Tag: contrôles

  • Avant la plage, arrêt sécurité avec la CRS autoroutière

    Avant la plage, arrêt sécurité avec la CRS autoroutière

    À quelques jours d’un week-end chargé dans le sens des retours a déjà prévenu Bison Futé, la CRS autoroutière de Provence reste comme toute l’année sur la brèche. En ce mercredi matin, les agents se préparent à installer un point de contrôle sur l’A55, à la sortie de Carry-le-Rouet. Un « axe Marseille-Côte Bleue très fréquenté en cette période », la route de la plage, explique lors du briefing au PC Nord leur commandant, Rémi Labedade. Il s’agit de faire dans « l’aléatoire », avec dépistage de stup’ si nécessaire et vérification des permis, identités et assurances. « Je vous demanderai aussi de rappeler à ceux qui fument que jeter son mégot par la fenêtre est très dangereux en ce moment », ajoute la préfète de police déléguée, Corinne Simon.

    Sur site, il suffit de quelques minutes pour que les CRS fassent mouche. Comme ce scootériste fosséen, 46 ans, qui présente un défaut d’assurance. Il reconnaît volontiers n’avoir pas réglé sa facture depuis mai. Son véhicule immobilisé, il pourra repartir après s’être réassuré par téléphone et moyennant une amende de 600 euros qu’il tentera de marchander. Un motard, au permis suspendu pour excès de vitesse supérieur à 50 kilomètres heure se fait prendre aussi. Il avait juste « envie d’aller à la mer ». Des conducteurs de deux-roues, tous en shorts et tee-shirts, à la merci de la moindre chute s’inquiète la préfète.

    Balade en famille

    sous cocaïne et cannabis

    « Il fait chaud certes mais nous sommes là aussi pour rappeler les bons gestes », estime-t-elle avant de détailler les chiffres de la sécurité routière. « 12% de moins d’accidents depuis janvier avec 6% de moins de blessés, mais un mort de plus avec 59 tués contre 58, l’an dernier. Ce qui veut dire que les accidents sont beaucoup plus violents. Quand on regarde sur les 59 personnes qui ont perdu la vie, nous avons 40% de deux-roues », indique-t-elle.

    Le commandant Labedade pointe lui cette « banalisation de certains délits routiers » avec des « gens qui ne se rendent pas compte, qui considèrent qu’ils conduisent bien et ne tiennent pas compte des autres ». Comme cette petite famille dont les enfants ne sont pas attachés à l’arrière. Arrive un exemple encore plus flagrant avec ce couple et leurs deux gamins. Le conducteur a son permis déjà suspendu et a consommé de la cocaïne et du cannabis. Le papa va partir en garde-à-vue, la maman au volant, sous le regard des petits qui pleurent.

    La conduite sous stupéfiants, souvent « le joint de la veille », est monnaie courante assurent les CRS. Lors des contrôles du soir, s’ajoute l’alcool, consommé lors du pique-nique à la plage, et la nuit, les « Fangio » qui se piquent de pointes à 180 kilomètres heure pour une vitesse limitée à 70. Entre Marseille et Toulon, quelque 260 CRS veillent toute l’année sur les axes autoroutiers.

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • Police et gendarmerie sur le pied de guerre tout l’été

    Police et gendarmerie sur le pied de guerre tout l’été

    Avec 50 TGV et 10 000 voyageurs par jour pendant la période estivale, la deuxième gare des Bouches-du-Rhône, Aix-TGV, fait le plein. L’occasion pour la préfète de police, Corinne Simon, de déployer ses agents, histoire de rappeler que, comme le reste de l’année, c’est impunité zéro. « Même pendant les vacances, les forces de l’ordre sont présentes, on opère des contrôles aléatoires » prévient-elle, à la recherche de consommateurs de stupéfiants mais aussi de chauffeurs VTC illégaux, sans oublier la routine, les défauts de permis, d’assurance…

    En 25 minutes ce lundi 10 août, une amende forfaitaire délictuelle (AFD) est dressée pour consommation de résine de cannabis, une voiture électrique embarquée à la fourrière, faute de plaques réglementaires et d’assurance, précise la commissaire centrale d’Aix-en-Provence, Sandrine Destampes. Sur le quai, la jeune malinoise de l’équipage cynophile, Spirale, a marqué sur le sac d’un jeune homme. Fausse alerte, c’est du CBD. Un autre essaie de justifier les 700 euros en liquide qu’il transporte. Il finira au poste. « C’est aussi l’occasion de tomber sur des gens recherchés pour d’autres affaires » complète la commissaire.

    Saisie de poids

    Le bilan : 37 personnes, 7 trains et 18 voitures contrôlées pour une AFD, une mise à disposition, une fausse carte d’identité belge, une personne en situation irrégulière… Et 56 PV pour stationnement gênant à ceux qui ont voulu éviter les parkings payants.

    Côté gendarmerie, c’est une table recouverte de têtes de cannabis et de résine à l’odeur puissante, qui attend la préfète. Une « belle affaire » bouclée en 5 mois, se félicite-t-elle aux côtés du colonel Scherer, commandant en second du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Une saisie de 15 kg, d’une valeur de 130 000 euros, expliquent les enquêteurs de la brigade de recherche. Entre Jouques et Peyrolles, quatre personnes, interpellées, sont en détention provisoire. « On a affaire à une délinquance jeune et armée » commentent-ils, avec des sortes de « petites PME », la production étant identifiée par des flocages et des « goodies » selon les quartiers et la provenance.

    Et puis il y a le flair. Tel celui des deux gendarmes qui repèrent sur une aire d’autoroute trois personnes en train de décharger un semi-remorque mercredi à 8h du matin. Ils trouveront 366 cartouches de cigarettes, soit 20 000 euros sur le marché noir, et 15 000 euros dans un sac sur le siège passager. « Nous ne contrôlons pas que la vitesse », précise le colonel Scherer, « mais nous essayons plutôt d’analyser un flux ». Voilà les délinquants prévenus…

  • Quand la police embarque les ados… en mer

    Quand la police embarque les ados… en mer

    « Oh là là tes cheveux, ils choppaient la 4G mon frère ! » Sur le semi-rigide de la police nationale, en ce mercredi 22 juillet, ça chambre gentiment. À bord, une vingtaine d’ados âgés de 11 à 16 ans venus d’un centre aéré de Dromel (9e), mais aussi ceux que Mohammed Benmeddour, éducateur spécialisé pour l’association Apis, est allé chercher au pied des tours de Bel Horizon à Saint-Lazare (3e). Tous participent à une des sorties en mer du centre de loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), organisées du lundi au vendredi durant l’été depuis la plage du Prophète (7e) et la base nautique de Corbières à l’Estaque (16e).

    À la barre, Sébastien et Djalal, à la fois agents de la brigade nautique départementale et animateurs du CLJ, qui partagent leur temps entre encadrement des petits, 10 000 par an environ, et contrôles en mer. L’idée : rapprocher police et population et faire de la prévention de la délinquance, expliquent-ils. « Quand on vient ici, ils voient que les policiers sont des êtres humains comme les autres », précise Mohammed Benmeddour, qui avec son dispositif de médiation nomade, un camion qui sillonne les quartiers, essaye de faire en sorte qu’un maximum de gamins participent tout au long de la saison.

    Gilets de sauvetage sur le dos, à l’appareillage, c’est l’occasion de se remémorer les consignes, de réviser aussi le comportement en mer. « À quelle vitesse je peux aller ? Est-ce qu’on est assez loin de la côte pour accélérer ? », demande Djalal.

    Retour en enfance

    Ce que les ados préfèrent, c’est justement quand Sébastien lâche les chevaux. Un retour en enfance. « Ouaaaah, on va décoller ! C’est comme au manège ! », s’enthousiasment-ils.Direction la calanque de Méjean, petit bijou à l’eau translucide et fraîche. On se raconte des histoires sur les sirènes qui peupleraient les fonds. « Moi j’ai lu Ulysse, les sirènes, c’est pas bon », commente un petit, pas rassuré, avant de partir à la découverte d’une grotte.

    Du haut de leurs six ans d’expérience pour l’un et plus de vingt ans pour l’autre, Djalal et Sébastien ont pu mesurer l’efficacité du dispositif. Si le moment est à la détente, il permet de faire passer des messages et de créer du lien. « La communication, pour la police, c’est nouveau. Pourtant, il faut expliquer ce qu’est notre mission », développe ce dernier, qui a connu les brigades de proximité, tandis que les minots enchaînent les saltos depuis le bateau. Il lui arrive de croiser des ados qu’il a emmenés en mer. Il se souvient de ce moment où l’un d’entre eux a sauvé son équipage d’une embuscade lors des manifestations de Gilets jaunes.

    Les policiers travaillent aussi sur « le libre arbitre », le début de l’âge adulte. « Il faut leur donner une autonomie, une réflexion face aux situations dans lesquelles ils vont être, notamment l’entrée ou pas dans un réseau de stup’. On ne sera pas là pour les aider, ils seront seuls. Alors si, déjà, on leur a expliqué, peut-être que ça va faire tilt », poursuit Sébastien.

    Ce jour-là, pour certains, c’est aussi l’occasion d’en sortir définitivement. Comme Kaïs, pour lequel Mohammed Benmeddour avait remué ciel et terre, allant jusqu’à la grève de la faim, pour qu’il ne replonge pas dans le trafic à sa sortie de prison. Djalal s’enquiert de sa situation : « ça va, tu n’as pas de dettes ? J’espère que tu vas tenir parce que tu le sais, après, c’est soit la prison, soit la mort. » Le jeune l’assure, il en a fini avec « ça » et les menaces, il s’en fiche. Il sait très bien de quoi parle policier. « J’ai déjà été criblé, tu sais », lui répond-il en montrant des cicatrices sur ses jambes. Heureux d’avoir décroché le temps d’une après-midi, il appréhende un peu le retour à sa réalité, celle où « on dort mal la nuit ». Mais le temps de voir « plein de poissons » et un cormoran, il faut rentrer, non sans quelques grands virages pour le fun.

  • [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    Le fourgon de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) sitôt garé entre les pompes à essence, les agents installent les cônes de signalisation pour en barrer l’accès, le temps de leur intervention. Ce jeudi, c’est un contrôle inopiné que réalise le service de métrologie légale dans la station de service voisine de la Rouvière, dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec un objectif simple : vérifier que le volume de carburant payé par les automobilistes correspond bien à ce qu’ils ont versé dans leur réservoir. « L’erreur maximale tolérée est de 0,5%, c’est très fin, précise le responsable du service, Frédéric Schneider. Quand l’utilisateur fait son plein, il doit obtenir 50 litres… plus ou moins une petite brique de jus d’orange ! »

    Au total, ils sont neuf dans la région à opérer ces contrôles pour l’état, de Nice à Briançon, avec une attention particulière pour les établissements stratégiques de l’étang de Berre. « La métrologie, c’est la science de la mesure, explique Frédéric Schneider. Ce que nous faisons – la métrologie légale – ce sont toutes les procédures de contrôle pour s’assurer que les instruments de mesures sont fiables. » Et de préciser : « Nous avons ce rôle de police des instruments, mais nous sommes souvent bien accueillis : les professionnels ont compris que c’est un outil qui les protège de la concurrence déloyale et cela protège aussi les consommateurs. »

    Le champ d’application est immense. Les agents interviennent dès lors qu’il y a une transaction commerciale, un intérêt de santé publique ou de sécurité sur les 37 catégories d’instruments de mesures recensés, des compteurs des taxis aux diverses balances, des radars aux éthylomètres… Et le responsable de sortir une bière (vide) : sur le culot est inscrite la hauteur depuis le goulot que doit atteindre le liquide pour obtenir le volume indiqué. « Les instruments de mesures sont partout, on ne s’en rend pas compte au quotidien », sourit-il.

    90% d’instruments fiables

    Au-delà des évolutions technologiques que rappellent les balances anciennes qui encombrent les étagères de leurs bureaux, le cœur de mission de ces agents a changé au fil des dernières décennies. « La réglementation doit s’adapter aux évolutions juridiques dans un souci d’harmonisation européenne, et nous avons suivi l’évolution avec la délégation au secteur privé », témoigne le responsable. Avec la mise en place du marché commun européen dans les années 1990 se sont imposés les organismes de certification privés agrémentés. Désormais, les agents doivent contrôler leur travail, en plus d’une mission de surveillance du marché. Sur la pompe à essence de la Rouvière figure ainsi cette vignette verte apposée par l’organisme, indiquant que celle-ci est conforme – elle serait rouge le cas échéant – tandis que chaque contrôle est recensé dans le carnet métrologique de l’appareil. Une fois le capot de la pompe démonté, les agents vérifient aussi que les scellements mis en place par l’organisme sont bien intacts, preuve qu’il n’y a pas eu d’autre intervention sur l’appareil.

    Puis vient le contrôle des instruments eux-mêmes. Après un premier remplissage pour les « mouiller », les deux jauges sont remplies. L’une à 20 litres, à pleine pression, pour vérifier si le calculateur numérique de la pompe affiche la bonne valeur. L’autre à 5 litres, avec un petit débit, pour vérifier si les pistons qui injectent le carburant dans le mesureur ne sont pas usés. Le compte précis atteint à l’écran, les agents se penchent sur la fenêtre de lecture, règle à la main. L’écart n’est que de -0,16%. Loin de la marge d’erreur, même si le prochain contrôle technique devra faire passer la différence sous la barre de 0,1%.

    Dans la majorité des cas, les installations restent bien dans les clous. En 2025, sur les 7 000 instruments contrôlés dans 1 600 sites répartis sur toute la région, seuls 10% environs n’étaient pas conformes. « Notre objectif n’est pas de punir, c’est la fiabilité de l’instrument, souligne Frédéric Schneider. Mais si l’on est face à quelqu’un qui ne veut pas régulariser, nous sommes obligés de sévir. » L’année précédente, 65 procédures contentieuses ont ainsi été engagées. La sanction avait même été rendue publique, il y a quelques années, pour un grand aéroport de la région : « Le pèse-bagage était mal positionné, quand on posait notre masse étalonnée, le résultat était aléatoire », raconte le responsable. Avec parfois des surcoûts pour les voyageurs, jusqu’à l’intervention du service de métrologie légale.

    Une loi de 1837

    Après la création du mètre sous la Révolution, c’est la loi du 4 juillet 1837 qui met en place les« vérificateurs des poids et mesures » pour constater les infractions « concernant le système métrique des poids et mesures », jusqu’à leur saisie. Avec des articles toujours en vigueur !

  • À La Grande-Motte, la nébuleuse de l’office de tourisme percée à jour

    À La Grande-Motte, la nébuleuse de l’office de tourisme percée à jour

    À l’office de tourisme de La Grande-Motte, pas grand-chose ne se fait dans les règles. Voilà l’impression qui prédomine à la lecture du rapport définitif de la Chambre régionale des comptes (CRC). En mettant le nez dans les finances de ce satellite de la station balnéaire, l’organisme qui veille à la bonne utilisation des deniers publics est allé de surprises en surprises. Au point de parler d’une « gestion dénuée de contrôle interne, ayant conduit à l’installation de situations de conflits d’intérêts ».

    Nombreuses, les irrégularités constatées depuis 2020 sont regroupées dans 3 catégories par les magistrats financiers qui formulent 7 recommandations. Les deux premières ont trait aux recettes de l’Établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) qui a vocation à promouvoir et développer le tourisme sur son territoire. Son budget annuel moyen tourne autour de 3,7 millions d’euros alimenté à 90% par des recettes publiques de deux principales sortes : la taxe de séjour et les subventions de la Ville (entre 1 et 1,3 million d’euros).

    La CRC pointe d’abord le fait que l’Office ne respecte pas sa mission de contrôler le versement par les hébergeurs de la taxe de séjour. Deuxièmement, il apparaît que les recettes liées à cette taxe ont explosé entre 2018 et 2024 (+75%) pour atteindre 1,5 million d’euros en raison de plafonds hauts appliqués et d’une hausse des nuitées touristiques (+76% entre 2019 et 2024). Un point qui pourrait laisser penser que l’action de l’Office est efficace. « Le dynamisme touristique existe (6 millions de nuitées), d’où l’intérêt de contrôler », glisse Émilie Almero, première conseillère de la CRC. Autre souci, le fait que dans le même temps, la commune a augmenté ses subventions (sauf en 2025 : -250 000 euros) « en raison d’une hausse des charges » (animations, feux d’artifice…), plutôt que les réduire. « Depuis 2020, 4,9 millions d’euros ont été versés à l’office en plus des 6,6 millions perçus au titre de la taxe de séjour », calcule Valérie Renet, présidente de la CRC. Par ailleurs, la Ville n’était pas informée (elle ne cherchait pas vraiment à l’être) de l’utilisation de cet argent public. « Ce n’est pas vérifiable dans les comptes, toutes les recettes sont mêlées ». Isabelle Houvenaghel, 2e présidente de la CRC, ajoute que « le rapport financier de l’Epic n’était pas soumis au conseil municipal ». La CRC réclame que ce soit fait.

    Les 3e et 4e recommandations sont liées à la gouvernance. La CRC épingle l’Office de tourisme pour ne pas avoir appliqué la grille tarifaire adoptée par le comité directeur. « Des réductions importantes étaient accordées à certains clients », illustre la présidente. Elle pointe aussi des « modalités floues » de désignation des membres du comité directeur. Des « règles de nomination » doivent être instaurées afin d’éviter les « conflits d’intérêts ».

    D’étroits liens familiaux

    Les trois dernières recommandations concernent le personnel. D’une part, les conditions de rémunération du directeur [Jérôme Arnaud, Ndlr] s’avèrent « non conformes à son statut d’agent contractuel de droit public ». « Le président de l’Office [Stéphan Rossignol, maire de La Grande-Motte, Ndlr] a décidé entre 2020 et 2024 d’accroître de 30% la rémunération du directeur avec une indemnité de départ à la retraite à laquelle il n’a pas droit », recadre Valérie Renet. D’autre part, les procédures internes de recrutement n’étaient pas respectées. Entre 2021 et 2023, 9 ruptures conventionnelles « sans motif » ont été effectuées (coût : 277 000 euros), soit près de la moitié de l’effectif. Dans la foulée, 11 nouveaux agents ont été recrutés en dehors de la procédure prévue. « On n’a trouvé trace d’aucune annonce d’offre d’emploi, aucun CV, ni lettre de motivation », précise Émilie Almero. En revanche, le profil des recrutés a été facile à identifier. 7 d’entre eux ont des liens familiaux étroits (fils, fille, frère, genre, ex-mari, cousin) avec des membres haut placés de l’Office de tourisme. Ce qui ressemble fort à du copinage. Enfin, la CRC demande que soit assuré le contrôle effectif du temps de travail de tous les salariés.

    Si dans ses réponses l’Office tente de faire amende honorable en promettant de mettre en place les 7 recommandations, l’affaire pourrait avoir des suites judiciaires. Si elle estime les fautes lourdes, la CRC peut faire un déféré à la Cour des comptes. Laquelle jugerait les faits et pourrait prononcer des sanctions. En cas de soupçons de fraudes, les magistrats de la CRC peuvent aussi effectuer une transmission pénale au procureur de la République.

  • Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    L’antenne marseillaise de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) dressait mardi le bilan 2025 de ses contrôles en région PACA, Occitanie et Corse. Elle couvre 22 installations nucléaires de base dont 20 à Cadarache, mais aussi de nombreux sites d’activités nucléaires dans le champ médical avec notamment 13 services de radiothérapie externe, 16 services de médecine nucléaire, de radiothérapie, 96 scanners, 8 200 appareils de radiologie médicale et dentaire. Elle surveille 400 établissements industriels et de recherche et 600 cliniques vétérinaires.

    En 2025, l’ASNR a procédé à 216 inspections dont 106 en sûreté nucléaire et 95 relevant du nucléaire de proximité. 6 incidents significatifs de niveau 1 (mineur) sur l’échelle INES ont été relevés notamment des vols d’appareils de mesure embarquant une source radioactive. On notera pour l’aspect insolite, la découverte fortuite en octobre dernier de 163 sources radioactives scellées dans un local d’entreposage de déchets contaminés du service de médecine nucléaire de l’hôpital de la Timone. Dans ce fatras radioactif qui n’était pas référencé, on retient pour les plus redoutables 6 sources d’américium 241, 3 sources de césium 137 et 1 source de plutonium 239 !

    Cadarache et ses sites et sols pollués

    Le bilan est globalement « satisfaisant ». Pour ne prendre que le centre CEA de Cadarache, l’ASNR considère que « le niveau de sûreté nucléaire se maintient à un niveau satisfaisant dans l’ensemble ». « La stratégie de gestion des démantèlements et des déchets reste un sujet majeur de vigilance ». La découverte de défauts de génie civil sur l’INB 37-A a également mis en évidence « la fragilité de la filière de traitement des déchets de moyenne activité à vie longue du CEA ».

    En matière de protection de l’environnement, « le niveau de maîtrise reste satisfaisant mais des améliorations sont attendues, notamment pour la gestion des eaux pluviales et des sols historiquement marqués ». Le suivi des nappes phréatiques, la réhabilitation des ouvrages et la prévention des pollutions connaissent des progrès. Le gendarme du nucléaire dit « attendre encore des améliorations sur la politique de gestion des sites et sols pollués » sur Cadarache. « La conformité des 400 piézomètres de surveillance des nappes répartie sur le site est un sujet à Cadarache », développe Pierre Juan. « L’exploitant nous doit des dossiers de dépollution dans sa gestion des sites et sols pollués historiques. On a aussi un sujet de gestion des réseaux des eaux pluviales et des eaux industrielles. L’exploitant a régulièrement des écarts avec des fuites dans les réseaux d’eaux industrielles. Il y a des kilomètres de tuyaux sur le site. L’enjeu, c’est de surveiller leur bonne étanchéité. »

    L’impact des épisodes caniculaires ?

    Interrogé sur l’impact des canicules répétées sur les installations, Pierre Juan, le chef d’antenne de l’ASNR, rassure : « Les installations les plus sensibles sont les réacteurs d’EDF. On n’en a pas dans la région. Un épisode caniculaire n’a pas de conséquences sur les installations nucléaires de la région. Il n’y a pas de sujet d’évacuation de puissance. On a la capacité d’arrêter nos installations qui sont conçues pour tenir sur des plages de températures extrêmes “grand chaud-grand froid”. » Pierre Bois, directeur général adjoint de l’ASNR, confirme : « ce n’est pas un enjeu de sûreté mais un enjeu de modulation de production de l’électricité. L’enjeu pour EDF est de moduler la production thermique pour limiter des rejets d’eau de refroidissement dans les rivières les plus exposées. »

  • [MAJ] L’alerte de niveau 2 de pollution de l’air est levée ce mardi 30 juin

    [MAJ] L’alerte de niveau 2 de pollution de l’air est levée ce mardi 30 juin

    Considérant que les conditions météorologiques de ces derniers jours ne génèrent plus une pollution de l’air à l’ozone. Le Préfet a pris un arrêté de levée de la circulation différenciée à Marseille à partir de ce mardi 30/06 minuit.

    Dans le département :

    Abaissement de 20km/h des vitesses maximales autorisées sur les voiries, sans toutefois descendre en dessous de 70km/h.

    À Marseille :

    Mise en place la circulation différenciée depuis 6 heures jusqu’à ce soir 23h59 (attention, la reconduction du dispositif sur les prochains jours est très probable). Les véhicules autorisés à circuler à l’intérieur du périmètre défini (ZFE-m), sont les véhicules équipés des certificats : classe électrique et hydrogène (vignette crit’air verte) ; classe 1 (vignette crit’air violette) ; classe 2 (vignette crit’air jaune).

    A ce titre et dès aujourd’hui, la préfète de police déléguée a demandé un renforcement des contrôles de vitesse sur l’ensemble du département et des contrôles concernant la circulation différenciée à Marseille.

    Le non-respect de ces mesures pourra entraîner des verbalisations tout au long de la période concernée.

  • Les services de l’État font part de leurs priorités pour l’été dans le Var

    Les services de l’État font part de leurs priorités pour l’été dans le Var

    Police et gendarmerie, des renforts annoncés

    Avec de nombreuses festivités (14 juillet, 15 août, festivals, concerts…) et une population multipliée en moyenne par deux dans l’aire toulonnaise, 150 policiers, deux compagnies de CRS et 11 maîtres-nageurs sauveteurs sont mobilisés en renfort. L’opération « tranquillité vacances », qui a connu 748 déclarations l’été dernier, « a bien fonctionné, avec aucun incident à déplorer », indique le DIPN, qui appelle « davantage de personnes à se déclarer car il y a tout de même un certain nombre de cambriolages ». Sur les trois zones gendarmerie, deux brigades nautiques seront déployées aux lacs de Saint-Cassien et de Sainte-Croix, notamment pour lutter contre le camping sauvage, facteur de risque d’incendie. Un renfort de 50 gendarmes mobiles et d’unités équestres (12 personnes ) est également attendu.

    Attention particulière sur les noyades

    La totalité des postes de secours sont ouverts avec 189 personnes mobilisées. Face aux 55 noyades déplorées en France en 2026, dont plusieurs dans le Var, le Sdis mise sur la prévention et le respect des zones de baignade en plus de la surveillance. Le Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (SDJES) annonce aussi des contrôles sur la surveillance des piscines et des parcs aquatiques, ainsi qu’une vigilance sur la plongée sous-marine.

    Les leçons de Crans Montana sur les ERP

    Après le drame de Crans Montana cet hiver, la Direction départementale de protection des populations (DDPP) a réalisé des contrôles incendie dans 3500 établissements recevant du public (ERP). Sur les 210 qui avaient reçu un avis défavorable en début d’année, 182 le sont encore. Parmi eux, des lieux festifs (1), de sommeil (80) et des campings (14, contre 45 en 2023). Des prescriptions ont été faites aux 153 maires varois.

    Les structures sanitaires en alerte

    Même si le Var reste pour l’instant plutôt épargné par les conséquences de la canicule, avec un nombre commun d’appels au SAMU et de passages aux urgences (1 000 à 1 050), les acteurs médico-sociaux restent en alerte, avec un suivi très fin des indicateurs d’activité tels que le nombre de passages aux urgences, dont ceux imputables à la chaleur. Un plan de gestion de crise a par ailleurs été établi dans les Ehpad.

    Chasse au travail illégal, un arrêté pour le BTP

    L’Inspection du travail annonce une intensification de la lutte contre le travail illégal, notamment dans le secteur touristique. Un arrêté préfectoral a par ailleurs été pris concernant les travaux en BTP, qui peuvent se dérouler entre 6h et 21h (22h dans certains cas), contre 8h à 19h d’ordinaire, pour laisser plus de latitude dans l’organisation et travailler dans de meilleures conditions.

  • Une police renforcée par la loi narcotrafic

    Une police renforcée par la loi narcotrafic

    Un an après son adoption en juin 2025, la préfète de police déléguée, Corinne Simon a fait le point sur les effets de la loi narco dans le département des Bouches-du-Rhône, à l’occasion de contrôles administratifs de commerces de bouche à Noailles, ce mercredi 24 juin. « Ce n’est pas une loi parmi tant d’autres qui vient s’empiler, elle arrive en complémentarité avec tout ce qui se passait avant », insiste la préfète en préambule tandis que des agents des douanes, impôts, Urssaf et direction départementale de la protection des populations font fermer le rideau à certains commerces près de la place du marché des Capucins (1er), notamment pour manquement à l’hygiène et travail dissimulé. Un travail « coordonné » qu’a permis cette loi poursuit Corinne Simon.

    « Une mesure par jour »

    Disposant de trois leviers administratifs, elle peut prendre des interdictions administratives de paraître, fermer des établissements qui reçoivent du public et expulser des narcotrafiquants qui sont dans les logements sociaux détaille-t-elle. Bilan : « 340 mesures prises, une par jour » avec 51 établissements fermés, du garage qui recèle autour de Berre à la salle de sport qui deale à Arles, et 49 expulsions locatives en cours. Côté narcotrafic, c’est « plus 17% d’interpellations par rapport à l’année dernière à la même période, 3,2 kg, de résine de cannabis [saisis], 30% de plus qu’en 2025 » se réjouit Corinne Simon.

    Au niveau des saisies des avoirs criminels pour le trafic stupéfiants, entre argent, villas et produits de luxe, on atteint les 81 millions contre 10 l’an dernier. « On voit bien que ça marche ! » martèle la préfète qui en veut aussi pour preuve la baisse des narchomicides, même si elle reste « prudente » : 49 en 2023, 9 en 2025 à la même époque, et 4 cette année.