Tag: court-métrage

  • Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Cette année, le festival porte le focus sur la « Solidarité des luttes ». Une membre de l’association Ciné-Palestine explique : « Chaque année, on consacre une partie de la programmation à un focus spécifique. En 2026, l’idée est de montrer que les luttes anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes et antifascistes sont connectées. » C’est aussi une manière, pour le festival, d’expliquer « comment les pratiques de production ou de diffusion participent à mettre les gens en action ».

    La sélection du festival inclut Palestine vaincra, le premier documentaire français réalisé en soutien au mouvement de libération palestinien et diffusé pour la première fois depuis 50 ans en France, ce vendredi (19h), à Vidéodrome 2. à la Baleine, la soirée se poursuivra avec « une séance de courts-métrages expérimentaux. Dans ce programme, il y a trois films qui parlent directement de Gaza, dont deux de Mahmoud Alhaj, arrivé en France dans le cadre du Programme Pause. »

    Des luttes internationalistes

    En clôture, ce dimanche à l’Alhambra et en présence de la réalisatrice Amal Ramsis, le festival diffuse You come from far away, film qui traverse les frontières de l’Espagne au Liban. Un moment musical conclura cette édition marseillaise, dimanche soir au Denis bar, « pour se retrouver, se donner la force et continuer la lutte », précise l’adhérente. Ciné-Palestine est à retrouver du 5 au 14 juin, en Île-de-France.

  • ça tourne chez les jeunes et apprentis de l’Académie Moovida

    ça tourne chez les jeunes et apprentis de l’Académie Moovida

    Allez Tarantino, on tourne ! », plaisante la réalisatrice Nadja Harek, qui accompagne les jeunes et apprentis pour cette 2e journée de tournage, lundi 23 mars. Face au retour caméra, l’apprenti réalisateur Jonas Pellier remet son casque avant qu’une énième prise de la 4e scène soit tournée, dans le square Vaudoyer à la Major. « J’ai pitché le scénario [du court-métrage En ville] devant un jury professionnel et j’ai été choisi en août dernier », se remémore ce jeune de l’Académie Moovida. Une première réalisation émouvante pour Jonas qui se destine à ce métier : « Ce que j’écris, ce que j’imagine prend vie. C’est un peu de l’ego de dire ça mais c’est un sentiment formidable. »

    Aux côtés des apprentis, la réalisatrice et scénariste Vanessa Zambernardi, Nadja Harek et d’autres professionnels guident ces jeunes. Le réalisateur, encore novice, assure : « Nadja a autant envie que moi de faire un superbe film. Tout ce que je n’arrive pas à dire avec mes mots, elle le retranscrit. Elle a compris tout de suite ma vision des choses. » En ce lendemain de journée pluvieuse, l’ambiance s’équilibre entre le travail, la bienveillance et la taquinerie. Le figurant Sidy arbore un grand sourire : « L’équipe est top. On passe un bon moment sous le soleil de Marseille. ». Avec quelques expériences de théâtre et de cinéma avec Kourtrajmé, l’apprenti Moovida d’une trentaine d’années réalise son premier projet avec l’Académie.

    D’horizons différents

    L’équipe réunit 37 personnes d’horizons différents. Désignant l’assistante-réalisatrice Juliette, la script Camille ou encore l’ingénieur-son Alexis, « chacun son rôle. On ne peut pas se passer les uns des autres. Cette imbrication de compétences est magique », s’émerveille Yasmina Er Rafass, directrice de Ph’Art et Balises. Dispositif de l’association, « l’idée de Moovida est de traverser une expérience d’écriture et de tournage. De faire rencontrer pro et apprentis par l’expérience, le didactique. On va chercher des jeunes pour qu’ils découvrent avec nous et apprennent sur le tas ces métiers du”faire” », résume-t-elle.

    Le film scénarise « quatre amis marseillais au fil d’une journée ordinaire, qui bascule lorsqu’une femme les accuse d’avoir volé son téléphone ». Parmi la bande de potes, Zelie Zambernardi joue le personnage principal « Anna. J’ai 19 ans. Je vole le téléphone en question. » Indiquant la scène qui se tourne, la jeune actrice scénarise : « Par rapport au contrôle de police, je les vois j’ai chaud et je veux qu’on se barre. Il y a une grosse course-poursuite qui se fait avec les flics. » Une course tournée sur les deux jours suivants, à travers le Panier jusqu’à la Belle de Mai. Ce court-métrage tente de dénoncer « la stigmatisation qu’on nous attribue dès la naissance, en fonction de nos origines, de nos religions, de notre classe sociale », résume Jonas. Sur le plateau, la plupart des apprentis viennent du quartier Saint-Mauront (3e), « le quartier le plus pauvre d’Europe, souligne le jeune cinéaste en phase avec son scénario. Je suis habitué à un milieu populaire. »

    Être représenté au cinéma

    Impliquant les jeunes de ces quartiers prioritaires, l’association compte sur ces projets « pour créer un écosystème rassurant où les jeunes puissent se sentir légitimes de faire des films. De raconter leurs propres histoires et de se représenter pour sortir des rôles stéréotypés, qu’on voit habituellement au cinéma », liste Yasmina.

    D’autres scénarios déjà en poche, Jonas espère continuer sur cette lancée. Le court-métrage En ville sera diffusé dans les cinémas partenaires et envoyé aux festivals pour une sélection potentielle.

  • Une expo-immersion dans le monde de la pêche à Sète

    Une expo-immersion dans le monde de la pêche à Sète

    Parallèlement à la manifestation maritime Escale à Sète, grande fête des traditions maritimes en Méditerranée (voir p.29), le Centre régional d’art contemporain (Crac) de Sète* accueille, jusqu’au 6 avril, l’exposition « La solidarité des destins », Louisa Marajo.

    Originaire de Martinique, l’artiste place la mer au cœur de son travail. Elle présente ici la restitution d’une résidence artistique autour de la pêche professionnelle en Méditerranée, réalisée au Grau-du-Roi entre septembre et décembre derniers. « Louisa Marajo est allée à la rencontre d’acteurs et actrices du monde de la pêche professionnelle, elle a pu embarquer sur des chalutiers et des bateaux “petits métiers”, vivre au rythme d’un port, connaître le quotidien de ces hommes et femmes dont la vie tout entière est consacrée à la pêche », décrit le Crac.

    Un temps d’immersion à partir duquel l’artiste a produit un court-métrage, des images et des textes ainsi qu’une série de sculptures et d’objets qu’elle présente dans une scénographie immersive. « Entre banquet de science-fiction, criée onirique et atmosphère des fonds marins, Louisa Marajo plonge les visiteurs dans l’espace du rêve ».

    Comme elle l’écrit elle-même au sujet de son court-métrage : « Rêve éveillé, chemin initiatique, ce film est un hommage à ce rapport singulier à la mer-nature aimée à qui nous devons tout, un hommage à la passion de la pêche, ce monde menacé aujourd’hui par ce changement d’époque que nous vivons. Quel chemin prendre ensemble, afin de ne pas devenir hors-sol et tenter de rester connecté·e·s et relié·e·s à cet élément primordial, nourricier et essentiel, ce fragment de nous-même qu’incarne la mer, espace magique irremplaçable (…). »

    * 26 Quai Aspirant Herber

  • Le court-métrage d’un ex-élève de la Satis aux César

    Le court-métrage d’un ex-élève de la Satis aux César

    Arnaud Delmarle, 28 ans, a appris que son court-métrage de fiction était nominé aux César, prestigieuse récompense du cinéma français… sous sa douche. Sa sœur le lui a annoncé. « Ma réaction a été la joie et du coup, cela a été plutôt une douche chaude qu’une douche froide », s’amuse-t-il. « Quand on a inscrit notre film en juillet, on ne pensait même pas passer le cap d’être montré au jury… », raconte-t-il. Mais si. Big Boys don’t cry a fait partie des 200 films éligibles aux César, puis de la quarantaine sélectionnés, et maintenant il est dans un dernier carré de 4 courts-métrages de fiction. « Pour moi, être nominé, c’est la meilleure des récompenses. Cela signifie que les 4 000 à 5 000 votants du jury ont vu et voté pour le film. C’est une validation du milieu du cinéma. Après, s’il doit y avoir une récompense, ce sera évidemment la cerise sur le gâteau. Mais le plus important pour moi, c’est que le film rencontre son public et le touche », assure le jeune réalisateur.

    Un directeur très fier

    Avec Léa Oury, co-scénariste du film, de la même promo- 2020- qu’Arnaud à la Satis (Sciences, arts et techniques de l’image et du son), le jeune homme s’est emparé d’un thème pas si facile à traiter. « Big Boys don’t cry parle de vulnérabilité masculine et de difficulté à exprimer ses émotions en tant qu’homme. » Arnaud Delmarle a choisi Saint-Chamas pour tourner avec son équipe d’anciens élèves de la Satis. « Je voulais vraiment choisir un village dans l’été pour que justement le groupe soit vraiment enfermé, encore plus que si c’était à Marseille, à l’image des idées préconçues du groupe sur la virilité », explique le réalisateur. Admis sur concours à la Satis, école publique de cinéma dans le giron de l’université Aix-Marseille, Arnaud Delmarle en fait beaucoup d’éloges. « Il existe quand même très peu de telles écoles en France. Beaucoup sont privées et hors de prix et continuent à faire perdurer cette pensée que le cinéma serait quelque chose d’élitiste. »

    Ce qui n’est pas le cas avec la Satis. « Pour intégrer cette école il faut passer un concours sélectif mais une fois qu’on est rentré, on rencontre des gens passionnés aussi par la même chose », évoque le réalisateur. Dotée de l’un des plateaux techniques les plus complets parmi les écoles de cinéma en France, la Satis a formé près de 1 700 étudiants depuis son implantation à Aubagne en 1988. Rémi Adjiman, le directeur de la Satis, s’est dit « profondément fier d’Arnaud et de tous les anciens élèves qui ont donné naissance au magnifique Big Boys don’t cry, mais également pour porter l’école de la Satis d’Aix-Marseille université jusqu’aux César. »

  • Le festival Itinérances déroule sa 44e édition

    Le festival Itinérances déroule sa 44e édition

    Depuis plus de quarante ans, le festival cinématographique s’attache à transmettre une passion du septième art accessible et profondément ancrée
    dans le territoire cévenol. En 2026, l’événement prendra une dimension particulière : les travaux du Cratère amènent une partie de la programmation au théâtre éphémère de la Prairie.

    Après une édition 2025 marquée par la présence de Sergi López et près de 43 000 entrées, Itinérances revient avec un programme ambitieux : hommages, invités, avant-premières, cartes blanches et la traditionnelle compétition de courts-métrages francophones. La grande rétrospective 2026, intitulée
    Les Magnifiques ! explorera toutes les formes d’itinérance : du voyage au long cours au cheminement intérieur. Fidèle
    à son identité, le festival mettra en lumière des cinématographies du monde entier. Le Pass 2026, proposé à tarif réduit jusqu’au 4 janvier, permettra d’accéder à l’ensemble des projections, confirmant la volonté du festival de rester ouvert et populaire.

  • « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    Il s’est imposé comme l’un des rendez-vous incontournables des cinéphiles. Pour sa 42e édition, le Festival Tous Courts, porté par l’Association des Rencontres Cinématographiques d’Aix-en-Provence, propose une programmation aussi dense que pluridisciplinaire, du 2 au 6 décembre.

    « International », riche de productions issues des quatre coins du monde, le festival « se déploie sur cinq jours et se tient dans cinq lieux : les cinémas aixois – Mazarin et Cézanne – l’Institut de l’image à l’École supérieure d’Art d’Aix-en-Provence, mais également à la Manufacture et au Onepoint », indiquent les organisateurs.

    L’ouverture des festivités, « porte d’entrée » du festival, est d’ailleurs prévue ce mardi. Les projections seront lancées dès 19h30 avec Timoura de Azedine Kasri, mais aussi An Irish Goodbye de Tom Berkeley et Ross White, ou Clean with Me (After Dark) de Gabrielle Stemmer, en présence des réalisateurs.

    Au total, 75 courts-métrages seront présentés : expérimentaux, internationaux, animés, documentaires et fictions. L’équipe met en avant trois grands axes. à commencer par une programmation « riche, variée et exigeante », jalonnée par deux compétitions, dont une internationale, des séquences cartes blanche, « coups de cœur », jeunes publics ou films en région. Deuxième priorité, la promotion européenne et la contribution à la « vitalité » du court-métrage par l’ouverture de « perspectives d’achat, de distribution et de diffusion pour les films inscrits en compétition ». Enfin, le dernier, et pas des moindres, la volonté d’une diffusion élargie, avec des séances dans le milieu scolaire et un panel d’actions tournées vers le public dit éloigné de la culture.

    Les réservations, sont à retrouver sur le site du festival. E.B.-G.

  • [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    « Ce film, il nous parle, c’est notre langage. » Dans la grande salle du centre social La Martine, ce matin-là, on vient de rallumer les lumières sous les applaudissements. Venus du centre social La Provence à Aix-en-Provence, une dizaine d’ados ont rejoint ceux du secteur jeunes pour la projection du second volet d’Adosblessang, un court-métrage d’une trentaine de minutes, imaginé, réalisé et monté en quatre mois à peine. Un projet financé notamment par la politique de la Ville.

    Après un premier épisode sur le harcèlement, c’est sur le phénomène des rixes entre bandes des cités que Yassine, Maïssa, Iqbal, Zakary ou Soulayman ont travaillé, cette année. « Malaza [animateur, Ndlr.] nous a proposé un squelette de scénario, on l’a modifié au fur et à mesure des réunions et puis on a tourné en une semaine », explique Yassine à la petite assemblée. Les contacts d’Amel, une des animatrices, ont permis d’assurer les décors in situ dans plusieurs cités, dont celle d’Air Bel (11e). Tirs de mortier, bagarres en gros plan, blessure sanguinolente, tout y est. La BO, percutante, a aussi fait son office. Là encore, c’est du fait maison. Les jeunes de La Martine sont allés enregistrer leurs textes en studio, toujours grâce à Malaza, qui a également des contacts dans le milieu artistique. Des beatmakers connus, « comme celui qui fait les instrus de Jul », ont filé la main. Le tout assemblé provoque un réalisme saisissant qui a frappé les jeunes spectateurs.

    Un projet aussi pour

    les générations futures

    « Les rixes, on y est souvent confrontés. Des embrouilles entre jeunes, il y en a plein, avec les collègues puis les collègues des collègues », assure Zayan. « Que ce soit à Marseille, Aubagne ou Marignane », ajoute Yassine. Pour lui, il s’agit de « sensibiliser les jeunes à ne pas faire ça, montrer aussi ce que l’on a dans la tête ». Les petits Aixois acquiescent. « Le contenu, les images, c’est super, c’est bien fait et puis c’est adapté à nos âges », estiment une partie d’entre eux. Leur animateur se dit « bluffé ». « On a fait des courts métrages, nous aussi, mais moins long, là c’est poussé », commente-t-il.

    Pour Malaza, ce projet, dont il est un peu l’initiateur, doit surtout servir aux prochaines générations. « Et après, et après, et après », déroule-t-il, se félicitant d’avoir réussi à réunir des « grands, petits, moyens » et « des familles aussi qui ont accepté de jouer dedans ». Surtout, certains se sont découvert des capacités. « J’aime bien faire l’acteur », reconnaît sans ambages Najdine, « et puis cela nous ouvre des portes, on peut le mettre sur le CV et cela nous aide aussi pour la vie de tous les jours ». Lui qui « avait du mal à parler », s’est « débloqué ».

    Tous se disent fiers de leur réalisation et de pouvoir la partager. Mieux, d’autres ont même été repérés par le milieu du cinéma et ont passé des castings.

    Il y a aussi ceux qui ont tout juste essayé, n’ont pas été jusqu’au bout et c’est bien là l’essentiel : donner à tous la possibilité de participer. Ce sera le cas pour un troisième volet, déjà dans les tuyaux, prévu pour 2026.

    Fidèle à lui-même, Kader, coordinateur du secteur jeunesse, voudrait aller encore plus loin, en rassemblant les trois films au sein d’une mallette pédagogique. « Pour aller les projeter dans toute la France pendant les vacances scolaires », précise-t-il.

    Des colis solidaires

    « Tous les mois, on prépare les colis, les gens paient 2 euros et viennent les chercher. C’est l’occasion de se parler. » Najdine, Soulayman, Iqbal et Yassine participent à l’initiative mise en place il y a 2 ans avec le Secours populaire. Une animatrice, Amel, les a aidés. « Cela fait du bien… De faire du bien », résume Soulayman. Mieux, les ados sont allés défendre leur projet auprès de la CAF et obtenu 5 000 euros pour financer, entre autres, l’achat de trottinettes électriques et livrer ceux qui ne peuvent pas venir.

  • Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Du 29 novembre au 6 décembre prochain, le Festival du PriMed (Prix international du documentaire et du reportage méditerranéen) lance à Marseille sa 29e édition. « Le but de ce festival est de mettre en avant des sujets sur la Méditerranée, d’actualité ou de mémoire – la mémoire qui éclaire le présent – et de poser le débat », pose Valérie Gerbault, déléguée générale du Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle qui organise l’événement depuis 1995.

    Elle assure son succès en alimentant son réseau dans plus de 50 auprès de 50 pays du bassin méditerranéen. « Je viens tout juste de rentrer d’Egypte, où je parcourais tous les soirs trois à six heures de route pour changer de ville », souffle-t-elle. À ses côtés, Daphné Rozat gère la partie programmation des documentaires au Festival du film et forum international sur les droits humains. Elle présidera un jury de cette édition 2025, composé essentiellement de professionnels de l’audiovisuel, de réalisateurs et de journalistes.

    De part et d’autre de la Méditerranée

    Le PriMed, aussi nommé Festival de la Méditerranée en images, promet cette année un rendez-vous, au croisement de la création et de l’actualité. Cinq grands thèmes ont été mis à l’honneur. Leur gravité et leur lourdeur n’ôtent rien au regard fin et complexe qu’ont posé sur eux les réalisateurs.

    La question israélo-palestinienne est évidemment au programme. Ainsi dans Holding Liat, sur une famille dont un couple a été enlevé par le Hamas, qui se bat, pétrie de ses incertitudes et de perspectives politiques contradictoires. Ou encore dans Je suis la nuit en plein midi où il s’agit de penser comment « sortir de l’impasse pour des gens qui sont bloqués dans leurs vies et d’autres dans leur ville », détaille Valérie Gerbault. D’autres réalisateurs ont axé leurs créations sur les espoirs d’une jeunesse en mouvement, faisant le portrait d’une génération prête à tout comme dans Born to fight.

    Les luttes citoyennes ou environnementales auront également leur place, à l’image du travail de Laetizia Battaglia qui, toute sa vie, aura défié l’omerta, documentant les crimes de la mafia. Le Ciel au-dessus de Zenica interroge sur la manière de vivre lorsque l’atmosphère est obscurcie par la pollution des cokeries en Bosnie-Herzégovine.

    Le festival se propose enfin de dire la guerre autrement, en montrant l’espoir qui existe une seconde même avant l’instant fatidique. C’est un peintre kosovar qui survit au conflit armé en réalisant le portrait de son geôlier dans I Believe The Portrait Save Me… Le court-métrage aussi sera de la partie.

    20 films à voir à Marseille

    A l’Alcazar, à la mairie du 1er-7e, au Mucem ou à l’Artplexe Canebière, 20 projections gratuites auront lieu, en présence le plus souvent des réalisateurs. Valérie Gerbault y tient. Le dialogue est au cœur de ses objectifs. « On n’a pas de réponse à apporter aux problématiques, mais on veut montrer le regard que posent les documentaristes sur ces sujets méditerranéens et permettre de dialoguer avec le public, avec les réalisateurs. Vous savez que le documentaire est un point de vue, et justement, l’on peut ne pas être d’accord avec. C’est aussi ça », insiste-t-elle.

  • Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Vingt minutes. Si peu de temps pour raconter le lourd passé du Camp des Milles, d’où 2 000 juifs ont été déportés, dont des enfants, sous l’autorité de Pétain. Pour la première fois, un court-métrage, réalisé par Sébastien Nourian, 28 ans, et produit par les équipes de Sina Films dont il est cofondateur, a été tourné sur les lieux. Dévoilé en avant-première lundi 15 septembre à la Manufacture en présence d’élus locaux et de représentants d’associations, l’œuvre capture ce qui a pu être la terreur d’enfants déportés au travers du jeu de Léo et Max Garcia, jeunes acteurs choisis pour incarner Isaac et Joseph.

    Au travers d’un genre bien spécifique, celui de l’épouvante-horreur, Sébastien Nourian livre une fiction qui a pour vocation de stimuler la conscience du public sur les conséquences extrêmes des mécanismes de haine qui gangrènent une société. Un sujet mêlé au scénario fictif dans lequel deux jeunes frères, en visite au Camp des Milles, explorent les lieux en s’adonnant à une partie de cache-cache. Lorsque Joseph disparaît, Isaac se retrouve propulsé en 1942. Rapidement, les images en noir et blanc de déportation, de biens dépouillés, de cris jalonnent une scène de course-poursuite entre le jeune garçon et un SS.

    « Capter l’attention »

    « Le genre ici n’est pas une supercherie esthétique : on cherche à faire sursauter le spectateur. Ce n’est pas un sursaut purement d’effroi, mais éthique. Ce genre semblait être la forme cinématographique la plus adaptée à cela, explique Sébastien Nourian. D’autant plus que le film a vocation à être diffusé dans les établissements scolaires. Il faut pouvoir capter l’attention des jeunes générations en leur offrant un spectacle qui va les saisir au niveau des émotions. C’est peut-être par l’émotion qu’on va les ramener au discours sur la citoyenneté, le vivre-ensemble. Plus par la théorie. »

    L’idée du court-métrage a, elle aussi, été pensée pour s’adapter au jeune public, au-delà de sa diffusion prochaine dans des festivals « nationaux et internationaux », promet le réalisateur. Derrière la façade culturelle du projet se dresse surtout l’enjeu « d’éveiller » le spectateur. Un travail de recherche en lien avec le Camp des Milles a permis de respecter, plan par plan, une réalité historique. Doublé de rencontres régulières avec Denise Toros-Marter, résistante et ancienne déportée, qui prête sa voix en ouverture et clôture du court-métrage. Invitée pour l’avant-première, elle n’a pu se déplacer pour des raisons de santé.

    « L’art permet de toucher quelques personnes et de les éveiller à des thématiques auxquelles ils n’auraient pas pensé avant », estime Sébastien Nourian. Mêler « Art et mémoire » est un thème qui a d’ailleurs été débattu en fin de projection.