Tag: contournement ouest de Montpellier

  • L’autorisation délivrée, le projet du COM bientôt lancé ?

    L’autorisation délivrée, le projet du COM bientôt lancé ?

    Serpent de mer héraultais, le Contournement ouest de Montpellier (COM) finira-t-il par voir le jour ? Une nouvelle étape vient d’être franchie pour ce projet routier censé relier l’A709 à l’A750 dans le but de diminuer le trafic routier et la pollution à Montpellier.

    Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch a délivré l’autorisation environnementale le 30 octobre, actant dans les prochains mois les opérations de déviation d’ouvrage et de réseaux, suivies de fouilles archéologiques avant un début du chantier espéré en 2027. Une décision motivée par l’avis favorable de l’enquête publique, rendu en septembre. « Chacun a fait le constat qu’entre le projet prévu à la déclaration d’utilité publique (DUP) et celui qu’a présenté Vinci aujourd’hui, il y a un certain nombre d’aménagements qui vont dans le bon sens – notamment le viaduc sur la Mosson, ouvrage qui n’existe pas tel quel dans la DUP et qui, écologiquement, est très important puisqu’il permet [au COM] d’éviter un certain nombre de zones humides – y compris pour les opposants au projet », souligne François-Xavier Lauch.

    Pourtant, chez les opposants justement, le compte n’y est pas. Ces derniers contestent notamment l’impact climatique des études réalisées lors de l’enquête.

    Trois recours déposés

    « Les auteurs considèrent les kilomètres de route en plus prévus pour le COM mais ne clarifient pas le type de route utilisé, or entre une autoroute et une route, le trafic n’est pas le même. De plus, leur travail de modélisation se base sur les objectifs de report modal fixés par la Métropole de Montpellier. Mais le COM va impacter ces objectifs », observent les Shifters du Languedoc. Et de craindre une augmentation du nombre de véhicules, qui « va conduire à une hausse des émissions de CO2 de 2 à 8% », au risque de compromettre les objectifs fixés par les accords de Paris.

    Également en ligne de mire, « les nuisances du projet ne sont pas prises en compte, la ligne 2 de tramway sera bloquée pour deux ans, les travaux vont durer quatre ans », fait valoir Céline Scornavacca, porte-parole du collectif AutreCOM. Ce dernier milite pour une alternative à 70km/h, permettant une emprise au sol moindre et donc un impact environnemental plus faible. L’alternative avait été prise en compte lors de l’enquête mais jugée non sérieuse, selon AutreCOM. « Selon le commissaire, il faut plus de foncier pour un projet à 70km/h qu’à 90. Mais c’est faux, plus on va vite, plus les rayons de courbure doivent être larges et demandent de foncier. Et ça ne coûte pas le même prix », soupire Céline Scornavacca.

    Des arguments balayés par François-Xavier Lauch, ne croyant pas « à l’explosion du trafic sur le COM à son ouverture. On a d’autres exemples en France, comme le contournement ouest de Strasbourg [GCO, Ndlr] où les premières données démontrent que le trafic induit qui avait été annoncé par les opposants n’est pas là. » Un exemple néanmoins contredit par une tribune publiée par le collectif GCO non merci. Pour autant, le préfet se veut rassurant. « Je présiderai la première réunion d’un comité de suivi des mesures compensatoires. L’État fera en sorte évidemment que ces compensations soient mises en œuvre. Il est hors de question de faire n’importe quoi au plan écologique », soutient François-Xavier Lauch.

    De quoi calmer les plus réfractaires ? Pas vraiment, à en juger par les actions en justice. « Nous attendons toujours la réponse de l’appel contre la DUP. Dès que le préfet donnera l’autorisation, nous déposerons un nouveau recours. Nous contestons aussi l’étude à 70km/h qui a été bâclée », précise Céline Scornavacca. « Je donne rendez-vous aux opposants au moment où le COM ouvrira pour démontrer que le trafic induit n’est certainement pas celui qu’ils indiquent », rétorque François-Xavier Lauch. Le COM n’a pas fini de faire parler de lui.

  • Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Après des années d’atermoiements, le Contournement ouest de Montpellier (COM) semble sur la voie royale. Le préfet de l’Hérault vient de lui offrir un boulevard, une autoroute, diraient les opposants à ce projet routier de construction d’une 2 fois 2 voies (plus une voie d’urgence empruntée par les bus) de 6,2 km entre Saint-Jean-de-Védas et Juvignac.

    Le double objectif affiché par les porteurs du projet, à savoir relier l’A709 à A750 et ainsi réduire le trafic de transit dans Montpellier, qui souffre des embouteillages et de la pollution, a été réaffirmé par le préfet de l’Hérault. Comme il s’y était engagé, François-Xavier Lauch est (enfin) venu, lundi 15 septembre, présenter aux maires et conseillers métropolitains les contours d’un projet jusqu’ici ficelé en coulisses entre l’État, le maître d’ouvrage désigné (Vinci) et l’exécutif de la Métropole.

    Durant cette séance de travail d’1h30 non ouverte à la presse, le représentant de l’État a défendu bec et ongles le COM qu’il juge « indispensable », comme le président Michaël Delafosse (PS). Selon François-Xavier Lauch, les résultats de l’enquête publique préalable qu’il avait programmée en août (au grand dam des oppositions) sont sans appel. « Quand 6 000 personnes se prononcent sur une infrastructure de ce type, avec 65% en faveur du projet, je pense que c’est beaucoup. » Suffisant en tout pour annoncer publiquement qu’il délivrera l’autorisation environnementale le 30 octobre au chantier qui pourrait débuter (après les diagnostics archéologiques) fin 2026 ou début 2027. D’un coût de plus de 300 millions d’euros financé par Vinci (qui se rémunérera sur la hausse du tarif des péages de l’A9 à Baillargues et Saint-Jean-de-Védas), l’infrastructure doit être livrée à l’horizon 2030.

    Le préfet juge et partie ?

    Ainsi la messe semble dite, même si le préfet dit « s’attendre à des recours ». Pourtant, à l’instar de René Revol (Grabels), Isabelle Touzard (Murviel) ou Véronique Négret (Villeneuve), des maires ont soulevé des interrogations voire émis des réserves. C’est aussi le cas de Manu Reynaud, pourtant fidèle adjoint au maire M. Delafosse. Plutôt que ce qui est désormais qualifié de « route express », l’élu écologiste aurait préféré un « vrai boulevard urbain limité à 70 km/h, pas 90 km/h ». D’autant, insiste-t-il, que « l’infrastructure est conçue pour 110 km/h donc surdimensionnée ». Persuadé, à l’instar de l’échec annoncé du doublement de l’A9, que les bouchons persisteront après le COM, Manu Reynaud s’étonne aussi d’apprendre qu’aucun aménagement pour le covoiturage n’a encore été envisagé.

    Du côté du collectif AutreCOM, pas d’étonnement. Mais on s’agace d’un certain passage en force du préfet. « Il bafoue son rôle d’arbitre, il a un devoir de réserve. Il devrait attendre le rapport du commissaire enquêteur », souligne une porte-parole du collectif d’opposants. Chez AutreCOM, on s’interroge aussi sur la crédibilité des trois études commandées par la Métropole et présentées aux élus lundi soir. « La première a été faite par des personnalités émérites au Canada, la seconde confiée à un géographe pro-Frêche et la troisième à un chercheur du CNRS qui critique l’agence Atmo », liste la porte-parole qui y voit « des études de complaisance financées par le contribuable ». « Elles reprennent les éléments de langage de Vinci, elles sont bâclées. Leur seul but est de discréditer l’étude des Shifters, qui prouve que le trafic induit n’est pas pris en compte dans le projet de Vinci. »

    « Pour un vrai boulevard urbain limité
    à 70 km/h »