Tag: confinement

  • Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    « Lorsque l’on est en voiture, on est soumis à la fois à la pollution extérieure de l’air mais aussi à l’augmentation du taux de gaz carbonique qui est exhalé par les occupants », explique le président de l’association varoise ACTEnergies* Michel Pierre. L’ingénieur chimiste a fait les mesures à l’aide de l’appareil modulaire d’AtmoSud et les concentrations révélées sont sans appel. Ainsi avec la position mal nommée « recyclage d’air » actionnée, 2 personnes à bord du véhicule suffisent pour atteindre en 8 minutes seulement 2 000 ppm (parties par million) alors que le seuil d’alerte dans une salle de classe est fixé à 800. « Et il faut savoir qu’au-dessus de 2 000, cela peut provoquer des maux de tête, une baisse des performances cognitives et de la somnolence », met en garde le scientifique. Avec tous les risques que cela peut engendrer sur la route notamment en ce moment avec le ballet des vacanciers qui passent plusieurs heures au volant. L’association indique qu’elle va prendre contact avec les stations de radio autoroute pour faire passer le message de prévention.

    Plus mortifère que

    la pollution aux particules

    « C’est un petit empoisonnement », insiste Philippe Chesneau pour Toulon Var Déplacements, une des associations adhérentes d’ACTEnergies. Un phénomène qui s’amplifie encore en période de grosses chaleurs, ajoute-t-il, où l’on retarde le moment d’ouvrir les vitres et de faire entrer l’air brûlant dans l’habitacle. Et de poursuivre : « Les automobilistes ne sont pas forcément conscients de cette problématique-là ».

    Pour mémoire la fonction recyclage d’air, qui s’enclenche automatiquement sur certains véhicules récents, est destinée à protéger les passagers de la pollution aux particules fines provenant de l’extérieur. Le problème c’est que le circuit fonctionne alors en vase clos. Et que le confinement peut s’avérer plus toxique encore. Il faut donc l’utiliser sur une période de courte durée lorsque cela est vraiment nécessaire, par exemple lors de la traversée d’un tunnel. Pour l’ingénieur chimiste, l’arbitrage doit se faire en faveur du maintien du taux de dioxyde d’azote à des valeurs acceptables. D’autant que seules les grosses particules sont filtrées. Pas les plus dangereuses pour l’organisme qui sont inférieures à 6 microns. Michel Pierre conclut : « Il faut être conscient que la fonction recyclage d’air en voiture, qui est souvent activée pour améliorer l’efficacité de la climatisation, augmente le risque d’accident ». Le message d’alerte vise donc à sensibiliser conducteurs et passagers de l’effet du gaz carbonique (CO2) invisible mais qui peut avoir des effets délétères sur l’attention au volant.

    *60 Rue Pablo Picasso, 83 500, La Seyne-sur-Mer. Tel : 06.70.21.80.10

  • Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Parmi les rares passants croisés à Meyrargues, ce mardi matin estival, ils ne sont qu’une poignée, dans cette commune de 4 000 habitants, à savoir que l’arrêté municipal signé par le maire, Fabrice Poussardin (DVC), instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, pour le quatrième été consécutif, vient d’être suspendu par ordonnance du 24 juillet 2026, par le tribunal administratif de Marseille.

    Renouvelé en juin, l’arrêté municipal interdisant aux mineurs non accompagnés de sortir entre 22h et 6h du matin, du 18 juin au 1er septembre, était en place depuis quatre ans. Saisie par le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire, la Ligue des Droits de l’Homme a, à son tour, saisi la justice, qui a donné raison à l’association.

    « On en voit fleurir un peu partout et régulièrement, ils sont annulés ou suspendus, contextualise Philippe Sénégas, pour la Ligue des Droits de l’Homme. C’est étrange de la part d’un village où, manifestement, les troubles à l’ordre public sont, semble-t-il, mineurs. C’est évident qu’il y a bien d’autres mesures qui peuvent être imaginées. »

    « Liberté d’aller et venir »

    Au sujet des nuisances et du désordre public mis en avant par la municipalité, le tribunal estime que « la commune de Meyrargues n’apporte aucun élément à l’appui de ces allégations » et « ne démontre pas davantage le risque de voir ces événements se réitérer, justifiant qu’une telle mesure de prévention soit adoptée ». Le point le plus inquiétant, dans cet arrêté, pour la LDH, reste l’atteinte à la « liberté d’aller et de venir. On ne va pas confiner les enfants au domicile de leurs parents et transformer les parents en gardiens », conclut Philippe Sénégas.

    Le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire (DVG) se réjouit de la décision. « On nous disait le reconduire pour la quatrième année parce que (l’arrêté) avait fait ses preuves. On lui a demandé de nous dire quel était l’état de la baisse de la délinquance nocturne (…), on n’a jamais eu d’élément concret, palpable, autre qu’une appréciation générale », note Christian Salque, à la tête du groupe. Il préconise l’instauration d’une « politique jeunesse ».

    Sollicité, le maire n’a pas pu nous répondre dans les délais impartis. Dans La Provence, il a indiqué ne pas faire appel.

    Eva Bonnet-Gonnet

  • [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    Alors qu’une jeune femme a été évacuée mardi de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) vers un hôpital de Marseille pour une infection possiblement liée à l’hantavirus Andes, le chef de l’État Emmanuel Macron s’est voulu rassurant en déclarant que la situation en France était « sous contrôle », le gouvernement ayant mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». « Maintenant, il est important qu’il y ait une vraie coordination européenne, c’est-à-dire que les protocoles aillent vers les standards les plus exigeants qui ont été définis à très court terme, et que l’Organisation mondiale de la Santé puisse coordonner tout cela comme il se doit ». La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté le scénario d’une « circulation diffuse » en France et a précisé que sur les 5 Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme est « dans un état grave. »

    La Marseillaise : Que pensez-vous de la gestion de l’hantavirus pour le moment ?

    Philippe Halfon : En termes de gestion de crise, c’est catastrophique. Disons que, si on cherchait à disséminer une épidémie, nous n’aurions pas pu faire mieux. Dans les gestions d’épidémie qu’on a connue dans le passé, lorsqu’il y avait des maladies graves comme la peste ou autre, on appliquait le principe de quarantaine. Dans le cas qui nous intéresse, on avait la chance d’avoir les patients regroupés à l’intérieur d’un bateau, où aurait pu se tenir cette quarantaine. Il aurait été possible de mettre en place un bateau médicalisé, avec tout ce qu’il faut en termes de ventilation mécanique, de réanimateurs et autres. Car bien sûr, il n’est pas question de laisser mourir les gens. Ce qui se passe actuellement est vraiment le résultat d’une très mauvaise gestion au départ. J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid. D’autant que, dans le cas du Covid, il était beaucoup plus difficile de contenir l’épidémie dans la mesure où les gens n’étaient pas au départ confinés sur un bateau.

    Que sait-on de l’Hantavirus actuellement ?

    P.H. : C’est un virus qu’on connaît depuis très longtemps. Ce n’est pas nouveau comme le SARS-CoV-2 [Virus responsable du Covid-19, Ndlr]. À l’époque on connaissait le coronavirus, mais pas le SARS-CoV-2. Là, les hantavirus sont très connus. On savait qu’il y avait des contaminations inter-humaines [la majorité des hantavirus ne touchent que les rongeurs, Ndlr]. Il existe un centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur depuis 2016 [Les Centres nationaux de référence sont des laboratoires, qui, en centralisant les informations à l’échelle nationale, participent à la lutte et au contrôle des maladies, Ndlr]. Les hantavirus ont été parfaitement décrits en médecine, dans les syndromes rénaux, dans les syndromes cardiopulmonaires, sur la base de toutes petites épidémies, très confinées.

    Quels sont les symptômes que peut impliquer une infection ?

    P.H. : Les premiers symptômes sont la fièvre, les courbatures, les douleurs articulaires, la fatigue, autrement dit les syndromes très communs des virus. Dans les cas qui nous intéressent, il y a eu des syndromes pulmonaires, avec une atteinte respiratoire, parfois hémodynamique, [circulation du sang, Ndlr] avec des hypotensions qui peuvent nécessiter une admission en réanimation. C’est ce qu’il s’est passé pour les patients décédés, ils sont morts d’un symptôme respiratoire aigu.

    Le virus est-il aussi dangereux pour tout le monde ?

    P.H. : Comme dans le cas de n’importe quelle infection, bactérienne ou virale, ce que vous voulez, l’état de la défense immunitaire du patient ou la présence de comorbidité a une grande influence. Naturellement, nous sommes tous infectés tous les jours par des virus, et des bactéries. On les sent plus ou moins passer, mais il ne se passe pas grand-chose. On a un petit coup de pompe, on est un peu fatigué, on se sent un peu fiévreux. Mais on ne sait pas forcément d’où ça vient, on ne va pas se tester. Il y a toujours un hôte et un virus, une bactérie avec son hôte. Comme dans le cas des rongeurs, qui parfois peuvent être asymptomatiques, il est possible qu’un humain infecté ne sente rien.

    Mais le taux de mortalité reste plus élevé que dans le cas du Covid…

    P.H. : Bien sûr. Dans le cas du Covid-19, on est à moins de 1%. Pour l’épidémie actuelle, si on compte 3 décès pour 8 cas, on obtient 38%. Je pense que ce chiffre très élevé de mortalité va baisser. On n’a pas encore de photographie globale. Dans d’autres cas, comme l’épidémie qui a eu lieu pendant la guerre de Corée, la première qui a été décrite [c’est le fleuve Hantaan, situé entre les deux Corées, qui donne son nom aux hantavirus, Ndlr], le taux de mortalité était de 5 à 10%. Dans d’autres cas plus récents, le taux de mortalité était de 50%. J’ai l’impression que chaque épidémie à son taux de mortalité, mais ça reste bien plus élevé que le Covid.

    Le virus est-il aussi contagieux que le Covid ?

    P.H. : La contagiosité est bien inférieure à celle du Covid. On sait que, dans les précédents cas, les épidémies sont restées très confinées, ce qui est plutôt bon signe.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud

  • L’épidémie qui vient ?

    L’épidémie qui vient ?

    L’expérience de la pandémie de la Covid des années 2020-2021, qui a totalement paralysé le monde et confiné des milliards de personnes, sur tous les continents, sera-t-elle mise à profit pour appréhender au mieux la menace représentée par l’hantavirus ? La question est dans toutes les têtes. Sans tomber dans la psychose, il convient de prendre très au sérieux la possible propagation de ce virus. Tout d’abord parce qu’il se transmet d’humain à humain et que sa période d’incubation, évaluée à six semaines, est longue. D’où des mesures de quarantaine réelle mise en œuvre (42 jours préconisés par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS). Encore faut-il que les personnes « cas contact » se manifestent. 22 sont recensées en France.

    L’hôpital sur la corde raide

    Au-delà, l’autre grande interrogation est la capacité de notre hôpital public à faire face à une flambée épidémique. Cela dépasse le cas précis de l’hantavirus car le risque de nouvelles pandémies, quelle que soit leur nature, doit être anticipé. Il ne suffit pas pour cela de posséder des stocks de masques et de tests mais de s’assurer de la solidité du système de santé public, hôpitaux en tête. Or, nulle leçon n’a été véritablement tirée de la précédente pandémie. L’hôpital est toujours sur la corde raide et soumis à des contraintes budgétaires contraires à l’intérêt général. Il convient de muscler et de développer les structures de santé publique et donc d’inverser la logique libérale. C’est le seul chemin pour être prêts à proposer un accès à la santé pour tous, de prévenir et de faire face à des pandémies dont il serait illusoire de croire qu’elles n’adviendront plus jamais dans nos sociétés mondialisées.

  • Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Titanesque, le chantier de dépollution des calanques, entre le Mont Rose et Callelongue, a connu sa première phase, du 1er septembre au 31 mars dernier. Pour mémoire, l’État avait été contraint par une décision de justice, en décembre 2024, de le mener à bien d’ici juin 2038, suite au recours de trois associations, celle de Santé littoral sud (ASLS), Union calanques littoral et la Fédération d’action régionale pour l’environnement Sud. Avant que ne démarre la seconde phase, les principaux acteurs de l’opération ont tiré un premier bilan sur les sites de l’Escalette et de Samena, ce mercredi 6 mai.

    Le but : traiter les rejets industriels déposés par l’industrie au fil des XIXe et XXe siècles. Des scories contenant des taux élevés de cadmium, de mercure, d’arsenic ou de plomb, comme le relevait en 2005 une étude de l’Institut de veille sanitaire. « Sept dépôts sur vingt devaient être traités, trois n’ont pas été terminés », indique Louise Walther, directrice de l’environnement à la préfecture. En cause : la mauvaise météo, des contraintes réglementaires avec la nécessité d’employer des corps de métiers très spécialisés pour des finitions « léchées » en plein site classé, explique-t-elle. Se sont ajoutés d’autres paramètres : respecter des espèces protégées, prendre en compte les habitants et la fréquentation touristique. Bref, « un chantier très atypique dans un site très contraint », résume-t-elle.

    Des surprises au menu

    Les maîtres d’ouvrage ont également eu quelques surprises, notamment sur les tonnages, « 44% de plus » que prévu, précise Louise Walther. Soit 3 500 tonnes au lieu des 2 500 prévues initialement.

    Concrètement, à Samena, des restanques ont été créées, « il a fallu creuser le calcaire », explique Mélody Gros, cheffe de projet sites pollués à l’Ademe. Seuls deux des trois dépôts ont été traités. L’année prochaine, il faudra « retirer la membrane qui ne supporte pas les UV » pour faire du définitif avec l’habillage paysager, ajoute-t-elle.

    Le port de l’Escalette n’est pas achevé non plus. Reste, là encore, la végétalisation, des parements de pierre à réaliser, mais les scories sont confinées, assure Melody Gros. À la calanque des Trous, un mur et un enrochement ont vu le jour, mais « on s’est arrêté là, car l’insertion paysagère demande de prendre beaucoup de temps », complète-t-elle.

    Financièrement, ces couacs n’ont rien ajouté aux 14,9 millions d’euros de budget. « On avait prévu des marges », assure la responsable de l’Ademe.

    Pour la seconde phase, prévue du 1er septembre au 31 mars, il reste à traiter seize dépôts. Soit 6 000 tonnes de scories à enlever sur neuf zones géographiques distinctes. Le gros morceau sera le belvédère de Callelongue, qui « va demander du temps, 7 mois de travaux à lui seul », prévient Mélody Gros, avec à la clé, pour les riverains, de « grosses perturbations de circulation et de stationnement ».

    Un mal pour un bien. « On s’est bagarrés pendant plusieurs années pour ces travaux, on ne va pas se priver du plaisir de voir que ça se fait », commente Rolland Dadena, président d’ASLS, qui souligne aussi « le dialogue » instauré avec la mise en place d’un comité de suivi en 2024. Mais, pour lui, il faudrait aller plus loin en dépolluant aussi le site de Legré-Mante.

    En termes de santé, s’il n’y a « pas eu d’alerte particulière », les services de l’État restent vigilants. Il y a deux voies d’exposition rappelle Cécile Morciano, responsable du service santé environnement à la délégation des Bouches-du-Rhône de l’ARS : « L’ingestion de la terre et de sable contaminés par les enfants et la consommation d’oursins et de moules. » Après un historique mené sur 10 ans, « aucun signal sanitaire sur ce secteur ne nous a été remonté », insiste-t-elle. Si le confinement des scories supprime le risque, la qualité de l’air restera sous surveillance durant le chantier et 7 mois après. Mais la pêche aux moules n’est pas pour demain, « les sédiments côtiers restent », reconnaît Cécile Morciano.

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».