Tag: création

  • La gauche dévoile ses priorités lors d’une réunion à Draguignan

    La gauche dévoile ses priorités lors d’une réunion à Draguignan

    La liste « Uni.e.s pour Draguignan » poursuit son cycle de consultations. Vendredi, ce sont les thèmes du logement, de la santé et des discriminations qui ont été portés par l’équipe progressiste, lors d’une nouvelle réunion publique.

    La première thématique avait fait l’objet d’une enquête auprès des habitants. Il en ressort « un mal-logement chronique dans les quartiers prioritaires : logements dégradés, problèmes d’isolation… 62% des sondés renoncent à se chauffer pour des raisons financières », analyse Sylvie Borgogno, colistière (LFI). Les prix des logements demeurent par ailleurs prohibitifs pour 67% des personnes interrogées.

    Pour un centre de santé

    Pour lutter contre la précarité, la liste souhaite encadrer les loyers, favoriser l’accession sociale à la propriété et lancer un programme de rénovation pour intensifier le « zéro logement vacant » et atteindre les 25% de logements sociaux fixés par la loi SRU, dont la construction sera priorisée. L’ensemble doit être réalisé selon un modèle durable, qui s’appliquerait également aux nouveaux programmes immobiliers.

    Concernant la santé, « comme partout en France, il y a un manque de médecins. On est classé en zone d’action complémentaire (ZAC) par l’ARS, on n’est pas complètement sous-doté par rapport aux zones d’intervention prioritaires, mais des gens sont tout de même obligés d’aller jusqu’à Fréjus », analyse Sylvie Borgogno. Alors que 42% des sondés renoncent aux soins faute de moyens et de médecins, que 58% se disent insatisfaits par les services hospitaliers et que 72% ont des difficultés à trouver un spécialiste, « Uni.e.s pour Draguignan » propose de créer un centre de santé (avec des médecins salariés et sans dépassement d’honoraires), un service de téléconsultation et de médecine de garde. La liste souhaite également encourager l’installation de médecins en finançant des étudiants en médecine qui s’engageraient à exercer cinq ans à Draguignan.

    La liste veut aussi favoriser la pratique du sport, la prévention (addiction, santé mentale…), l’environnement (transports verts, végétalisation…) et la nutrition (cantines et marchés bio, épicerie solidaire municipale, repas itinérants à faible coût dans les quartiers prioritaires…).

    Enfin, sur le volet discriminations, la liste veut mettre en place un guichet municipal destiné à la lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales, assorti d’un service d’accompagnement psychologique. Elle souhaite également renforcer les subventions aux associations œuvrant dans ces domaines et augmenter les capacités d’accueil d’urgence. Un plan de prévention est également prévu, incluant des ateliers d’initiation aux métiers de la tranquillité publique, ainsi qu’un moratoire et un audit sur la vidéosurveillance.

  • Les agents suspendent la grève à l’Abbaye du Thoronet

    Les agents suspendent la grève à l’Abbaye du Thoronet

    À l’abbaye du Thoronet, le mouvement de grève est suspendu « pour l’instant », appuie Jean-Elie Strappini, co secrétaire général de la CGT CMN (Centre des monuments nationaux). Après une réunion avec la direction ce jeudi soir, les agents ont décidé de faire une pause, estimant avoir obtenu des « avancées ». Parmi lesquels, la création d’un CDI d’agent du patrimoine à temps plein « en transformant les crédits de vacations (les 80% plus 20% pris sur les vacations existantes) », note le syndicat. Point central de cette mobilisation, « les agents ont besoin d’un poste supplémentaire », martèle le responsable syndical. Par ailleurs, l’administration s’est notamment engagée à ce qu’une expertise de sécurité soit menée par l’expert sécurité-sûreté du CMN d’ici fin juin et que les agents puissent consulter un psychologue du travail.

    Malgré ces annonces, « les agents restent déterminés », assure Jean-Elie Strappini. Car les salariés réclament toujours que soit pris en compte l’aspect de reconnaissance financière ainsi que les temps de déplacements. Une réunion est prévue cette semaine, sans qu’une date soit finie à ce stade. « On est à mi-chemin », fait-il valoir. Le préavis de grève, qui court du 19 au 31 janvier reste donc toujours d’actualité.

    84 000 visiteurs

    l’an dernier

    L’an dernier, l’abbaye du Thoronet, le monument touristique le plus visité du Var a enregistré plus de 84 000 visiteurs. Afin de maintenir la pression, les agents n’assurent désormais plus les visites commentées ni thématiques et ils sont prêts à cesser également leurs missions annexes de référents des ressources humaines, de mandataire financier et d’assistance de prévention des risques. Et ce, avec le soutien revendiqué du public et des habitants de la commune. « C’est un monument assez important pour les habitants, c’est la vitrine de leur ville », co secrétaire général de la CGT CMN.

  • En visite dans le Var, Jean-Pierre Farandou veut créer de l’insertion professionnelle grâce à la Défense

    En visite dans le Var, Jean-Pierre Farandou veut créer de l’insertion professionnelle grâce à la Défense

    Dans le contexte de l’augmentation annoncée du budget de la Défense
    (+ 6,7 milliards d’euros en 2026, soit 57,1 milliards si le projet de loi finance est voté), et au lendemain de l’annonce d’Emmanuel Macron concernant la volonté de porter les dépenses de la loi de programmation militaire 2024-2030 de 413 à 449 milliards d’euros (avec l’objectif d’avancer à 2027 au lieu de 2030 l’objectif d’un budget annuel de défense de 64 milliards d’euros), le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre, Farandou, est déjà sur le pont.

    Ce dernier était dans le Var, vendredi, pour visiter deux entreprises liées à l’industrie de la Défense. Première étape : le site de Naval Group, à Ollioules, spécialisé dans la conception, le développement et l’intégration de systèmes de mission pour les navires. Il a pu y découvrir les dispositifs de surveillance de missions et les outils anti-drones, ainsi que le projet « Synergie », qui consiste en une plateforme souveraine sécurisée au sein de Naval Group pour développer des logiciels embarqués, en s’appuyant, notamment, sur l’IA.

    Une future initiative

    avec France Travail

    L’entreprise compte recruter 1 500 salariés dans le Var et 10 000 en France d’ici 5 ans. Un enjeu d’importance pour lequel l’État « doit aider les entreprises à trouver les compétences et ressources dont elles ont besoin », affirme le ministre, qui annonce la création d’une « organisation particulière au sein de France Travail pour réussir ce défi stratégique pour notre pays. » Il s’agira « d’aider les entreprises à remplir les emplois dont on a besoin, et aider les personnes à trouver du travail. C’est un enjeu de formation, avec un écosystème à mettre en place autour des universités et écoles. France Travail en sera le bras armé, pour coordonner l’ensemble des forces vives », développe-t-il, sans entrer dans les détails, précisant que le projet sera « partagé avec le ministère de la Défense, qui sera le donneur d’ordres. Il faut aussi citer le président de la République, qui a compris que les enjeux de défense étaient absolument clé. »

    Ensuite, direction La Seyne, sur le site de l’entreprise Acti, spécialisée dans la chaudronnerie, engagée dans différents secteurs, dont le naval défense, travaillant à ce titre avec Naval Group. « La défense est un écosystème. Naval Group a besoin d’un réseau de sous-traitants et Acti y participe », souligne l’ancien patron de la SNCF, qui reconnaît toutefois que ces « petites entreprises » peuvent se concurrencer « sur les ressources humaines », argument fondateur pour la mise en place de l’initiative France Travail. Revendiquant 200 salariés, Acti souffre cependant de difficultés de recrutement, la chaudronnerie peinant à attirer malgré des perspectives d’évolutions horizontales et verticales. « Il faut aller chercher les jeunes mais aussi les seniors », milite Jean-Pierre Farandou. « Pour pouvoir se défendre, il faut arriver au plein-emploi. »

    Une jeunesse toutefois bien représentée au sein des ateliers de production, de quoi ravir le ministre : « Ce sont des métiers nobles. Que les jeunes qui cherchent leur voie viennent dans l’industrie. Les dirigeants ici savent repérer les jeunes qui ont de l’envie pour leur apporter des formations. De plus, l’industrie de la défense est majeure sur ce territoire. » Jean-Pierre Farandou sera de retour dans le Var le 23 avril, pour le Toulon Défense Event.

  • Châteauneuf-les-Martigues : Total produira son hydrogène sur place pour décarboner la bioraffinerie

    Châteauneuf-les-Martigues : Total produira son hydrogène sur place pour décarboner la bioraffinerie

    La plateforme industrielle de La Mède va encore évoluer. Mercredi dernier, Air liquide et TotalEnergies ont présenté leurs projets SMR et HVO Gas plant dans le cadre d’une réunion publique à la salle Blasco de La Mède.

    L’idée pour ces deux acteurs est de créer une nouvelle installation de production de 70 tonnes d’hydrogène par jour pour alimenter la bioraffinerie en marche depuis 2019. « On génère du biodiesel et du biokérozène [450 000 tonnes/an, Ndlr] à partir d’huile de cuisson usagée et de graisse animale », explique Guillaume Eveno, directeur du site Total, « ce qui change c’est l’hydrogène », nécessaire à la fabrication, qui serait produit sur place dès 2028.

    Le directeur détaille : « Notre projet avec Air Liquide est d’utiliser les hydrocarbures générés durant le processus de création du biocarburant pour en tirer de l’hydrogène au travers de l’unité SMR d’Air Liquide ». Jean-Noël Houtmann, représentant d’Air Liquide, précise qu’il s’agit d’une « démarche circulaire et d’une technologie mature dont on opère 50 unités dans le monde ».

    Une première étape

    Ces nouvelles installations soulèvent des questions dans l’assistance. Déjà, sur les nuisances sonores. « Il n’y en aura pas en plus », promet Guillaume Eveno, et « la tendance sera à la baisse ». Idem quant aux émissions de CO². « On annonce une réduction d’au moins 130 000 tonnes en 2028 », avance François Wioland, responsable de projet chez Total. D’autres interrogations ont porté sur la présence de monoxyde de carbone (CO) dans les fumées. Jean‑Noël Houtmann précise qu’il n’y a « pas de combustion, le CO est présent lors du procédé pour augmenter la production d’hydrogène. Il peut y avoir des traces en sorties qui se comptent en millionièmes ». « Nous ne rejetons que de l’eau et du CO² », complète-t-il.

    Sur le sujet sensible des rejets, nous avons demandé quelle surveillance serait mise en place pour les agents cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). « C’est au cœur de l’étude sanitaire » répond François Wioland, « la présence de tous les éléments CMR, comme le benzène, a été modélisée et le pire scénario révèle un impact en particule par million ».

    Ce projet est une première étape avant d’envisager l’installation de deux électrolyseurs à hydrogène de 20 et 50 mégawatts après 2030 sur la plateforme.

  • La folie du carnaval infuse à Martigues

    La folie du carnaval infuse à Martigues

    C’est une drôle de scène qui s’est déroulée sur le parvis du rond-point de l’hôtel de ville, jeudi 18 décembre. Debout sur une estrade montée devant l’espace Simone-Veil, trois honorables membres du jury carnavalesque jugent, chronomètre à la main, le record de lancer de ligne de pêche d’un champignon. Muni d’un panneau, un dinosaure passe sporadiquement, intimant au public tantôt d’applaudir, tantôt de se taire. Le moteur d’une moto retentit. Un homme débarque pour devenir à son tour officiellement le meilleur de son domaine : le plus long regard dans le vide, « sans penser à rien ».

    Si rien de tout ça n’est réel, une chose l’est bel et bien : l’inauguration du QG du carnaval de Martigues, qui se tiendra le 7 février 2026. L’événement a beau être festif et fantaisiste, la Ville prend son organisation très au sérieux. « C’est une tradition ancrée, un outil fort de la politique culturelle, explique Santillane Sabouret, en charge de son organisation. Le carnaval résulte chaque année d’un travail de concertation entre des compagnies d’art de rue et les habitants, c’est un temps de création collective et de transmission de savoir-faire. »

    Faire ensemble

    Cette année, c’est la compagnie Camélopard qui s’occupe de la direction artistique de la fête. L’association culturelle arlésienne avait déjà pris part à l’organisation en 2025 en menant des interventions dans les maisons de quartier et les centres sociaux « avec des ateliers sur le recyclage pour montrer comment on peut construire des triporteurs, des mini-chars ou des costumes à partir de matériaux déjà utilisés, dans une volonté de favoriser l’économie circulaire », explique Laura Pazzola, metteuse en scène et comédienne.

    « On va continuer avec cette philosophie mais cette fois, on a un lieu qui sera ouvert, tout le temps, pour que les habitants aient un endroit où se retrouver pour fabriquer leurs accessoires, échanger des idées ou juste boire un café », poursuit-elle.

    L’espace Simone-Veil sera tenu par la direction culturelle de la Ville du lundi au mercredi. Le vendredi, la couturière, le constructeur scénographe et la metteuse en scène de la compagnie Camélopard animeront l’espace de 11h à 20h. « On a du matériel de base pour le défilé, chacun pourra venir demander conseil et prendre part à l’écriture du carnaval en imaginant des tableaux tout le long du parcours », dont on sait déjà qu’il démarrera de la place des Martyrs, à Jonquières.

    Laura Pazzola est enthousiaste : « Le fait d’avoir un QG qui appartient à tout le monde va permettre d’embarquer les gens dans une aventure qui devient une expérience collective. (…) Pour nous, ce qui est important c’est certes la journée même, donc la déambulation, cet événement festif, mais le carnaval c’est aussi tout ce qui se passe avant, le fait de se retrouver, de tisser des liens, de rêver, de s’amuser ensemble. »

    Marceline Zéphir, conseillère municipale déléguée au carnaval (PCF), affirme : « C’est d’abord une fête populaire. » « Pour arriver à ça, la Ville met à disposition les moyens qu’il faut, avec un lieu dédié mais aussi une plus-value artistique. Non seulement ça fait travailler des compagnies et le milieu de la culture, mais ça donne une dynamique extraordinaire à cet événement qui se fera avec des gens ordinaires. »

    Pour l’élue, « vouloir faire la fête, vouloir le vivre-ensemble, vouloir préparer des choses collectivement, c’est encore plus important maintenant qu’avant ». « Dans le monde délétère qui se profile, le carnaval devient un acte de résistance », assure-t-elle. De résistance, mais aussi de liberté. « Juste un mot : le ridicule ne tue pas », lance Patrick Eleonore, un grand expert des carnavals selon Laura Pazzola, à l’assemblée. « On est là pour s’amuser, on souffre déjà assez le reste de l’année. »

  • « Femmes solidaires marque un changement »

    « Femmes solidaires marque un changement »

    La Marseillaise : Exposition, repas, que propose Femmes solidaires pour cet anniversaire ?

    Annick Karsenty : D’abord de revenir sur notre histoire depuis la fondation de l’Union des femmes françaises (UFF) en 1945 avec une exposition faite par nos amies de Nîmes, avec de nombreux panneaux explicatifs. Elles ont été chercher les événements, les lois, les bagarres… Il y aura aussi la projection d’un film et une table ronde avec deux anciennes qui l’ont vécu, cette histoire, pour qu’elles nous racontent ce que nous, nous n’avons pas connu.

    Comment mesurez-vous le chemin parcouru en 80 ans ?

    A.K. : On peut dire qu’il y a vraiment eu un changement d’orientation, une évolution dans la décennie 1984-1992, une évolution quand nous avons changé de nom. En 1992, le 17e congrès de l’UFF porte le slogan « femmes solidaires pour défendre nos droits et la paix » et on passe d’une association féminine et familiale qui portait des revendications sur notamment le droit au travail des femmes à un mouvement féministe solidaire. On commence à parler de loi anti-sexiste, de culture du viol. On passe à des questions plus sociétales. On avance aussi un mot d’ordre contre la féminisation de la pauvreté. Après il va y avoir la participation à la conférence mondiale des femmes de Pékin [en septembre 1995 Ndlr]. On intervient également au niveau de l’Afghanistan, où nous allons financer des écoles clandestines pour les petites filles et nous faisons la connaissance de Shoukria Haidar [présidente fondatrice de l’association Negar-Soutien] qui participera à la création du RIFL, notre réseau international féministe et laïc. En 2004, on obtient aussi le statut international spécial à l’ONU dans lequel on siège toujours.

    Et quel chemin reste-t-il selon vous à parcourir ?

    A.K. : Beaucoup de choses restent à faire. En particulier sur les violences dans la famille. Au niveau des féminicides, le chiffre ne descend pas. Avec les suicides forcés, on en est à trois femmes par jour qui décèdent. Il y a aussi le retour des masculinistes qui font que nous retournons en arrière. On le voit bien quand nous intervenons dans les salles de classe. Les garçons portent des propos de recul… Même si les filles se rebiffent et c’est aussi à prendre en compte. La loi de 2016 qui fait que la France est un pays abolitionniste de la prostitution est menacée aussi et il y a tout le combat contre le courant transactiviste qui vise dans tous les domaines à gommer le mot femme…

  • Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    « Ce banc, c’est une invitation à la rencontre, à s’asseoir côte à côte, comme un premier pas vers la paix », sourit Laura Sahin, co-responsable de la section sud de l’association Les Guerrières pour la paix. Sur la corniche Kennedy, à côté de la plage du prophète, une cinquantaine de personnes se sont réunies, ce jeudi, pour inaugurer la mosaïque de l’association. Un banc de la paix qui a d’autant plus de sens qu’il fait face à la Méditerranée, « une mer témoin des conflits qui frappent ses rives, en Israël, en Palestine, en Ukraine, en Syrie, au Liban », insiste la responsable.

    Débuté en octobre, le projet a été porté par l’association Les Guerrières de la paix, fondée en 2022 par Hanna Assouline, qui rassemblent des femmes juives et musulmanes pour promouvoir un discours de paix et la place des femmes dans ces processus. C’est en partenariat avec l’artiste Paola Cervoni, qui réalise les mosaïques de la corniche, et les élèves de l’école de la Seconde chance que ce banc a été réalisé.

    Pendant 2 mois, tous les mardi, élèves et bénévoles de l’association se sont retrouvés pour discuter de la paix et créer ce dessin de pierre, qui représentent une femme qui souffle les colombes de la paix. « ça fait chaud au cœur de voir le résultat », sourit Fadela Omari, guerrière de la paix.

    C’est donc un message d’apaisement et de solidarité que les guerrières de la paix et Ali Abu Awwad ont voulu porté, ce jeudi, jour du 10e anniversaire des attentats de Paris. « Dans un moment de grande fracture, où le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie montent, on a voulu recréer un espace commun et de dialogue », insiste Hanna Assouline, fondatrice de l’association. Un message de paix partagé par le fondateur de l’association palestinienne Taghyeer : « il faut que l’on soit pro-solution, pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre libres, dignes et en sécurité. »

    L’inauguration de ce banc a été suivi par la projection du film Résister pour la paix, au musée d’art contemporain de Marseille. Un film co-réalisé par Hanna Assouline, avec Sonia Terrab, sur des hommes et des femmes qui résistent pour la paix en Israël et dans les territoire palestiniens.

    Le pacifisme comme solution

    Militant pacifiste palestinien, Ali Abu Awwad lutte pour une solution à deux états.

    Une des façons d’agir de manière la plus juste pour nous [les Palestiniens], c’est en faisant de la non-violence notre identité, car nous n’avons pas d’état et le monde entier nous critique si l’on résiste militairement. » C’est la conviction d’Ali Abu Awwad, fondateur de l’association palestinienne pacifiste Taghyeer. Né près de Hébron, en Cisjordanie, il y habite toujours « entouré de grillages et de checkpoints où personne ne peut se déplacer librement ou travailler ».

    C’est pour lutter contre cette réalité qu’il crée Taghyeer (changement en arabe), pour promouvoir une solution non-violente à la guerre Israélo-palestinienne. « Je ne veux pas résister à l’occupation, je veux y mettre fin. Pour cela, il faut une action stratégique qui donnera à mon peuple sa liberté. » Il défend donc une solution à deux états, avec une reconnaissance mutuelle et la libre circulation des populations « pour que les deux peuples puissent vivre libres et en sécurité sur cette terre ».

  • La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    Depuis 1803, la foire des santons provençaux investit le Vieux-Port. Samedi, la mythique foire aux santons ouvre ses portes pour l’édition 2025, avec 21 santonniers provençaux. « Les visiteurs peuvent avoir l’absolue certitude qu’ils sont fabriqués en Provence », assure Philippe Risch, secrétaire de l’association IGSP. Une association qui organise la création et la gestion pour une indication géographique de cet artisanat traditionnel. « Le but est de protéger les santons provençaux », explique Daniel Coulomb, président de l’association. Les deux hommes espèrent que l’indication géographique sera effective en décembre 2026.

    Un patrimoine culturel que la foire tient, cette année encore, à mettre en avant. Comme l’année passée, les enfants pourront découvrir ce savoir faire tous les mercredis, en faisant leur propre santon d’argile. Les week-end seront animés par des chants et danses provençales.

    Une année difficile tout de même pour la foire, qui a perdu la subvention de la Métropole. « La filière d’argile de la Métropole a été transférée à la ville d’Aubagne, explique Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Comme ils organisent une foire concurrente, on a perdu nos subventions », se désole-t-il. Un manque à gagner de 20 000 euros.

  • L’Université et l’École des nouvelles images se lient à Avignon

    L’Université et l’École des nouvelles images se lient à Avignon

    Avignon Université et l’École des nouvelles images (ENSI) ont, ce mercredi 12 novembre, officialisé leur partenariat au sein de la Villa Créative de l’établissement universitaire.

    Un partenariat avec l’école, dont les travaux sont reconnus mondialement, qui « vise à croiser les expertises et les ressources d’Avignon Université et de l’ENSI afin de proposer un parcours de formation complet, en licence et en master, combinant excellence artistique et approche académique, et permettant aux étudiants d’obtenir un diplôme universitaire reconnu », pousse, dans un communiqué, l’Université d’Avignon.

    Un « apport académique » qui se traduit notamment par des enseignements supplémentaires, tels que du droit par exemple, pour les 250 étudiants de l’école créée en 2017 en Cité des Papes. Mais, aussi, par la création commune de deux diplômes : une licence professionnelle « Techniques du son et de l’image » et un master « Création numérique ». Les étudiants de l’ENSI ont également désormais la possibilité d’accéder aux services du Crous. Donc, entre autres, de manger au restaurant universitaire, de toucher une bourse et de participer aux activités sportives proposées.

    Secteur en mutation

    Au sein de la Villa Créative, lieu « totem » de la collaboration, car porté par l’Université mais investi par l’ENSI ainsi que par six studios d’animation, les bénéfices de cette collaboration sont énumérés à la pelle par les différents responsables. « On sort d’une bulle de 250 personnes pour intégrer un campus de 7 000. Cela va créer un véritable brassage que l’on n’avait pas. Et on intègre plein de mutations dans un secteur en pleine mutation », pousse ainsi Julien de Paris, directeur de l’ENSI.

  • [En immersion avec les jeunes de La Martine 3/4] Un centre social comme « une deuxième maison »

    [En immersion avec les jeunes de La Martine 3/4] Un centre social comme « une deuxième maison »

    De la liberté, de l’autonomie, mais aussi découvrir le monde en collectif pour pouvoir se construire… L’accueil jeunes, mis en place au centre social La Martine (15e), en mars 2025, c’est tout ça à la fois. Des critères établis par la Caisse d’allocation familiale qui subventionne ce secteur. Kader Allem, coordinateur jeunesse, en a tiré la substantifique moelle pour donner la possibilité aux enfants âgés de 12 à 17 ans de participer aux activités.

    Son leitmotiv : faire en sorte que les ados s’ouvrent aux autres. « Tant que je serai là, les projets seront ouverts aux 12-17 ans de La Martine, explique-t-il. L’accueil jeunes, c’est un lieu de rencontres et de création. Tout le monde a le droit de s’inscrire et l’idée est que chacun prenne sa place. Ce qui m’intéresse, c’est que les jeunes prennent confiance en eux. » Ce qui n’est pas toujours chose facile.

    Nasser, 15 ans, le reconnaît bien volontiers : lui, ce qu’il aime, c’est « rester avec ses potes ». « On est soudés », explique-t-il. Alors accueillir les plus petits dans le groupe avec ce que l’on appelle, au centre social, « les passerelles », où les 11 à 13 ans se mélangent avec les plus grands de temps en temps, il a encore du mal. « On voit pas trop pourquoi, on est bien entre nous », insiste-t-il. « C’est un peu bizarre, il faut s’adapter », abonde Jhany, 14 ans. Petit à petit, Kader les a convaincus des bienfaits du collectif, même si par moment, il faut encore faire des piqûres de rappel.

    Ensemble, c’est plus facile

    La réflexion a néanmoins fait son chemin chez Chemsy, 16 ans. « Ici, on sait qui on va voir, y a pas de prise de tête. Mais, quand on se met à la place des petits, c’est pas la même. Moi, quand j’étais ici au centre, j’aurais aimé être avec les grands de temps en temps. » Quand Kader est arrivé, « cela se voyait à sa tête qu’il était gentil. Mais on s’est dit, il va changer des choses », poursuit-elle. « Alors que pour nous, c’était très bien comme ça », balance Nasser à ses côtés.

    Briser l’entre soi aura donc été le premier chantier avant de s’attaquer à l’accès pour tous aux activités. Du paiement en fonction du quotient familial, on est passé « à une nouvelle politique tarifaire où on ne paie que 30% des sorties, une petite participation est demandée pour les séjours », précise Kader.

    Résultat : « on fait des choses qu’on pourrait pas se payer », s’enthousiasme Jhany, et aussi « des sorties pédagogiques qu’on pourrait pas faire ailleurs ». « Le musée d’histoire de Marseille, j’y serai jamais allé tout seul », ajoute-t-il, tandis qu’un quiz sur la visite est justement en cours dans la salle à côté. Ce que nos ados préfèrent : « Partir ensemble, c’est plus facile », analyse Chemsy. « C’est bien qu’on se retrouve ensemble, autre part, pour découvrir d’autres mondes », insiste la jeune fille.

    Libres d’aller et venir au sein de cet accueil jeunes, devenu plus souple administrativement et techniquement, s’ils font le choix de rester, c’est aussi parce que la politique éducative menée est efficace. « On met tout en place pour qu’ils aient envie de rester toute la journée », lance Kader. Et de s’adresser aux ados : « La réussite éducative, c’est ce que nous, on peut faire pour vous en complémentarité de l’école et de votre famille. Pour que vous vous épanouissiez et arriviez à l’âge adulte. »

    Des expériences

    qui servent au quotidien

    Pour certains, le centre a pris une importance vitale. « Cela m’apporte du bonheur. C’est une des seules choses qui me plaît dans ma vie, en ce moment, avec la danse. Cela me permet de m’évader de mon quotidien. J’ai grandi ici, je venais déjà à l’âge de 5 ans, j’ai rencontré des personnes », témoigne Chemsy. À ses côtés, Jhany acquiesce. « Si j’avais pas ça, je pense que je me serais ennuyé, je serai resté sur la play[station] », estime-t-il, quand Nasser pense au pire. « Si j’ai pas le centre, c’est sûr, je vais faire plus de conneries. » « Oui, il serait livré à lui-même », commente Chemsy, parce que « chez soi, on gamberge, alors que là, on sait où aller », précise Maïssa, 16 ans.

    Elle revient sur le coup de foudre amical avec Chemsy. « Moi, ce centre, cela m’a permis des rencontres. Avec Chemsy, la première fois qu’on s’est vues, on est devenu copines comme si on se connaissait depuis 100 ans. Alors que, dans la vie de tous les jours, jamais je serais allée lui parler », raconte-t-elle, un peu émue. Le centre, c’est aussi « des trucs qui nous servent au quotidien, comme le concours d’éloquence, les ateliers radio », insiste la jeune fille. Bref, c’est comme « une deuxième maison », résume Nasser, « avec de nouveaux co-locataires », s’amuse Chemsy.