Comme si le « tous » était égalitaire… Pour le ministre des Comptes publics, « l’urgence dans le cadre du budget 2027, c’est d’éviter une dérive très grave des finances publiques, de continuer à réduire les déficits », a-t-il expliqué. Une raison nécessaire et suffisante, selon lui, pour poursuivre et amplifier la cure d’austérité qui touche aujourd’hui tous les pans de l’action publique et pèse tous les jours d’avantage sur le quotidien des citoyens. Et pour ceux qui espèrent que Bercy aille regarder du côté des milliardaires, le ministre prévient : « Demander des efforts aux plus fortunés, on l’a déjà fait dans les budgets précédents, ceux de 2024, ceux de 2025, c’était la contribution différentielle sur les hauts revenus, par exemple. Cela fera évidemment partie des débats légitimes », a-t-il insisté.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a envoyé samedi un courrier aux parlementaires, les mettant en garde contre la tentation d’attendre la présidentielle pour adopter un budget en 2027. Parmi les pistes, figure l’idée d’une moindre revalorisation des pensions de retraite pour les plus aisés : « c’est un débat qui sera évidemment incontournable », a souligné David Amiel.
Son cabinet précise que « si rien n’est fait, le coût des retraites augmentera d’environ 12 milliards d’euros l’année prochaine, pour moitié en raison de l’indexation, mais aussi à cause du vieillissement de la population ».
« Voyons ensemble si on peut demander aux retraités un effort, un effort réel, mais qui consiste à ne pas être augmenté autant que l’inflation », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure, lundi également, sur BFMTV/RMC.
« Un retraité qui gagne aujourd’hui 2 000 euros par mois, l’inflation, elle est à 2%, c’est 40 euros en plus. La question, c’est : est-ce qu’on met en place tous ces 40 euros ou moins. Il n’y a pas un salarié en France, à part ceux qui sont au Smic, qui sont automatiquement indexés », a-t-il ajouté.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, a pour sa part souligné sur LCI qu’« aucune contribution supplémentaire des retraités n'[avait] été arbitrée à l’heure où on se parle. Pour autant, c’est un débat qui aura lieu, (…) on ne peut pas demander aux actifs, à ceux qui travaillent, aux salariés de contribuer seuls à l’effort national ».
« Je promets aux Français que le gouvernement ne proposera aucune hausse d’impôts supplémentaires en 2027 par rapport à 2026. C’est ensuite aux parlementaires, encore une fois, d’en débattre », a-t-elle en outre assuré.
Par ailleurs, Maud Bregeon a confirmé qu’une prolongation de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises « [faisait] partie des pistes étudiées par le gouvernement », mais « ça n’est pas tranché puisqu’il est trop tôt pour apporter des choix définitifs ». « Si on peut la baisser, on le fera, mais aujourd’hui, ce n’est pas facile », a de son côté concédé Roland Lescure.
Il a également reconnu que l’objectif d’un déficit public à 5% du PIB l’an prochain, « [n’était] pas gagné » : « on va faire tout ce qu’on peut pour être le plus près possible de 5% ».
Il a par ailleurs ajouté que la croissance risque d’être pénalisée par « un été difficile. Les canicules, les incendies, ça a un impact sur la production agricole, l’économie ».
Quant au plafond global des franchises médicales (restes à charge payés par l’assuré) que le gouvernement voulait initialement doubler, il va finalement être porté à 140 euros, soit une hausse de 40%, selon un projet de décret consulté lundi par l’AFP.






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