Tag: congés

  • L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    Le sort de l’association Entraide des Bouches-du-Rhône a été scellé, lundi 2 mars, devant le tribunal des activités économiques de Marseille, qui a validé l’offre d’Habitat et Humanisme Soin et ordonné la cession de l’intégralité des établissements exploités, à ce jour, à cette association lyonnaise. Les six Ehpad et quatre résidences autonomie sont cédés pour 7,48 millions d’euros, dont 6,8 millions d’actifs immobiliers. La valeur très théorique du parc immobilier était estimée à 33 millions d’euros.

    Ce choix d’une « offre viable » venue de l’économie solidaire « permet de préserver 448 emplois et de maintenir 725 personnes âgées dans leur lieu de vie actuel, et d’entrevoir des perspectives positives de renouveau avec les différents investissements prévus, notamment pour les travaux de rénovation et de réhabilitation », expose le tribunal dans son jugement de 23 pages.

    Le scénario catastrophe redouté est évité

    La résidence du Roy d’Espagne (dans le 8e à Marseille) ne pouvait être dans le deal puisque fermée en juillet 2024 et préemptée par la Ville de Marseille pour y créer une « résidence autonomie de nouvelle génération », qui sera confiée au CCAS. L’Ehpad du Clos Saint-Martin, à Pélissanne, n’est pas non plus concerné, ayant été fermé par l’ARS en septembre 2025 après le constat de graves dysfonctionnements.

    Malgré un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2024, la situation de l’Entraide 13 n’avait cessé de se dégrader avec un résultat négatif de 4 millions d’euros, qui rendait impossible tout plan de continuation. Huit candidats s’étaient manifestés. Trois offres sérieuses ont été déposées in fine, mais une seule exposée à la barre du tribunal. Le sérieux de l’offre de l’association lyonnaise a convaincu les magistrats. Habitat et Humanisme Soin assure déjà la gestion d’un réseau de 59 établissements d’accueil et de soins de seniors dans 20 départements, soit près de 4 900 lits et emploie environ 2 000 salariés.

    L’Agence régionale de santé et le conseil départemental avaient émis un avis très favorable à cette reprise, qui « n’implique aucune fermeture de site et préserve au mieux les intérêts des résidents et de leurs familles et des salariés ». En effet, 448 des 468 emplois sont sauvés « avec leurs droits acquis », soit 96% des emplois. Les 20 salariés du siège social d’Entraide ne sont pas repris, ce qui doit conduire à 18 licenciements. L’administratrice judiciaire de l’Entraide a été entendue, elle qui soulignait qu’un effort devrait être fait par le repreneur « pour apaiser le climat social concernant les droits acquis des salariés repris ».

    La somme totale déclarée au passif, au jour de l’audience du 17 février, est de 59 millions d’euros, dont 22 millions contestés, soit une somme finale qui avoisine les 40 millions d’euros tout de même, composée à 80% de dettes bancaires et 20% de prestataires. Le Département reste garant de certains prêts bancaires à hauteur de 12 millions d’euros. Si le tribunal se dit conscient de « l’impact économique » de cette cession pour les contrats non transférés, il retient « l’effort financier manifestement réel, même s’il ne permettra pas un apurement direct du passif ».

    Si le prix de cession fixé à 7,48 millions d’euros est « décorrélé de la réalité du passif », le tribunal considère que le coût total de la reprise est en réalité de 32 millions d’euros en tenant compte des congés payés, des départs à la retraite, de l’hypothèque de l’Ehpad La Marylise (dans le 11e à Marseille), des dépôts de garanties et des fonds de roulement à reconstituer, des travaux de réhabilitation et de remise aux normes estimés à 12,5 millions d’euros sur un parc assez vétuste.

    Une trentaine de contrats sont repris. Pas celui de la restauration collective conclu en 2024 avec la société marseillaise Ascent pour 5 ans, ce qui est « de nature à inquiéter tant ses prestations sont essentielles à la poursuite de l’activité », énonce le tribunal, qui prend acte toutefois d’échanges en cours entre les parties. L’ARS et le Départemental se sont engagés à procéder au transfert effectif des autorisations d’exploitation nécessaires au repreneur dans les 48 heures. La période d’observation a été prolongée jusqu’au 22 juillet 2026.

    Un « heureux dénouement » pour le CD 13

    « Je dirais ouf et enfin ! » réagit Jean-Marc Perrin (DVD), conseiller départemental, l’autorité de tutelle. « Nous sommes heureux et soulagés de ce dénouement. C’est la fin d’un long processus judiciaire qui évite une casse sociale terrible et la perte d’une capacité d’un millier de lits en grande majorité habilités à l’aide sociale », salue l’adjoint au bel âge, à l’archéologie et la paléontologie. « Nous avons travaillé main dans la main avec l’ARS pour éviter une catastrophe. Habitat et Humanisme sont de vrais pros compétents qui gèrent déjà 60 établissements, qui ont la fibre des bailleurs sociaux et de l’habitat inclusif. Quand j’entends que les anciens dirigeants de l’Entraide essayent de trouver des responsabilités chez les autres, je rappelle qu’en sortie du Covid et en plein scandale Orpea, et alors qu’ils commençaient à être dans le rouge, deux dirigeants se sont augmentés de presque 30% en 4 ans, alors, qu’ils balayent devant leur porte ! »

  • À Decathlon, une grève à fond pour les salaires

    À Decathlon, une grève à fond pour les salaires

    Ce mercredi dès cinq heures, à l’entrée du parc des Aiguilles, les syndicalistes de l’entrepôt logistique Decathlon ont déployé leur barnum et leurs pancartes. « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi », « 1% = non », peut-on lire sur l’une d’entre elles. À l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), le ton monte logiquement entre la direction du groupe et l’intersyndicale CGT, CFDT, Unsa et CFTC, rejointe par FO à l’entrepôt local des Aiguilles.

    Le conflit de classe est bien présent à l’arrière-plan. « Ils veulent augmenter nos salaires de 1% jusqu’à 2 500 euros brut, rien au-dessus, et donner un jour de congé pour 40 et 45 ans d’ancienneté alors que ça concerne personne », indique Laurent Curti, délégué syndical et élu au CSE de la CGT, alors qu’en même temps « les actionnaires viennent de se frapper 600 millions d’euros de dividendes ». Pour rappel, « l’année dernière il s’étaient versé 800 millions en plus d’un milliard d’euros pour la famille Mulliez, débloqué sur les réserves ».

    « La boîte se porte très bien », renchérit Abdallah Draoui, de la CFDT. Au contraire des salariés. « Il y a un mal être, avec deux départs récents dont un pour inaptitude car il ne supportait plus le travail », précise le syndicaliste. Mais la maladie ne permet pas l’absence. « Les gens ne sont pas bien mais financièrement, ils ne peuvent pas se permettre de se mettre en arrêt. Et quand ça arrive les indemnités viennent avec 3 à 4 mois de retard et ils galèrent, peuchère », déplore Abdallah Draoui.

    Le problème de fond soulevé par les syndicaliste est celui du salaire et de la reconnaissance du travail accompli.

    Pas de salaires,

    pas de salariés

    « Le Smic va finir par me rattraper » ironise Valérie Furchmuller, « 27 ans de boîte et 14,70 euros de l’heure » contre 12,02 euros le smic horaire au 1er janvier 2026. « J’aurais aimé une prime d’ancienneté, genre 40 euros par mois », propose-t-elle. « Beaucoup qui sont là depuis 10 ans sont à 50 euros du Smic », signale Laurent Curti, pour qui « faire des heures, 21h sur 24, des nuits 9 mois sur 12, des week-ends et des jours fériés ne paye que 25% de plus », déplore-t-il, après 35 ans de présence dans l’entreprise.

    Les plus jeunes ne sont pas épargnés par cette morosité ambiante. « Ça fait 7 ans que je suis là et je ne sais pas si je serais resté si j’étais arrivé aujourd’hui », reconnaît Jordan Melo, 32 ans, qui travaille au rayon des produits volumineux, comme les tapis de courses.
    « Que les actionnaires récupèrent des sous sur leurs investissements est normal, mais quand ça marche bien il faut partager » poursuit-il, se demandant « qu’est ce qui va donner envie de remplacer les anciens, alors que si t’es pas content, on te dit de dégager ? »

    Son collègue de 23 ans Florent Sauteret, du même secteur, est catégorique : « Je ne pense pas finir l’année. » « Les carrières longues c’est fini, il n’y a plus d’intérêt. Beaucoup partent, avec leurs compétences, et ne sont pas remplacés. Si ce n’est par des intérimaires et des CDD qui ne peuvent pas faire grève avec leurs contrats précaires. »

    Près d’un tiers des CDI étaient en grève à Ensuès selon les syndicats. Decathlon n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais.

    « La boîte va très bien, mais les salariés galèrent »

  • Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Rebelote. Une cinquantaine de personnels de l’Hôpital de Martigues ont manifesté en préambule de la séance du Comité social et économique (CSE) de ce lundi matin à l’appel du syndicat CGT. En cause : la suppression de 5 + 3 jours de congés occasionnels ainsi que de la pause méridienne pour les agents du Centre hospitalier de Martigues. Ces dispositions, fruit d’un accord datant d’une quinzaine d’années, sont des « irrégularités » selon le rapport de la Chambre régionale des Comptes portant sur la période 2019-2023 ( nos éditions du 4/11 et 9/12 ).

    À la sortie de la séance, la secrétaire générale CGT du syndicat de l’hôpital Laure Privat regrette que « le directeur reste sur ses décisions » et qu’« aucune négociation ne soit possible depuis le début au prétexte du rapport de la Cour des comptes ». « Ça va vraiment être compliqué pour la pause méridienne car il est plus facile de l’enlever aux agents administratifs qu’à ceux au pied du lit du patient », détaille la responsable, « on en déduit que certaines catégories professionnelles ne pourraient plus s’absenter du service » dans certains cas.

    Sollicitée sur place, la direction du CH de Martigues a refusé de nous répondre au sujet du dialogue social.

    Un manque criant de personnel

    En marge du CSE, la lectrice de la déclaration de la CGT Valérie Rossero, aide-soignante en cardiologie, insiste sur le fait que, « la suppression de la pose méridienne veut nécessairement dire réduction du personnel », sans compter « l’épuisement à force de faire des jours à rallonge ». « À 58 ans si je passe à 12 heures par jour je ne sais pas comment je gérerais la charge de travail sur mes épaules », se demande la syndicaliste.

    Plus encore, « on nous demande d’être polyvalents car on manque de personnel et on fonctionne en mode dégradé », relève Valérie Rossero. C’est-à-dire « aller combler le manque dans les autres services ou travailler sur plusieurs postes à la fois, et il y a un vrai risque de faire des erreurs », conclut-elle.

    Par un surprenant hasard, l’une des élues CGT au CSE a du précipitamment sortir de la séance pour cette raison. « Il manque du personnel au 7e ! », lâche Fabienne Guibaud en courant. Son collègue infirmier du bloc opératoire, confirme : « La direction n’arrive pas à recruter et il manque la moitié de l’équipe spécialisée au bloc » indique-t-il.

    Alors, les offres d’intérim sont pléthoriques. Sur son téléphone, il montre celles proposées pour la semaine. « Il y a 5 missions de remplacement sur 12h ou pour la nuit » précise l’infirmier, sachant que « c’est entre 10 et 12 en période normale ». « C’est pas en retirant les acquis sociaux qu’on recrutera alors que les gens se barrent » déplore-t-il.

  • La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    « Ils veulent faire des économies de bouts de chandelle sur le peu d’acquis qu’on a », se désole Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT du centre hospitalier de Martigues. Dans un tract aux personnels publié ce lundi, le syndicat alerte sur une possible remise en cause par la direction de plusieurs jours de congés ainsi que la prise en compte de la pause de mi-journée dans le temps de travail, fruit d’un accord signé en 2002.

    En substance, Laure Privat indique qu’il s’agit « de trois jours de congés lorsque l’on reçoit une médaille d’ancienneté à 20 ou 30 ans et de cinq jours avant le départ en retraite ».

    Du reste, « nous avons 20 minutes de pause pour 6 heures travaillées. Aujourd’hui la majorité des services sont en 12 heures et on arrive souvent avant la prise de poste pour aider les collègues à la relève. Pour un quart d’heure volontaire par jour, on ne demande qu’un jour de repos par an. Mais aucune négociation n’est possible », regrette la syndicaliste.

    Des « irrégularités » ?

    Ces dispositions seraient des « irrégularités » parmi d’autres citées dans le rapport de la Chambre régionale des comptes portant sur la période 2019-2023 (notre édition du 31/10). Pour la CGT, « l’État doit mettre la main à la poche pour ne pas faire d’économies sur nos acquis. Le service public est une priorité », affirme Laure Privat.

    Contactée, la direction du centre hospitalier de Martigues n’a pas donné suite à nos sollicitations dans nos délais.

  • Grève aux Baumettes pour les congés

    Grève aux Baumettes pour les congés

    Les agents hospitaliers des Baumettes ne lâchent rien. En grève, ce jeudi 30 octobre, ces derniers se battent toujours pour le maintien de congés spécifiques, les fameux « C16 », que la direction de l’AP-HM entend supprimer, et à l’origine de plusieurs mouvements sociaux depuis cet été.

    « Ce sont des acquis qu’on a depuis 1994. Ce sont des jours essentiels par rapport aux conditions du milieu dans lequel on exerce. Ça nous permet de souffler, c’est une juste reconnaissance de ce que l’on fait », explique Marie*, soignante « récemment recrutée » sur l’établissement pénitentiaire. « On m’a proposé le poste en mettant en avant ces jours de congé. Et maintenant, on nous dit qu’on nous les enlève ? C’est incompréhensible », développe-t-elle.

    Son incompréhension est partagée par plus d’une vingtaine d’agents qui se sont réuni devant la porte Martini de la prison, en début de matinée, avant qu’ils ne reçoivent des assignations pour reprendre le service. Martin, un autre soignant, abonde : « Quand on travaille, c’est sans contact extérieur, on est enfermé en milieu carcéral, avec des contraintes logistiques. Nous ne sommes pas un service lambda, nous avons des formations spécifiques pour la gestion de la violence, sur le milieu carcéral. » Le raisonnement des grévistes est simple : à travail spécifique, congés spécifiques. « Ils matérialisent la reconnaissance de notre travail », martèlent les grévistes, soulignant la « dangerosité » de prodiguer des soins dans ce milieu.

    D’autant que ces jours de congés spécifiques datent du changement de tutelle des soignants en milieu carcéral, passant du ministère de la Justice à celui de la Santé et transférant la prise en charge sanitaire des détenus au service public hospitalier plutôt qu’à l’administration pénitentiaire, en 1994. Plus qu’un symbole : le détenu est depuis considéré et soigné comme un patient classique. Reste que l’AP-HM ne compte visiblement pas revenir sur leur suppression à venir. Elle explique qu’ils « constituent une exception marseillaise (…) et qu’ils sont dépourvus de toute base légale ». Et que les C16 « ne trouvent aucun équivalent dans les autres services sanitaires en milieu pénitentiaire gérées par l’AP-HM ».

    La CGT demande des repos compensateurs

    D’où la volonté affichée de tendre vers « l’application du droit commun » et de « rétablir l’équité entre les professionnels » en vue de l’ouverture prochaine des Baumettes 3, nouveau bâtiment de la prison. Ouverture pour laquelle est prévue « le renforcement de l’offre de soins », ainsi que le recrutement d’une trentaine d’agents supplémentaires pour le site.

    Des arguments jugés irrecevables par les grévistes. « On est sur des décisions prises sans concertation, les nouvelles recrues n’ont déjà plus les C16 », dénonce Nour-Eddine Djazoul, secrétaire général de la CGT Hôpitaux Sud. Mais le syndicat a un autre angle d’attaque. « Nous avons eu une réunion avec la direction, jeudi dernier. On nous a expliqué que le temps de trajet de notre entrée dans l’établissement jusqu’aux unités sanitaires ne comptait pas comme du temps de travail », explique Nour-Eddine Djazoul, secrétaire général de la CGT Hôpitaux sud. Pour contrecarrer l’argument de l’illégalité des C16, la CGT « demande de récupérer ce temps non décompté via des repos compensateurs ».

    Ce temps de trajet est évalué à 35 minutes par jour, de quoi remplacer la perte des congés spécifiques, selon les calculs de l’organisation syndicale. « Comme les C16 sont jugés non règlementaire, on demande une compensation de ces temps de trajets non comptés via des RTT », développe Nour-Eddine Djazoul. Mais, pour l’heure, il évoque surtout une « absence de négociation » et prépare la suite du bras de fer. L’AP-HM informe de son côté que la suppression des C16 est « bien entérinée ».

    *Les prénoms ont été changés

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.

  • Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Comment répondre à la crise provoquée par Emmanuel Macron ? « Avec l’union évidemment et dans les Bouches-du-Rhône, on sait faire ! » À la Fête de la Rose, ce samedi 11 octobre, le premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, Yannick Ohanessian, annonce la couleur, du rose à l’arc-en-ciel. Il ne s’agit pas là d’une réunion de militants, mais d’un « rendez-vous avec l’histoire ». Où le contexte national s’entrechoque avec les enjeux des municipales. Et d’ériger Marseille en exemple, un « terrain d’union, témoin d’une gauche rassemblée et responsable » qui « redonne de la dignité » quand, à droite, la candidate Martine Vassal (DVD) lorgne sur l’extrême. « Elle veut se servir de Marseille, pas servir Marseille », balance Yannick Ohanessian, pour qui elle représente « toujours la même droite rigide et rance ».

    Dans la salle des Tables de la Friche, on retrouve presque toutes les composantes de la gauche, du sénateur PCF Jérémy Bacchi à l’écologiste Didier Jau, en passant par l’Après 13 avec Katia Yacoubi, des syndicalistes aussi.

    « Revenir à ce que

    nous sommes »

    Les maires PS d’Avignon, Cécile Helle, et de Vitrolles, Loïc Gachon, celle des 1-7 à Marseille, Sophie Camard (GRS), rappellent, lors d’une table ronde, combien ils sont en prise directe avec les citoyens. Loin de « l’ego trip de la présidentielle », commente cette dernière.

    Kamel Guemari, pilier de l’Après M, McDo devenu resto solidaire à Sainte-Marthe (14e), insiste : « il ne faut pas reproduire ce que l’on a déjà subi, les échéances sont courtes. »

    Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, lui, martèle : « Faites de Marseille un exemple national, nous devons gagner les municipales avec la gauche rassemblée », avant de laisser la place à celui qui l’incarne : le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). « Il est temps de revenir à la genèse de qui nous sommes », s’enflamme l’élu, rappelant l’histoire du congé maternité, de l’abolition du travail des enfants ou de la réduction du temps de travail, des « conquêtes sociales », dont les « mêmes toujours nous disaient que ça allait être une catastrophe ». Il n’oublie pas de tirer sur LFI, affirmant sa « honte » quand il entend « certains députés pointer du doigt les communistes, oubliant que le parti des fusillés s’est levé avec les socialistes, les gaullistes, pour défendre nos libertés ». Vient le tour de la droite, avec sa honte « pour ceux qui oublient leur passé qui, se réclamant de l’héritage du général de Gaulle, sombrent et rampent devant les héritiers de Vichy ». Avant d’asséner, solennel : « nous n’avons pas été élus pour faire des compromissions mais pour changer la vie des gens. »