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  • [Étoile de Bessèges] Costiou, nouvelle Étoile

    [Étoile de Bessèges] Costiou, nouvelle Étoile

    On craignait de la voir disparaître, après une édition 2025 marquée par la fronde de huit équipes (parmi elles, seules Unibet Rose – Rockets et Décathlon – CMA CGM étaient présentes cette année), effarouchées par des incidents de sécurité bien indépendants de la responsabilité de l’organisation. Bien malgré elle, l’Étoile de Bessèges s’était retrouvée sous le feu d’un opprobre qu’elle ne méritait pas. Mais elle ne s’est pas éteinte, portée par une équipe dévouée, dirigée avec résilience par Claudine Fangille-Allègre, animée par son devoir de mémoire envers son père, Roland, géniteur de la course. Une histoire de famille qui se perpétue aussi à travers Tiffany et Romain Le Roux, fille et gendre de la présidente, amenés à reprendre le flambeau à l’avenir.

    Si la sécurité avait été grandement renforcée, au détriment du nombre d’équipes (16, contre 21 l’an dernier, 111 coureurs contre 146), pour garder l’équilibre budgétaire, certaines choses, elles, n’ont pas changé. Les conditions climatiques, dantesques en 2025, l’ont aussi été sur les deux premières étapes, courues sous une pluie battante. Et après une accalmie de deux jours, elle a repris de plus belle sur le contre-la-montre final, pour apporter un peu plus de dramaturgie au dénouement.

    Car l’indécision s’érige, elle aussi, en constante. Comme on s’y attendait, les écarts sont restés minimes jusqu’au bout. Malgré les nombreuses tentatives et le panache de coureurs déterminés à se montrer, aucune échappée ou attaque n’a pu être menée à bien. Les quatre premières journées se sont jouées au sprint, si bien qu’à l’orée de la cinquième et dernière, les 35 premiers du général se tenaient en 1 minute, et les 19 en 30 secondes.

    L’Ermitage, faiseur de roi

    Tout s’est donc joué dimanche, au sommet de l’Ermitage. Chacun y allait de son favori, avec une seule et même question : le champion de Slovaquie Lukas Kubis (Unibet – Rose Rockets), leader du général depuis le troisième jour, et 2e de chacune de quatre premières étapes, allait-il garder son maillot corail, à la faveur de ses quelques secondes d’avance sur ses poursuivants ?

    Rien n’était moins sûr, car de sérieux prétendants rêvaient de détrôner celui qui, en dépit de son titre de champion national du contre-la-montre en 2024, n’apparaissait pas comme favori face à cette arrivée en pente, propice à déchoir ou à couronner. Et à l’arrivée, le dénouement fut cruel pour le coureur le plus régulier de l’épreuve, 15e de l’étape, et 4e à l’arrivée. La place du con. Le nouveau roi s’appelle Ewen Costiou (Groupama – FDJ United), 11e au départ, et vainqueur pour 2’’ devant son coéquipier Maxime Decomble, et avec 5’’ d’avance sur Paul Lapeira (Décathlon – CMA CGM). L’Ermitage a encore parlé. Et on a déjà hâte d’entendre ce qu’il aura à nous raconter en 2027.

  • [Étoile de Bessèges] 4e étape : le Belge Joppe Heremans (Van Rysel – Roubaix) s’impose, Kubis conforte sa place de leader

    [Étoile de Bessèges] 4e étape : le Belge Joppe Heremans (Van Rysel – Roubaix) s’impose, Kubis conforte sa place de leader

    Cette 4e et avant-dernière étape entre Saint-Christol-lez-Alès et Vauvert (154,84 km, 958 m de dénivelé positif), au profil plus roulant que les deux précédentes malgré de nombreuses petites côtes, a, sans surprise, offert un scénario assez similaire à celui de ses prédécesseuses.

    Un groupe de trois coureurs – Valentin Retailleau (Total Énergies), Tommaso Bessega (Polti) et Clément Davy (Nice Métropole Côte d’Azur) – a pris l’échappée au bout d’une dizaine de kilomètres, dans la première boucle autour de Saint-Christol. Celle-ci avait peu de chance d’aller au bout, eu égard au manque de relief de l’étape, mais aussi à la présence du coureur de Total Énergies, toujours dans le coup au général (31e à 29’’). Elle n’a ainsi compté au maximum qu’1’30 d’avance.

    Dans les 30 derniers kilomètres, le peloton a durci la course, reprenant d’abord Bassega, lâché par ses compagnons de fuite, à un peu moins de 13 km de l’arrivée. Ces derniers, eux, ont maximisé leur baroud d’honneur face à un peloton au sein duquel les équipes semblaient s’organiser pour le sprint, mais ont cédé dans les 2 derniers kilomètres.

    Et à l’arrivée, c’est le jeune puncheur belge Joppe Heremans (Van Rysel – Roubaix) qui s’est montré le plus prompt, offrant à l’équipe nordiste sa première victoire de la semaine. Le leader du classement général Lukas Kubis (Unibet Rose – Rockets), très bien placé dès le début du sprint, termine deuxième et conforte sa place de leader avec 13’’ d’avance sur Henri Uhlig (Alpecin-Premier Tech) et 16’’ sur Louis Hardouin (Van Rysel – Roubaix), avant le contre-la-montre de dimanche à Alès, qui sera le juge de paix de cette 56e édition de l’Étoile de Bessèges.

    Paul Lapeira (Décathlon – CMA CGM), auteur d’un geste de frustration à l’arrivée à l’égard du vainqueur, considérant avoir été tassé, prend la troisième place.

  • Delettre pour jouer les diables à Vauvert

    Delettre pour jouer les diables à Vauvert

    À l’arrivée vendredi, Alexandre Delettre s’avouait quelque peu déçu : il aurait aimé faire un coup sur une étape qui était celle qui lui « convenait le mieux sur le papier. J’avais été désigné leader. J’ai joué avec les meilleurs dans les bosses, mais il m’en manquait un petit peu. C’est dommage que ça se regarde et qu’on arrive à une trentaine au sprint, ce n’est pas à mon avantage. J’ai essayé de jouer mon va-tout quand ça ressort dans la dernière bosse à 2 km de l’arrivée. S’il y avait sprint, c’était pour Sandy (Dujardin) », analysait le puncheur de 28 ans. Ce dernier nourrissait aussi quelques regrets sur le plan collectif : « On avait Alexys (Brunel) à l’avant, c’était l’objectif. L’équipe a fait du bon boulot pour me placer, pour Sandy aussi. Malheureusement, il rate un peu son lancement, ce sont les aléas du sprint. Depuis le début, on joue bien, on court collectif, mais on n’est pas récompensé. Espérons que les deux derniers jours nous sourient. »

    « Faire le meilleur résultat possible sur le chrono »

    Son saut de chaîne dans la montée finale ne lui laissera donc pas de regret, vu l’arrivée massive. Il a fini dans les temps du peloton et n’a pas perdu de temps au général, hormis sur les trois premiers du jour grâce à leurs bonifications. Un moindre mal, puisqu’avec 22 secondes de retard sur la tête (18e place), Alexandre Delettre est encore dans le coup au général, lui qui vient certainement de réaliser la meilleure saison de sa carrière, avec sept podiums, seize top 5 et un premier Tour de France bouclé à la 55e place. Même s’il sait que l’arrivée au contre-la-montre ne joue pas en sa faveur. « Ce n’est pas mon point fort, mais on l’a bien travaillé cet hiver. J’ai pris un peu de force, ça va aider. C’est une arrivée en bosse, dans mes caractéristiques. Je ne pense pas gagner, mais je veux faire le meilleur résultat possible. Si je donne tout, il n’y aura pas de regret, ce sera du bon travail pour la suite », positive celui qui est à la recherche d’une deuxième victoire en professionnel, après celle obtenue sur la 2e étape du tour d’Alsace en 2022 : « On est qu’au début de saison, il ne faut pas s’affoler. Les parcours à Bessèges ne me conviennent pas, mais il reste encore plein de courses. »

    Ce samedi, le coureur de la Total Énergies arrivera chez lui, à Vauvert. Sur une étape une nouvelle fois promise aux sprinteurs, « le but sera de mettre Sandy Dujardin dans les meilleures dispositions pour jouer la victoire et on fera le maximum », promet-il. Il aura pour cela quelques atouts : « J’y ai fait mon adolescence, je connais très bien la ville et la montée finale. Ça va être cool d’arriver là-bas. » Il pourra aussi compter sur un public acquis à sa cause. « J’entends mon nom un peu partout depuis le début de la course. Ça fait plaisir. Il y aura du monde sur le final. Il n’y a jamais eu trop de Gardois professionnels. Là, on est deux avec Nicola (Marcerou). Voir cet engouement autour de ça, c’est génial », se réjouit-il.

  • [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    Il est l’une des attractions de cette 56e édition de l’Étoile de Bessèges. Double champion de Slovaquie sur route en titre, également champion national du contre-la-montre en 2024, Lukas Kubis est le seul coureur à porter un maillot distinctif de son pays sur l’Étoile de Bessèges. Un palmarès qui n’est pas sans rappeler sa légende de compatriote, Peter Sagan, rouleur polyvalent qui a comme lui commencé par le VTT avant de développer tout son potentiel sur route. « C’est impossible de me comparer à lui, car il a été trois fois champion du monde et maillot vert sur le Tour de France, tempère-t-il avec humilité. C’est un des meilleurs cyclistes de l’histoire. Mais c’est bien de représenter le même drapeau que lui, il était mon idole quand j’ai commencé le cyclisme, et en plus c’est un très bon mec. »

    Maillot jaune dans l’escarcelle

    Valeur montante du cyclisme mondial, passé du 236e au 56e rang UCI en l’espace d’une saison, il est porté par ses titres nationaux et de belles performances sur le circuit mondial : plusieurs top 10 sur des classiques flandriennes, 2e du tour de Hollande, victoire sur le Cholet Agglo Tour… Le pensionnaire d’Unibet Rose Rockets dispute sa deuxième Étoile. « C’est une très belle course, avec de superbes paysages. Je suis heureux d’être ici », se réjouit le coureur de 25 ans.

    Déjà annoncé comme un outsider dimanche, sur le GP de Marseille-La Marseillaise, il est l’un des favoris à la victoire finale, après avoir quitté la course prématurément l’an dernier, suite au retrait de son équipe. Un rang confirmé dès la première étape, avec après une 2e place derrière Tom Crabbe : « Ce n’est pas passé loin, on va se battre pour faire mieux dans les prochains jours. » Mais pas question de s’enflammer : « On avance jour après jour. Je suis très fier des efforts de l’équipe mercredi. Bien sûr, la victoire a toujours meilleur goût, mais c’est un très bon début pour l’équipe. »

    Après une nouvelle et frustrante 2e place jeudi, pour son coéquipier Dylan Groenewegen, Lukas Kubis, 8e, récupère le maillot jaune du classement par points. Pas une fin en soi : en ligne de mire, notamment, cette 3e étape autour de Bessèges, « la plus difficile de la semaine », et le contre-la-montre, « très spécifique, avec une grosse montée sur la fin ». Pour récupérer, cette fois, le maillot corail du général.

    3e étape : Bessèges – Bessèges (162,34 km)

    Le terrain devient nettement plus accidenté pour cette 3e étape autour de Bessèges. Après 106 km, les coureurs effectueront un premier passage sur la ligne d’arrivée, puis un second, avant de la franchir définitivement au kilomètre 163. Trois tours du circuit, donc, pour ce final exigeant, avec les montées des cols de Trelis (3,6 km à 5,6%, 1ère catégorie) et des Brousses (2,1 km à 5,2%, 2e catégorie). Un profil pour puncheurs, avec cette dernière difficulté placée à seulement 12 bornes du but.

  • [Étoile de Bessèges] 2e étape : Mathieu Kockelmann s’impose au sprint

    [Étoile de Bessèges] 2e étape : Mathieu Kockelmann s’impose au sprint

    Sous des trombes d’eau pendant plus de 90 km, le peloton aura connu une nouvelle journée compliquée sur cette 2e étape de l’Etoile de Bessèges entre Saint-Gilles et Domessargues, jeudi. Ce qui n’a pas empêché un groupe de quatre courageux, composé de Samuel Leroux (Total Énergies), Arnaud Tendon (Van Rysel-Roubaix ), Axel Bouquet (Auber-Saint-Michel) et Maël Guégan (CIC), de partir en échappée.

    Ils ont compté jusqu’à plus de 3 minutes d’avance. Le jeune Français d’Auber-Saint-Michel a craqué à 22 km de l’arrivée, mais ses trois compagnons de fuite ont résisté. L’écart a fondu dans les 10 derniers kilomètres, passant sous les 20 secondes à 2 km de l’arrivée.

    C’est le moment qu’a choisi Arnaud Tendon pour placer une attaque dans le faux plat montant final. Pari presque réussi, mais le coureur suisse a été rattrapé à 200 mètres de la ligne. Au sprint, et après une vérification de la photo finish qui a pris plusieurs minutes, c’est finalement le Luxembourgeois de Lotto-Intermarché, Mathieu Kockelmann, qui s’est imposé d’un cheveu, devant Dylan Groenewegen (Unibet Rockets) et Matteo Moschetti (Pinarello-Q 36.5).

    Au classement général, Tom Crabbe (Flanders – Bâloise) reste leader.

  • Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Quand tous les ingrédients sont réunis, et que la mécanique bat son plein, la recette ne peut qu’être un succès. Au départ de Château-Gombert, la 48e édition du Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise a été au rendez-vous sur tous les points.

    Notamment sportif avec un scénario plaisant et passionnant. « C’était une belle édition tout simplement parce qu’il y a eu de la course », souligne Lilian Calmejane, ancien coureur professionnel et consultant pour Novo19, le diffuseur du Grand prix. « Si on n’a pas suivi la course de l’intérieur ou qu’on n’a pas suivi à la télé, on se dit au final sprint massif, il ne s’est rien passé. Mais ce n’a pas du tout été le cas. Les coureurs nous ont proposé d’énormes mouvements de course depuis l’Espigoulier jusqu’à l’arrivée. Ça a été indécis avec le dernier gros repris à quasiment 500 mètres. Il y a eu du spectacle », poursuit l’Occitan, qui connaît sur le bout des doigts le tracé marseillais pour avoir terminé par deux fois à la troisième place de cette course d’ouverture de la saison cycliste européenne.

    La revanche du « Coq »

    « C’était un sprint massif, mais un sprint massif bien maîtrisé. Bryan Coquard a pris entre guillemets sa revanche, parce que c’est une course qui lui échappait alors qu’il a toujours pris en début de saison », note-t-il, conscient que « le Coq » était passé proche d’un premier sacre en 2021, année où Aurélien Paret-Peintre avait fait la différence dans un sprint final à trois.

    Mais la victoire du Nazairien n’est en rien une surprise. Surtout comparé à la présence de coureurs inattendus dans le top 10, à l’image de Nicolo Buratti (MBH Bank CSB Telecom Fort) et Xabier Berasategi (Euskaltel-Euskadi) qui terminent respectivement quatrième et cinquième au classement général. « Mais ils sortent d’où ? », s’interroge Lilian Calmejane à l’arrivée, persuadé que d’autres surprises surgiront à l’Étoile de Bessèges à partir de mercredi.

  • [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Immersion avec l’équipe Van Rysel – Roubaix

    [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Immersion avec l’équipe Van Rysel – Roubaix

    Face à un plateau composé d’équipes WorldTeam et ProTeam, Van Rysel – Roubaix ne partait pas avec la faveur des pronostics. Pour le team nordiste dirigé par l’ancien coureur Frédéric Delcambre, présent depuis sa fondation en 2007, « ces courses de début de saison, dans le sud, sont une mise en route. Fin février début mars, on remonte dans le nord, c’est là qu’on se doit d’être prêts. Après, si on peut faire des résultats, ce n’est que du bonus », détaille Arnaud Molmy, directeur sportif de l’équipe sur le Grand prix.

    Pour autant, l’équipe ne partait pas sans plan : « S’il y a une échappée matinale, on va essayer d’y être avec un ou deux coureurs. Cette année, il n’y a plus les crêtes, qui étaient le juge de paix, donc la course risque de se lancer d’un peu plus loin. On a des coureurs qui vont assez vite, le but sera donc de basculer la Gineste dans le groupe de tête, pour faire un résultat. » Même si « on n’est pas favoris en cas de sprint. Mais le scénario est imprévisible avec ce nouveau parcours et car il n’y a pas de vrai favori », analyse-t-il.

    Parmi les coureurs qui avaient une carte à jouer, le directeur sportif citait Joppe Heremans, jeune puncheur belge « qu’on a vraiment protégé », et Louis Hardouin, meilleur amateur français l’année dernière, qui disputait sa première course chez les professionnels, mais à qui on ne voulait pas « mettre de pression inutile ».

    L’audace de Hardouin, le top 10 pour Jarnet

    Le début de course est très rapide, comme en témoigne le compteur de la voiture, qui affiche 45 km/h sur des pentes entre 3 et 5%. Après une première échappée avortée, dans laquelle s’était glissé Arnaud Tendon, la seconde est la bonne. En son sein, le Belge Kenny Molly, ce qui suscite l’admiration d’Arnaud Molmy : « Il est impressionnant. Il arrive à s’échapper à chaque course. »

    Impressionnantes, également, les qualités de pilote du directeur sportif. Pour ravitailler les coureurs, dans les pentes du Pas de la Couelle, nous devons doubler la longue file des autres voitures sur une chaussée assez étroite. Toujours sur la corde, l’ancien sprinteur semble aussi à l’aise au volant que sur le vélo. « On n’est pas formé à ça. Ça passe, jusqu’au jour où ça pile et que tu n’as pas le temps de freiner », reconnaît-il.

    Le peloton, conduit par les équipes Total Énergies, Cofidis et Decathlon, ne laisse pas grandir les écarts avec l’échappée et finit même par l’avaler dans l’Espigoulier. « Il n’y a plus vraiment de course ou ça roule tranquillement, lâche Arnaud Molmy. Là, ça s’est posé pendant 5 km puis c’est reparti. On est pourtant sur une des premières courses de la saison. Pour la moitié des coureurs, c’est même la toute première. »

    Sous l’effet d’une descente à près de 70 km/h sur une route sinueuse, le peloton éclate. Un groupe de 32 se trouve désormais à l’avant, parmi lesquels Kenny Molly, Louis Hardouin, Maxime Jarnet et Antoine Raugel, avant d’attaquer la Gineste. Arnaud Molmy est satisfait. « C’est bien les mecs », encourage-t-il, donnant ses dernières consignes : « Vous savez ce qu’il vous reste à faire : placement, placement, placement », martèle-t-il. Kenny Molly lâche dans les premiers hectomètres, lessivé par une journée passée à l’avant. Les trois autres s’accrochent. « Il en faut un qui se sacrifie pour sortir faire le sprint. Si Louis se sent bien, qu’il y aille. Il faut y croire », harangue Arnaud. Ils basculent au sommet avec le groupe de tête. Louis Hardouin tente alors de partir avec deux autres coureurs. « Il ne faut pas trop en faire Louis, des équipes veulent regrouper en bas. Prends le temps, il n’y a que 7-8 secondes, bois un coup », calme son directeur sportif, qui reconnaît quand même : « Il fait un truc quand même le gamin, première chez les pros ! ». Presque payant, mais lui et ses compagnons sont rattrapés à 1 km de la ligne.

    Au sprint, Maxime Jarnet accroche une belle 9e place. De quoi réjouir le directeur : « Ça présage de super choses pour la suite de la saison. Un top 10 pour démarrer la coupe de France, c’est super. Le comportement de Louis extraordinaire, Kenny échappé au départ comme d’habitude… Les mecs ont fait un super boulot. On peut être fiers ce soir », salue-t-il, en espérant confirmer dès mercredi pour le départ de l’Étoile de Bessèges.

  • [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Un inattendu doublé aixois qui restera dans les annales

    [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Un inattendu doublé aixois qui restera dans les annales

    Le petit village gaulois a résisté aux envahisseurs. Comme dans les histoires de Goscinny et d’Uderzo, l’Amicale Vélo Club Aix – Dole, seule équipe continentale fédérale du peloton, est parvenue à se faire une place dans la cour des grands, dimanche, en remportant deux prix importants au Grand Prix cycliste de Marseille – La Marseillaise. Celui du coureur le plus combatif, en la personne du jeune britannique Joseph Brookes (21 ans), et celui du meilleur grimpeur, décerné à Jack Brough (22 ans), également originaire d’Outre-Manche. « On est une petite équipe, entre guillemets, par rapport au peloton du jour, avec des moyens financiers largement inférieurs. Et on réalise un hold-up avec deux garçons extraordinaires qui ont animé la course du début jusqu’à la fin. Et c’est largement mérité », martèle Jean-Daniel Beurnier, président de l’AVC Aix – Dole, aux anges après les prestations de ses jeunes poulains, chaleureusement félicités à l’arrivée par de grands coureurs internationaux.

    Joe et Jack, les frères Dalton

    Ces deux maillots glanés dans cette première manche de la Coupe de France démontrent la qualité de formation du club aixois. « C’était une bonne opportunité pour nous de montrer ce dont on est capables », souligne Jack Brough, qui s’est déjà fait remarquer la saison passée en terminant deuxième du Tour des Deux-Sèvres. « Il fallait juste être patient, attendre le bon timing pour faire un effort maximum », poursuit celui qui termine à la 91e place au classement général, à un peu plus de quatre minutes du leader. Son coéquipier et compatriote Joseph Brookes, dit « Joe », sont arrivés au même moment. « C’était notre première course professionnelle de la saison. Je pense que nous avons fait un très bon travail qui prouve que nous pouvons courir à ce niveau », estime le lauréat de la Roue d’Or-GP Festa del Perdono en septembre dernier. « On n’a pas peur d’être agressifs et de courir à l’avant, de ralentir la cadence quand il le fallait et d’être là-haut avec les professionnels », ajoute Brookes, très fier de lui.