Tag: Débat public

  • « Je m’engage pour un parc naturel des étangs »

    « Je m’engage pour un parc naturel des étangs »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui motive votre investissement dans les municipales ?

    Jean-Louis Sanial : Le collectif Sauvons nos étangs que je préside depuis deux ans a permis de faire reculer le projet HyVence de Géosel, qui consistait en la couverture sur cinq cents hectares de panneaux solaires flottants sur les étangs de Lavalduc et d’Engrenier. Ce qui équivaut presque à la surface habitée de la ville. Une usine d’hydrogène devait prendre place entre les étangs et une ligne électrique haute tension (souterraine, Ndlr) devait être tirée jusqu’à la zone industrialo-portuaire. Ce projet a provoqué un fort mécontentement dans la population face à cette nouvelle usine Seveso sur un terrain inondable, aux grands besoins d’eau douce, sans parler des dégradations paysagères et de la biodiversité. Le projet a été retiré suite à la mobilisation, mais maintenant, il faut passer à une nouvelle étape dans la défense de ce site naturel.

    En vous présentant d’emblée comme futur maire ?

    J.L.S. : Non, même si je l’ai déjà fait par le passé, lorsque j’étais dans la liste citoyenne du Front de gauche en 2014. Aujourd’hui, je suis engagé comme citoyen dans un collectif transpartisan, qui donne la parole à tous et dont les soutiens vont de LFI au RN. Mon but est avant tout de mettre en œuvre le projet de parc naturel des étangs de Fos-sur-Mer que nous avons développé avec le collectif, qui a été présenté aux élus et institutions de la région ainsi que lors du débat public Fos-Berre. Alors, je précise que nous sommes favorables au développement économique de la zone ainsi qu’aux projets industriels au sein de la zone industrialo-portuaire. Nous ne sommes pas contre l’industrie, mais nous voulons laisser libre accès à la population à cette zone humide, ce poumon vert de biodiversité, car nous avons déjà assez donné.

    Vous ne vous présentez pas comme tête de liste alors ?

    J.L.S. : Mon objectif est d’accéder à un statut d’élu dans une équipe qui me confie la mise en œuvre de ce projet de parc naturel. J’ai intégré Génération écologie car je n’étais membre d’aucun parti jusqu’à présent, et dont je partage un certain nombre de valeurs dont l’approche transpartisane. Par contre je réfléchis à mon implication, mais je ne serai pas tête de liste. J’intégrerai l’équipe qui aura le plus d’affinités avec le projet de parc naturel. Je crois que la problématique environnementale va être au cœur de la campagne, alors que 20% des émissions de carbone du pays se font à Fos.

  • Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le collectif Stop THT 13/30 n’a pas dit son dernier mot. Un mois et demi après la fin du débat public global de zone sur l’avenir industriel du territoire, l’alliance de 32 associations du monde agricole, écologique et citoyen d’Arles et de Camargue remet le sujet sur la table lors d’une conférence donnée dans le cadre du festival Agir pour le vivant.

    La protection de la biodiversité est la préoccupation première de ces militants. Telle que présentée par RTE dans son fuseau de moindre impact, la ligne aérienne de 400 000 volts devant alimenter la zone industrialo-portuaire traverserait quatre zones Natura 2000 dont trois zones humides d’importance internationale, la réserve de biosphère de Camargue, la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau et une partie du Parc naturel régional de Camargue.

    « En Camargue et en Crau, la ligne aérienne serait présente sur plus de 50km, écrit le collectif dans une lettre ouverte. Elle aurait un impact majeur sur l’avifaune en raison de son emplacement stratégique dans une zone clé pour la migration des oiseaux ainsi qu’un site majeur de reproduction et d’hivernage, accueillant 400 espèces d’oiseaux soit 75% des espèces nationales. »

    Une solution alternative

    Début décembre, 74 organisations représentant 36 pays, ont lancé une alerte rouge pour prévenir les autorités nationales et européennes des risques environnementaux et socio-économiques de l’infrastructure. « À la dernière réunion de la conférence des parties de la convention de Ramsar, auquel participait la Tour du Valat, le secrétariat a demandé des explications à l’État français, affirme l’avocat Sébastien Mabile. Nous avons également saisi le comité permanent de la convention de Berne qui assure la protection du patrimoine naturel des habitats et des espèces sur tout le continent européen, et nous allons saisir la Commission européenne pour lui demander de faire pression sur l’État français. » Trois plaintes pour destruction d’espèces ont également été déposées, et une action en justice est envisagée.

    Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif Stop THT 13/30, rappelle néanmoins : « On n’est pas que dans l’opposition, on a constitué une solution alternative en allant chercher des compétences en urbanisme, en naturalisme, en ingénierie. » Celle-ci consisterait en l’enfouissement de la ligne « sur des terrains 100% publics » mais coûterait bien plus cher que l’option aérienne de RTE, c’est-à-dire 1,2 milliard contre 300 millions d’euros, sans compter le délai de 2028, imposé par l’implantation des nouvelles industries, qui ne pourrait pas être respecté. Jean-Laurent Lucchesi, un autre membre de l’alliance, affirme : « On est pour la réindustrialisation, mais pas au risque de mettre en péril les autres enjeux agricoles, environnementaux et patrimoniaux. » À l’État de trouver un compromis.

  • Les cheminots CGT veulent aller plus loin pour le triage ferroviaire

    Les cheminots CGT veulent aller plus loin pour le triage ferroviaire

    Maintenant qu’on a l’infrastructure, il faut aller chercher les clients », lance le secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca Robin Matta. La visite ce jeudi matin du PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou à la gare de triage de Miramas s’est faite sans la presse, deux mois après les deux semaines d’arrêt du tri suite à une panne de télécommande le 12 juin.

    À la recherche de marchés

    « Après avoir investi cinquante-sept millions d’euros pour le triage, il faut le faire vivre », estime le secrétaire des cheminots CGT de Miramas. Car au-delà de vouloir récupérer les vingt-trois flux logistiques retirés à Fret SNCF lors de la privatisation imposée par la Commission européenne, Robin Matta pense qu’aujourd’hui « toute la question pour nous est de nous outiller pour effectuer le tri ferroviaire à la carte des petits trains assemblés en wagons isolés », comme c’est le cas au Terminal ouest Provence de Clésud où seul un train contenant de l’eau est géré par la SNCF. « Nous avons posé la question au président pour savoir quelle démarche commerciale a été entamée pour aller chercher les marchés », abonde le cheminot.

    Dans le même temps que la recherche de marchés supplémentaires, les cheminots interpellent également Jean-Pierre Farandou sur l’infrastructure. Comme l’indique Robin Matta, « nous avons dit au président que nous considérons devoir aller plus loin dans la rénovation et l’amélioration technologique du triage de Miramas », s’appuyant sur les 57 millions d’euros déjà déboursés combinés au débat public sur l’industrie actuellement instruit dans la région, et dont le rendu est le 18 septembre.

    À ce titre, le secrétaire régional des cheminots l’affirme, « la CGT se tient à disposition de la SNCF pour travailler ensemble à un véritable projet global pour le fret ferroviaire ». « On est plus dans la situation de 2020 où plus rien ne fonctionnait. Il nous faut accélérer pour ne plus se retrouver dans la situation de juin, où nous n’avions plus de télécommande », conclut-il.

    L’investissement de SNCF Réseau a déjà permis « l’accomplissement de la 1ère phase du grand plan de rénovation de la gare de triage amorcé en 2025 », détaillé dans le dossier de presse idoine. Treize voies de formation de train sur les quarante-huit au total ont été régénérées, en même temps que vingt aiguillages et quatre freins de voie pour le tri ont été remplacés. Le système informatique de protection du personnel a également été modernisé.

    Une usine ferroviaire pour décarboner la logistique

    La seconde tranche du plan de rénovation du triage se déroule entre cette année et 2027, et concerne « le renouvellement de 24 freins de régulation pour le triage et la régénération d’une quinzaine de voies » d’après la SNCF. L’entreprise publique considère que « cette remise à niveau intervient dans un contexte encourageant de hausse du trafic fret sur la zone et les perspectives de réindustrialisation du golfe de Fos qui portent des enjeux de décarbonation propices au développement du mode ferroviaire ». Avec 2 430 arrivées et départs confondus par mois, cette gare trie, relaie et remise des wagons pour tout le grand sud de la France. Une position « stratégique en amont de la Zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer » pour la SNCF.

    Les cheminots dès lors demandent « un cap » à leur direction, alors qu’une rumeur persistante annonce le changement de présidence du groupe public pour l’ancien premier ministre Jean Castex (Ex-LR) à l’automne. Contactée jeudi soir pour réagir, SNCF Réseau n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos sollicitations.