Sur ce totem jaune planté dans le sol à hauteur d’homme, un espace est réservé à l’insertion d’un smartphone. Dans le viseur, une plage à photographier en format paysage. Pas seulement pour le joli souvenir, mais avant tout pour alimenter la base de données de l’Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine (OCNA). Les photos, toutes prises avec le même cadrage, permettent de suivre précisément les changements du trait de côte. Le promeneur envoie ensuite son cliché par mail, sur l’appli ou via le site Internet CoastSnap Nouvelle-Aquitaine, du nom de ce dispositif de sciences participatives inspiré d’une initiative australienne lancée en 2017.
« Ça a essaimé partout dans le monde, c’est un excellent outil qui a fait ses preuves », retrace Nicolas Bernon, ingénieur risques naturels au sein du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), pilote de l’OCNA avec son homologue de l’Office national des forêts (ONF). Depuis 2021, huit stations CoastSnap ont été implantées en Nouvelle-Aquitaine en partenariat avec les collectivités. Une banque de photos citoyennes est née, avec « toute une infrastructure numérique derrière », précise l’ingénieur. Les scientifiques peuvent ainsi décrypter les images : position du trait de côte, variations au niveau de la plage, de la végétation, etc.
« Mieux s’approprier le sujet »
Ces totems métalliques sont plutôt plébiscités. « Ça marche bien parce que les territoires qui ont des missions de sensibilisation au risque côtier s’en sont emparés », estime Nicolas Bernon. Les deux dernières stations ont été installées en novembre 2025 en Charente-Maritime, plage de l’Embellie, à La Tremblade, et plage de la Grande-Côte, à Saint-Palais-sur-Mer. « Le premier intérêt est la sensibilisation du grand public qui peut mieux s’approprier le sujet lorsqu’il se sent acteur. En trois mois, nous avons reçu 120 contributions pour l’Embellie, qui est un lieu connu pour l’érosion. À la Grande-Côte, nous en avons reçu deux fois moins », détaille Bertrand Thomas-Baggio, chargé de mission érosion côtière à la Communauté d’agglomération Royan Atlantique.
Les citoyens peuvent accéder aux photos des contributeurs sur le site et même comparer des images de périodes différentes puisque l’heure, la date de prise de vue ainsi que le coefficient de marée sont systématiquement enregistrés. Ironie du sort, la station de L’Embellie a dû être déplacée cet hiver en raison de… l’érosion. Retirée par précaution pour éviter qu’elle ne tombe à l’eau, elle doit être réinstallée.
Par Amélia Blanchot Sud Ouest
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