Tag: consultation citoyenne

  • Une journée festive contre les croisières de luxe sur le J4

    Une journée festive contre les croisières de luxe sur le J4

    Le collectif Stop Croisières ne désarme pas avec une nouvelle journée contre les croisières de luxe sur le J4, ce samedi 6 juin. Alors que le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) prévoit d’y aménager un terminal, il dénonce une fuite en avant.

    Bis repetita

    L’activité de croisière « nuit au cadre de vie et à la santé des habitants, consomme des quantités insoutenables de ressources et d’énergie, et contribue au réchauffement climatique », estime-t-il. « Le Port en est à son 3e appel d’offres ! On ne lâchera pas », prévient-il.

    Le GPMM avait lancé, en 2021, un appel à projets pour un terminal dédié à la « petite croisière ». Projet qui avait avorté après la défection d’une partie du consortium qui avait remporté la mise.

    Le 9 février 2025, le Port a relancé un nouvel appel. Mais le 15 septembre, date butoir de l’offre, aucun candidat ne s’était présenté. Le GPMM assurait vouloir relancer l’affaire.

    De son côté, fin mai, l’association Marseille Provence Croisière s’est félicitée de son bilan 2025 avec 2,6 millions de passagers et 660 escales, une hausse de 8% en un an. Et prévoit 2,8 millions de passagers et 750 escales en 2026. Insupportable pour le collectif, qui promeut l’accès au littoral pour tous.

    Après une consultation citoyenne pour faire « émerger une proposition alternative », l’année dernière, il s’agit ce samedi d’exposer les idées. Trois mini-conférences seront données par des enseignantes d’Aix-Marseille Université et un capitaine de marine marchande. Après une manif colorée, une baignade collective est prévue avant un coucher de soleil en musique.

    De 16h30 à 22h.

  • Le Pays de Martigues lance un diagnostic territorial de santé

    Le Pays de Martigues lance un diagnostic territorial de santé

    C’est un outil qui ne date pas d’hier. Dès les années 1990, Martigues créait l’un des premiers observatoires communaux de santé de France, avant de signer un Contrat local de santé (CLS) en y intégrant Port-de-Bouc et Saint-Mitre-les-Remparts. En 2027, le deuxième volet de ce dispositif partenarial associant les collectivités, l’État, l’Agence régionale de santé et les acteurs locaux du secteur sociomédical s’achèvera.

    « L’heure est au bilan et au diagnostic », annonce Gwladys Saucerotte, conseillère municipale déléguée à la santé. « Le but d’un CLS, c’est de coordonner, à l’échelle du territoire, les actions en vue de réduire les inégalités qui persistent et d’améliorer le parcours de soins (…). Les objectifs sont définis par la concertation avec les professionnels de santé, un travail de terrain mené avec les nombreuses associations qui gravitent autour, mais aussi et surtout par la consultation citoyenne. » Les partenaires ont donc mis en place un questionnaire disponible en ligne et en version papier dans les offices municipaux (mairies, mairies annexes, maisons de quartier, centres sociaux etc.).

    Les réponses des habitants seront ensuite analysées pour définir les actions du 3e volet du CLS, qui courra jusqu’en 2032. Quelques pistes sont déjà privilégiées. Gwladys détaille : « On va prendre un peu de hauteur, puisque la question de la santé se glisse partout dans le quotidien. Ce n’est pas seulement du curatif, pas seulement quand on va à l’hôpital ou chez le médecin, c’est aussi sur notre lieu de travail, dans nos loisirs, l’accès au sport, à la culture, dans l’urbanisme… »

    Des résultats concrets

    Depuis sa création, le CLS a mis l’accent sur l’offre de santé, l’accompagnement médico-social et l’accès aux soins. Plusieurs structures ont vu le jour par son biais, à l’instar des deux maisons pluridisciplinaires de Martigues et de celle des Comtes, à Port-de-Bouc.

    Sans compter tous les dispositifs plus confidentiels, mais pas moins importants. « Depuis 2025, on a réussi à mettre en place de l’interprétariat pour les personnes qui parlent mal le français avec l’association Osiris, qui propose 150 langues différentes », se réjouit Omar Kpodar, coordinateur du CLS. Autre innovation récente : « La création d’un poste de médiateur en santé, soutenu par l’ARS et l’Assurance maladie, poursuit-il. C’est quelqu’un qui va physiquement accompagner les personnes en situation de renoncement aux soins vers leurs rendez-vous médicaux, actions de prévention et dépistage. C’est une jonction supplémentaire entre les suivis social, administratif, juridique et sanitaire. »

  • Josée Massi confirme la feuille de route pour ses cent premiers jours

    Josée Massi confirme la feuille de route pour ses cent premiers jours

    Après ses deux victoires consécutives, à la tête de la Ville puis de la Métropole, la première magistrate de Toulon a le vent en poupe pour poursuivre la transformation de la ville. Et ce sans attendre. C’est ce qu’elle a rappelé jeudi soir devant la presse en déclinant aux côtés de son premier adjoint Julien Orlandini la feuille de route des 100 premiers jours du nouveau mandat.

    « Parmi les 110 engagements de campagne, voici les mesures prioritaires sur lesquelles nous travaillons déjà », commence-t-elle après avoir rappelé sa méthode basée sur l’écoute et la concertation avant la prise de décision.

    Au niveau de la sécurité, les premières actions portent notamment sur l’augmentation des effectifs de police municipale et leur intégration renforcée dans les quartiers en proximité avec les habitants, en priorité Saint-Jean-du-Var et le Pont du Las.

    Mais également est-il précisé l’analyse complète de l’éclairage public pour identifier les zones à sécuriser. Ainsi que l’installation d’un conseil de rappel à l’ordre dans une démarche de prévention de la délinquance des mineurs et de la récidive des auteurs d’incivilités, avec la convocation des parents et le rappel des droits et des devoirs.

    Concernant la proximité ensuite, la majorité engage, entre autres, le lancement d’une concertation sur les marchés, en commençant par celui du cours Lafayette. Ainsi que les aménagements des espaces dédiés aux maisons de santé à Claret et au Pont du Las.

    Mais aussi le très attendu déploiement de la démarche « Toulon&Vous » avant le lancement de l’application éponyme. L’objectif étant, rappelle Julien Orlandini, « de faciliter la saisine de la ville par les habitants et valoriser ce qui a été fait ». On note également la mise en place des budgets participatifs et la préparation d’une consultation citoyenne.

    Consultation citoyenne

    Josée Massi a bien entendu annoncé la poursuite de la rénovation et la végétalisation des écoles, avec en 2026, Jean-Aicard et Brusquet, et l’équipement de brasseurs d’air dans 58 classes. Des améliorations vont également être apportées au niveau des inscriptions périscolaires.

    La culture poursuit également sa tournée obligée dans les quartiers avec cet été « Jazz à Toulon » qui s’étend hors du centre-ville.

    Pour ce qui est de l’attractivité, un point d’étape sur les travaux du stade Mayol va être réalisé et une nouvelle pelouse hybride installée dès cet été, pour un montant de 817 000 euros.

    Autre gros morceau d’importance : l’étude et la conception des grands projets structurants comme Mayol-Pipady, la cité judiciaire, le pôle social et culturel de la Beaucaire ou encore le Jardin Verlaque.

    Les usagers du vélo vont également recevoir très positivement l’identification annoncée de nouvelles pistes cyclables, notamment sur l’avenue de la République, ainsi qu’un marquage sur le boulevard de Strasbourg pour réduire les conflits d’usage et rappeler la présence tout aussi légitime des cyclistes urbains sur cette artère.

    La gratuité du stationnement pour les professionnels de santé en exercice est également actée.

    Ainsi que le lancement d’études sur les concessions des quartiers Pont du Las et Saint-Jean du Var, un peu sur le même modèle que le centre-ville, afin d’avoir des opérateurs capables de préempter du foncier dans une démarche d’aménagement, de dynamisation et d’animation, sans attendre un plan d’actions prioritaires pour ces quartiers.

    « En parallèle, nous poursuivons et accélérons les projets déjà engagés dans le budget 2026 », reprend Josée Massi. Comme celui de la Base nautique de la 4e anse du Mourillon où l’opération de désenvasement vient de se terminer le mois dernier.

    Concernant le complexe sportif de la Casa Italia, la première magistrate explique que le dépôt de permis est prévu pour la fin de l’année. L’occasion de rappeler que celui concernant la médiathèque Trucy, à Saint-Jean-du-Var l’a été en décembre dernier. « Par ailleurs, un des événements qui me tient particulièrement à cœur, Dimanche en roue libre sera expérimenté avant la fin de l’année 2026 », conclut Josée Massi. Force est de constater que, non seulement l’équipe est bien en place mais qu’elle est en plus bien lancée.

  • Nîmes en Commun passe à l’étape décisive du programme municipal

    Nîmes en Commun passe à l’étape décisive du programme municipal

    Lundi 19 janvier à 15h30, à l’auditorium du centre Pablo Neruda, le collectif Nîmes en Commun franchira une nouvelle étape de sa campagne municipale. À l’occasion d’une conférence de presse, ses représentants présenteront officiellement le programme qui portera la liste conduite par Vincent Bouget en mars prochain. Un programme dont la particularité tient moins à l’accumulation de propositions qu’à la méthode qui a présidé à sa construction. Depuis un an, le collectif a multiplié les temps d’écoute et de débat à travers la ville : réunions publiques, rencontres d’appartement, entretiens vidéo, et surtout un vaste questionnaire auquel près de 3 000 habitants ont répondu. Sécurité, jeunesse, logement, transports, considération : les priorités exprimées par les Nîmois ont progressivement structuré le projet.

    Cette démarche a trouvé un prolongement éditorial avec la parution du livre Si je vous dis Nîmes, coécrit par Vincent Bouget et Clément Luy, publié aux éditions Au Diable Vauvert. Un ouvrage qui restitue la matière brute de cette consultation et assume une ambition : redonner une place centrale à la parole citoyenne. « Ce qui compte d’abord, c’est le sens, le projet collectif », résume le candidat, qui revendique une inversion de la logique politique traditionnelle : non plus « faites-moi confiance », mais « on vous fait confiance ».

    Le programme dévoilé lundi se voudra ainsi la traduction concrète de ce travail patient. Parmi les thématiques appelées à structurer les propositions : justice sociale, transition écologique, place de la jeunesse, rééquilibrage des quartiers, démocratie locale et accès aux services publics.

  • [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé une plateforme citoyenne de participation à Tarascon ?

    Benjamin Jarjaval : C’est un outil citoyen, c’est parti d’un constat. On est un petit collectif d’une quinzaine de personnes, et l’idée, c’était de voir ce qu’on pouvait faire. Il s’agit d’un outil d’ingénierie citoyenne, pour permettre aux gens de parler et de faire des constats sur des choses qui les touchent directement. C’est pour l’habitant qui va être expert de son trottoir, expert de son cadre de vie. Il n’y a pas que ceux qui votent : les jeunes, dès 17 ans, ont besoin d’apporter des précisions sur ce qui leur manque à Tarascon. On veut un outil accessible à tout le monde, de 17 à 97 ans, voire plus.

    Cette plateforme est-elle liée aux municipales ou à un projet politique ?

    B.J. : La plateforme est vraiment apolitique. Le fait qu’elle sorte pendant les municipales peut prêter à confusion, mais la vérité, c’est que le temps de la mettre en place a été long en n’étant pas spécialistes. On ne cherche pas de siège. On a envie que tout le monde participe à cette plateforme, quelle que soit son étiquette, quel que soit son vote. On invite d’ailleurs tous les candidats déclarés à venir participer à la plateforme.

    Quel regard portez-vous sur la situation politique et sociale à Tarascon aujourd’hui, après deux mandats de droite ?

    B.J. : Il y a eu des réussites au niveau des murs, avec la création de la maison multi-accueil qui s’est faite sur Tarascon, le CCAS, une crèche, la rénovation du théâtre… Par contre, la population augmente, et une partie des habitants reste touchée par la précarité : le taux de précarité est proche des 31 voire 33%. Il y a aussi plus de 12,5% de chômage à Tarascon et pas d’agence France Travail. Les habitants sont obligés de se déplacer jusqu’à Arles. Donc, il manque encore des infrastructures pour cette population grandissante. Il y a des actions sociales, mais il y a encore des choses à faire. Ensuite, pour ce qui est de l’offre politique, ma sensibilité est plutôt à gauche et je ne me retrouve pas dans l’offre actuelle à Tarascon. Il n’y a plus de candidat de gauche depuis 2014 : aujourd’hui, ce qui est proposé, c’est la droite ou l’extrême droite. Aux dernières municipales, il y a eu plus de 50% d’abstention , donc je ne crois pas que l’offre politique soit représentative de la population.

  • Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    « On rentre dans le vif du sujet. » Baptiste Guéri, de l’équipe de campagne de Nicolas Koukas (PCF), ne croit pas si bien dire, alors que la tête de liste de l’Union pour Arles a lancé la campagne, jeudi soir, dans l’école André-Franck de Trinquetaille avec plus de 200 participants annoncés.

    La participation est justement l’un des enjeux majeurs développés par l’équipe de l’Union pour Arles. Le directeur de campagne, Jean-Frédéric Déjean, a introduit cette aventure comme « n’appartenant pas à une tête de liste, ni aux partis, ni à personne, mais à chaque participant ». Nicolas Koukas a répété que « les Arlésiens en ont assez que des décisions soient imposées sans concertation », à l’image du contournement autoroutier d’Arles, pour lequel il réitère sa proposition de consultation citoyenne.

    Même constat dans les quartiers. Comme à Barriol, où cet habitant conteste un programme immobilier : « On veut un square et du vert, plus de béton ni de grands immeubles qui nous ont été imposés sans concertation. » « On ne peut pas passer en force comme ça », lui répond le candidat.

    Une charte d’engagement

    Au-delà de la consultation, le candidat insiste sur la proximité et la démocratie participative. « Les gens veulent discuter, échanger, voir leurs élus en physique », insiste la tête de liste. C’est sur ce fondement que Nicolas Koukas annonce de premières mesures. « Nous réouvrirons des mairies annexes pour renforcer notre présence dans tous les quartiers, hameaux et villages » de même que « nous demanderons à nos élus d’être présents et de tenir une permanence chaque semaine ». Pour ce faire, le candidat souhaite également « une charte de déontologie et d’engagement des élus avec présence obligatoire dans les quartiers ».

    Un volet financier est prévu à ce sujet. Nicolas Koukas propose de construire « un budget participatif avec les habitants », dont la participation serait « organisée sous forme de conseil de quartier ». « Ce sont les quartiers les plus difficiles qui ont été abandonnés, il leur faut une enveloppe à la hauteur des enjeux », souligne le candidat, en réaction à une habitante évoquant la perte de subventions pour de nombreuses associations.

    Pour le financement, l’équipe vise notamment les fonds européens.

  • L’enquête publique sur le contournement d’Arles prolongée

    L’enquête publique sur le contournement d’Arles prolongée

    Il s’agit de joindre les deux bouts de l’A54, coupée en deux par les villes d’Arles et de Saint-Martin-de-Crau, pour boucler le triangle autoroutier entre Avignon, Nîmes et Salon-de-Provence, mais aussi entre l’Espagne et l’Italie à une autre échelle. Un tel projet fait l’objet d’une enquête publique, lancée par l’État à la mi-novembre et qui devait se terminer le 19 décembre.

    Mais la préfecture a décidé de prolonger cette enquête jusqu’au 2 janvier 2026, tout en organisant des réunions publiques d’échanges avec la population. La première aura lieu ce lundi 15 décembre à 18h, à la salle Mistral de Saint-Martin-de-Crau (310 rue des compagnons), tandis que la seconde prendra place à la CCI d’Arles, mercredi 17 décembre à 18h.

    Qui payera la note ?

    Outre l’aspect environnemental, la transparence liée au péage interroge. Car, à la publication du dossier d’enquête publique, chacun a pu découvrir que « le montant définitif des péages ne sera fixé qu’à la suite de l’appel d’offres de concession européen auquel sera soumis le projet ».

    Le dossier présente « des tarifs calculés pour être les plus faibles possibles afin de limiter au maximum les reports de trafics ». Par exemple, de Saint-Martin à Nîmes, le péage serait de 3 euros, selon l’estimation.

    Le sujet pourrait s’inviter dans la campagne municipale. Nicolas Koukas (PCF), tête de liste de l’Union pour Arles, indiquait à La Marseillaise, le 27 novembre dernier, que « les Arlésiens n’ont pas été respectés en apprenant qu’on allait nous faire payer le péage pour aller travailler », et propose « de mettre en place une véritable consultation citoyenne ».

    Le maire (Horizons) d’Arles, Patrick de Carolis, estime qu’il s’agit « d’une solution pour la Ville », mais dont « la réussite dépend de la gratuité pour les trajets locaux au sein de l’agglomération », alors que « la gratuité n’est que partielle ».

    Mais en pleine campagne électorale, reste à savoir qui pourra contrer l’intérêt privé.

  • [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    L’Union pour Arles, issue de l’Appel du même nom lancé par la société civile pour une majorité de gauche, écologiste et citoyenne aux municipales de 2026, a officialisé l’investiture de Nicolas Koukas comme tête de liste du rassemblement, à l’occasion d’une conférence de presse tenue au restaurant le France, jeudi matin.

    La Marseillaise : Que signifie votre désignation comme tête
    de liste pour les élections municipales de 2026 ?

    Nicolas Koukas : C’est l’aboutissement du processus initié par le collectif issu de l’Appel d’Arles, né des citoyens et auquel les partis se sont agrégés. Le déclic a eu lieu lors des élections législatives. Le rassemblement que j’ai mené dans le cadre du Nouveau Front populaire nous a permis de réaliser un gros score face au RN et d’être devant lui au second tour, sur Arles, alors qu’on pensait être battus au premier tour. Il fallait alors aller plus loin. L’union est un combat qui prend du temps, chacun doit faire des concessions avec les autres tout en faisant le lien avec le collectif de la société civile. Notre rassemblement est marqué à gauche, mais pas fermé. C’est pour cela que j’ai accepté de me mettre à disposition pour porter ce projet.

    Qu’est-ce qui vous caractérise ?

    N.K. : Je suis un amoureux d’Arles. Je suis né pas loin, rue de Stalingrad, dans une famille immigrée grecque du côté de mon papa, et d’une famille arlésienne du côté de ma maman, qui s’appelle Mistral. J’aime ce territoire, car j’y suis né, j’y ai tout construit et ma famille est ici. Je dis souvent qu’une ville finit par devenir une personne pour soi et, en ce moment, je vois qu’elle ne va pas bien.

    Quel est votre diagnostic ?

    N.K. : Le principal sujet est celui de la déconnexion de la municipalité actuelle avec les Arlésiens, il manque la participation et la concertation à tous les niveaux. Ils décident, mais il n’y a aucun moment d’échanges. C’est une réalité criante sur tous les sujets. Il faut aussi regarder les villages et les hameaux qui ont été choyés ou délaissés suivant les affinités politiques du maire. Il y a aussi une déconnexion à ce niveau-là. Je pense, aussi, aux personnels et agents de la Ville. Les services techniques ont été tant critiqués, montrés du doigt, alors qu’ils sont là à 5h du matin sur le territoire. On nous accusait de clientélisme auparavant, mais aujourd’hui, je crois qu’on doit dire qu’on est fiers du service public qu’ils rendent aux habitants. Il est important de rétablir une autre façon de faire de la politique, plus proche des habitants. Les promesses de 2020 n’ont d’ailleurs pas abouti.

    À quelles promesses faites-vous référence ?

    N.K. : Par exemple, celle sur la propreté. On nous avait promis un plan de propreté mirobolant, mais la ville n’a jamais été aussi sale. Je rappelle que le maire d’Arles est aussi président de la communauté d’agglomération et que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères a explosé, le prix des transports aussi, sans oublier l’eau. Visiblement, le maire ne doit pas connaître le président de la communauté d’Agglo, il faudrait leur organiser un rendez-vous ! Sur le plan économique, je mets au défi quiconque de citer une entreprise qui s’est installée depuis 2020. Je me rappelle, aussi, la promesse d’une ville plus sûre, qui a donné lieu à l’augmentation des effectifs de la police municipale de 18 à 60, mais pour quel résultat ? Quel est le projet de la police ?

    Quel est le vôtre, sur ce sujet est sur les autres ?

    N.K. : Notre projet est de créer des hôtels des polices municipale et nationale dans les quartiers. On a besoin de services publics avec tous les outils de prévention, qui ont été sacrifiés, de même que nous devons redonner des moyens aux centres sociaux avec des animateurs et des agents de prévention. Nous aurons plusieurs annonces économiques prochainement, car plusieurs gros acteurs n’ont jamais pu travailler avec Arles, faute d’échanges.

    Quid du développement industriel ?

    N.K. : Nous sommes favorables à la décarbonation et au développement de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Je rappelle que 16% des habitants du Pays d’Arles y travaillent. Mais nous devons faire un enfouissement total de la ligne à très haute tension, on ne peut pas défigurer la Camargue. Il ne faudrait pas, non plus, que les acteurs économiques quittent le golfe. Pour ce qui est du contournement autoroutier, mettre un péage aux Arlésiens qui vont travailler à Saint-Martin ou à Fos est impensable et c’est Vinci qui décide, pas le maire ! J’ai donc proposé aux acteurs économiques et associatifs de mener une véritable consultation citoyenne.

    L’Union locale CGT peut-elle rester domiciliée à la Bourse du travail ?

    N.K. : L’expulsion de la CGT de la Bourse du travail est un coup politique pour faire du buzz en pleine droitisation du pays. Le maire ne connaît pas l’histoire d’Arles, de la CGT et des combats durs qu’ils ont menés. Cela fait partie de notre ADN local. Pourquoi cliver la population ? Le site est inscrit aux monuments historiques et n’est pas accessible, donc l’office du tourisme ne peut pas s’y installer.

    Comment s’annonce la campagne ?

    N.K. : Nous sommes prêts, je suis prêt. Arles mérite mieux. Un vrai élan est né de l’Appel d’Arles. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais le plus important est le projet que nous avons pour réparer et recoudre la ville.

  • Nîmes en commun fait parler la ville

    Nîmes en commun fait parler la ville

    Dans la chaleur boisée de l’arrière-salle du Prolé, les chaises serrées jusqu’au fond, Hugo Carlos, du collectif Nîmes en commun, plante le décor : « On est nombreux ce soir », sourit-il, micro en main. Il remercie la cinquantaine de personnes présentes – membres du collectif comme simples curieux – pour la réunion hebdomadaire de ce lundi 10 novembre, malgré le pont. Le rituel des présentations ne s’éternise pas, car l’urgence est ailleurs : faire le point sur ce questionnaire qui doit « faire émerger des priorités collectives des Nîmois » et, surtout, accélérer sa diffusion à quinze jours de l’échéance (24 novembre) avant la restitution promise le 11 décembre à la Halles des Sports.

    Le compteur a franchi la barre symbolique – « largement plus de 2 000 questionnaires », dont une centaine en ligne en vingt-quatre heures. La méthode, elle, s’affine. D’abord retenus pour économiser (0,20 euro l’exemplaire), les feuillets vont désormais circuler « au large » : cafés, bistrots, halls d’immeubles. Et lundi prochain ? Une idée fait consensus : remplacer la réunion hebdomadaire par une opération sur un point très passant de la ville pour maximiser les remplissages.

    Sur le fond, les récits fusent, précis, sans fard. Katia raconte l’accueil « très favorable » au stade des Antonins, quartier populaire où l’on prend le temps d’écouter. Christian détaille sa tournée « chez les connaissances » : deux heures par foyer parfois, tant les questions appellent la discussion. Au Cercle, on a changé de consigne : remplir sur place si possible, sinon emporter, « parce qu’on sent un vrai besoin de s’exprimer ». Ce besoin se lit d’ailleurs dans les champs libres : 450 témoignages déjà, recopiés mot à mot par Adèle et Marie, puis analysés « avec un peu d’intelligence artificielle ». À Jean Bouin, une scène reste en tête : une mère en difficulté avec le français répond grâce à sa fille de 14 ans, très au clair sur l’écologie ; ailleurs, des personnes âgées préfèrent qu’on leur lise les questions.

    « On ne peut pas parler pour les quartiers »

    Quand vient l’heure des thèmes qui remontent, trois mots s’imposent : transports gratuits (notamment pour les jeunes), sécurité, confiance envers les élites. Et l’exigence d’ancrage ressurgit, brutale et salutaire. Un participant des quartiers populaires – Madani – interpelle : l’initiative ne vaut que si « les militants des quartiers » sont au cœur des décisions. « On ne peut pas parler pour les quartiers sans leurs habitants. » La salle se tend, puis respire. Le message est pris au sérieux : identifier les zones moins couvertes (Garrigues Ouest, route d’Alès, Védelin, sud entre Leclerc et la rocade) et y concentrer l’effort, peut-être dès l’opération de lundi.

    En conclusion, le collectif s’est projeté sur la restitution du 11 décembre : grande salle à remplir, visuels en fabrication, et surtout une méthode « à l’ancienne » : rappeler personnellement chaque répondant. Rendez-vous est donné le 24 novembre au Cercle de l’Avenir pour se répartir des listes : « chacun 3 à 10 contacts », un argumentaire, et l’ambition de faire parler la ville « du 11 ».

  • Bouget mise sur la parole des habitants

    Bouget mise sur la parole des habitants

    Ce mardi, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, au pied de la fontaine Pradier, Vincent Bouget et le collectif Nîmes en commun ont donné le coup d’envoi d’une nouvelle étape de leur campagne municipale. Autour du candidat de la gauche unie, soutenu par le PCF, le PS, EELV, Génération. s, le PRG, Place publique et d’autres forces progressistes, militants et curieux se pressaient pour découvrir le questionnaire « Nîmes 2026 ». Ce document de trente questions, décliné en plusieurs grandes thématiques, doit permettre aux habitants de partager leurs priorités pour la ville : aménagement urbain, économie, culture, solidarité, sécurité ou encore rapport à la politique. L’ambition est claire : recueillir entre 5 000 et 10 000 réponses d’ici deux mois. « Nous ne voulons pas plaquer nos idées, mais construire une alternative crédible avec les habitants », insiste Vincent Bouget.

    Pour le conseiller départemental et ancien candidat en 2020, ce lancement est l’aboutissement d’un travail de fond. Après le film Si je vous dis Nîmes, diffusé dans une trentaine de réunions publiques et nourri de plus d’une centaine d’entretiens basés sur des études démographiques, puis la grande restitution de juin à la halle Ludivine Furnon devant près de 7 000 personnes, place désormais à la consultation élargie. « Ce questionnaire est une suite logique, il complète tout le travail déjà réalisé », ajoute le candidat, rappelant qu’il s’agit d’un processus « qui ne s’arrête pas à l’échéance électorale mais doit changer durablement la manière de gouverner : celle de l’écoute, de l’échange, de l’association ».

    Faire émerger des priorités collectives

    « Dans une ville où trop souvent les décisions se prennent sans concertation, nous faisons l’exact inverse », explique Vincent Bouget. Il en profite pour répondre aux détracteurs du projet : « Certains nous accusent de ne pas avoir de programme, sous entendant que nous n’avons pas d’idées. La vérité, c’est que nous sommes en train de l’écrire avec les citoyens. » Distribution dans les quartiers, stands sur les marchés, rencontres aux abords des écoles : une cinquantaine d’initiatives sont prévues jusqu’à décembre pour diffuser le questionnaire. L’équipe prévoit même des relais numériques et des réunions thématiques pour toucher le plus grand nombre. Les premiers retours semblent prometteurs : plus de 200 exemplaires ont déjà été remplis avant même le lancement officiel.

    Les militants, eux, se réjouissent de renouer le fil du dialogue avec les habitants. « Ce questionnaire est un prétexte pour entrer en contact avec des personnes qui ne viennent jamais aux réunions publiques », confie Marie-Pierre Mercier, engagée de longue date dans l’écologie locale. L’équipe de campagne voit dans cette démarche un outil de dialogue autant qu’un levier électoral. Les réponses serviront à bâtir le programme, attendu au tournant de l’année 2026. « Notre objectif, conclut Vincent Bouget, c’est de faire dialoguer les habitants pour bâtir ensemble l’alternative que Nîmes attend. »

    Lieux, dates des prochaines réunions publiques et questionnaire sur nimesencommun.com

    « L’écoute est notre manière de faire de la politique »