Tag: Cyril Meunier

  • Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Chaufferie CSR : avis positif malgré des réserves et refus

    Transformer la dysfonctionnante usine de méthanisation Ametyst (50% de refus et bientôt 80% !) en chaufferie de combustibles solides de récupération (CSR) d’ici 2030. Tel est l’objectif du président Michaël Delafosse (PS) qui refuse d’exporter plus longtemps par 4 900 camions (vers Sète, Lunel, les P-O…) les 70 à 110 000 tonnes de déchets que la Métropole de Montpellier est incapable de traiter. « Nous sommes dans une impasse, un précipice en étant la seule métropole sans solution pour gérer ses déchets », alerte M. Delafosse. En parallèle du CSR, le président veut poursuivre la stratégie pour tendre vers le « zéro déchet » et promet à terme une baisse de 10% de la taxe sur les ordures ménagères.

    Les seuils font débat

    Mardi 13 octobre, les élus communautaires n’ont pas gravé dans le marbre la construction d’une chaufferie CSR qui brûlera au maximum 42 525 tonnes de déchets par an. Mais ils ont majoritairement émis un « avis favorable » à la demande d’autorisation environnementale et de permis de construire. Deux actes qui relèvent de la préfecture de l’Hérault qui vient de lancer l’enquête publique (deux réunions publiques sont prévues les 20 octobre et 6 janvier) qui se clôturera le 12 janvier 2027. Ce n’est qu’ensuite que la Métropole prendra sa position définitive.

    D’ici là, la perspective du CSR, sorte d’incinérateur nouvelle génération, est loin de faire l’unanimité. Il y a ceux qui émettent des réserves, à l’instar du maire de Saint-Jean-de-Védas qui exige la plus grande transparence sur la commission de suivi du site. « Nos installations doivent évoluer mais les responsabilités de chacun doivent être établies, les procédures d’alerte, de contrôle et mesures correctives connues », insiste Patrick Hivin. Si le délégataire choisi (Urbaser Environnement) s’engage à des émissions de polluants atmosphériques « 30 fois inférieurs aux normes », Marie-France Boisbault (pro-Altrad) note que les Pfas mais aussi les dioxines, métaux et mercure « ne sont pas quantifiés dans le rapport ». « Aucune valeur limite ne s’applique à l’ammoniac rejeté par les bio-filtres », ajoute Emmanuelle Mysona, élue d’opposition à Saint-Jean-de-Védas.

    Pour Julia Mignacca, c’est une fin de non-recevoir. « Un incinérateur incluant des plastiques va être implanté en pleine ville [quartier Garosud], à proximité immédiate d’habitations », alerte l’élue écologiste d’opposition à Montpellier qui réclame un « moratoire ». Au contraire, pour l’adjointe et épidémiologiste Tasmine Akbaraly, l’usine sera une « barrière de sécurité scientifique ». Selon le maire (DVG) de Lattes, Cyril Meunier, « il n’y a pas de bonne solution pour traiter les ordures ménagères » mais « le CSR est la plus suivie ». Et le vice-président Renaud Calvat (PS) d’abonder. « Le CSR d’Amsterdam permet de chauffer 40 000 foyers. »

  • Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    « C’est la première fois que nous dépassons la barre des 2 milliards d’euros au budget primitif ». Prononcée en guise de conclusion de deux jours de débats cordiaux qui ont abouti, mardi 31 mars à Montpellier, au vote* du budget 2026 du Département de l’Hérault, la phrase de Kléber Mesquida (DVG) ne dit rien du casse-tête financier enduré.

    Si le président héraultais ne semble plus craindre une reprise en mains de la Chambre régionale des comptes, il est bien conscient que sa marge de manœuvre financière reste minime. Précisément de 33,8 millions d’euros (ME) au lieu de 68,7 l’an passé pour ce qui est de l’épargne brute. L’épargne nette est même négative (-19ME), au même niveau qu’en 2024. Pris dans « un effet de ciseau », le Département aux finances toujours précaires, ne sort pas encore de l’étau.

    Deux raisons essentielles l’expliquent. D’abord les dépenses sociales (949,2ME) pèsent mécaniquement chaque année plus lourd dans un territoire précaire. 280ME pour le RSA, 186,2ME pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), 185,1ME pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et 106,4ME qui relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

    « Chaque euro dépensé utile »

    Autant de dépenses sociales obligatoires qui sont loin d’être compensées « à l’euro près » comme promis par l’État qui transfère des compétences puis se désengage année après année. Résultat : un reste à charge colossal et en hausse (259ME en 2026 au lieu de 245,6ME l’an passé) : 110,7ME sur le RSA, 79,6 sur l’APA ou encore 68,7ME pour la PCH. « Ce qui nous plombe c’est le non respect de la parole de l’État », synthétise le vice-président aux finances, Cyril Meunier (DVG).

    Conséquence : si les dépenses d’investissement seront en légère hausse (181,6ME dont 102,2ME pour les travaux sur les routes et les domaines), l’effort reste minimaliste. Et K. Mesquida de prévenir : « On va passer une année 2026 à faire des économies, je resterai sur la même ligne, on ne peut pas avoir de dérive, on serait pénalisable ». Il faut dire qu’un emprunt d’équilibre de 61,7ME a dû être nécessaire pour équilibrer les comptes.

    Pas de quoi convaincre les élus d’opposition RN. « Je trouve ce budget trop optimiste sur les recettes avec un pari hasardeux sur la TVA et l’immobilier », critique le Biterrois Gilles Sacaze. La collectivité a pourtant joué la prudence avec 310ME de droits de mutation escomptés en recettes (+4,8% au lieu des +7% préconisés par l’État). Avec une dette qui pointe à 845,5ME (25 ans pour rembourser), l’opposante RN Marie Hirth dénonce « les subventions à certaines associations et les dépenses de com’ ». « Nous avons fait le maximum partout », lui assurera K. Mesquida. Avant que son 1er vice-président Renaud Calvat (PS) n’abonde. « Chaque dépense est au minimum utile voire indispensable aux habitants et aux communes ».

  • [Occitanie] À Lattes, quatre listes font face au maire Cyril Meunier

    [Occitanie] À Lattes, quatre listes font face au maire Cyril Meunier

    Si les électeurs lui maintiennent leur confiance, ce sera son dernier mandat. Maire de Lattes depuis 2001, Cyril Meunier (sans étiquette) repart, dit-il, pour un « dernier mandat » avec deux objectifs majeurs.

    D’abord ne pas abandonner les Lattois à un sort jugé hasardeux. « Je ne laisserai pas la ville à des incompétents ». Ensuite et surtout achever les projets lancés. Celui qui se disait frêchiste du temps de Georges Frêche, puis s’était fâché avec Philippe Saurel et qui aujourd’hui travaille avec Michaël Delafosse à la Métropole de Montpellier, veut boucler le quartier Ode à la mer et accompagner le nouveau pôle autonomie santé.

    Tandis que Lattes, 8e ville de l’Hérault (17 351 habitants) regagne des résidents depuis 2013, Cyril Meunier veut « embellir l’espace public » et continuer de construire, raisonnablement promet-il. « Si on se livre aux promoteurs, on est morts ». Depuis qu’il est en place, Lattes a construit ses premiers logements sociaux. Mais les besoins croissent : « 570 demandes annuelles au lieu de 250 » en un quart de siècle. « Si on veut que les jeunes s’installent à Lattes, il faut aussi faire de l’accession libre », prône le maire sortant sans étiquette, qui refuse la folie des grandeurs en période d’austérité. « Le combat contre l’État sera très dur. En matière de gestion, il faut être un vrai pro », insiste le maire.

    À ce sujet justement, Stéphane Herb nourrit des doutes. Tête de la liste « l’Archipel citoyen », il pointe un « double discours » du maire sortant. L’écologiste dénonce une politique d’étalement urbain avec Ode à la mer, qui grignote les terres agricoles et naturelles à l’image des hauts de Lattes près des zones humides de l’Arnel. « Avec 5 000 logements qui arrivent d’ici 2030 puis 3 000, c’est trop. » Stéphane Herb préfère la reconstruction de la ville sur elle-même mais en R+4 maximum. « Avenue des platanes, la tour Signal de 10 étages ressemble aux Folies de Montpellier. Ce n’est pas ainsi qu’on logera les enfants des Lattois ni qu’on fera du logement social ».

    Le RN en embuscade

    La liste citoyenne de gauche de Stéphane Herb a un autre cheval de bataille. Le refus des projets de chaudière CSR (combustible solide de récupération) pour traiter les déchets de la métropole à l’actuelle usine Ametyst de Garosud et celui d’Unité de valorisation énergétique (UVE) qui vise à brûler les boues de la station d’épuration Maera près de la Cereirède. « En plus de deux autoroutes et de la ligne TGV qui va couper le bois de Maurin, on va avoir deux incinérateurs ! » Deux projets du président Michaël Delafosse pour lesquels le vice-président Cyril Meunier a votés.

    Ce que Stéphane Herb critique avant tout, c’est la méthode Cyril Meunier, élu multi-casquettes, qui déciderait de tout depuis 25 ans. « Il faut arrêter de mettre les Lattois devant le fait accompli et les rendre acteurs avec des conseils de quartiers élus, avec des budgets participatifs », résume celui qui propose des maisons de quartiers à Boirargues et Maurin.

    Le maire sortant est aussi contesté sur sa droite. Son opposant historique, Jean-Noël Fourcade (divers droite), qui avait échoué pour 953 voix en 2020 (42,12%), retente sa chance. Il critique le « gigantisme » des projets immobiliers, propose de « rafraîchir les écoles », de créer un « poste de police municipale mobile », l’embauche d’un « garde champêtre contre les dépôts sauvages ».

    Forte de ses scores nationaux (Le Pen 45,59% au 2nd tour de la présidentielle 2022), l’extrême droite part à l’assaut de Lattes. Ayant obtenu 57,08% au 2nd tour des législatives, le Ciottiste Josyan Oliva est soutenu par le RN et l’UDR. Comme lui, Wassim Boughnim, proche du RN, ne cause qu’insécurité, pourtant réduite à Lattes. Une de ses vidéos a fait polémique.