Tag: Conseil national de la Résistance

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port

  • Soulever l’espoir

    Soulever l’espoir

    « Résistance n’est qu’espérance » écrivait le poète René Char, le capitaine Alexandre du maquis de Céreste. Cette Résistance dont
    le programme, Les jours heureux, a posé les bases d’une société sans guerre et avec des droits nouveaux, dont la Sécurité sociale, se conjugue toujours au présent. Le mouvement social qui se met en route cet automne est l’héritier de ce combat pour la dignité et la justice sociale. Alors que la société bouillonne de colères, l’objectif de l’intersyndicale est de transformer ces colères en mobilisation et en espoir. Un seul chemin pour cela : le nombre et l’unité du monde du travail pour faire plier un Premier ministre missionné par Emmanuel Macron pour poursuivre la même politique.

    Guerre idéologique

    Une politique de cadeaux fiscaux – 211 milliards d’aides publiques aux entreprises -, qui voit s’enrichir à vitesse supersonique les grandes fortunes au détriment des salaires, des pensions, des allocations, des services publics. Cette inégalité se voit de plus en plus et le patronat a bien compris le danger. Conséquence, il a entamé une guerre idéologique avec le soutien de la droite classique et de l’extrême droite. À son crépuscule le pouvoir macroniste a démontré qu’il était incapable de répondre à la question sociale autrement qu’en la niant et/ou en la réprimant.

    L’intersyndicale sonne l’heure de la Résistance avec dans sa musette des propositions concrètes et crédibles pour augmenter les salaires, développer les services publics, financer les retraites, la Sécurité sociale etc. De quoi soulever l’espoir.

  • Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    C’était le dernier des Francs-tireurs et partisans de la main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) : Léon Landini est décédé dimanche, jour international de la paix, à 99 ans.

    Il y a un peu plus d’un an, il était au Panthéon pour accompagner son camarade Missak.

    Fils d’immigrés italiens qui avaient fui le fascisme en 1921, Léon est né en 1926 au Muy près de Saint-Raphaël. Il adhère au PCF à 16 ans. Le 12 octobre 1942, il participe au sabotage de la voie ferrée qui relie Saint-Raphaël à Cannes, provoquant le déraillement d’un train de marchandises allemand. Au sein de son groupe FTP-MOI, il prend part également au sabotage d’une mine de bauxite à Brignoles le 26 février 1943, puis à l’attaque d’un baraquement de l’armée italienne à Fréjus-Plage le 4 mars de la même année. Après le dépôt infructueux d’une bombe à l’Hôtel Bellevue de Saint-Raphaël, il est envoyé dans la Creuse pour y rejoindre le maquis FTP.

    Son action dans la résistance se poursuit jusqu’à Lyon où, de mai à juillet 1944, il participe à des attaques contre des soldats allemands, à des destructions de véhicules militaires, des déraillements, ainsi qu’à la mise hors service d’usines travaillant pour l’occupant. Arrêté le 25 juillet 1944, il est torturé par les miliciens français sous l’autorité de la Gestapo lyonnaise au sein de la prison Montluc : boîte crânienne enfoncée, vertèbres cervicales abîmées, testicules écrasés. Le 24 août 1944, à la suite de l’insurrection de Villeurbanne, déclenchée notamment par le Bataillon Carmagnole-Liberté ils se libèrent obligeant les gardiens allemands à déguerpir.

    Selon son témoignage après la Libération, il traîna d’hôpitaux en hôpitaux jusqu’en février 1946, date à laquelle, il fut réformé, démobilisé et renvoyé dans ses foyers. Léon Landini est grand mutilé de guerre à 100%. Cependant, il fut délégué de la Creuse au congrès des JC en 1945.

    Il revint à Saint-Raphaël et devint exploitant forestier avant de s’installer à Paris en 1963 et de travailler dans la restauration collective. Domicilié à Bagneux, il a été élevé au grade de chevalier (1992) puis officier (1998) de la Légion d’honneur et préside depuis 1967, l’Amicale FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté. Longtemps engagé au PCF, il fut ensuite président du PRCF.

    Signe de l’importance de son engagement, la ministre démissionnaire chargée de la Mémoire et des Anciens combattants s’est jointe aux nombreux hommages : « Résistant des FTP-MOI, Léon Landini nous a quittés. Engagé dans la résistance contre les nazis dès ses 16 ans, il a été arrêté, torturé et a survécu. Après la guerre, il a été un passeur de mémoire notamment au sein de l’Amicale des anciens FTP-MOI de Carmagnole-Liberté, qu’il présidait. Ses précieux témoignages nous rappellent le prix de la Liberté et la nécessité de la défendre. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches. »

    Le décès de Léon Landini, internationaliste convaincu, a fait réagir également l’ambassadeur de Cuba en France, qui a rappelé qu’en tant qu’« exemple de résistance et de courage, le gouvernement cubain lui avait décerné la médaille de l’amitié ».

    Dans notre région, où il a marqué de son empreinte la Résistance notamment à Saint-Raphaël, la fédération PCF du Var et la section Var Est se sont inclinées devant sa mémoire.

    « Officier de la Légion d’honneur, médaillé de la Résistance, grand mutilé de guerre… Léon Landini fait partie de ces militants qui n’ont jamais plié qui ont combattu toute leur vie pour libérer la France du nazisme, pour l’idéal communiste, pour une société bâtie sur l’émancipation des hommes et des femmes », salue le communiqué des communistes varois. Et de souligner que rappeler ses actions exemplaires est indispensable, « au moment où des esprits révisionnistes malsains tentent de faire disparaître la mémoire de ces grands résistants y compris en enlevant la plaque commémorative où figurent les noms de Roger et Léon Landini sur le front de mer à Saint-Raphaël ».

    La Marseillaise s’associe aux hommages rendus et adresse ses condoléances à tous ses proches.

    Fabien Roussel

    Secrétaire national du PCF

    Léon Landini, dernier des FTP-MOI vient de nous quitter. Nous nous étions retrouvés au Pantheon, autour de Manouchian. Ensemble, ils symbolisaient la résistance communiste et l’internationalisme.

    Assan Lakehoul

    Secrétaire général du Mouvement des Jeunes communistes

    Léon Landini, résistant communiste FTP-MOI, est mort. La France perd un combattant de la liberté, à l’heure où ils sont à nouveau tellement nécessaires. L’histoire se répète. Notre génération saura aussi unir dans la lutte drapeaux rouge et tricolore.

    PRCF

    Camarade Léon Landini, tu restes à jamais un exemple et un honneur pour nous tous ! Léon Landini à jamais : l’avenir appartient aux révolutionnaires, aux résistants, à ceux qui reconstruisent le parti communiste, combattent le fascisme et la guerre pour la liberté des peuples, les droits des travailleurs.

    Ian Brossat

    Porte-parole national du PCF
    et sénateur

    Résistant, engagé au sein des FTP-MOI dès l’âge de 16 ans, communiste jusqu’à son dernier souffle, il fut une grande et belle figure de la classe ouvrière. Hommage à lui et à tous ses camarades de combat.

    Marie-Hélène Amiable,

    Maire PCF de Bagneux

    C’est avec une grande émotion que j’ai appris le décès de Léon Landini, à presque 100 ans. Avec lui disparaît l’un des plus illustres Balnéolais, l’un des derniers représentants des FTP-MOI, ces résistants communistes et étrangers au courage inouï qui ont combattu l’occupant nazi.

    Jean-Luc Mélenchon

    Fondateur de la France insoumise

    Léon Landini est décédé. Une douleur pour tous ceux qui le connaissaient. Un ami, un modèle est parti. On va suivre l’exemple. Et ne jamais oublier la leçon : quelles que soient les circonstances, toujours savoir que la seule bataille perdue d’avance est celle qu’on ne mène pas.

    François Ruffin

    Député Debout !

    Lui et ses camarades ont tenu bon dans les pires moments de notre histoire. À notre tour de ne pas baisser les bras.

    Gilles Perret

    Réalisateur

    J’apprends avec tristesse le décès du copain, résistant FTP-MOI, Léon Landini qui dans mon film Les Jours Heureux symbolisait la lutte armée qui permit au programme du CNR d’être signé puis largement adopté à la Libération. Un militant qu’on croyait immortel ! Salut Léon !

  • Un collège au nom de notre co-fondateur, Jean De Bernardy

    Un collège au nom de notre co-fondateur, Jean De Bernardy

    Un immense drapeau tricolore sur le mur d’enceinte, un, deux et trois ! Il s’ouvre comme un rideau de théâtre pour découvrir le nouveau nom du collège Longchamp écrit en grandes lettres : Jean De Bernardy. Dans la cour, à l’entrée des élèves, un totem dévoilé par Martine Vassal (DVD), présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, et Mehdi Tani, principal de l’établissement, retrace son parcours. Co-fondateur du journal La Marseillaise, résistant FTPF, militant communiste, syndicaliste CGT, il fut typographe, journaliste dans la clandestinité avant de mourir au combat à Saint-Antonin-sur-Bayon.

    Réunis pour l’occasion, les élèves entonnent en chœur « La Marseillaise » puis l’orchestre du collège joue « Le Chant des partisans ». Un vif moment d’émotion, en présence de lecteurs de notre journal, de représentants d’associations d’anciens combattants, du sénateur Jérémy Bacchi (PCF) et de Pascal Lefebvre (Filpac CGT).

    Mémoire à transmettre

    « Ce nom rappelle aux générations actuelle et futures, l’action héroïque de ce personnage entré dans l’histoire », indique M. Tani, le principal du collège.

    « Cet homme a donné sa vie pour qu’aujourd’hui, nous puissions avoir notre liberté. Je suis très fière que des enfants de la République puissent lui rendre hommage », poursuit Martine Vassal.

    Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, s’adressant à eux, insiste : « Cette mémoire de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance et de la déportation, à laquelle nous sommes tant attachés à La Marseillaise, est désormais entre vos mains. Quant aux portes de notre journal, elles vous sont ouvertes, je vous invite à assister à nos conférences de rédaction et à visiter nos locaux, arrachés à un journal qui a collaboré avec les nazis et leurs complices de Vichy ».