Tag: coordination rurale

  • [Salon de l’agriculture] Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture

    [Salon de l’agriculture] Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture

    Comme chaque année, le Salon de l’agriculture constitue un passage incontournable pour Fabien Roussel. Mardi, le secrétaire national du PCF a passé de longues minutes sur le stand de sa région, les Hauts-de-France, où il a rencontré élus et artisans locaux. Mais avant cela, le maire de Saint-Amand-les-Eaux a échangé, pendant une large partie de la matinée, avec les principaux syndicats agricoles (Confédération Paysanne, FNSEA, Coordination Rurale, Jeunes Agriculteurs) au sujet de la crise que traverse le monde agricole.

    « Il faut faire confiance à nos agriculteurs, comme on a confiance en nos aides-soignants, nos enseignants, tous ces métiers indispensables à la France. Nous sommes une nation agricole et un pays sans paysan, c’est un pays qui meurt », a-t-il martelé. Il a ensuite « lancé un appel aux Français pour qu’ils contribuent à la relance de l’agriculture en consommant français et local. C’est un geste citoyen qui va garantir la production française et donc des revenus pour nos agriculteurs ».

    Fabien Roussel en appelle aussi au soutien des collectivités, crucial pour créer de nouvelles rentes pour les agriculteurs : « Il y a besoin d’étiqueter et tracer nos produits, de les valoriser. Les collectivités, les Villes, Départements, Régions, doivent participer à les financer et à les promouvoir, comme nous le faisons dans les Hauts-de-France, en leur offrant des débouchés dans les cantines scolaires et en restauration collective, par exemple. »

    « Le libre-échange affaiblit l’agriculture française »

    Dans son viseur également, les traités de libre-échange, « qui ont mis en concurrence notre pays avec d’autres nations et ont affaibli l’agriculture française. Il y a besoin de les revoir, et, à défaut, de protéger l’agriculture française ».

    Pour y parvenir, Fabien Roussel évoque « une série de leviers à actionner. Il faut garantir un revenu aux agriculteurs. Pour cela, nous défendons le principe des prix planchers et du coefficient multiplicateur pour faire en sorte qu’entre la fourche et la fourchette, la valeur ajoutée soit mieux distribuée entre toutes les professions qui interviennent ». Cela passe aussi par une loi d’urgence, annoncée par le gouvernement, mais dont les communistes « craignent qu’elle arrive bien tardivement. Nous en voulons une dans les semaines qui viennent au Parlement ».

    Enfin, le chef de file des communistes est également revenu sur la très critiquée politique d’abattage systématique mise en œuvre contre la dermatose nodulaire contagieuse, « vécue comme un traumatisme, d’autant plus que dans d’autres pays, ce n’est pas cette politique qui est appliquée. Je comprends les interrogations des éleveurs français, de savoir si c’est bien la bonne méthode ». Pour prévenir au mieux la circulation de la maladie, il faut, selon lui, « mieux répartir les élevages dans toute la France, y compris dans les territoires où ils ont disparu. Les éleveurs ont aussi pris conscience du danger qu’il y a à avoir de gros élevages et des concentrations dans des territoires, [qui favorisent] les risques de propagation de l’épidémie. Il y a tout un travail à faire pour protéger nos élevages des épidémies car on va en souffrir encore ».

  • La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    Une trentaine d’agriculteurs et une quinzaine tracteurs ont bloqué le rond-point des Bannes mercredi matin, dès 5h30, à l’appel de la Coordination rurale des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

    La mobilisation nationale du syndicat proche de l’extrême droite marque son opposition à la gestion de la crise de la dermatose nodulaire bovine, au Mercosur, mais aussi contre la « suradministration » et les « retraites indignes ».

    Les forces de l’ordre sont intervenues en milieu de matinée pour éconduire les agriculteurs manifestants, à renfort de deux escadrons de gendarmerie mobile et de deux blindés Centaure. L’objectif était de « ne pas bloquer d’axe de circulation structurant » selon la Préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

    « L’extrême droite n’a pas sa place au port »

    Le déversement de terre et de déchets des agriculteurs aux abords immédiats de la zone industrielle a vivement fait réagir le syndicat CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du Golfe de Fos. « De telles intimidations ne servent pas la lutte des agriculteurs français », affirme le syndicat dans un communiqué de mercredi après-midi.

    L’un des tracteurs arborait l’inscription « Jordan 2027 », provoquant l’ire de la CGT : « L’extrême droite n’a pas sa place dans notre port de Marseille-Fos », tancent les syndicalistes, rappelant les racines « Waffen SS et collaborationnistes » du parti de Jordan Bardella.

    Pour autant, le syndicat est « solidaire du combat des agriculteurs contre le Mercosur qui entraîne une concurrence déloyale et le non-respect des normes sanitaires et environnementales ».

  • Plusieurs dizaines d’agriculteurs mobilisés à Fos-sur-Mer

    Plusieurs dizaines d’agriculteurs mobilisés à Fos-sur-Mer

    Les agriculteurs manifestants de la Coordination Rurale 13 partent en convoi du rond-point des Bannes qu’ils ont bloqué environ une heure, en direction de Port-Saint-Louis, après un premier blocage à la Fossette (Fos-sur-Mer). Une quinzaine de tracteurs et quelques poids lourds en sont.

    Sur un tracteur est lisible “CR13 – Jordan 2027”.

  • DNC : la douleur des éleveurs et l’impasse politique

    DNC : la douleur des éleveurs et l’impasse politique

    C’est une colère qui ne cicatrise pas. Une colère rugueuse, enracinée dans la terre comme les bêtes qu’elle défend. Depuis l’été 2025, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) s’est imposée comme un cauchemar pour les éleveurs. Apparue en Savoie avant de gagner le Sud-Ouest, la maladie bovine a entraîné une riposte sanitaire brutale : abattage total du troupeau dès le premier cas, même lorsque les bêtes sont vaccinées. Dans les campagnes d’Occitanie, ce protocole est vécu comme un couperet. Des fermes transformées en friches à bétail, des animaux abattus en masse, des familles économiquement étranglées.

    Alors que le ministère assurait que « l’épidémie est sous contrôle », les blocages ont fleuri : A64 à Carbonne, A75 à Sévérac ou en Lozère, RN88 en Aveyron, préfecture d’Auch. Partout, la même colère : la décision est tombée d’en haut, sans concertation et sans nuance. Les syndicats agricoles – de la FDSEA à la Confédération paysanne – ont fait front commun, revendication assez rare pour être signalée

    L’espoir d’un dialogue s’est rapidement évaporé. Une cellule scientifique était censée réexaminer le protocole. Elle a finalement confirmé l’abattage systématique. Pour beaucoup d’éleveurs, « la porte s’est refermée ». Dans les esprits, le fossé avec l’État s’est encore creusé. À cette violence symbolique s’ajoute une réalité économique : fermes à l’arrêt, trésoreries exsangues, aides jugées dérisoires. Dans le Gers, certains paysans disent vivre avec 300 ou 400 euros par mois. Comment tenir ?

    Un monde paysan

    qui ne veut plus plier

    Au cœur de l’hiver, les barrages ont tenu. « Il n’y a pas de Noël, pas de Premier de l’An ; on sera là », répètent les militants. Les routes du Sud-Ouest gardent les stigmates : pneus brûlés, paille, radars détruits. Les dégâts se chiffrent en millions d’euros. Les élus locaux s’interrogent : qui paiera ? Les communes ? L’État ? Les sociétés d’autoroute ? Mais derrière ces factures se cache surtout un sentiment d’abandon. Car la DNC n’est qu’un révélateur : concurrence internationale, prix tirés vers le bas, accords commerciaux décriés, charges en hausse. La crise sanitaire a simplement mis le feu aux poudres.

    Les scientifiques espèrent une décrue de la maladie, portée par une vaccination massive : dans plusieurs départements, plus de la moitié des bovins sont déjà protégés. Le gouvernement promet qu’« il sera temps de réévaluer » l’abattage lorsque l’immunité collective sera atteinte. Le Cirad a été missionné pour étudier cette piste. Mais pour les paysans, le mal est fait. Certains ont renoncé au Salon de l’agriculture pour protéger leurs bêtes. D’autres ne savent même pas s’ils pourront redémarrer. Et la confiance dans la parole publique est au plus bas.

    2026 ne sera donc pas seulement l’année de la sortie de crise sanitaire. Elle sera celle de la décision : continuera-t-on à piloter l’agriculture depuis les cabinets ministériels, loin des fermes ? Ou acceptera-t-on que les paysans soient des partenaires, pas des variables d’ajustement ? Ce qui est sûr, c’est que les croix blanches plantées le long des routes pour les vaches abattues resteront un symbole.

  • Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    À l’occasion de la tenue du Sitevi (Salon international des filières vitivinicoles), qui se déroulait à Montpellier du 25 au 27 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard était attendue de pied ferme par les viticulteurs pour répondre à la crise que traverse le secteur. En effet, dix jours plus tôt, entre 4 000 et 7 000 vignerons avaient exprimé leur colère dans les rues de Béziers. La veille de l’inauguration du salon, la locataire de la rue de Varenne s’était entretenue avec les représentants syndicaux afin de présenter un énième paquet de mesures pour relever la viticulture française.

    Au premier rang desquelles une enveloppe de 130 millions d’euros destinés à l’arrachage. « La viticulture française souffre à la fois de surproduction et de déconsommation, ce qui est source de grands déséquilibres économiques. Il nous faut donc, dans certaines régions, pas partout, diminuer le potentiel de production », souligne Annie Genevard. 70 millions devraient être déployés en 2026, « on fera à ce moment-là une première évaluation pour déployer le reste ensuite », poursuit la ministre, faisant valoir le fait qu’il « n’y a absolument aucun doute sur la somme sur laquelle le gouvernement s’est engagé ». À deux conditions néanmoins : un budget doit être adopté par les parlementaires et le « paquet vin » -permettant l’arrachage- doit être validé par l’UE.

    Suspendus à Bruxelles

    « Ce dispositif d’arrachage était attendu par une grosse partie de la viticulture, notamment ceux qui sont à bout et ceux qui doivent se restructurer », se félicite Jérôme Despey, numéro 2 de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Le dispositif devrait concerner 34 000 hectares dans toute la France. Si la FNSEA semble satisfaite de cette principale mesure, c’est un tout autre son de cloche du côté de la Coordination rurale (CR). « On poursuit une solution qui ne fonctionne pas depuis des années et qui coûte beaucoup d’argent, c’est encore un pansement sur une hémorragie », soutient Laurent Crouzet, coprésident de la CR34, craignant « ne pas être au rendez-vous quand le marché va reprendre, laissant plus de place aux importations ».

    À cela s’ajoutent 15 millions d’allègements de cotisations ainsi qu’une demande de fonds européens pour la distillation de crise. Comme souvent, les viticulteurs se retrouvent tributaires de Bruxelles. « Cela nous permettrait de répondre aux difficultés géopolitiques, comme les taxes Trump ou encore le conflit avec la Chine. Nous avons besoin immédiatement de cette réponse de l’UE. On n’est pas au rendez-vous », reprend Jérôme Despey. Une manière, selon lui, de faire remonter les prix en aval du fait « de ce plan qui élimine les excédents. J’appelle à la responsabilisation de la part des metteurs en marché et de la distribution. » Après la main invisible, la bouteille invisible ?

  • Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Attendue au Salon international des filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole (Sitevi) du 25 au 27 novembre à Montpellier, Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, pourrait avoir les oreilles qui sifflent.

    Au sortir de vendanges qui laissent augurer d’une récolte historiquement faible (avec l’arrachage), les viticulteurs, en proie à une crise systémique de surproduction en raison de l’effondrement de la consommation de vin et du jeu pervers des puissants intermédiaires (négoce, grande distribution), ont le moral en berne.

    Samedi 15 novembre, après plusieurs mois de faux calme, entre 4 000 et 7 000 vignerons ont à nouveau dit leur inquiétude pour l’avenir d’une profession qui subit aussi les droits de douane de Trump ou les taxes chinoises (Cognac, Armagnac). La colère s’est exprimée aussi. En marge du calme cortège, un magasin Lidl et un radar ont été dégradés.

    Malgré la belle affluence, une viticultrice du Minervois se montre pessimiste. « On a l’impression qu’on ne nous écoute pas, qu’on se fout de nous », lâche-t-elle tandis qu’une réunion doit se tenir au ministère le 24 novembre, veille du Sitevi au parc des expos.

    À l’heure où la profession doit s’adapter (eau, cépages…) aux effets du dérèglement climatique (sécheresse, gel, grêle…), le président des Jeunes agriculteurs (JA) du Gard, Romain Angelras s’agace. « On nous étouffe sous les normes. On nous noie sous les taxes. On nous ment sur les prix. Et pendant qu’on se bat pour survivre, d’autres exportent le vin au prix de l’eau. D’autres vendent des bouteilles au prix d’un simple café ».

    Les propositions du PCF

    Attentifs, les élus du groupe communiste, républicain et citoyen d’Occitanie se disent solidaires. Ils réclament « l’instauration de prix planchers pour les vins de table, IGP, AOP et biologiques, fixés par une conférence exceptionnelle réunissant l’ensemble de la filière et garantissant une rémunération juste du travail des vignerons ». Le groupe se prononce aussi en faveur de « l’activation de mesures de sauvegarde et le blocage des importations lorsque le maintien de filières de production spécifiques est en jeu ». À plus long terme, les élus PCF prônent la « diversification des exploitations viticoles afin de sécuriser une partie du revenu agricole en cas d’aléa climatique ou sanitaire sur la vigne ». Enfin, ils réclament la mise en place d’un « véritable régime public d’assurance contre les risques climatiques, sanitaires et environnementaux ».

    Vendanges : les résultats dévoilés par Sun’Agri au salon Sitevi

    Mardi 25 novembre à 9h30, au premier jour du Sitevi au parc des expositions de Montpellier, Sun’Agri dévoilera les résultats agronomiques des vendanges 2025. Un millésime qui pourrait être de bonne qualité mais d’une quantité historiquement faible, selon les craintes des syndicats. Tout au long de ce salon, Sun’Agri, agritech filiale d’Eiffage Concessions, pionnière et leader de l’agrivoltaïsme dynamique, propose plusieurs animations sur son stand. Mardi 25 novembre (11h), une dégustation du premier vin agrivoltaïque de Damien Besombes. Les 26 et 27 novembre, d’autres dégustations de vins agrivoltaïques comparés. Forte de 15 années de recherches conduites avec l’Inrae, auteure du premier démonstrateur agrivoltaïque dynamique, Sun’Agri équipe 41 parcelles agrivoltaïques.