Tag: consommation énergétique

  • La Région Occitanie réajuste sa stratégie énergétique

    La Région Occitanie réajuste sa stratégie énergétique

    D’ici 2050, faire de l’Occitanie la première région d’Europe à énergie positive, c’est-à-dire qu’elle produise plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Fixé il y a plusieurs années par Carole Delga, le cap ambitieux qui nécessite de réduire la consommation des ménages par deux et de tripler la production d’énergies renouvelables, n’a pas changé. Mais pour tenir l’objectif, la présidente de Région passe à la vitesse supérieure. « Nous ne sommes plus dans les mêmes perspectives de partenariat avec les États-Unis et le réchauffement climatique s’accélère », argumente-t-elle.

    Un contexte international complexe et incertain qui a convaincu le conseil régional, jeudi 4 juin, à ajuster sa feuille de route en votant une adaptation du modèle de développement qui vise l’indépendance énergétique régionale. L’Occitanie ne part pas d’une feuille blanche. Depuis 2016, 1 milliard d’euros a été investi dans les énergies renouvelables. Côté mobilités, au moment où le train à hydrogène Montréjeau-Luchon s’apprête à circuler, Carole Delga rappelle que « partout où c’était possible, on a fait le choix du train. On a aussi développé le covoiturage qui marche de plus en plus vu le prix du carburant à la pompe ». Côté éolien, un demi-milliard d’euros a été investi dans les éoliennes offshore de Port-la-Nouvelle (Aude). L’hydrogène vert a aussi été développé avec Genvia à Béziers, Narbonne et à Sète où le port s’est doté de la première drague à hydrogène. Un « techno-campus à hydrogène (coût 65 millions d’euros) verra le jour au premier semestre 2027 », renseigne le vice-président Jalil Benabdillah.

    15 000 formations à venir

    Si bien qu’aujourd’hui, la progression d’énergies renouvelables en Occitanie a bondi de 27% contre 16% dans l’Hexagone. La consommation finale d’énergie a baissé de 7% (-4% en France) et les émissions de gaz à effet de serre de 10%
    (-8% au niveau national). Actuellement, l’Occitanie est la seconde région française pour le solaire (4,4 GW installés) ou l’hydro-électricité (5,4 GW) et même la première pour la consommation électrique issue du renouvelable (58%). Mais à deux ans de la fin du second mandat de Carole Delga, il est temps d’accélérer. Un plan régional de 25 nouvelles mesures à lancer entre juin et décembre vient d’être validé.

    Il s’agit par exemple de rénover de nouveaux logements pour 50 000 habitants d’ici 2034 (coût : 70 millions d’euros, ME), ainsi que 500 copropriétés d’ici 2030 (30 ME) ou poursuivre la rénovation énergétique des lycées et autres bâtiments régionaux (230 ME). « Nos prêts permettent de baisser le reste à charge pour une transition juste », résume la vice-présidente Agnès Langevine.

    Côté mobilités, un éco-chèque de 1 600 euros va inciter les ménages à acheter une voiture électrique d’occasion (enveloppe de 8 ME). Les 30 premiers véhicules à hydrogène seront proposés aux professionnels en location (13 ME). Un pass TPE-PME permettra aux salariés de certaines entreprises de recharger leur véhicule aux bornes électriques. À noter aussi que 18 trains à deux niveaux avec une moindre empreinte carbone circuleront bientôt sur le réseau Lio.

    Pour s’affirmer comme un leader européen de l’éolien flottant, deux nouveaux parcs commerciaux doivent naître au large de Port-La-Nouvelle en 2032 et 2034 (5,8 GW escomptés). La Région compte aussi déployer le photovoltaïque sur les toits de ses bâtiments et des exploitations agricoles (8 GW en 2030), tout en travaillant le recyclage des panneaux.

    Outre le développement de l’hydrogène, un fonds d’électrification industrielle (100 ME) accompagnera les PME. La Région entend booster la géothermie qui ne pèse que 1% du renouvelable (bois-énergie 43%, hydroélectricité 39%, éolien 10%, solaire 6%) pour alimenter 440 000 habitants d’ici 4 ans contre 66 000 aujourd’hui. Enfin, la Région veut mettre le paquet sur la formation en visant 15 000 personnes aux métiers de la transition énergétique d’ici 2030.

  • [Entretien] Matthieu Trubert, Ugict-CGT : « Le gain en productivité n’est pas vraiment mesuré »

    [Entretien] Matthieu Trubert, Ugict-CGT : « Le gain en productivité n’est pas vraiment mesuré »

    La Marseillaise : L’arrivée de la mécanisation a transformé les métiers ouvriers. L’apparition de l’intelligence artificielle (IA) générative va-t-elle transformer celui des cadres ?

    Matthieu Trubert : Alors effectivement, dans le cas de l’IA générative, si le paradigme est de réduire la masse salariale, de remplacer l’humain par la machine, tous les métiers de type journaliste, traducteur, doubleur, développeur sont un peu en première ligne. C’est typiquement le genre de métier où il est assez facile, et je parle en termes d’organisation, pas en termes de qualité de travail rendu, que la technologie fasse écran à l’homme et le remplace. En fait, in fine, c’est toujours une question de choix de l’organisation du travail. Là, il s’agit du scénario du pire, où l’humain n’a plus vraiment de contrôle sur ce qui est produit.

    D’autant que, d’un point de vue uniquement productiviste, nous n’avons pas beaucoup de recul sur l’efficacité de l’IA…

    M.T. : On vante souvent les gains en productivité qu’apporterait l’introduction d’une IA générative. Mais ça n’est jamais vraiment mesuré. Tout ça est avancé au doigt mouillé. On va introduire la technologie en décrétant que ça fonctionnera forcément très bien. Il y a assez peu de temps et de moyens donnés à l’expérimentation pour conclure qu’effectivement, ça va bien répondre aux besoins. C’est pour ça qu’on assiste parfois à des retours en arrière. [En Suède, l’entreprise Klarna, après avoir dit adieu à de nombreux employés au profit de l’IA, a été forcée à un retour en arrière, ses clients manifestant un mécontentement croissant, Ndlr].

    On peut aussi se poser la question de la dette technologique. Typiquement, sur les métiers du développement, on va avoir une IA qui va générer énormément de code sur lequel les développeurs seniors pourront porter un regard critique, selon la volumétrie qui est produite, évidemment. Mais quand ces personnes quitteront l’entreprise, qui sera en capacité de porter ce regard ? Et le jour où ça commencera à ne plus fonctionner, qui va être en capacité de régler le problème ? Plus personne n’a la maîtrise du système. C’est ce qu’on appelle la dette technologique.

    Si toutefois il y avait gain, n’y a-t-il pas une meilleure façon de l’exploiter que la réduction de la masse salariale ?

    M.T. : Le danger avec l’IA, et c’est le cas avec toutes les transformations numériques, c’est qu’on favorise l’accélération du travail à son amélioration. Le meilleur scénario suppose que l’IA nous décharge effectivement d’une partie de nos tâches, sans que nous soyons juste poussés à davantage produire. Dans ce cas, plein d’options, autres que la réduction de la masse salariale, sont possibles : investir dans la formation, investir dans la réduction du temps de travail…

    L’IA n’est-elle pas, de toute façon, confrontée à un certain plafond de verre énergétique ?

    M.T. : Clairement, il va y avoir un problème. Aux États-Unis, ils prévoient de créer un data center qui fait 1,5 fois la taille de Paris et qui va consommer 4 fois la consommation électrique annuelle de la capitale. Donc, on va se heurter à de gros problèmes aussi bien en termes d’exploitation des matériaux stratégiques qu’en termes d’artificialisation des sols, de stress hydrique ou électrique. Mais il est possible d’utiliser une IA plus sobre, qui tourne de manière localisée sur notre ordinateur ou notre téléphone. Elle n’a pas besoin de faire tourner des data centers. Ça pourrait être une manière plus raisonnable d’utiliser l’IA.

  • À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    Tania Teixier assure que c’est possible, « puisque les finances de la Ville sont très saines ». La candidate, qui porte une liste sans étiquette face à la maire sortante Séverine Dellanegra, annonce qu’en cas de victoire, elle baissera le taux de taxe foncière. « C’est le seul levier que nous avons pour redonner du pouvoir d’achat aux habitants, et vraiment, on a tous des problèmes à ce niveau-là », affirme la fille de l’ancien maire.

    Aujourd’hui, cette taxe s’élève à 41,41%. À titre de comparaison, pour des communes qui font sensiblement la même taille, elle est de 41,55% à Fos-sur-Mer, 48,65% à Port-de-Bouc et 44,02% à Berre-l’Étang. « Je ne veux pas m’avancer sur des chiffres, mais la baisse sera effective dès notre arrivée », affirme-t-elle.

    « On a une épargne de gestion et une capacité de désendettement qui sont au vert. Mais au-delà de ça, on fera des économies de marge. Je vais baisser les indemnités des élus, revenir à l’indemnité du maire précédent, c’est-à-dire la diminuer de plus de 21%. »

    Tania Teixier veut aussi réduire le budget de communication de la municipalité et réduire la consommation énergétique des bâtiments communaux. Sur ce dernier point, la candidate assure : « Ça va arriver assez rapidement, on pourra avoir des subventions à hauteur de 80% puisque la transition écologique est mise en avant est fait partie des critères premiers du Département comme de la Région, mais on va aussi réorganiser notre gestion de ces bâtiments communaux, ils vont être moins utilisés que ce qu’ils le sont actuellement. » Cette mutualisation se fera « sans pénaliser personne », promet-elle.

  • À Hyères, Centr’Azur est désormais chauffé à 100% par géothermie

    À Hyères, Centr’Azur est désormais chauffé à 100% par géothermie

    Centr’Azur poursuit sa transition énergétique. L’installation de panneaux photovoltaïques sur sa toiture et sur les ombrières de son parking, la mise en place d’un système de gestion technique centralisé des équipements énergétiques (système automatisé permettant, grâce à des capteurs, d’optimiser l’efficacité énergétique d’un bâtiment), ou encore l’installation de LED dans tout le centre commercial, des parkings aux galeries, avaient, entre autres, mené à une réduction des consommations d’énergie de -61% en 2024, comparé à 2012.

    Désormais, le centre commercial hyérois (50 boutiques sur 17 000 m²), sera chauffé et climatisé grâce à la géothermie, énergie renouvelable, locale, silencieuse et disponible 24h/24, 365 jours par an, conjuguant performance énergétique, sobriété et durabilité.

    -59% de consommation des parties communes

    Il s’est ainsi doté de 600 mètres linéaires de sondes géothermiques verticales, un système innovant développé par les équipes de la société Accenta. Implantées jusqu’à 200 mètres de profondeur, ces sondes exploitent la température naturellement stable du sous-sol (entre 13 et 16 °C). En hiver, la chaleur du sol est captée et transférée vers le bâtiment via une pompe à chaleur. Ce système fonctionne aussi en été grâce au « géocooling », permettant de rafraîchir sans recourir à une climatisation classique énergivore et sans rejet d’air chaud à l’extérieur.

    Ces travaux vont avoir pour effet la suppression de la chaudière gaz, des émissions de 19,3 tonnes de CO évitées chaque année, ainsi qu’une réduction de 59% de la consommation énergétique sur les parties communes. Tout cela en offrant un confort thermique optimisé toute l’année pour les visiteurs et commerçants, et la maîtrise des charges énergétiques sur le long terme, notamment grâce à une réduction de l’exposition aux fluctuations du prix du gaz.

    Dans sa perspective de neutralité carbone pour ses parties communes d’ici 2030, Centr’Azur mène par ailleurs des actions de sensibilisation de ses employés et des clients au tri des déchets, à la gestion de l’eau, ou encore à la biodiversité, avec, notamment, l’installation d’un hôtel à insectes en 2021.

  • Montpellier réduit la pub dans l’espace public

    Montpellier réduit la pub dans l’espace public

    Montpellier fait sa mue publicitaire. La Ville vient d’adopter un nouveau contrat encadrant l’affichage dans l’espace public, marquant un tournant écologique et esthétique. Le mot d’ordre : réduire la pression visuelle et énergétique. « Moins 33% de panneaux, moins 50% de leur taille et moins 100% de numérique », résume l’élu Bruno Paternot, vice-président de la Métropole en charge du Règlement local de publicité intercommunal (RLPi).

    Jusqu’à présent, la gestion de la publicité urbaine reposait sur trois types de contrats. Désormais, un seul cahier des charges s’applique, simplifiant le dispositif tout en renforçant les exigences environnementales. Les publicités seront désormais interdites dans un rayon de 150 mètres autour des écoles contre 50m auparavant : une première en France. Le nombre total de supports diminue d’un tiers, leur format est réduit de moitié et leurs emplacements réévalués pour ne pas gêner les poussettes ni les fauteuils roulants. Les publicités sexistes, promouvant la malbouffe ou les alcools forts, seront également bannies.

    Remplacer la pub par des arbres

    Mais la mesure la plus emblématique reste la suppression totale des panneaux numériques. Ces écrans, particulièrement énergivores, consomment environ 7 000 kWh par an, soit l’équivalent d’un foyer de trois personnes. « Ce n’était pas la collectivité qui payait, mais la planète qui en faisait les frais. Désormais, nous évitons cette dépense », souligne Bruno Paternot. Dès l’entrée en vigueur du contrat, un plan de démontage est prévu pour ces dispositifs lumineux. Le nouveau marché, attribué à la société JC Decaux pour une durée de 17 ans, prendra effet le 27 novembre 2025. Il porte sur l’exploitation de 382 mobiliers urbains, dont la moitié servira prioritairement à l’information municipale plutôt qu’à la publicité commerciale.

    Pour la majorité municipale écologiste, c’est un symbole fort : « Pas d’écologie sans écologistes. Quand nous sommes aux manettes, ce sont des modifications concrètes : moins de pub, plus d’arbres », se félicite Bruno Paternot. Les élus d’opposition regrettent toutefois que la Ville n’aille pas plus loin, certains plaidant pour une régie publique ou une suppression totale de la publicité. Reste que Montpellier s’impose désormais comme pionnière d’une politique urbaine plus sobre : un choix assumé, entre esthétique, santé publique et responsabilité écologique.