Tag: conduite

  • Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Au péage Prado-Carénage, les policiers du Groupe de lutte contre la délinquance routière (GLDR), effectuent leurs contrôles routiers habituels. Ils arrêtent une voiture « en fonction des signes visibles de manque d’entretien », souligne l’un d’entre eux, avant de sortir un test de dépistage de stupéfiants. 50 à 60 conducteurs sous stupéfiants sont arrêtés chaque mois, « une augmentation considérable », affirment-ils. Ces équipes sont rejointes dès aujourd’hui par des centaines de policiers, de gendarmes et de CRS, mobilisés jusqu’à dimanche autour de Marseille dans le cadre du renforcement des contrôles routiers sur tous les axes principaux et secondaires du département.

    Corinne Simon, la préfète déléguée des Bouches-du-Rhône, présente au péage Prado-Carénage mardi, explique que « l’objectif est de rappeler les règles principales pour les personnes qui entrent et sortent du département, à savoir le port de la ceinture, le contrôle de la pression des pneus et l’importance de s’arrêter toutes les deux heures ».

    Le protoxyde d’azote,

    un « véritable fléau »

    Depuis le 1er janvier, 30 personnes ont perdu la vie à cause d’accidents de la route à Marseille. Ce travail de prévention et de répression vise à « responsabiliser les automobilistes », dans un contexte de hausse des délits, selon la préfecture de police. Hervé, officier de police judiciaire présent au contrôle du péage ce mardi, explique que 80% des contrôles effectués sur les motos sont liés à des défauts de permis voire à l’absence de permis.

    Jusqu’à dimanche, l’accent sera mis sur les contrôles intensifs liés à la consommation d’alcool, de stupéfiants et notamment de protoxyde d’azote, « un véritable fléau » responsable de plus en plus d’accidents de la route, a souligné la préfète. « Depuis le 1er janvier, 25 automobilistes ont été arrêtés avec des bouteilles de protoxyde d’azote, un gaz qui vous fait complètement perdre vos moyens », a-t-elle déploré. La semaine dernière, un automobiliste sous protoxyde d’azote a provoqué un accident, son pronostic vital est toujours engagé. Le gouvernement entend d’ailleurs sévir sur le sujet, la loi Ripost, présentée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, entend punir de 9 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement la conduite après avoir consommé du protoxyde d’azote. Pour l’instant, les forces de l’ordre n’ont reçu aucune formation pour reconnaître et prévenir les risques liés à ce gaz, dont la consommation est en hausse.

  • Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    « On est dans un marathon. Il faut pouvoir courir, tenir la distance et de temps en temps accélérer. C’est ce que nous faisons depuis trois semaines avec l’opération Octopus », explique le préfet de région, Jacques Witkowski, devant la presse convoquée sur un parking entre les cités du Mail et de la Busserine (14e), ce mardi.

    « Tous les jours, jusqu’à 300 policiers sont engagés sur le pilonnage des points de deal, des opérations judiciaires de fond et des opérations sur des commerces que nous visons. Ce matin, 900 policiers se sont engagés. Neuf personnes ont été mises en garde à vue pour un trafic de stupéfiants dans une opération conduite par l’Ofast. Un important trafic de voitures volées à destination des pays du Maghreb a été démantelé », détaille le préfet dans ce qui est aussi une opération de communication.

    Signe d’une « accélération concrète » à ses yeux, 660 personnes ont été mises en garde à vue à Marseille depuis le début de l’année, pour 1 370 sur l’ensemble de l’année 2025. « C’est 8 personnes par jour pour trafic de stupéfiants. 500 000 euros de liquidités ont déjà été saisis en trois mois dans les poches des trafiquants et plus de 50 millions d’euros d’avoirs criminels saisis uniquement sur le trafic de stupéfiants. Il faut ajouter 42 millions de marchandises contrefaites sur le Marché du Soleil. C’est du concret. On oppose aux trafics la férocité républicaine et nous continuons, non pas pour faire du spectaculaire, mais pour rendre la ville aux habitants et faire place nette. Il y avait 180 points de deal à Marseille il y a trois ans, nous en avons 80 aujourd’hui », souligne le préfet ravi.

    Sous les yeux d’habitants qui peuvent être choqués par ce safari policiaro-médiatique, deux boulangeries sont investies par des brigades spécialisées sous les caméras et micros tendus. « Le but, c’est de contrôler si les gens sont déclarés socialement, fiscalement. On checke les documents du gérant, son Kbis, si les règles d’hygiène, d’affichage, etc. sont respectées », explique un brigadier, tandis que l’employé farfouille dans ses tiroirs à la recherche d’un tampon. « Aucun policier ne peut être filmé ! », tonne une gradée moquée par les jeunes pour son chapeau. « Eh bien nous aussi on a un droit à l’image ! », réplique une habitante refoulée du magasin. « Bonjour. Bon, tout est carré là derrière ? » sourit le préfet au boulanger, d’abord ébahi d’avoir un si haut représentant de l’État dans son échoppe, avant de se ressaisir : « Oui oui, mais bon, pendant ce temps-là, on vend pas. »

    « Ce n’est pas que du pilonnage de points de deal. On regarde aussi les commerces, le travail dissimulé, s’il n’y a pas de protoxyde d’azote, de vente illégale d’alcool, de tabac », explique Cédric Esson, patron interdépartemental de la police nationale. Le primeur a disparu après avoir baissé le rideau. « Il m’a dit de garder les légumes » bafouille un mineur. À côté, ça se passe mal pour l’autre boulanger et sa femme, qui tient la caisse. « J’ai signé un compromis de vente il y a douze jours, mais je vais créer la société », blêmit le boulanger. « Il y a un truc qui ne va pas. Qui a les clés ? Qui vous dit quoi faire ? Qui a acheté le matériel ? Aujourd’hui, vous n’êtes pas déclarés », bondit un inspecteur du travail. Le préfet découvre, horrifié, les sacs de farine stockés devant les WC au milieu de dizaines de cafards morts.

    « Je suis une habitante du Mail. J’ai trois enfants. Ici, c’est beaucoup dégradé, insalubre. Il y a des fuites de partout. La plupart des appartements sont sans courant », intervient une mère de 35 ans. « Les enfants, ils n’ont pas un endroit où jouer, pas une aire de jeux, parce que voilà, c’est tout le temps pourri. Personne respecte personne. Le gardien, il nettoie, mais il n’y arrive pas tout seul. Moi, je vous dis la vérité, je vois même plus le narcotrafic, je vois plus rien de tout ça. Moi, je vois l’état des appartements. »

  • Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    À cinq cent mètres du bistrot du village, se trouvait l’accès à l’ancien poste de conduite de tir n°1 des missiles stratégiques de la force de frappe, là où entre 1971 et 1996 se sont succédés 182 officiers, des binômes aguerris, cloîtrés H24 dans une capsule blindée enfoncée à 1,7 km du sas d’entrée et à 500 mètres sous la montagne. Recevant l’ordre présidentiel irrévocable, ils devaient activer le tir simultané des 18 missiles de plus d’un mégatonne enterrés dans des silos sur le plateau d’Albion. Le poste de tir de Rustrel avait son jumeau à 30 km à Reilhannette (Drome) où deux autres officiers contrôlaient 9 autres missiles. Ce PC n°2 a lui été intégralement démantelé.

    En 1963, le conseil de défense décide d’investir le plateau d’Albion, plus sûr géologiquement que le plateau de Valensole. La cité Saint-Michel de 874 logements à Apt pour accueillir les militaires et leur famille. On aménage des routes adaptées aux convois de missiles. En 1968, plus de 1 000 ouvriers s’activent pour extraire 74 000m3 de roches et couler 40 000m3 de béton armé. La forteresse inexpugnable comprend sa propre centrale électrique, ses circuits d’aération, des galeries à angle droit pour casser le souffle d’une bombe ennemie, des puits de gaz brûlés, des tunnels et des puits d’évacuation de 1,6km, des trappes piégées et la fameuse capsule. On construit la base aérienne de Saint-Christol où 2 000 personnes vont, les installations de transmissions du Mont Ventoux, de la montagne de Lure et du Luberon. Le 1er Groupement de missiles stratégiques s’installe. Mais c’est à la gendarmerie qu’est confié le boîtier de contrôle gouvernemental des ogives, la surveillance des sites, l’escorte des convois et des équipages d’officiers de tir.

    « Pendant cinq ans, j’ai eu la responsabilité du tir de 9 missiles », nous avait confié en 2006 Jean-Louis Cahu, qui a été un très jeune officier de tir de 1979 à 1984. À 22 ans, il avait sous sa responsabilité des vecteurs de 96 fois la puissance de la bombe A qui a rasé Hiroshima le 6 août 1945 tuant instantanément 70 000 personnes. Sa désertion le 11 novembre 1984 a été un coup de tonnerre. À 26 ans, au terme d’une prise de conscience personnelle, il médiatisait son refus de tourner la clé.

    Des simulations d’incidents nucléaires

    Son quotidien était de surveiller les missiles dans les silos, de faire des exercices de mise sous tension. « J’avais la commande de tous les outils d’action mécanique sur les missiles. Chaque action, quelle que soit la commande qui visait à interagir avec le missile, ne se faisait jamais à la légère car nous agissions sur des “engins vivants”. Nous simulions des incidents nucléaires en vitesse accélérée pour voir en situation de stress maximal jusqu’où l’officier pouvait aller. » Des simulations qui n’étaient pas un jeu mettaient les nerfs de ces officiers à rude épreuve, précisément pour les filtrer. « Certains ont craqué à quelques secondes du tir. Dans les périodes de tensions internationales, on a eu des moments chauds à l’intérieur de la capsule. On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes qu’à ce poste. Je suis la démonstration que lorsqu’on ne croit plus à la dissuasion nucléaire, on ne peut plus tenir ce poste », avait-il confié à La Marseillaise. À ses procès il avait revendiqué un droit à l’objection permanente.

    L’ordre présidentiel devait leur parvenir par des canaux de transmissions durcis et redondants. « Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelait les “hommes du Président”. Ma seule autorité, c’était le Président, le Premier ministre et le ministre de la Défense. Il n’y avait pas plus secret que ce poste de tir », disait l’ancien officier toujours astreint au silence.

    En février 1996, Jacques Chirac a signé la fin d’Albion. La dernière ogive a quitté le plateau le 26 février 1998. La science est descendue aux abris et des silos ont été recyclés en déchetterie, en plateforme d’observation astronomique. On peut même boire des canons au Bistrot de Lagarde sur un ancien silo. Sur le plateau, la Légion étrangère protège désormais les « grandes oreilles » d’une station d‘écoute de la DGSE car la « grande muette » est tout sauf sourde.

    Lire : [Immersion] Le « LSBB », un labo enfoui à l’écoute du silence

    « On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes »

  • Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    Dans les auto-écoles, des équipes entre deux feux

    « Ça crée un gouffre financier important pour l’élève. Avec autant de temps d’attente, soit il conduit et ça a un coût puisqu’il devra prendre des heures, soit il ne conduit pas et ça aura aussi un coût, puisqu’il devra faire plusieurs tentatives. » Thierry Pic, directeur de l’auto-école EPF à l’Estaque, résume la problématique que rencontrent les élèves à la recherche du permis de conduire. Avec des temps d’attente pour avoir une place à l’examen qui varie de 3 à 6 mois, voir « un an pour les cas les plus extrêmes, notamment pour la deuxième présentation à l’examen », difficile d’assurer une continuité pédagogique dans l’apprentissage de la conduite. « Avec un de taux de réussite à 50%, imaginez les embouteillages que ça peut faire sur le long terme. Et c’est toute la formation qui s’effondre avec le temps », laisse en suspens celui qui est également référent Bouches-du-Rhône pour Mobilians, organisation professionnelle représentative des écoles de conduite.

    Un ressenti plus que partagé par Nelly, responsable pédagogique depuis 17 ans dans une auto-école de l’hypercentre marseillais : « On est sur une moyenne de 6 à 8 mois d’attente. ça fait un bon moment que ça dure, ça ne fait que s’accentuer, les délais sont de plus en plus longs ». In fine, elle explique que les équipes pédagogiques des auto-écoles sont prises entre deux feux : « On a la Préfecture qui n’a pas assez d’inspecteurs et des élèves qui sont pressés d’avoir le permis, c’est deux mondes qui ne collent pas ensemble ». Avant de se désoler des conséquences sur les travailleurs de la conduite : « Le problème c’est que ça rebondit sur nous, car les élèves n’ont pas de contact avec la préfecture. Il y a des élèves mécontents, qui menacent de faire des commentaires négatifs sur l’établissement, par exemple ». Thierry Pic abonde : « Les parents pensent parfois qu’on retient les élèves exprès. Mais ce n’est pas le cas, on n’est pas en lien étroit avec la Préfecture ».

    « Le CPF ne répond pas aux besoins »

    Pour les deux auto-écoles, le public est principalement « des jeunes et des étudiants » passant leur permis sur leurs deniers personnels. « On a aussi des jeunes en alternance qui bénéficient d’une aide de 500 euros. Elle est nécessaire pour eux, ils auraient du mal à le passer sans », précise Nelly. Une aide que Thierry Pic aimerait voit « généralisée » pour les jeunes et étudiants. Et pour cause, la responsable évoque des « tarifs étudiants entre 1 000 et 1 200 euros minimum ». « C’est un coût pas vraiment bienvenu à ce moment là de leur vie », note Thierry Pic. D’autant que via le Compte personnel de formation (CPF), les tarifs environnent les 1 500 euros pour une trentaine d’heures et le passage de l’examen. Un dispositif pratique pour les travailleurs, mais qui ne permet pas de répondre à la problématique du coût pour les plus jeunes. « Le CPF ne répond pas aux besoins des jeunes et étudiants puisqu’ils n’ont pas de point dessus », conclut Thierry Pic.

  • Un permis met les écoles au point mort

    Un permis met les écoles au point mort

    Le Prado était animé, aux alentours de midi, ce lundi 27 octobre. Sur le trottoir, les passants flânaient entre les étales du traditionnel marché, tandis que, sur la route, les automobilistes se frayaient un chemin pour circuler malgré les véhicules d’auto-école stationnés sur les deux voies de bus. Après être parti à 10h du boulevard de l’Europe à Vitrolles, un cortège de 90 voitures, 40 poids lourds et 12 bus (chiffres de la préfecture de police) a rejoint la place Castellane lors d’une opération escargot menée le long de l’A7 puis du Jarret. Une action menée à l’appel de l’intersyndicale des gérants d’écoles de conduite et du syndicat majoritaire des inspecteurs du permis (Snica-FO).

    Au cœur de la contestation : les délais pour obtenir une date de passage d’examen « qui atteignent un point de non retour », regrette Yves Demange, responsable départemental de CER, un groupement de plus de 400 auto-écoles et centres de formation sur le territoire national. En moyenne, aujourd’hui en France, un candidat attend trois mois pour passer son permis, contre trois semaines avant la période du Covid-19. « Dans les zones tendues, comme les grosses agglomérations, on atteint un an », affirme-t-il.

    « C’est inacceptable », s’agace Patrick Mirouse, président d’ECF national, qui pointe des pertes de chances pour les jeunes : « Le permis de conduire c’est la mobilité, la mobilité, c’est l’employabilité. » Yves Demange souligne également les « surcoûts de formation très importants pour maintenir les candidats à niveau ».

    D’après les représentants du secteur de la conduite, les inscriptions à l’examen connaissent une hausse de 16% depuis cinq ans. En cause : le retard pris lors de la crise sanitaire de Covid-19, un boum démographique, mais aussi l’abaissement de l’âge légal de passage du permis B à 17 ans, entré en vigueur le 1er janvier 2024. « Entre ça et le CPF moto, on a vu arriver un nombre d’élèves conséquent dans les auto-écoles, mais l’administration n’avait pas prévu une seule place ni un seul moyen humain supplémentaires pour absorber l’afflux », témoigne Jean-Marc Kocik, du CER Fos, Martigues, Saint-Chamas.

    « On a eu un geste du ministère avec l’ouverture de 80 000 places supplémentaires jusqu’à fin décembre, mais c’est un pansement sur une jambe de bois, reprend son collègue Yves Demange. On a besoin de mesures réelles pour améliorer les pratiques, les délais… »

    Les professionnels de la conduite revendiquent la création de 150 postes d’inspecteurs supplémentaires. « Ce n’est pas énorme : en France, on est environ 1 200 au total », précise Frédéric Mar, délégué syndicat du Snica-FO, qui demande également une protection du statut de fonctionnaire. « L’externalisation fonctionne très mal, plaide-t-il. En 2016, on a perdu le Code de la route au profit du privé pour faire passer plus d’examens B, ce qui n’a pas résolu le problème et a engendré d’énormes fraudes. » Le coût de cette mesure est estimé à 5 millions d’euros pour l’État.

    Bonifier le taux de réussite

    « On veut également généraliser la conduite accompagnée et abaisser son âge 14 ans », poursuit Patrick Mirouse. L’objectif : améliorer le taux de validation de l’examen. « Cette filière fait plus de résultats en première présentation, avec 77% de réussite », contre 55% pour la formation traditionnelle, affirme le président d’ECR National. Jennifer Musico, responsable administrative de l’auto-école des Lycées à Nice, approuve : « Pédagogiquement, plus un enfant apprend tôt, mieux il assimile. »

    Le syndicat Mobilians porte également une mesure qui consiste à allonger le minimum légal de 20 heures de conduite à 28 heures. « On sait qu’en moyenne, un élève prend entre 28 et 30 heures pour obtenir le permis de conduire du premier coup, poursuit la Niçoise. Ça permettrait de monter le taux de réussite et donc, de fait, de baisser les délais d’attente. »

    Yves Demange propose d’aller plus loin : « Il faudrait peut être une refonte du système sur le volume et la durée de l’examen pour gagner du temps et pouvoir avoir plus de places… Des choses peuvent se piloter. »

  • Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Prévenir, combattre et reconstruire. Voici les trois piliers du programme régional baptisé « Guerre du Feu ». Sept ans après son lancement, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, accompagné des acteurs du dispositif, en a présenté les résultats. « On a divisé par cinq les dommages entre 2017 et 2025 » se targue l’élu.

    C’est en 2017, après l’incendie ravageur de Bormes-les-Mimosas, que l’idée de ce programme a germé. « On s’est dit “plus jamais ça” », se souvient François de Canson, vice-président de la Région en charge de la prévention des risques majeurs. Quelques mois plus tard, en février 2018, la Région lance son plan « Guerre du feu ». L’objectif est clair : réduire les risques incendies, répondre plus efficacement aux départs de feu et permettre la reconstitution des forêts incendiées en coordonnant les différents acteurs et en apportant un financement.

    Depuis 2018, 40 millions d’euros ont été versés par la Région pour lutter contre les flammes. « Sur le territoire, nous avions les compétences humaines et techniques. Mais j’avais l’impression que chacun travaillait dans son coin », explique Renaud Muselier.

    L’une des premières actions a notamment été le déploiement de la garde régionale forestière. En 2025, 250 écogardes ont été mobilisés, entre juin et septembre, dans les massifs et parcs régionaux, pour sensibiliser aux risques et aux bons gestes. « De plus en plus de personnes sont au courant des gestes parce qu’ils croisent des écogardes », explique Manon Quezl-Ambrunaz, coordinatrice du Parc naturel régional du Mont Ventoux. Une prévention importante, puisque 9 incendies sur 10 sont d’origine humaine.

    Ce travail nécessaire en amont, pour limiter les départs de feu, est associé au développement de meilleurs moyens pour combattre les flammes. La Région a notamment soutenu certaines communes pour l’entretien des pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI).

    Des rotations plus rapides

    La Région a également financé en partie la rénovation du pélicandrome, où les avions réservoirs peuvent venir se ravitailler en eau ou en produit retardant, à Hyères. Inauguré en juillet 2024, sa rénovation a permis d’améliorer la vitesse de remplissage, passant de 20 à 6 minutes. « Cela permet des rotations beaucoup plus rapides et de réduire les délais de réaction », insiste le lieutenant-colonel Michel Seitz, chef du groupement de conduite opérationnelle.

    Enfin, ce plan « Guerre du feu » a permis le déploiement du fonds de dotation Respir, dédié au financement du reboisement de territoires incendiés, notamment accompagné par l’office national des forêts, « pour retrouver rapidement une captation de carbone et le maintien du sol », explique Hervé Houin, directeur territorial Midi-Méditerranée de l’ONF. L’institution a aussi développé, avec la Région, des fiches réflexes à destination des maires pour gérer l’après-incendie.

    Un plan qui a porté ses fruits et « repris comme base de réflexion nationale », se félicite François de Canson.

  • Une chambre vide pour juger des conducteurs

    Une chambre vide pour juger des conducteurs

    « Mais c’est incroyable, ils sont où ? ! » Sur 30 dossiers inscrits au rôle de la « chambre de police » du tribunal judiciaire dédié aux infractions routières, seuls deux prévenus sont présents. « Ils ont su que c’était moi », ironise le nouveau magistrat. En réalité, de moins en moins de justiciables réceptionnent les convocations qui repartent ainsi à l’étude de l’huissier et y restent.

    Conduite à scooter sans gants. « Ce n’est pas moi ce jour-là » assure Adem venu contester une ordonnance pénale. « Le PV fait foi », objecte la procureure qui lui rappelle son « gros passif ». Il écope de 68 euros d’amende. « Pourquoi ces béquilles ? », demande le juge. « Je me suis blessé à scooter » clopine le jeune vers la sortie.

    Mathis, 24 ans, reconnaît finalement que c’était bien lui au volant sans ceinture, boulevard de Lesseps. « J’étais persuadé du contraire. C’est la première fois », susurre le réceptionniste de nuit qui en sera quitte pour 150 euros d’amende. « Si vous payez dans le mois vous avez 15% de réduction mais si vous ne pouvez pas payer, téléphonez à la Trésorerie, ils vous échelonneront », prend soin de l’informer le juge.

    « Au contraire c’est un super conducteur ! »

    « Mon client était persuadé que c’était limité à 130 », plaide Me François Sastre pour un chef d’entreprise en voyage à l’étranger, flashé sur l’A52 à Auriol à 165km/h pour 110 autorisés dans la plus grosse des Mercedes. La procureure évoque le « mauvais profil » de ce conducteur avec 9 excès de vitesse anciens et demande 300 euros d’amende et 6 mois de suspension du permis. « Un mauvais profil ? Au contraire c’est un super profil, un super conducteur ! Pas quelqu’un qui roule bourré », veut convaincre l’avocat. « On fait tous des petits excès de vitesse, moi-même qui ai un devoir d’exemplarité, je n’y arrive pas. Lui, en 33 ans, il n’a eu que 9 amendes depuis 1992 ! » Son client écope de 250 euros contre 300 requis et 4 mois et demi de suspension.

    Alissa, 35 ans, conteste l’excès de vitesse qui l’a flashé dans Peypin à 88km/h. « Le mari virulent n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’interposer avec les gendarmes pour contester que sa femme a signé le PV ! » lance la procureure qui annonce qu’il sera cité pour cela à l’audience. La conductrice écope de 300 euros et de 6 mois suspension du permis avec sursis.

    Un terminal mobile de la police municipale a flashé Camille, 45 ans, avenue de Bonneveine, téléphone au volant. « Je ne souhaite ni signer, ni payer, j’irai devant le tribunal ! » a plastronné le conducteur absent dont le casier comporte une mention pour conduite en état alcoolique. « Je demande 300 euros vu sa réponse ! », cingle la procureure.

    « T’es pas ma mère, t’as pas de leçon à me donner »

    Thalissa, 21 ans, roulait à 140km/h au lieu de 70 sur la rocade L2 et s’est insérée sur la bretelle de sortie sans clignotant, ni respect de la distance de sécurité. La jeune conductrice s’était déjà distinguée 5 mois avant par un dépassement par la droite. « En plus elle roulait dans un véhicule profondément endommagé à la suite d’un accident et elle a eu un comportement désobligeant à la limite de l’outrage en plus. La demoiselle a lancé au policier “t’es pas ma mère t’as pas de leçon de morale à me donner” », rumine le ministère public. Elle écope de 500 euros d’amendes.

    La police municipale de La Ciotat a surpris Thierry, 57 ans, téléphonant au volant. « Il conteste, dit être injustement pénalisé, explique qu’il tenait sa cigarette électronique », résume le juge devant une salle vide. « Il a signé le PV. Il est de particulière mauvaise foi », insiste la procureure qui obtient sa condamnation à 135 euros.

    L’histoire de Capucine, 28 ans, a obligé à une instruction précise de la procédure. Il est reproché de nouveau – elle a été condamnée en 2023 pour cela – à cette conductrice deux nouvelles infractions d’usage du téléphone au volant. « Elle conteste, soutient qu’elle ne pouvait pas être à deux endroits au même moment. » Alors on reprend les procès-verbaux. La première infraction est relevée par un CRS à 18h41 quai de Rive Neuve alors qu’elle écrivait un SMS avec ses deux mains dans un embouteillage. La seconde infraction relevée par un autre CRS à 18h43 à hauteur du 148, rue Sainte le téléphone à l’oreille. « Elle n’a pas eu de chance, mais ce sont bien deux infractions distinctes. Il n’y a pas de doublon. Cela justifie 2 amendes à 135 euros. »

    Fausse plaque

    Salim, 42 ans, conteste un PV pour « stationnement très gênant sur trottoir » au 8, rue Octave Teissier (3e). « Il dit qu’il n’était pas stationné sur un trottoir, qu’il suffit de regarder sur GoogleView et qu’il déchargeait les courses de sa voisine âgée. Mais si, c’est un trottoir, la photo montre bien. Il dit vouloir souhaiter s’expliquer devant le tribunal mais il n’est même pas là ! » tique le magistrat. « On veut bien tout entendre mais ce monsieur n’habite pas là mais avenue de la Croix rouge ! » Il écope de 200 euros.

    Mohamed conteste 7 stationnements gênants. Curiosité de l’affaire, la police municipale a mis en fourrière son véhicule découvrant que la plaque arrière est rattachée à un véhicule de société censé avoir été détruit dans une casse automobile… Il écope de 50 euros par PV et 300 euros pour « plaque non conforme ».

    « Il dit qu’il n’était pas stationné sur un trottoir, qu’il suffit de regarder sur GoogleView »