Tag: courrier

  • Les acteurs de l’hébergement d’urgence disent « non » à l’État dans les Bouches-du-Rhône

    Les acteurs de l’hébergement d’urgence disent « non » à l’État dans les Bouches-du-Rhône

    Un non, « en lettres majuscules ». Unies, la vingtaine d’associations qui agissent dans l’hébergement d’urgence dans les Bouches-du-Rhône opposent un front commun aux directives reçues par courriel, lundi soir, de la DEETS (Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités), demandant de remettre à la rue six ménages actuellement hébergés à l’hôtel, faute de mieux.

    Une décision qui arrive au bout de lentes restrictions. « Il y a eu, depuis deux ans, une sélection sur des critères de vulnérabilité, sur l’âge, la présence de bébés, les malades », explique Christophe Magnan, administrateur du SIAO 13, plateforme en charge notamment du 115. Puis « les critères ont laissé place à un critère », les femmes victimes de violences, poursuit-il, pour arriver à un conditionnement à « la persistance d’une menace active ». Ce qui a « conduit le SIAO à orienter entre 0 et 2 personnes par jour » avec 267 personnes sans solution, s’indigne-t-il. Puis, « il nous a été interdit de proposer des solutions d’hébergement d’État à des femmes isolées, enceintes, ou ayant au moins un enfant de moins de 3 ans », au motif qu’elles relèvent de la compétence du Département.

    Le courriel de la DEETS vient couronner le tout. « Il s’agissait de nous demander de mettre fin à l’hébergement de six ménages en hôtel avec au moins trois enfants en bas âge », précise Christophe Magnan. Au total, 19 personnes sont priées de retourner à la rue, faute de proposition alternative, pour répondre à un objectif « comptable », fixé par l’État, de 1 500 nuitées par jour. Inacceptable pour les associatifs, qui ont signifié leur refus d’obéir en retour de message. « Non, le groupement ne mettra pas ces personnes à la rue. Ni celle-là, ni les suivantes », martèle le responsable du SIAO13.

    En toute illégalité

    Pour des raisons humanitaires, évidentes, et légales. Car selon les articles L. 345-2-2 et 2-3 du Code de l’action sociale et des familles, le droit à l’hébergement d’urgence est inconditionnel, rappelle Thierry Mila président de la Fédération des acteurs de la solidarité Paca Corse, réclamant au passage l’ouverture du dialogue pour la mise en place d’une stratégie durable et de moyens « budgétaires à la hauteur ».

    Les associations se disent prêtes à engager un recours en justice si le préfet venait à utiliser la force publique. Toutes craignent que cette instruction ne soit qu’un « ballon d’essai ». Comme cela s’est passé « à Strasbourg, Bordeaux, Toulouse ou Montpellier », témoigne Thierry Mila. Même si, dans les faits, bien que concepteur de la base de données du SIAO, qui sert à établir des statistiques et coordonner l’action des travailleurs sociaux, l’État ne dispose pas, a priori, des noms et de la situation exacte des familles.

    Cette décision s’inscrit dans un contexte déjà catastrophique. Avec 5 400 places d’hébergement d’urgence disponibles dans les Bouches-du-Rhône, 9 000 demandes ont été recensées par le SIAO, 4 000 personnes sont toujours en attente, à la rue ou dans un hébergement de fortune. Et ce n’est que « le sommet de l’iceberg », pointe Francis Vernède, directeur régional Paca de la Fondation pour le logement des défavorisés, quand seulement une personne sur cinq appelle le 115. Il souligne aussi un manque de vision, dont le coût sera social, sanitaire, judiciaire. En se mettant « dans la peau d’un libéral », il insiste : « Proposer des hébergements dignes à des ménages, c’est pourtant leur donner la possibilité, demain, de devenir solvable, de participer à l’économie classique. »

    À la suite du SIAO, les fédérations d’acteurs sociaux puis le Secours catholique, ce vendredi, ont aussi interpellé le préfet par courrier. Le maire de Marseille a également pris la plume, s’adressant directement au Premier ministre.

    Contacté de nouveau par La Marseillaise, le préfet n’a pas répondu. Cette instruction intervient dans une certaine vacance administrative, où la préfète déléguée à l’égalité des chances, promue préfète de l’Aisne, prendra ses fonctions au 31 août, ainsi que son remplaçant.

  • Hébergement d’urgence, les associations refusent de trier

    Hébergement d’urgence, les associations refusent de trier

    Au tour des fédérations de monter au créneau. Après une lettre envoyée au préfet par le SIAO 13, plateforme en charge de l’hébergement d’urgence pour les sans-abri, dénonçant une politique publique comptable, la FAS (Fédération des acteurs de la solidarité) Paca, la Fondation pour le logement, l’Unafo (Union professionnelle du logement accompagné) et l’Uriopss (Union régionale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux) Paca, solidaires, alertent dans un courrier sur les « conséquences des évolutions envisagées dans les modalités d’accès à l’hébergement d’urgence dans les Bouches-du-Rhône ».

    Et de rappeler « l’inconditionnalité de l’accueil et sa continuité dans la prise en charge ». Pour les fédérations, « toute politique visant à limiter le nombre de places, dans un parc déjà saturé, contrevient au respect de ces droits essentiels ». Concrètement, la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités aurait déjà signifié la fin de la prise en charge à l’hôtel au 30 juillet de six ménages, soit 18 personnes, s’indigne un travailleur social, qui refuse de « trier selon des critères de vulnérabilité ». À terme, quelque 300 personnes seraient concernées pour répondre à un objectif « comptable » de 547 500 nuitées par an, soit 1 500 personnes par jour.

    La Ville en soutien

    Le tout dans une situation déjà dégradée et « en pleine période de très forte canicule » déplore Diletta Donnarumma, chargée de mission à la FAS Paca. Pour elle, si l’hôtel n’est qu’une solution transitoire, « un palier a été franchi » avec une « menace réelle de mise à la rue », faute de solutions dans un parc immobilier contraint.

    La Ville de Marseille a aussi réagi, estimant que « si ces informations [étaient] confirmées, elles marqueraient une rupture grave avec les engagements pris collectivement ces dernières années pour protéger les plus vulnérables ». Partageant l’alerte lancée par les associations, la Ville appelle l’État « à revenir sur toute décision conduisant à des sorties sans solution ».

  • Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    L’exploitation commerciale du toit-terrasse constitue un trouble manifestement illicite » a tranché, vendredi, le juge des référés. Le tribunal judiciaire de Marseille ordonne à Benjamin Honnorat, gérant du bar Le Pigment, 237 Corniche Kennedy, 7e, « de mettre fin à l’activité commerciale exercée sur les terrasses ». L’ordonnance prononce une astreinte de 500 euros par jour de retard.

    à l’audience, jeudi, Me Hinde Kalai, l’avocate du syndicat des copropriétaires de l’immeuble avait plaidé avec énergie « l’illégalité de l’activité commerciale » exercée sur deux terrasses réunies en une seule à la suite de travaux non déclarés par les gérants du fonds de commerce autorisé en rez-de-chaussée. « Cette terrasse de 100 m2 constitue une partie commune de l’immeuble mais elle reçoit certains soirs jusqu’à 50 personnes simultanément », a-t-elle expliqué, ajoutant que si les gérants du bar ont la jouissance privative de cette terrasse suite à l’acquisition de deux appartements en dessous, cela ne les autorise pas à se livrer à une exploitation commerciale prohibée par le règlement de copropriété.

    « L’accueil de public

    est strictement interdit »

    « Des travaux d’ampleur ont eu lieu sans autorisation préalable de la copropriété. Ils ont percé, mis des garde-corps. Les copropriétaires vivent un cauchemar, a insisté Me Kalai, les clients du bar utilisent le hall d’entrée qui est évidemment une partie commune réservée à l’habitation pour monter. Tout cela génère des nuisances sonores. »

    Créé sans autorisation d’urbanisme, le toit-terrasse a ouvert en septembre 2025, sans même avoir reçu un avis de la commission communale de sécurité. Cette situation a fait l’objet d’un PV d’infraction de la Ville transmis au parquet de Marseille qui a convoqué cette semaine le gérant. La Ville nous a confirmé d’ailleurs (LM du 15 mai) avoir mis en demeure le bar le 25 septembre 2025 lui signifiant « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit » avait rappelé la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai, faisant suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur : « L’absence de réaction des services à la situation de cet établissement produit, selon ce que nous remontent les habitants du quartier, un effet d’entraînement : d’autres exploitants commencent à s’autoriser des occupations comparables de l’espace public, invoquant le précédent. Une réponse claire et rapide des services municipaux s’impose donc, au-delà même du cas particulier » a écrit Sophie Camard le 21 avril dernier aux élus en charge de l’urbanisme, des emplacements et de la sécurité civile. Force est de constater que la mise en demeure municipale de septembre dernier est restée sans effet à ce jour.

    « J’ai un diagnostic structure »

    « Où est l’urgence dans ce dossier, je ne la vois pas » a d’ailleurs contesté à l’audience Me Axel Daurat, avocat du bar Pigment qui dénonce un tohu-bohu médiatique, soutient qu’« il n’y a aucun trouble de jouissance anormal ». « La terrasse et la cage d’escalier sont des lots privatifs exclusifs. Il n’y a pas besoin de changement de destination. J’ai un diagnostic structure qui dit que tout va bien. Où est le trouble anormal du voisinage ? Démontrez-moi un préjudice collectif ! » D’expliquer in fine que son client est « engagé dans une démarche de régularisation complète et de bonne foi ». D’ailleurs un avis favorable a été émis ce 8 juin par la commission communale de sécurité à sa demande d’autorisation de travaux déposée en mars.

    Quand bien même la Ville accordait une autorisation de travaux en ERP, elle ne serait délivrée que « sous réserve des droits des tiers » et ce ne serait toujours pas une « autorisation d’ouverture au public ». Le parquet reste saisi d’infractions pénales et l’ordonnance du juge est exécutoire de plein droit.

  • Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Depuis des décennies, chaque second samedi du mois, plusieurs associations humanistes et militants variés se rassemblent à l’entrée des Allées Provençales, en « Cercle du Silence ». Cette mobilisation, pacifique et silencieuse, vise à afficher une solidarité avec les personnes étrangères, leurs conditions d’accueil difficiles et leurs parcours, tout en invitant les passants à se joindre, le temps de quelques minutes, au cercle. Pourtant, dans un courrier rédigé par les élus du groupe d’opposition municipale Aix Avenir (DVG), que nous avons pu consulter, et adressé au sous-préfet, Mathieu Gatineau, ces derniers écrivent que le Cercle est « régulièrement la cible de factieux d’extrême droite qui n’hésite pas, pour rompre le cercle, à proférer des insultes et bousculer les participants. »

    Deux fois perturbé

    Dans la suite de cette lettre, il est rappelé que « le cercle de juin a été perturbé pendant près d’un quart d’heure, avec banderole vindicative et porte-voix, par un groupuscule d’une dizaine de personnes qui s’intitule le Maquis ». Soit la « deuxième fois en quelques mois – après le collectif Némésis le 8 novembre 2025 – que ces manifestations sont l’objet d’intrusions identitaires et xénophobes où il est haineusement reproché de soutenir les étrangers, lesquels sont systématiquement présentés, par ces groupuscules, comme de dangereux criminels. » En fin de courrier, l’ensemble des élus demande au sous-préfet d’Aix-en-Provence de s’assurer « que ces groupuscules violents, forcément connus de vos services qui veillent à la tranquillité publique, ne viennent plus jamais perturber un rassemblement qui a lui toute sa place dans notre démocratie et notre République. »

  • L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    Les juges ont relaxé George Dahan dans le volet sur la sécurité du marché. Le patron du Marché du soleil était jugé pour des manquements à la réglementation ERP d’octobre 2023 à février 2026, date de la fermeture effective pour 6 mois prise par arrêté préfectoral.

    Le tribunal a jugé que l’arrêté municipal de fermeture du 24 janvier 2023 était illégal, faute d’avoir été précédé d’une mise en demeure. Me Stéphane Ceccaldi a fait mouche en arguant que « ce vice substantiel fait disparaître l’infraction ». Un arrêté de fermeture ne peut être pris qu’« après mise en demeure restée sans effet de l’exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti ».

    L’arrêté de janvier 2023 évoquait certes un courrier de mise en demeure du 2 juillet 2019, mais qui se rapportait au premier arrêté inappliqué du 10 juin 2008 pris à la suite d’un incendie… « Il existe en réalité une seule mise en demeure au dossier, datée du 6 octobre 2023, donc postérieurement à l’arrêté. » Un camouflet qui interroge sur la tolérance de la commission communale de sécurité avec 25 procès-verbaux d’avis et de préconisations signés depuis 2010. « Comment la Ville pourrait-elle invoquer une urgence quand l’arrêté de fermeture initial avec prescriptions de travaux est du 20 juin 2008 ! », plaidait Me Ceccaldi. S’agissant du 3e et dernier arrêté municipal de fermeture du 28 novembre 2023, ses deux mises en demeure sont encore postérieures.

    Sur le délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité, le tribunal estime que, certes un certain nombre de désordres ont été relevés, mais qu’il n’est pas démontré un « risque de mort et de blessures immédiat et direct ». Si la Ville a attendu le 17 février 2026 pour dégainer un arrêté de mise en sécurité d’urgence, il ne concerne qu’une partie d’un bâtiment en fond de cour.

  • La Poste rassure sur l’avenir de la plateforme de tri de Vitrolles

    La Poste rassure sur l’avenir de la plateforme de tri de Vitrolles

    Un projet conduit « de manière responsable, progressive et concertée, en veillant à concilier accompagnement des équipes, performance industrielle et développement des activités ». Voilà comment La Poste décrit l’évolution à venir de la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence située à Vitrolles. Après des alertes répétées de la CGT sur sa transformation en platefor me multiflux (lire notre article du 24/06), dénonçant une disparation en tant que telle de la PIC, La Poste veut éteindre toute incertitude, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi. « L’objectif est d’adapter l’outil industriel aux évolutions du marché, tout en renforçant la capacité du site à se positionner sur les activités en croissance, notamment le colis, dans une logique de plateforme multiflux (courrier, colis et presse) », explique l’entreprise en charge du service public postal.

    La concertation

    va se poursuivre

    Elle confirme que les résultats d’études techniques « ont été présentés aux représentants du personnel lors du comité social et économique du mois de juin ». Mais précise : « À ce stade, aucune décision définitive n’est arrêtée. Une phase de concertation va se poursuivre. »

    Quant aux questionnements de la CGT sur l’impact social du projet, là encore La Poste joue le pompier : « Le respect du modèle social, l’association des équipes aux modalités de mise en œuvre ainsi que la concertation avec les partenaires sociaux sont placés au cœur de la démarche. » Et de promettre : « Chaque personne concernée par les évolutions disposera d’une solution adaptée, sur le site de Vitrolles, au sein du bassin d’emploi ou d’une plateforme de proximité avec un accompagnement individuel. »

  • La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    « Aucun engagement, à ce stade, ne peut être pris quant au maintien sur site de l’ensemble du personnel affecté à la Plateforme Industrielle Courrier de Vitrolles ». Le message du directeur de la PIC de Vitrolles, cœur battant du traitement des courriers dans les Bouches-du-Rhône, à l’adresse des salariés de La Poste est sans détour. En date de ce 22 juin et sous la forme d’une « newsletter », la direction du site aborde le « projet de transformation » ainsi que « l’évolution de ses activités ». Une bonne nouvelle ? Pas vraiment aux yeux de la CGT, qui alertait dès l’année dernière sur une potentielle disparition de la PIC en tant que telle (lire notre article du 20/08/2025). « Tout ce qu’on pressentait, c’est confirmé ! », s’alarme Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée du site. Et pour cause : quand la direction évoque une « nouvelle orientation industrielle », la CGT y voit une « fermeture ». « Ça serait une transformation si on gardait tous les agents, mais là on diminue le courrier et les effectifs… On ne va plus être une PIC, le statut va changer. Faire du multiflux, c’est un métier différent que de faire du courrier ! », explique Sabrina Manca. Il faut dire qu’elle en sait quelque chose : « J’ai déjà fait trois fermetures de PIC ailleurs en France, il ne reste que la moitié des effectifs ». Avant de développer : « Les casiers pour trier le courrier vont disparaître, ou être fortement réduits. Avec l’installation d’une machine qui s’occupera des colis, les effectifs vont être réduits, forcément ».

    Ce qui est certain, c’est que la direction, dans sa newsletter, confirme bien une « transformation vers une plateforme industrielle multiflux » avec notamment « l’implantation d’une machine colis ». Et surtout des études « logistiques et organisationnelles » pour préciser le « périmètre des futures activités colis et le périmètre des activités complémentaires (courrier, Log’issimo…) ». En clair, le maintien d’un flux courrier est bien stipulé, mais relégué au second plan face aux colis. D’où l’inquiétude syndicale : « Ils ne garderont que quelques machines pour trier les tournées des facteurs… Une partie du courrier va partir sur la PIC de Montpellier. Sur 244 salariés, on ne sera plus que 150 à 180 salariés à la fin » dénonce Sabrina Manca. Même principe pour le courrier alpin, traité sur la PIC de Vitrolles à l’heure actuelle : « Le courrier du Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence ira à Toulon ! ».

    Toujours dans la newsletter, le directeur du site assure que « chaque personne concernée par les évolutions des activités disposera d’une solution adaptée avec la garantie d’une réorientation professionnelle et d’un accompagnement individuel et personnalisé au sein du bassin d’emplois ou sur une PIC de proximité ». Pas de quoi rassurer la CGT : « Qui va aller à Montpellier quand on a ses enfants scolarisés à Marseille ou son mari qui travaille dans le département ? Le plus grand nombre de postes ouverts pour les reclassements des agents, c’est facteur. Mais justement, la plupart des personnes qui travaillent en PIC en viennent… ». L’organisation syndicale évoque même un « plan social déguisé » tant elle prévoit de la casse dans les effectifs. « Il y aura des abandons de postes, des licenciements pour inaptitude, des reclassements pour ceux qui peuvent et veulent… », se désole Sabrina Manca.

    Contactée pour avoir plus d’éléments, La Poste doit revenir vers nous prochainement. Mais l’entreprise table sur un début des travaux prévisionnel pour février ou mars 2027, et une mise en service à la fin de cette même année.

  • Le comité de vigilance postale s’organise face aux fermetures estivales

    Le comité de vigilance postale s’organise face aux fermetures estivales

    Le comité de vigilance postale organise la riposte. Après que le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) a appris, par le biais d’un courrier de la direction de La Poste, des ajustements horaires des bureaux de Jonquières et de Ferrières pendant l’été, l’association s’est réunie en assemblée générale pour établir une stratégie.

    Le bureau de Jonquières sera fermé entre 12h et 14h du lundi au vendredi à partir du 6 juillet. À Ferrières, une fermeture de trois semaines est annoncée du 3 au 22 août. Francis Fournier, créateur du comité de vigilance postale, s’agace : « Encore une fois, ce sont les zones populaires qui vont subir la dégradation du service postal. Les habitants de Notre-Dame des Marins n’ont plus de distribution de colis depuis des années, ils sont déjà contraints d’aller à Ferrières. »

    Un contrat à respecter

    Marc Beltran, conseiller municipal (PCF) délégué à l’emploi et l’éducation populaire, témoigne de son expérience de personne malvoyante : « Moi, ce bureau, c’est ma poste du quotidien. Si je dois aller à Jonquières, ça va me poser des problèmes insurmontables. C’est ça la dégradation des services publics : ce sont toujours les mêmes qui payent, les plus fragiles et les plus dépendants. » Après avoir organisé une première réunion l’an dernier avec les élus de la Côte Bleue, qui connaît elle aussi « une hécatombe », le comité veut relancer la dynamique pour mobiliser la sphère politique locale. « Le lundi, les bureaux de Carry, Sausset et la Couronne sont fermés, ce qui fait un périmètre conséquent, appuie Francis Fournier. On déshabitue les gens à aller à la Poste. » Les militants veulent aussi prendre contact avec la Commission départementale de présence postale territoriale, dont le rôle consiste à « vérifier que le contrat de présence postale signé par l’État, les maires et la Poste, fonctionne dans les meilleures conditions et que le fonds de péréquation attribué pour faire fonctionner la mission de service public soit utilisé à bon escient », précise Jean-Claude, du comité de vigilance.

    Mais avant tout, l’association souhaite informer les usagers. L’adjoint au maire Pierre Dharréville (PCF) insiste : « Il faut poursuivre dans le souci d’associer les habitants, de faire de cette bataille une bataille populaire, trouver les moyens pour permettre aux gens de s’engager d’exprimer leurs besoins et leurs revendications. »

  • Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Comparution pathétique de Stéphane Simond, 55 ans, attaché parlementaire et suppléant du député des Bouches-du-Rhône José Gonzalez (RN). Dénoncé par un colistier de la liste Reconquête!, Stéphane Simond est accusé d’avoir conduit la liste RN aux municipales à Plan-de-Cuques (23,5% au premier tour) et d’avoir été réélu conseiller municipal en s’inscrivant frauduleusement, en novembre 2025, sur les listes électorales, alors qu’il demeurait à Allauch.

    Bien qu’ayant avoué aux enquêteurs « avoir fait un faux pour me présenter sur Plan-de-Cuques », l’élu RN a subitement rétropédalé, ce mardi. « J’ai dit aux enquêteurs ce qu’ils voulaient entendre. Ils m’ont mis la pression. Je disais “oui oui”. » Avant de narrer une fable : « C’est juste une boîte aux lettres pour recevoir ma nouvelle carte d’électeur que j’avais perdue le temps de trouver un appartement. J’étais par monts et par vaux. Je dormais un peu chez ma copine à Allauch, chez mes parents et à Paris », bredouille Stéphane Simond, décomposé à la barre. « Pourquoi n’avoir tout simplement pas demandé à vos parents, à Allauch, pour recevoir le courrier ? », tente la présidente. Prévenu d’avoir signé une fausse attestation d’hébergement, son ami Jean-Marc rame lui aussi : « J’ai pas l’habitude avec les policiers. J’ai bafouillé on va dire. Les élections, j’y comprends rien. J’ai pas pensé que c’était un faux juste pour une liste électorale. »

    « Il ment mal et éhontément. Toutes ses manœuvres lui ont permis de se faire réélire conseiller municipal ! Il a fait tourner en bourrique les agents de la commune et de la préfecture », proteste l’avocate de la commune de Plan-de-Cuques, qui l’a radié, depuis, des listes. « Ce type de comportement pollue la vie publique », dénonce Julien Pinelli, conseil de Jean-Pierre Courtaro, à l’origine du signalement et qui est un colistier du candidat Reconquête!, Jean Toselo.

    « C’est inquiétant d’être élu en se présentant sur un mensonge », résume la procureure Isabelle Candau, qui requiert 8 000 euros d’amende et 2 ans d’inéligibilité. Sa défense proteste : « D’une mouche on veut faire un éléphant. Il s’est trompé de procédure de changement d‘adresse en cliquant sur le mauvais onglet. On l’accuse même d’emploi parlementaire fictif ! Tout cela est de la fiction. » Délibéré le 8 juin.

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?