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  • [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    Viscéralement attaché aux hommes et femmes du bataillon, mais aussi à une ville, Marseille, avec laquelle il a appris à composer au quotidien, le vice-amiral nous livre, avant son départ, les grands axes de son action mais aussi son analyse sur l’évolution du métier et des risques auxquels les marins-pompiers sont confrontés.

    La Marseillaise : Lorsque vous avez été désigné commandant du bataillon de marins-pompiers de Marseille, quels étaient vos objectifs ?

    Lionel Mathieu : Le premier objectif, c’était de faire un peu le point sur ce qu’était le bataillon contemporain de mon arrivée. Il venait de traverser la période de la crise sanitaire, riche mais difficile. Dans les mois qui ont suivi ma prise de fonction, j’ai dégagé trois grandes orientations. La première c’est ce que j’appelle conserver notre excellence opérationnelle. C’est-à-dire remplir la mission vis-à-vis des Marseillaises et des Marseillais de la manière la plus optimale possible. Et pour ce faire, il faut d’abord continuer à s’entraîner, c’est un élément extrêmement important. Un entraînement conséquent et diversifié pour justement être polyvalent. Il faut aussi que le marin-pompier en opération soit soutenu par des médecins, par de la logistique, que son matériel soit toujours en bon état. Être bon en opération, c’est aussi conserver notre expertise maritime et portuaire. Le deuxième grand axe, c’était ancrer l’humain au cœur du bataillon car sa richesse, ce sont bien ses marins-pompiers et ses personnels. On a travaillé sur une modernisation de ce qu’on appelle la gestion de carrière, sur le maintien de conditions de travail acceptables avec des équipements de pointe, de la sécurité en intervention et des casernes aménagées. Il y a aussi les conditions de vie à l’extérieur du bataillon, le socle sur lequel se bâtit là aussi leur efficacité opérationnelle. Principalement une vie décente pour eux-mêmes et pour leur famille, c’est-à-dire trouver des logements, les aider à garder leurs enfants, trouver des emplois aux conjoints, s’occuper des blessés quand nous en avons, des décès aussi malheureusement. Le troisième axe, c’est de regarder demain…

    Justement, le métier a-t-il évolué ?

    L.M. : Oui parce qu’on a une évolution des risques de plusieurs natures. La première, le changement climatique avec des feux plus forts, des phénomènes météorologiques intenses où on recommence à parler en Méditerranée du risque de tsunami. De là découle l’évolution des énergies. On voit une ville qui s’électrifie de plus en plus. La propulsion des navires est différente, on a la présence de batteries dans les véhicules… Et enfin le troisième élément, ce sont les tensions, la montée de la violence. Elle n’est pas dirigée contre les marins-pompiers mais on est confronté à l’exacerbation de la violence des rapports humains. Derrière l’évolution de ces risques, il y a donc l’évolution de nos techniques, de nos stratégies, de nos matériels avec notamment la numérisation, l’apport de l’intelligence artificielle, il y a aussi un besoin et une volonté d’aller vers plus de partenariats, d’être plus ouverts sur notre environnement, à la fois dans les autres services au public, les universités. Mais aussi d’aller vers la population parce qu’il faut absolument qu’elle soit avertie de ces risques, préparée à avoir des bons comportements. Aujourd’hui, on peut dire que nous ne sommes plus des soldats ou des marins du feu mais des soldats ou marins de la crise. On attend de nous d’être un peu la boîte à outils de tout ce qui est un peu déréglé. Notre intervention à Mayotte par exemple, n’était pas du secours d’urgence mais de la reconstruction. Cela demande une évolution de l’état d’esprit, l’emploi de plus en plus important de nos spécialités, qu’elles soient aquatiques, de secours en milieu périlleux, de risques technologiques, sur l’usage des drones ou des robots, mais aussi de les combiner entre elles. Ce qui requiert une certaine dextérité.

    Vous dirigez aussi l’école des marins-pompiers. Pour vous, la relève est-elle assurée ?

    L.M. : Cette école c’est le projet d’avenir par excellence. C’est là que tout commence, où le jeune a sa première image du bataillon, où on lui donne les bases les plus importantes, celles qu’il va garder tout au long de sa carrière, même si après il repassera dans le cycle de connaissances. C’est un projet sur lequel il faut encore convaincre, parce que ce sont des investissements humains et financiers importants. À terme, on souhaite regrouper les 3 sites sur lesquels elle est répartie en un. On recrute 180 jeunes par an, c’est un peu moins de 10% de l’unité, nous n’avons pas de crise de vocation.

    Quand on est marins pompiers on est militaire mais aussi pompier de Marseille, comment se traduit cette double appartenance ?

    L.M. : Nous sommes une unité militaire qui vit dans la cité. J’ai 350 marins pompiers tous les jours, l’hiver, un peu plus l’été, qui sont en action dans la ville. Ça crée une proximité avec la population qui est extrêmement importante. Nous consacrons 37 minutes à chaque Marseillais par an. C’est ce que j’appelle la vie partagée. Après, il y a l’histoire commune, celle des grands événements heureux, malheureux, ou douloureux qui font cette vie. Parmi les premiers, on a eu les dispositifs de protection qu’on a mis en place pour la coupe du monde de rugby, pour les Jeux Olympiques, la venue du Pape. Encore ce 15 août, les marins-pompiers faisaient partie du paysage lors du spectacle de drones. Pour les événements malheureux, les drames humains, la mort, nous les côtoyons régulièrement. Massages cardiaques, décès de personnes âgées, d’enfants, on est dans les familles. Et puis il y a les événements douloureux comme la rue d’Aubagne ou la rue Tivoli. Il ne faut pas s’imaginer que le marin-pompier, même si de par son métier côtoie des choses difficiles, est insensible.

    Quelles sont selon vous les interventions les plus marquantes de votre temps de commandement ? Que retenez-vous de cette période ?

    L.M. : Au-delà des événements douloureux que nous venons juste d’évoquer, je retiendrai surtout le contact humain avec les marins-pompiers, avec les médecins, tous ceux qui optent pour le bataillon. J’ai trouvé ici une densité humaine que je n’avais pas beaucoup rencontrée, peut-être un peu sur le porte-avions Charles de Gaulle quand j’y ai servi. Je pense que ce qui va rester ce sont ces visages où on voit sourire, fatigue, engagement… Tout ce qui marque. Ces gueules saisies sur l’instant, dans la charge émotionnelle ou la satisfaction du contact avec son chef. C’est une espèce de complicité tout en retenue.

    Quels conseils donneriez-vous à votre successeur ?

    L.M. : En substance, je vais lui dire trois choses : « aime Marseille, aime les marins-pompiers et sois toi-même ».

    Le bataillon en bref

    Plus de 2 500 militaires et civils constituent le BMPM

    17 centres d’incendie et de secours du BMPM sont répartis dans Marseille

    L’unité intervient aussi sur 4 sites à l’extérieur de la ville, l’aéroport Marseille-Provence, Airbus hélicopters, le port de Fos-sur-Mer et celui de Port-de-Bouc.

    Plus de 126 000 interventions en moyenne, soit plus de 340 opérations par jour, sont réalisées chaque année, 81% des missions relevant du secours à personnes

  • Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Une Polo et une Peugeot 2008 pour commencer… Une convention a été signée, ce jeudi 9 juillet, entre le tribunal judiciaire de Marseille et le rectorat pour attribuer à deux lycées professionnels de la ville des véhicules sous main de justice. De quoi permettre aux élèves de s’entraîner en mécanique ou en carrosserie. Pour le moment, celui de La Floride (14e) et des métiers de l’automobile et des services aux entreprises, Frédéric-Mistral (8e) se sont manifestés.

    « Cette convention répond à un triple objectif », se félicite Olivier Leurent, président du tribunal judiciaire de Marseille. D’abord, « pédagogique puisque ces véhicules seront destinés à former les lycéens de ces deux établissements » estime-t-il, mais aussi « éducatif, puisque les élèves sauront d’où proviennent ces véhicules, et sauront que quand on transgresse la loi, on peut se faire confisquer sa voiture » ; et enfin, un « objectif de réduction des frais de justice ».

    Du gagnant-gagnant

    Car cet accord gagnant-gagnant permet de faire des économies non négligeables de gardiennage. Sur la juridiction marseillaise, pas moins de 919 véhicules saisis et en attente de confiscation sont stockés dans des garages agréés, moyennant 3,20 euros la journée soit environ 3 000 euros par jour, calcule rapidement de procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. De 80 à 100 voitures par mois viennent grossir les rangs.

    « L’intérêt, c’est que ces véhicules rapportent à l’État plus qu’ils ne coûtent », précise-t-il. Si les grosses cylindrées « des criminels, des voyous » sont souvent remises aux services enquêteurs ou vendues avant jugement, la justice entend donner un certain nombre de véhicules moyenne et bas de gamme voués à la destruction, explique-t-il.

    « Pour nous, chefs d’établissement, il est important de proposer des supports pédagogiques à nos élèves, qui leur permettent d’acquérir des connaissances, des compétences et, à la fin, un diplôme qui leur permettra, soit de poursuivre des études, soit de s’insérer dans la vie professionnelle », commente Gilles Pierrisnard, proviseur du lycée La Floride, dont l’établissement est spécialisé sur les poids lourds et motocycles. Ces modèles vont donner aux lycéens un aperçu d’innovations technologiques sur lesquelles ils ont besoin de travailler, pour « être les plus compétitifs possibles dès leur entrée en entreprise » poursuit-il. Mieux, l’apport régulier de véhicules « va être une plus-value, en plus de l’aspect civique sur lequel on va pouvoir réfléchir avec les élèves, sur le fait que l’erreur se paye », complète Rémi Formaggio, proviseur du lycée Frédéric Mistral.

    Pour Pascale Darras, directrice de greffe, il s’agit également d’ouvrir un peu les horizons en travaillant avec de nouveaux partenaires, cette dernière espérant que cette convention donne des idées à d’autres lycées…

  • Un atlas participatif pour le Géoparc Socle de Provence

    Un atlas participatif pour le Géoparc Socle de Provence

    La candidature au label mondial « Géopark Unesco », que les départements du Var et des Alpes-Maritimes déposeront conjointement début 2027 pour le géoparc « Socle de Provence », n’a pas seulement vocation à faire reconnaître son patrimoine géologique remarquable. Elle a également trait à promouvoir le patrimoine culturel matériel et immatériel de cette zone de 1 600 km² s’étendant de Sanary jusqu’à Vallauris, à travers les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron.

    C’est en ce sens que le département du Var, en lien étroit avec le CNRS, initie la rédaction d’un Atlas du patrimoine culturel, véritable cartographie des richesses locales. Cet ouvrage aura pour objectif de recenser les éléments du patrimoine matériel et immatériel, de la canne de Provence à la castanéiculture, en passant par l’exploitation du liège et les composantes immatérielles telles que les rituels, costumes, danses et savoir-faire liés aux métiers.

    Un projet participatif

    et déjà lancé

    Derrière cette future réalisation, les exigences du label Unesco, qui exigent la présentation de cinq axes patrimoniaux en lien avec le projet : les traditions et expressions orales, y compris la langue, comme vecteur du patrimoine culturel immatériel ; les arts du spectacle (musique, danse, théâtre traditionnel…) ; les pratiques sociales, rituels et événements festifs ; les connaissances et pratiques concernant la nature de l’univers, et les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

    À la base de ce recueil, des travaux réalisés par des chercheurs, organismes et associations. Cependant, dans de nombreux cas, les informations sont absentes, pour l’instant manquantes, ou en train de disparaître au profit de pratiques globalisées. C’est pourquoi les porteurs du projet de géoparc ont décidé de donner à l’atlas un caractère participatif. Ainsi, une enquête « grand public » est lancée afin de recueillir des savoirs traditionnels locaux liés à la nature et ses usages, forestiers comme maritimes.

    Un projet qui bénéficie du soutien de deux figures emblématiques de la cuisine provençale, les chefs Gui Gedda et André Del Monte, qui s’engagent pour la transmission des gestes et traditions culinaires. Car la gastronomie sera un point central de l’enquête publique, via un questionnaire déjà en ligne, qui invite les habitants à partager leurs savoir-faire, de tradition familiale, régionale et locale, des ingrédients utilisés aux méthodes de cuisine. Pour que nos « gaubis » ne disparaissent pas.

  • L’Atlas de la biodiversité de Miramas clôturé après 3 ans d’inventaires

    L’Atlas de la biodiversité de Miramas clôturé après 3 ans d’inventaires

    À Miramas, l’Atlas de la biodiversité communale (ABC) touche à sa fin. Après trois années d’inventaires, d’observations et d’actions de sensibilisation, la Ville clôture en juillet ce vaste programme mené depuis 2023 avec le soutien financier de l’Office français de la biodiversité. « On a travaillé avec la Ligue de protection d’oiseaux (LPO) Paca et le groupe Chiroptères de Provence, qui sont allés sur le territoire et ont relevé la faune », explique Louise Seguinel, chargée de mission biodiversité au service transition écologique de la municipalité.

    Au total, 831 espèces ont été recensées au cours de 24 inventaires naturalistes consacrés aux oiseaux, amphibiens, chauves-souris, papillons, libellules, criquets et sauterelles. « Le chiffre le plus faramineux, c’est celui qui concerne les papillons de nuit : on connaissait moins de dix espèces, maintenant on est à 198, poursuit la spécialiste. On a aussi découvert la présence d’une nouvelle espèce de mammifère, qui est le lièvre ibérique, au niveau de la Crau. » De nouvelles données concernant certains spécimens bien connus ont aussi été collectées, permettant de montrer l’extension de leur ère d’existence et le renforcement de leur population.

    Un plan d’actions

    L’Atlas a également mobilisé le public à travers 34 actions de sensibilisation réunissant plus de 1 000 participants. « C’était indispensable d’intégrer les habitants à la démarche, affirme le conseiller municipal délégué au pacte de transition Bernard Gaudillère. Si on ne sensibilise pas la population à l’intérêt de ce travail-là, c’est raté. Vous savez ce qu’on dit : on protège ce qu’on aime, on aime ce qu’on connaît. »

    L’ABC se termine, mais le travail se poursuit. La Ville de Miramas travaille à un « plan d’actions pour les dix ans à venir », révèle Géraldine Buti, adjointe au maire déléguée à l’environnement. Louise Séguinel développe : « Ça peut concerner la gestion des espaces verts, avec une fauche tardive, ce qui est déjà fait actuellement mais peut-être pas partout ni systématiquement. On peut aussi faire le choix de laisser une libre évolution de la flore pour certaines parcelles, de créer des mares à certains endroits… On va probablement poursuivre le travail de connaissances sur la faune ou les arachides du sol par exemple, qui n’a pas été étudiée. On aimerait aussi continuer la sensibilisation auprès des jeunes publics et pousser les enseignants à s’emparer des dispositifs comme les aires terrestres éducatives ou les classes engagées… » Les pistes sont nombreuses, mais une chose est sûre : l’Atlas n’était qu’une étape, un outil au service d’une politique publique globale.

  • [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    La Marseillaise : Vous êtes un militant associatif très engagé. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

    Julien Guimard : Oui, d’autant que les réalisations d’aujourd’hui sont l’aboutissement de 20 ans de travail sur le terrain, que ce soit avec la foire bio que j’ai lancée en 2003, mais aussi par rapport à tout ce que j’ai mis en place pour créer du lien sur le territoire. Notamment avec l’association la Vallée du Gapeau en transition, qui a fait plein d’étincelles. Toujours dans cette idée de donner des moyens d’agir concrets aux acteurs d’un territoire. C’est comme ça qu’on a créé, entre autres, le magasin biocoopératif et la monnaie locale : la Fève.

    Et aujourd’hui, vous publiez
    «
     À l’aube de nos territoires »*, votre nouveau livre…

    J.G. : C’est un livre de portraits conçu à quatre mains avec des amis tout autant engagés, qui souhaitent, eux aussi, à leur échelle, répondre aux enjeux de notre époque. Je me suis occupé de l’écriture des textes, qui sont accompagnés des photographies de Virgil Prudhomme et des aquarelles de Canelle Mingo. L’ensemble a été construit, mis en page et articulé par Aurélien Prudhomme, designer graphique. J’ajoute qu’il a été imprimé dans la région. Il est le reflet de toutes ces années de militantisme pour montrer toutes les richesses du territoire, mettre en lien les consommateurs et les producteurs. C’est un petit peu l’actualité du moment.

    Que raconte ce livre ?

    J.G. : Nos rencontres avec des producteurs de la région, du département. Et parmi ces personnes, il y en a que je connais depuis 2 ans, 6 ans, 10 ans… Ce qui m’a permis de prendre le temps de vraiment avoir des discussions profondes avec eux.

    J’avais vraiment envie de raconter leur histoire et de montrer qu’ils ont un savoir-faire extraordinaire. On a l’une des meilleures permacultrices de France, un apiculteur formateur qui a une connaissance incroyable de l’abeille. Ou encore, par exemple, des gemmothérapeutes qui font du soin avec les bourgeons. Je voulais vraiment mettre en lumière tous ces gens-là. Sans cacher, bien sûr, leurs difficultés, mais on a souhaité surtout montrer de belles choses. Et je pense qu’à l’époque qu’on traverse, c’est important de montrer aussi de belles choses sur le territoire, de créer du lien et des rencontres plutôt que d’attiser les peurs. C’était ça, l’idée première.

    L’échelle locale trouve sa véritable valeur correctrice lorsque nous remettons en cause nos systèmes de production ravageurs et nos habitudes de consommation à outrance. Au-delà du simple « faire et consommer local », la dimension nourricière implique de réfléchir ensemble aux manières de produire et de se nourrir autrement, en respectant le vivant et les communs sur un territoire donné. Appuyés par des dynamiques citoyennes, de nombreuses villes et territoires prennent ainsi conscience des enjeux du système alimentaire, pour la prospérité des sociétés à venir, et tentent d’y répondre, affichant ainsi une volonté commune forte. L’objectif étant de mutualiser nos connaissances, agir d’une même voix, ici ou ailleurs, riches de nos origines, cultures ou situations socio-économiques variées. Vitaliser le territoire et réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain… Un programme vaste et motivant !

    J’imagine que ces alternatives seront au cœur de la prochaine foire bio de Signes…

    J.G. : Bien sûr, d’autant que, pour cette nouvelle édition qui va se dérouler les 23 et 24 mai, nous aurons comme invité d’honneur l’écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste Cyril Dion. Il donnera deux conférences ayant pour thème « D’un monde à l’autre : le péril écologique nous confronte aux limites de notre planète ». La première sur place le samedi à 11h et le soir au jardin remarquable de Baudouvin, à La Valette.

    L’occasion, là encore, de montrer que nous sommes au bout d’un modèle et qu’il reste une nouvelle société à inventer en remettant l’économie à sa juste place. En attendant, pendant deux jours 100 à 120 exposants seront présents, avec des producteurs bio, des artisans-créateurs et beaucoup d’associations. L’idée est de créer une bulle qui montre un petit peu tout ce qu’il y a sur le territoire en matière de savoir-faire et de créativité, tout en offrant des moyens d’agir à celles et ceux qui souhaitent s’engager.

    *Précommandes sur : ulule.com/alaubedenosterritoires

  • [Travailleur de demain] Tao Dupland, la mécanique moto dans la peau

    [Travailleur de demain] Tao Dupland, la mécanique moto dans la peau

    En se promenant entre les bécanes du CMA Formation de Fontcouverte, Tao Durand, 18 ans et tout juste médaillé d’or aux WorldSkills en « Technologie motocycle », enchaîne les références sur chaque modèle et ses spécificités. « Ça, c’est italien, ça marche bien mais ce n’est pas les plus fiables », lâche-t-il devant une moto de la marque Aprilia, devant laquelle il choisit de taper la pose parmi la dizaine de véhicules.

    Apprenti en mécanique moto, c’est en Ardèche, à Vinezac, que Tao a fait ses premières gammes, ou plutôt démonté ses premiers moteurs. S’il a commencé avec des vélos, la moto de son oncle l’a poussé à s’intéresser aux deux-roues motorisés. « J’ai eu une Dirt 125 à mes 10 ans. Et je l’ai un peu grattée », glisse-t-il avec un regard nostalgique. S’ensuit une succession d’achats et de reventes, en passant par des réparations plus ou moins poussées. Au total, il a eu pas moins d’une vingtaine de motos en sa possession avant d’atteindre la majorité. Le sens de la mécanique mais aussi du business. Un système qui lui permettra peut-être un jour de posséder l’un de ses bolides de rêve, entre Honda 500 CR et CBX 6, ou encore les Kawasaki H2 et 490 YZ, « mythiques qui ont des moteurs magnifiques », lâche-t-il.

    Progrès dans la difficulté

    Il s’est donc logiquement dirigé, à la sortie du collège, vers un CAP, qu’il a obtenu avec la mention très bien. Puis il se dirige vers Avignon pour intégrer le CMA Formation. C’est là que l’un de ses enseignants, Michel, évoque à la classe de cinq apprentis l’existence du concours auquel toute la classe s’est inscrite, forte de 20 heures de cours de mécanique chaque semaine, ce qui est évidemment sa matière préférée.

    Une formation qu’il suit également du côté d’une entreprise plusieurs semaines par mois. Et celle-ci, Classic Motos, qui se trouve à Aubenas, en Ardèche, n’a pas joué un petit rôle dans ses connaissances en mécanique moto. Il y travaille comme seul employé de l’entreprise en dehors du patron. « On reçoit de tout, des BMW comme des Harley. Et je dois faire toutes sortes de tâches qui demandent tout de même pas mal de compétences. Et le patron me laisse me débrouiller. Quand je bloque, il ne m’aide que quand je suis allé au bout et que je n’ai pas avancé. C’est là que j’ai l’impression d’apprendre », glisse Tao, qui explique qu’il avait ainsi un avantage sur certains de ses camarades « qui ne font que de la révision ou des pneus chez des concessionnaires ». Il avait également été dans une entreprise proche de chez lui pendant environ un an et demi. Mais celle-ci ne lui convenait pas, donc il l’avait finalement quittée. « Ce n’était pas toujours intéressant. Si j’ai un conseil à donner, c’est de ne pas se laisser marcher dessus et de changer d’air si on n’est pas bien là où on est », se permet le jeune homme tout en expliquant à quoi sert chaque partie d’un moteur qu’il démonte et remonte machinalement.

    Désormais, place à l’avenir. Et c’est toujours du côté de Classic Motos que cela devrait commencer. « Plus tard, je ne sais pas encore quoi faire mais il y a plein de possibilités. J’ai le temps », conclut-il avant de retourner en classe pour préparer son bac, ce qui ne devrait pas poser trop de soucis.

  • « La santé des femmes n’est pas qu’une question de femmes »

    « La santé des femmes n’est pas qu’une question de femmes »

    Hélène Gaufichon, secrétaire générale, et Olympe Chabason, responsable solidarité et prévention, considèrent les inégalités entre les genres comme une question de santé publique. Après avoir réalisé une étude, elles ont pensé une campagne de prévention et de sensibilisation aux inégalités subies par les femmes dans le milieu de la santé, en raison d’une moindre connaissance de leurs corps par le système médical et d’une précarité qui touche davantage les femmes que les hommes en France.

    La Marseillaise : Quelle est la position de Solimut vis-à-vis des inégalités de genre dans l’accès à la santé ?

    Hélène Gaufichon : La philosophie de Solimut est d’être une mutuelle militante, engagée. La thématique de la santé des femmes est un fil rouge. Nous avons travaillé sur le sujet des violences faites aux femmes, la prévention des cancers, la santé gynécologique, la précarité menstruelle. Il faut user des plaidoyers pour avoir un vrai impact de progrès et d’émancipation. Nous avons acquis une certaine expertise que l’on souhaite enrichir, consolider, mais aussi, partager.

    Quels sont les constats sur les inégalités de genre dans l’accès
    à la santé en France ?

    Olympe Chabason : D’abord, il y a une méconnaissance du corps des femmes, liée au fait que la médecine a été développée par et pour des hommes. Par exemple, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité des femmes en France. On ignore qu’elles peuvent avoir des symptômes différents de ceux des hommes. Donc, il y a davantage d’hommes hospitalisés mais les femmes en meurent plus. Ensuite, on a tendance à laisser de côté les maladies féminines mais à sur-investir la question de la maternité. Une femme sur dix en âge de procréer a l’endométriose, mais il faut sept à dix ans pour un diagnostic. À côté, la majeure partie des contraceptifs sont féminins. Ça révèle la banalisation des maladies féminines et le surinvestissement de la question de la fertilité et de la maternité. Si elles reposent en grande partie sur les femmes au détriment parfois de leur santé physique et mentale, les avancées en la matière ont, dans le même temps, constitué un grand progrès (loi Veil, prise en charge de la PMA, etc.) Enfin, il y a le cercle vicieux de la précarité. En France, 4,9 millions de femmes vivent sous le seuil de pauvreté contre 4,3 millions d’hommes en 2022 (Insee). Les femmes sont en moyenne plus précaires que les hommes. Quand on a moins de ressources, la santé peut vite devenir une variable d’ajustement dans son quotidien. Donc on va être en moins bonne santé, on va peut-être devoir passer à temps partiel, on va perdre des revenus et être encore plus précaires. C’est un constat alarmant et grave mais ce n’est pas une fatalité, on peut y remédier en repensant le système de santé, en revoyant le lien médico-social pour rapprocher ces femmes des politiques de prévention, de dépistage et d’accès aux soins.

    H.G. : Rechercher l’égalité homme-femme ne signifie pas nier les différences biologiques, car il y en a. Or historiquement, dans la société patriarcale, les recherches se sont basées principalement sur la connaissance du corps de l’homme. Ce n’est pas complètement adapté à l’autre moitié de l’humanité. Il faut rééquilibrer les états de connaissances pour adapter au mieux les prises en charge, afin de lever ces inégalités en santé.

    Comment cette campagne
    a-t-elle été pensée ?

    H.G. : Elle est à la fois l’aboutissement d’une démarche de plusieurs années et en même temps le début d’une dynamique renforcée à destination de l’ensemble des femmes, et plus globalement encore de la société. Parce que la santé des femmes n’est pas qu’une question de femmes, c’est aussi une question d’hommes et de regards portés sur les femmes. C’est un sujet qui doit être pris en compte si on veut une société humaniste, féministe, antiraciste. Il n’y a pas de raison d’occulter ce que vivent et traversent les femmes, à savoir la moitié de la population.

    O.C. : Cette campagne a trois objectifs majeurs. Le premier, c’est de mettre la santé des femmes et les inégalités au cœur du débat public, car ce n’est pas un sujet dont on parle autant qu’il le mérite, alors que c’est une vraie urgence de santé publique et de justice sociale. Le deuxième objectif est de donner la parole aux femmes, de récolter leurs expériences et leurs préoccupations, pour améliorer leur santé et réduire les inégalités. Le troisième est de mettre en avant les solutions qu’on propose déjà. On a choisi comme slogan : « Les inégalités de genre en santé sont d’abord politiques » parce qu’on veut démontrer que les inégalités en santé ne sont pas une fatalité. C’est une construction liée à l’histoire, à des décisions scientifiques, politiques. Donc, on peut les corriger et les surmonter.

    Quelles sont les actions concrètes mises en place dans cette campagne ?

    O.C. : D’abord, on va alerter sur ces constats et on sera présents le 8 mars sur différentes manifestations publiques. Au-delà du relais de la campagne, on a préparé une enquête 100% anonyme, disponible en ligne. Elle vise à recueillir les histoires des femmes, à objectiver les inégalités, à récolter leurs propositions en vue d’avoir un bilan de tout ce qu’on aura appris à travers ces questionnaires. L’enquête pourra être remplie par toutes les femmes. On souhaite aussi proposer concrètement des solutions aux femmes en matière de santé, avec de la prévention santé, notamment sur les cancers féminins, les maladies cardiovasculaires. On veut proposer partout des solutions, dans une logique d’éducation populaire et d’émancipation. Au-delà de la campagne, les actions se poursuivent tout le reste de l’année car les femmes ont besoin de solutions toute l’année, toute la vie.

    H.G. : Si on veut que les messages soient entendus, ça le sera d’autant plus si on est plusieurs à dire la même chose. D’où l’intérêt des actions autour du 8 mars qui se font de façon coordonnée et dans un objectif de prise de conscience collective. On sait à quel point, parfois, ça peut être compliqué d’entendre certains discours. Ça peut être compliqué pour certains hommes de les entendre, des hommes qui ne se sentent pas malfaisants, mais qui ont du mal à percevoir à quel point la société est patriarcale et a mis sur le bord du chemin la moitié de sa population.

  • Un esprit d’équipe qui permet de relever tous les défis à Toulon

    Un esprit d’équipe qui permet de relever tous les défis à Toulon

    À quelques jours seulement de l’annonce de sa décision concernant sa plus que probable candidature, à laquelle à La Marseillaise nous n’avons jamais douté, tout le monde essaie de décrypter le moindre signe ou de lire entre les lignes. Mais bien sûr rien ne transparaît dans les propos de la maire sortante sans étiquette Josée Massi ce mardi matin en salle des fêtes. À moins que…

    « Soyons honnêtes, l’année 2025 n’a pas été simple. Elle a comporté son lot de difficultés et d’incertitude », commence-t-elle, en expliquant qu’elle ne souhaite pas s’appesantir dessus. Et pourtant il y aurait eu matière. Et d’expliquer : « Ce que j’en retiens, c’est que notre ville, une fois encore, a su faire face. »

    Une capacité de résilience face aux lourdes péripéties traversées pendant ce mandat qu’il est en effet bon de souligner. La première étant la déflagration qu’a provoqué la condamnation de son prédécesseur Hubert Falco. Le contexte économique, la cure d’austérité imposée par l’État aux collectivités et l’instabilité politique au niveau national faisant le reste. Sans compter l’adversité locale. Mais de tout cela Josée Massi maire de Toulon ne dira mot. Elle préfère voir plutôt « la solidité de l’administration mise en lumière par les défis relevés, avec professionnalisme ».

    « Toulon ne pourrait rien sans vous »

    La première magistrate a donc salué « l’esprit de responsabilité dont chacun a su faire part ». Celle aussi « des services, qui ont assuré la continuité des missions, dans des conditions parfois complexes ». Tout comme « les équipes de terrain, Ville et Antennes, qui maintiennent ce lien de proximité absolument indispensable avec la population ».

    Sans compter aussi l’esprit de responsabilité des élus, qui ont travaillé en étroite coordination avec les agents territoriaux pour garantir la cohérence et la stabilité de l’action publique.

    Et de poursuivre : « Dans ces moments, une évidence s’impose : Toulon ne pourrait rien sans vous. Votre engagement, votre expertise, votre sens du devoir et votre attachement au service public constituent la plus grande force de notre collectivité. »

    Une reconnaissance des missions accomplies qui a visiblement touché le personnel venu nombreux assister à ces vœux.

    Et la maire de Toulon de conclure : « J’en suis persuadée, on n’arrive à rien tout seul. L’esprit d’équipe est un atout précieux : cette coopération entre les services, la capacité à se soutenir, à partager les connaissances, à trouver des solutions ensemble, ont été déterminantes tout au long de l’année, et elles le resteront. En ce début de nouvelle année, je formule le vœu que la Ville poursuive dans cette voie : celle de la cohésion, de la rigueur, de l’écoute, du dialogue, du respect des valeurs du service public. »

    Presqu’un programme.

  • À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    L’entrepreneuriat n’était pas prévu, mais il s’est imposé naturellement à Éric Lahaye. Adolescent, le Martégal avait des difficultés à l’école. « J’étais hyperactif, le cadre scolaire ne me convenait pas », explique-t-il. Après une année de fac de lettres, le jeune homme se pose des questions sur son avenir. Sans projet professionnel clairement défini, il choisit de se consacrer à sa passion, le kung-fu. « Je travaille à ArcelorMittal, j’économise et je pars en Chine dans une école d’arts martiaux », raconte-t-il, se remémorant la discipline stricte qu’il s’y impose.

    « J’ai grandi à Canto-Perdrix, j’étais jamais sorti des Bouches-du-Rhône, mais je savais pourquoi j’y allais. Dans les quartiers, on a pas de visibilité, on grandit dans une vision où beaucoup de personnes nous font comprendre qu’on arrivera pas à grand chose. Donc j’avais rien à perdre. »

    Après ce premier voyage initiatique, il part en Australie. C’est quand il cherche à pratiquer le kung-fu qu’une idée d’application lui vient : « J’ai regardé sur Facebook, Instagram et Snapchat pour trouver des partenaires, mais je n’ai trouvé personne. Je me suis dit que c’était quand même fou qu’à l’ère des réseaux sociaux, on ne puisse pas trouver quelqu’un qui a le savoir auquel on aspire. Comme l’outil n’existait pas, j’ai voulu le créer moi-
    même
    . » Une envie qui lui permet de trouver sa voie : celle de l’entrepreneuriat.

    Un réflexe

    C’est deux ans plus tard, en 2017, que le projet se concrétise. Surmotivé, Éric Lahaye « enfonce les portes » à Marseille. Son projet est incubé à la Belle de mai et repéré en 2020 par l’école de commerce et de management Kedge, qui lui offre une formation de trois ans grâce à un programme philanthropique. « Ça m’a donné un cadre pour garder le cap et la rigueur », affirme le jeune homme. Après des années de travail, l’application Thot App voit finalement le jour en 2024.

    Le concept est simple : permettre la mise en relations autour du savoir. Thot ne se limite pas aux compétences professionnelles, loin de là : le champ couvert va du sport à la culture en passant par tous types de passions, la mécanique, le bricolage, les langues étrangères, la cuisine, la poterie, etc. Le partage peut être gratuit ou payant, à la guise des utilisateurs. « L’idée, c’est de briser les barrières à l’accès à la connaissance en créant du lien social, précise Éric Lahaye. C’est plus simple de trouver des horaires et des tarifs adaptés auprès de particuliers qu’auprès de structures. »

    « Aujourd’hui, on arrive à 5 000 utilisateurs et 500 sessions d’échange, ce qui est beau parce qu’on communique dessus seulement depuis juillet 2025 », poursuit le Martégal, qui recherche en ce moment même des investisseurs. « Une fois la levée de fonds réalisée, ce qui est en bonne voie, on se déploie en Europe puis à l’international, révèle-t-il. Je veux devenir la référence de l’échange de savoirs, que Thot devienne un réflexe. »

  • Les enjeux de l’étude de la nappe du miocène

    Les enjeux de l’étude de la nappe du miocène

    « C’est comme le compte en banque. Si on ne regarde pas combien on a, combien rentre et qu’on utilise sans compter, on risque très vite de se retrouver sans rien », lance Konstantinos Chalikakis, professeur-chercheur en hydrogéologie à l’université d’Avignon, à propos des réserves d’eau de la nappe du miocène.

    Car, à l’heure actuelle, on ne connaît pas exactement la quantité d’eau qui se trouve sous nos pieds. Des études ont été menées au fil des années, mais sans connaître précisément les réserves et le fonctionnement de cette nappe très particulière, qui fournit en eau 300 000 Vauclusiens à l’heure actuelle. Un intérêt relancé après la sécheresse de l’été 2022, qui avait frappé le Vaucluse et poussé le Département à organiser les premiers États généraux de l’eau, en décembre de la même année. « Le premier objectif est la connaissance du miocène, ressource particulièrement importante pour notre territoire », souligne la présidente (LR) du Département, Dominique Santoni, devant le rocher de Rocalinaud à Beaumes-de-Venise, affleurement qui illustre comment l’eau de surface pénètre dans le sol.

    Unir les forces

    Cette nappe, constituée en réalité de plusieurs masses d’eau distinctes dont la communication entre elles n’est pas encore avérée, s’étale sur plus de 1 000 km2 dans le département, qui était sous la mer lors de sa formation.

    « Il faut arrêter de travailler en parallèle et unir nos forces. Et ce, pour que nous puissions décliner des études en mesures concrètes », poursuit l’élue. Ce qui est lancé avec la structure GeEAUde, une chaire universitaire d’Avignon Université dédiée aux eaux souterraines. « On ne connaît pas bien la géométrie de la structure, et le type de fonctionnement, ce qui n’est pas encore le cas. Le sol qui contient l’eau est constitué de différentes couches géologiques dont on ne connaît pas la composition. Et la profondeur des forages peut varier de plusieurs centaines de mètres », confie ainsi Konstantinos Chalikakis.

    Des analyses et évolutions du niveau d’eau sont ainsi effectuées régulièrement. Un plan d’action, le Pare, a notamment été déployé jusqu’en 2028. Le réseau de points d’études devrait notamment passer de 19 à une trentaine pour étoffer les connaissances sur le sujet. « L’enjeu est aussi de voir si le Rhône alimente la nappe et comment, afin de protéger cela aussi », ajoute Patrick Merle, vice-président du Département et président de la commission environnement.

    CHIFFRES

    1 000

    kilomètres carrés de superficie totale de la nappe du miocène en Vaucluse

    16 millions

    de mètres cubes d’eau sont prélevés, chaque année, dans la nappe du miocène

    70

    communes sont couvertes par la nappe du miocène