Derrière Alain Gargani et Daniel Salenc, président et vice-président des Entrepreneurs Sud, s’étend le Vieux-Port de Marseille. C’est avec cette vue qu’offre le 7e étage du Sofitel que les responsables de l’anciennement nommée confédération des petites et moyennes entreprises de la Région Sud, ont décidé de faire le point sur les enjeux de l’année lors d’une conférence de presse ce mardi.
Et les sujets sont nombreux : obligation de recevoir des facturations électroniques, importance de la ligne THT pour Fos-sur-Mer ou encore l’élection présidentielle. Mais la principale nouveauté de cette rentrée : l’obligation pour toutes les entreprises d’être en capacité de recevoir des factures numériques.
« C’est pour s’aligner avec les directives européennes que la France fait ça, mais avec un peu d’avance, explique le président de l’organisation. On soutient la démarche. Mais arrivés au jour J, on se rend bien compte que ça n’a pas été la priorité des patrons et artisans. Seuls deux tiers d’entre eux ont choisi leur plateforme », précise-t-il. Son organisation affirme donc avoir négocié pour obtenir trois mois de tolérance, où les patrons ne seront pas sanctionnés.
Initialement prévue pour être gérée par l’État et donc gratuite, la plateforme de facturation électronique publique n’a jamais vu le jour. Le gouvernement a donc décidé de privatiser le service, ce qui fait craindre une augmentation des prix. « Il y a 150 plateformes homologuées, mais on sait comment ça va se passer : il ne va en rester que deux, trois, parce qu’elles vont se racheter entre elles, et elles pourront faire augmenter les prix puisque nous sommes obligés d’avoir ce type de plateforme avec cette réforme », s’inquiète Daniel Salenc. Ce qui fait dire au président de la chambre des métiers et de l’artisanat qu’il faut que le gouvernement encadre les prix « pour que cela reste viable ».
Une intervention étatique que l’organisation souhaite également pour la ligne de haute tension censée alimenter Fos-sur-Mer. « L’État français a décidé de faire de l’étang de Berre un fleuron de l’industrie française. Il doit donc nous aider à faire la ligne à haute tension », insiste Daniel Salenc. L’organisation espère ainsi que seront organisées des réunions avec les acteurs impliqués afin d’avoir un consensus autour de cette ligne « essentielle pour la décarbonation, selon les mots du vice-président des entrepreneurs sud. Donc s’il faut l’enterrer à certains endroits pour qu’elle soit acceptée, il faut que l’État le prenne en charge. Notre région ne peut pas porter seule une volonté nationale ».
Enfin, la présidentielle est aussi au cœur des inquiétudes des patrons « qui n’investissent plus car ils n’ont aucune vision pour le futur », explique Alain Gargani. Pour lui, aucun candidat n’a « compris les besoins des entrepreneurs : que les charges sur les entreprises soient baissées. Et qu’il y ait un nouveau modèle économique social ». Un interventionnisme étatique à la carte pour les patrons donc…

