

    Prison ferme et obligation de soins

    Le scandale de la vente en ligne décomplexée de ces poupées remonte au 3 octobre, quand la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a alerté la justice sur la présence de ces produits sur plusieurs plateformes asiatiques de e-commerce, d’abord sur le site chinois Shein, puis ensuite AliExpress, désormais sous enquête.

    La Répression des fraudes a rendu public la découverte et rappelé aussi aux diffuseurs qu’ils engageaient leur responsabilité pénale : la diffusion, via un réseau de communications électroniques, de représentations à caractère pédopornographique, est passible de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Le communiqué fustigeait en particulier Shein, « un site et une marque pour lesquels des pratiques commerciales trompeuses et des allégations mensongères, ainsi que plusieurs non-conformités, ont déjà été largement constatées et sanctionnées précédemment ».

    En France, une vingtaine d’acheteurs âgés de 20 à 70 ans ont été interpellés et certains déjà traduits en justice. Le 15 décembre, un homme de 41 ans a été condamné à Tarbes à 2 ans de prison ferme avec mandat de dépôt, ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire de 5 ans avec obligation de soins pour cet achat, mais aussi pour une agression sexuelle sur une fillette de 8 ans. « Il n’y a pas de doute dans ce dossier. Les jouets sexuels évoquaient clairement des enfants. Il a reconnu l’agression sexuelle. C’est un passage à l’acte pédophile. Nous sentons que ses pulsions prennent clairement le pas sur sa raison », avait lancé le procureur, cité par La République des Pyrénées.