La semaine dernière, un collectif de parents d’élèves de l’école maternelle Campra, se mobilisaient, inquiets d’une potentielle fermeture de cet établissement. Le collectif, s’est constitué après avoir appris qu’une des classes fermerait dès la rentrée 2026, inquiets d’une fermeture en 2027. Une information non officielle à ce stade. Sur place, plusieurs élus issus du groupe de gauche Aix Avenir ont participé à la mobilisation, avant d’être rejoints par une délégation de la Ville, dont l’élue en charge de l’éducation. Le 15 avril, faisant suite à cette mobilisation, l’ensemble des élus du groupe d’opposition ont envoyé « un courrier commun au Dasen, avec en copie Madame le Maire, pour exprimer notre incompréhension sur la fermeture de l’école et plus globalement sur la carte scolaire aixoise », indique Clément Frel-Cazenave (ELLV). Le courrier, que nous avons pu consulter, fait part d’une « incompréhension face aux décisions prises pour les écoles d’Aix lors du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) du 3 avril » et estime que cette décision n’a « fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les élus de la ville ». Toujours selon ces lignes, 12 classes devraient être supprimées sur Aix, « certaines sont le prélude à des fermetures d’école ». Le courrier demande au Dasen « une révision des mesures de fermeture. » « J’ai eu Madame le Maire, il y a eu un travail avec les services (…) les élus de la majorité ont été associés, par l’intermédiaire de la rencontre que j’ai eu avec le maire. On est sur une école ou il y a deux classes aujourd’hui ou il y a 23 élèves à la rentrée prochaine et un IPS des plus élevés du Département (128 et demi). Il n’y a que des moyenne et grande sections à la rentrée prochaine, j’enlève un emploi sur les deux », recontextualise Jean-Yves Bessol, Dasen des Bouches-du-Rhône qui s’est engagé à répondre au courrier.
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Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes
Mardi 14 avril, ils étaient encore nombreux, parents, enfants, enseignants, à se mobiliser devant l’école Prosper-Mérimée à Nîmes pour s’opposer à la nouvelle carte scolaire qui prévoit une fermeture de classe dans cette école du quartier de la Croix de Fer. Un cortège s’est ensuite rendu devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (Dsden) pour faire entendre le mécontentement.
Comme partout dans le département ces dernières semaines, de nombreuses mobilisations se sont déroulées à Nîmes pour s’opposer aux 18 fermetures de classe prévues pour la rentrée 2026. S’il a déjà fait part de son opposition à ces fermetures lors d’une réunion le 2 avril avec Christophe Mauny, le directeur académique, Vincent Bouget a cette fois pris la plume pour réaffirmer son « désaccord profond » dans une lettre envoyée au Dasen. Pour le maire communiste, professeur d’histoire-géographie de formation, la baisse des effectifs doit permettre au contraire de baisser le nombre d’élèves par classe plutôt que de faire des économies.
Lutter contre les inégalités« L’éducation, par l’apprentissage des savoirs, est le levier majeur de l’émancipation de notre jeunesse. L’école est également l’écrin d’une sociabilisation apaisée, de l’ouverture à l’autre, et de la confiance en soi. Or, les études, y compris celles de la Chambre régionale des Comptes dont l’objectif principal est la rationalisation des coûts et dépenses au regard des politiques publiques, démontrent que le nombre réduit d’élèves par classe amoindrit considérablement les inégalités et favorise la réussite scolaire de tous les enfants. », écrit-il.
Une autre mobilisation a été particulièrement suivie à Nîmes : celle de l’école Georges-Bruguier, dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon où une classe de CP sur les cinq que compte l’établissement doit fermer en septembre. Jeudi 9 avril, 100% des enseignants étaient en grève. Avec cette fermeture, les effectifs par classe pourraient passer de 12 aujourd’hui à 15 en septembre. Or cette école possède l’indice de position sociale (IPS) le plus bas de l’académie et a donc des besoins spécifiques.
C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste aussi Vincent Bouget dans son courrier soulignant que « le département du Gard est l’un des plus pauvres de France, et la ville de Nîmes compte plus de 40 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté ce qui représente près de la moitié des enfants scolarisés ». « L’ambition que nous portons à l’enfance et aux questions d’éducation implique de considérer la réussite comme un projet d’avenir. Et nous ne pouvons imaginer l’appréhender par le seul biais d’une gestion comptable qui s’appuie sur des ratios. Le dédoublement des classes étendu à l’ensemble des niveaux dans l’élémentaire est une des solutions qui répond à cette ambition », conclut le maire de Nîmes qui demande « le maintien de l’ensemble des classes existantes ».
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Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?
« Une gifle. » Voici comment le syndicat Unsa a qualifié l’annonce jeudi 9 avril du Dasen qui prévoit de fermer 59 classes sur tout le département. Nîmes, Alès, la ruralité, les maternelles, les primaires, l’éducation prioritaire, aucun secteur n’est épargné. Face à cette présentation, les syndicats ont évidemment voté contre cette carte scolaire alors qu’une manifestation réunissant enseignants, parents et syndicats se tenait devant le siège du Dasen.
Dans le détail, le Dasen prévoit 14 ouvertures de classes dont dix à Nîmes (neuf en éducation prioritaire) mais aussi à Saint-Ambroix, Beaucaire (éducation prioritaire), Milhaud et Redessan. Le Dasen a aussi consenti à revenir sur trois fermetures prévues à Nîmes (à Georges-Bruguier, Mont-Duplan et Rangueuil). Mais il reste tout de même 59 classes menacées de fermeture dont 17 à Nîmes, six à Alès ou encore deux à Saint-Gilles.
« La baisse démographique est réelle mais on n’améliore pas les conditions d’enseignement. Il y a des points comme Bessèges par exemple où on avait sauvé la classe l’an dernier mais il prévoit à nouveau de la fermer sauf que ça va faire des classes en maternelle à 25 ou 26 avec des cas pas possibles et une misère sociale importante… C’est une catastrophe. On fait tout peser sur la maternelle alors que c’est le début de la scolarité », fustige Myriam Vermale, co-secrétaire du Snuipp-FSU du Gard.
Mais ces arguments n’ont pas influencé le Dasen. « Le Dasen, il est honnête, il nous l’a dit, s’il ouvre une classe, il doit en fermer une. S’il ne ferme pas une classe, il en fermera une autre ailleurs. Aujourd’hui, aucune école n’est tranquille parce que la carte scolaire n’est pas arrêtée », avertit Myriam Vermale. D’ailleurs, dix classes sont « sous surveillance » des syndicats dont des classes à Barjac, Vénéjean ou Lassalle qui pourraient avoir de mauvaises surprises.
Sur ces 59 fermetures, toutes ne sont pas non plus à défendre. Les syndicats ont contacté les écoles concernées et tentent d’influer sur celles qui affirment avoir des effectifs suffisants pour s’opposer aux fermetures.
Nouvelles négociations
le 17 avrilLa FSU du Gard regrette également les suppressions de postes d’enseignants : « Le Dasen appuie les directives ministérielles donc il crée des postes mais hors de la classe avec les pôles d’appui à la scolarité pour la gestion des élèves en difficulté. Il dit que ça va tout révolutionner mais il pompe neuf postes d’enseignants sur le premier degré. On part avec une dotation de moins 27 postes. »
Le Dasen a aussi prévu de créer à nouveau trois classes Ulis, poursuivant la dynamique de déploiement de ces Unités localisées pour l’inclusion scolaire dans le département. Mais ces ouvertures pèsent aussi sur le nombre d’enseignants puisque ces postes sont ponctionnés dans les effectifs des enseignants. « Puisqu’il crée des Ulis dont on a besoin, il crée aussi un poste de coordonnateur Ulis ce qui nous fait encore perdre un poste d’enseignant », s’agace Myriam Vermale.
Une nouvelle réunion s’est tenue jeudi 16 avril mais la nouvelle véritable négociation se déroulera vendredi 17 avril en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). L’occasion de voir si les nombreuses mobilisations à Aimargues, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Bessèges, Moulézan, Tornac, les Salles-du-Gardon, Cavillargues, Saint-Julien-de-Peyrolas ou encore Vers-Pont-du-Gard influeront sur les choix du Dasen.
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Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents
« Plus d’une centaine de classes sont menacées dans le département, principalement à Marseille mais aussi à Aix, à La Bouilladisse ou Salon. Et si nous n’avons pas de chiffres sur les dotations globales horaires, de nombreux établissements, principalement des lycées sont impactés. » Pour Letizia Vignone, administratrice du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) qui se prépare à une audience avec le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale), ce mercredi 8 avril à Aix-en-Provence, la situation au sein de l’Éducation nationale s’est nettement dégradée, au détriment déjà des élèves.
« Au lycée, cela veut dire concrètement des options en moins, des classes qui peuvent atteindre 30 à 35 élèves lorsqu’ils font des travaux pratiques, en SVT ou physique-chimie. Au collège, les classes dédoublées pour l’apprentissage du français sauteraient avec la coupe budgétaire » illustre-t-elle, espérant « grappiller » un maximum d’heures. Le MPE 13 compte également mettre la pression sur le préfet qui doit valider la carte scolaire et les dotations globales horaires cette semaine.
À Aubagne, Jadran Svrdlin, professeur des écoles et syndiqué à la CGT Educ’action mesure déjà le manque de postes d’enseignant dans son école. « Depuis janvier, nous approchons les 130 journées non remplacées soit 2,7 à 2,8 absences par jour pour nos 9 classes », explique-t-il.
« En mode dégradé permanent »Les élèves sur le carreau étant répartis sur les classes qui restent, « nous sommes en mode dégradé permanent. Le nombre de remplaçants affectés n’a pas changé depuis des années ». Raison principale pour laquelle il sera présent ce mercredi au rassemblement organisé devant le collège Lou Garlaban à 11h avec la CGT, le syndicat SUD mais aussi les associations de parents d’élèves. Une autre mobilisation étant prévue le vendredi à 16h30 devant l’école de la Tourtelle.
De la primaire au secondaire, cet enseignement « dégradé » a de terribles conséquences pointe Jadran Svrdlin. Réformes injustes finalement avortées, annonces ministérielles intempestives, « on met en place des échéances couperet comme le brevet dont M. Attal faisait un préalable obligatoire au lycée », analyse-t-il, se souvenant aussi de l’expérience des groupes de niveaux que nombre d’enseignants ont refusé d’appliquer. Un « tri social » où « on élimine » estime-t-il, déplorant que les premières victimes soient les « enfants des classes populaires qui n’ont que l’école publique comme patrimoine ». La CGT Educ’action s’inquiète aussi dans un communiqué de la « mise à mal de l’école inclusive » avec un nombre d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) insuffisant, tout comme celui des personnels de Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté).
À Marseille, le syndicat SUD Éducation 13 appelle aussi à un rassemblement devant la Chambre de commerce, sur la Canebière, ce mercredi à 17h30 « contre les coupes budgétaires imposées par l’Éducation nationale et la violente répression des lycéens ». Déjà devant l’école Leverrier (4e) ce mardi, après avoir appris la fermeture d’une classe la semaine dernière, les parents d’élèves ont déployé banderoles et mégaphones.

