Tag: concurrence déloyale

  • [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    [Entretien] « On avance mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière dans l’Hérault cet été »

    La Marseillaise : Qu’éprouvez-vous au moment de succéder à Jacques Mestre ?

    Yves Soria : Je ne pourrai pas le remplacer. C’était un personnage avec un tel charisme qui a présidé l’Umih durant 43 ans. Jacques Mestre m’a appris ce que je sais. On va continuer à travailler dans le bon sens, en discutant avec les autorités, pour améliorer les conditions de la profession.

    Quels seront vos principaux combats ?

    Y.S. : On va continuer notre travail sur les saisonniers pour leur trouver des points d’accueil à des prix raisonnables. On a travaillé avec le Crous pour la mise à disposition d’appartements pas trop chers. On est en discussion avec la mairie de Pérols. J’ai rendez-vous avec l’Agglo de l’Étang de l’Or (Mauguio). On leur demande s’ils ont des bâtiments disponibles pour loger les saisonniers. Logement et transports sont les deux problèmes des saisonniers. Avec la Grande Motte, Mauguio et Palavas, on a investi 5 000 euros pour avoir une navette jusqu’au tramway de Pérols jusqu’à 2h du matin pour juillet-août. On avance, mais il manquait de la main-d’œuvre saisonnière cet été.

    Comptez-vous vous attaquer à la concurrence déloyale des locations type AirBnB ?

    Y.S. : Nous sommes contre bien sûr mais il existe déjà une réglementation en vigueur qui limite le nombre de nuitées (plafond de 120 jours que les Villes peuvent baisser à 90 jours). Le sujet c’est qu’elle soit respectée. L’Umih vient d’ailleurs de recevoir une décision favorable de la Cour d’appel de Paris [qui reconnaît AirBnB comme un éditeur et non un hébergeur, ce qui rend la plateforme responsable du contenu posté, Ndlr.]. On dit que c’est une concurrence déloyale parce que ces plateformes ne sont pas soumises aux mêmes règles (sécurité, fiscalité…) que les professionnels de l’hôtellerie, qui accusent des pertes de chiffre d’affaires.

    À Montpellier, avez-vous
    des requêtes particulières
     ?

    Y.S. : On a pris rendez-vous, on doit bientôt être reçus par le maire Michaël Delafosse. On a un problème de prix de stationnement trop élevé. On va voir si on peut faire revenir du monde en ville avec des tarifs de parking plus attractifs, comme au Polygone. On a déjà vu les élus Jean-Louis Gély et Michel Aslanian. La mairie veut renouer le dialogue.

    Quel premier bilan touristique faites-vous ?

    Y.S. : Je dirais qu’on est entre -10 et -20% d’activité. À la Grande Motte, il y a des touristes étrangers, des Belges et des pays de l’Est mais sans euphorie, le chiffre d’affaires est en baisse. À Palavas, il n’y a pas grand monde. Au camping des Roquilles c’est catastrophique, personne au bar ni au restaurant. Il manque les Américains, Néerlandais… La clientèle française qui se déplace quelques jours sur le littoral a réduit ses vacances. Les touristes présents font attention : ils font les courses avec leur glacière et mangent à la maison plutôt qu’au restaurant ou ne prennent qu’un seul plat. C’est le résultat d’une baisse du pouvoir d’achat. Le prix de l’essence pèse lourd. La chaleur a pu aussi en décourager certains. On verra le bilan global en octobre avec la fin de saison, mais un chiffre d’affaires perdu ne se rattrape jamais.

  • Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Violences verbales et physiques entre conducteurs, délits routiers, escroquerie envers la clientèle… » C’est le constat établi par la préfecture du Var après les remontées de terrain des communes de Saint-Tropez et de Ramatuelle et des professionnels locaux aux prises avec une très « importante présence de VTC extérieurs à la région », précise-t-elle.

    Aussi, « ces deux communes en lien avec les services de l’État ont mis en place des mesures de police administrative pour réguler le transport payant de personnes et limiter l’augmentation du trafic automobile dans le centre-ville et sur la route des plages », indique le représentant de l’État. L’afflux de VTC extérieurs, est considéré par les locaux comme « une concurrence déloyale » d’autant qu’un certain nombre ne respectent pas la réglementation. De récentes opérations de contrôle ont donné lieu à des dizaines de constats d’infraction dans le golfe de Saint-Tropez depuis le premier juin : maraude irrégulière, absence de signalétique ou de vignette, non-apparition de la carte professionnelle ou du macaron ou, carrément, exercice illégal de la profession, sans omettre les infractions au code de la route… Face à cette situation, la sous-préfète de Draguignan recevra ce lundi les représentants de l’union des VTC 06-83 pour réfléchir à des pistes d’actions.

  • [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    Le fourgon de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) sitôt garé entre les pompes à essence, les agents installent les cônes de signalisation pour en barrer l’accès, le temps de leur intervention. Ce jeudi, c’est un contrôle inopiné que réalise le service de métrologie légale dans la station de service voisine de la Rouvière, dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec un objectif simple : vérifier que le volume de carburant payé par les automobilistes correspond bien à ce qu’ils ont versé dans leur réservoir. « L’erreur maximale tolérée est de 0,5%, c’est très fin, précise le responsable du service, Frédéric Schneider. Quand l’utilisateur fait son plein, il doit obtenir 50 litres… plus ou moins une petite brique de jus d’orange ! »

    Au total, ils sont neuf dans la région à opérer ces contrôles pour l’état, de Nice à Briançon, avec une attention particulière pour les établissements stratégiques de l’étang de Berre. « La métrologie, c’est la science de la mesure, explique Frédéric Schneider. Ce que nous faisons – la métrologie légale – ce sont toutes les procédures de contrôle pour s’assurer que les instruments de mesures sont fiables. » Et de préciser : « Nous avons ce rôle de police des instruments, mais nous sommes souvent bien accueillis : les professionnels ont compris que c’est un outil qui les protège de la concurrence déloyale et cela protège aussi les consommateurs. »

    Le champ d’application est immense. Les agents interviennent dès lors qu’il y a une transaction commerciale, un intérêt de santé publique ou de sécurité sur les 37 catégories d’instruments de mesures recensés, des compteurs des taxis aux diverses balances, des radars aux éthylomètres… Et le responsable de sortir une bière (vide) : sur le culot est inscrite la hauteur depuis le goulot que doit atteindre le liquide pour obtenir le volume indiqué. « Les instruments de mesures sont partout, on ne s’en rend pas compte au quotidien », sourit-il.

    90% d’instruments fiables

    Au-delà des évolutions technologiques que rappellent les balances anciennes qui encombrent les étagères de leurs bureaux, le cœur de mission de ces agents a changé au fil des dernières décennies. « La réglementation doit s’adapter aux évolutions juridiques dans un souci d’harmonisation européenne, et nous avons suivi l’évolution avec la délégation au secteur privé », témoigne le responsable. Avec la mise en place du marché commun européen dans les années 1990 se sont imposés les organismes de certification privés agrémentés. Désormais, les agents doivent contrôler leur travail, en plus d’une mission de surveillance du marché. Sur la pompe à essence de la Rouvière figure ainsi cette vignette verte apposée par l’organisme, indiquant que celle-ci est conforme – elle serait rouge le cas échéant – tandis que chaque contrôle est recensé dans le carnet métrologique de l’appareil. Une fois le capot de la pompe démonté, les agents vérifient aussi que les scellements mis en place par l’organisme sont bien intacts, preuve qu’il n’y a pas eu d’autre intervention sur l’appareil.

    Puis vient le contrôle des instruments eux-mêmes. Après un premier remplissage pour les « mouiller », les deux jauges sont remplies. L’une à 20 litres, à pleine pression, pour vérifier si le calculateur numérique de la pompe affiche la bonne valeur. L’autre à 5 litres, avec un petit débit, pour vérifier si les pistons qui injectent le carburant dans le mesureur ne sont pas usés. Le compte précis atteint à l’écran, les agents se penchent sur la fenêtre de lecture, règle à la main. L’écart n’est que de -0,16%. Loin de la marge d’erreur, même si le prochain contrôle technique devra faire passer la différence sous la barre de 0,1%.

    Dans la majorité des cas, les installations restent bien dans les clous. En 2025, sur les 7 000 instruments contrôlés dans 1 600 sites répartis sur toute la région, seuls 10% environs n’étaient pas conformes. « Notre objectif n’est pas de punir, c’est la fiabilité de l’instrument, souligne Frédéric Schneider. Mais si l’on est face à quelqu’un qui ne veut pas régulariser, nous sommes obligés de sévir. » L’année précédente, 65 procédures contentieuses ont ainsi été engagées. La sanction avait même été rendue publique, il y a quelques années, pour un grand aéroport de la région : « Le pèse-bagage était mal positionné, quand on posait notre masse étalonnée, le résultat était aléatoire », raconte le responsable. Avec parfois des surcoûts pour les voyageurs, jusqu’à l’intervention du service de métrologie légale.

    Une loi de 1837

    Après la création du mètre sous la Révolution, c’est la loi du 4 juillet 1837 qui met en place les« vérificateurs des poids et mesures » pour constater les infractions « concernant le système métrique des poids et mesures », jusqu’à leur saisie. Avec des articles toujours en vigueur !

  • Des contrefaçons broyées pour l’exemple à Marseille

    Des contrefaçons broyées pour l’exemple à Marseille

    Pas moins de 206 054 marchandises contrefaisantes, d’une valeur de 42 millions d’euros, avaient été saisies, en février, sur le Marché du soleil, dans le cadre d’une enquête judiciaire du parquet de Marseille pour trafic de contrefaçon et blanchiment, après la saisie des murs en novembre 2025, entraînant la fermeture des lieux pour six mois.

    Dans la cour intérieure de la cité des douanes (3e) ce jeudi 18 juin, une partie d’entre elles sont étalées au pied d’un camion dans lequel a été installée une déchiqueteuse. Lunettes de soleil, sacs haute couture approximatifs, chaussures de sport et claquettes en cuir, maillots de foot plus ou moins olympiens et tee-shirt, le panel est impressionnant. On trouve également des machines à coudre pour doter les textiles d’étiquettes contrefaites.

    Pour la préfète de police déléguée, Corinne Simon, il s’agit d’une « opération emblématique ». D’abord « parce qu’elle permet de mettre en avant toute l’efficacité de la loi narco du 13 juin dernier », estime-t-elle. Un texte qui permet aux préfets « de pouvoir fermer administrativement les commerces dès lors où une infraction est caractérisée, que ce soit sur du trafic de stupéfiants, de l’association de malfaiteurs, du recel ou de la présomption de blanchiment », précise-t-elle. Et c’est sur cette dernière que Corinne Simon s’est appuyée pour la fermeture du Marché du soleil.

    Autre objet de satisfaction pour la préfète de police déléguée, il s’agit « d’une opération d’envergure qui a nécessité un travail de préparation important, un travail interservices », où une centaine de douaniers, une quinzaine d’officiers de police judiciaire, à la fois de police et de gendarmerie nationale, et des CRS ont été mobilisés. Cela fait aussi « 40 ans que ce marché existe » a-t-elle rappelé, et « d’année en année, on a vu qu’il s’était modifié pour devenir un marché à ciel ouvert de contrefaçons, il était impératif que nous puissions y mettre un terme, parce que c’est une concurrence déloyale par rapport aux marques et que cela permet de déclencher une économie souterraine qui finance des activités illégales ».

    Un milliard de taxes

    en moins pour l’État

    Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a lui aussi insisté sur la contribution des douanes. C’est sur la base de leurs saisies « menées régulièrement de 2024 à 2025, et à chaque fois, c’était bingo, que nous avons pu déterminer qu’on était dans le cadre de la marchandise contrefaisante en bande organisée » assure-t-il, s’étonnant que « dans les guides touristiques, l’existence de ce marché soit donnée comme un must ». Le procureur se félicite au passage d’une opération « gagnant-gagnant », le « représentant du consortium des marques » prenant en charge les coûts de la destruction, et du don des machines à coudre « à l’administration pénitentiaire pour fournir du travail aux détenus ».

    Pour l’État, le manque à gagner reste important, insiste Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants (Unifab). « C’est un milliard d’euros de taxes que la contrefaçon fait perdre, en période économique compliquée, on ne peut pas passer à côté et 38 000 emplois perdus par an », ajoute-t-elle. Soulignant le danger pour les consommateurs qui achèteraient ces produits, avec des lunettes de soleil qui n’ont pas de filtre, des teintures pouvant provoquer de graves allergies, elle précise que ces marchandises « fabriquées à des milliers de kilomètres ont un bilan carbone absolument désastreux et les usines qui fabriquent de la contrefaçon rejettent leurs déchets dans la nature ».

    Malins, les fraudeurs ont prévu également de dissocier les textiles des logos pour mieux écouler la marchandise, note-t-elle. « L’assemblage se fait en France, révèle-t-elle. C’est moins compliqué de se faire envoyer un carton de logos en cas de saisies que tout un lot de vêtements complet ». Tout un système qui sera explicité lors du procès. Parmi les 15 prévenus, les gardiens du marché, le gérant administratif, une gérante sur le terrain, une agente de la préfecture et deux policiers municipaux…

  • L’usage abusif d’auto-entrepreneurs dans le viseur

    L’usage abusif d’auto-entrepreneurs dans le viseur

    L’été approche et ramène avec lui une augmentation du flux touristique et, de fil en aiguille, une augmentation des besoins en personnel et salariés. Depuis plusieurs années, un phénomène explose et inquiète les professionnels du secteur et les autorités : l’usage abusif du statut d’auto-entrepreneur.

    « Nous voulons que les règles qui régissent la profession soient respectées et non détournées », détaille ainsi Patrice Mounier, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de Vaucluse, ce vendredi 12 juin, lors d’une conférence de presse en compagnie des services de l’État. Tout en signalant « qu’on n’est pas contre les auto-entrepreneurs », il indique qu’il y a aujourd’hui, dans certaines situations, un « salariat déguisé » et que cela engendre une « concurrence déloyale ».

    Sont ciblés des métiers comme les cuisiniers, notamment chez les traiteurs. Ou encore les DJ en boîte de nuit. Un point de réglementation s’impose. Un travailleur indépendant exerce une activité pour son propre compte avec des prestations pour des clients. Il ne doit donc, en principe, pas recevoir d’ordres de la part d’un patron. Sauf que de nombreux postes, tels que cuisinier ou serveur en restauration, ne rentrent pas dans ces cases. « Pour les DJ en boîte de nuit, par exemple, si c’est pour une ou deux soirées à thème, on peut accepter. Mais si c’est une personne qui travaille régulièrement, ça ne marche pas », illustre Amandine Martin, inspectrice du travail au sein de la DDETS. Si l’infraction est caractérisée, les sanctions peuvent être de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

    L’illustration de l’ubérisation de la société

    « C’est surtout un public jeune qui a besoin de flexibilité mais qui ne connaît pas vraiment le système. C’est une illustration de l’ubérisation de notre société », analyse Mikhaël Bascoul, inspecteur de lutte contre le travail dissimulé. « Parfois, on bondit de notre chaise dans certaines situations », glisse Amandine Martin. Car bien souvent, les entreprises utilisent ce statut pour ne pas avoir à payer les cotisations sociales. C’est en effet au travailleur lui-même de le faire et d’envoyer, à partir d’un certain seuil, la preuve à son employeur. « Ces pratiques portent atteinte au financement de notre modèle social », assure l’Umih dans son communiqué. La structure se veut dans un premier temps pédagogue avec les entreprises du secteur. Mais demande des sanctions en cas de fautes répétées. Les représentants de l’État évoquent notamment l’usage de l’intérim comme alternative.

  • La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    Nous tenons à vous alerter que la fédération sera très attentive en attente de réponses claires lors de la réunion du 10 juin. » C’est de cette manière que la Fédération nationale des ports et docks CGT a indiqué la suspension de son action d’arrêt du travail initialement prévue vendredi.

    Dans son courrier adressé à l’Union des ports de France (UPF) et l’Union nationale des industries de la manutention (Unim) mercredi, la fédération CGT indique avoir « pris en compte la confirmation d’une table ronde qui se tiendra le 10 juin » avec les acteurs « divers et variés » en lien avec le sujet.

    Le sujet, c’est celui de « la problématique de Port-la-Nouvelle », dans l’Aude en région Occitanie, soulevée par la fédération. « Nous dénonçons l’évolution de ce nouveau port qui, dès sa création, suscite bien des interrogations », selon la fédération syndicale.

    Une « concurrence déloyale » selon la CGT

    Les interrogations sont notamment liées aux « nombreux trafics portuaires sont menacés ici ou là », d’après l’organisation, citant Sète, Bayonne, La Rochelle, Fos-sur-Mer et Le Havre. La fédération « n’acceptera pas qu’un nouveau port au modèle atypique remette en cause les équilibres actuels », se disant « consciente d’une concurrence dans les ports qui a toujours existé, mais pas une concurrence déloyale » qui selon l’organisation « remet en cause l’esprit et les engagements des réformes portuaires successives ».

    Ce conflit s’opère dans un contexte de mutation de la stratégie portuaire française. Comme pour d’autres modes de transports, la gestion irrite la CGT. « La Région Occitanie a investi plus de 650 millions d’euros d’argent public pour créer un hub hydrogène et la construction d’éoliennes à Port-la-Nouvelle, qui vient prendre des trafics rouliers vracs aux ports voisins », déplorait la fédération CGT fin avril.

    De même, l’organisation s’oppose au projet Deos de fabrication de flotteurs d’éoliennes en mer à Fos-sur-Mer, à destination de Port-la-Nouvelle. La Région Occitanie et la société d’économie mixte du Port « ne peuvent pas venir concurrencer les autres ports français dont Fos, et espérer la complémentarité sur l’éolien », assenaient les syndicalistes portuaires.

  • Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Et ce pour un double objectif, « dresser un état des lieux précis des difficultés rencontrées par les producteurs et recueillir des propositions concrètes d’amendements afin de mieux adapter le futur cadre législatif aux réalités du terrain », explique le sénateur dans un communiqué. Il exprime également des réserves face au projet de loi actuellement discuté à l’assemblée, dont il juge le contenu « faible au regard des besoins. » En ciblant par exemple « l’absence de garanties solides pour assurer un revenu digne aux agriculteurs » ou encore « les limites des mesures contre la concurrence déloyale. »

  • [Salon de l’agriculture] Le Var et les Alpes Maritimes demandent à l’Union Européenne une IGP sur le mimosa

    [Salon de l’agriculture] Le Var et les Alpes Maritimes demandent à l’Union Européenne une IGP sur le mimosa

    Lundi matin, avant même l’inauguration de leurs stands respectifs, responsables politiques maralpins et varois se sont retrouvés pour une conférence commune dédiée à la question du mimosa. « L’or de la Côte d’Azur, cette fleur que nous partageons avec les Alpes-Maritimes » a introduit Guillaume Décard, président de Var Tourisme, qui n’a pas manqué de mentionner l’inévitable Route du mimosa et « ses 130 km de route entre Bormes et Grasse en huit étapes », avec, pour paysage, « cette fleur hivernale qui perce notre forêt et illumine nos massifs ».

    Un élément essentiel du « tourisme 4 saisons, qui est aussi un tourisme 4 couleurs : l’or du mimosa l’hiver, le vert du printemps, le vin rosé de l’été et le rouge des vignes à l’automne », décrit le président du Département Jean-Louis Masson (LR). Une idée à laquelle adhère le président de la Route du mimosa, Florian Raoux : « La route a été créée en 2001 pour faire de l’hiver une saison à part entière et non pas une simple parenthèse. C’est une stratégie pour changer une période en une vraie destination. »

    Mais, quand on parle de cette fleur, « on parle autant de tourisme que d’agriculture », rappelle ce dernier. Ainsi, « lancer la Route du mimosa au Salon de l’agriculture a beaucoup de sens », car la filière « vit bien au-delà de sa période de floraison », avec « des produits dérivés, bougies, parfums, aliments, des opportunités économiques si les choses sont bien faites ».

    Un document pour porter une IGP à Bruxelles

    Pour ce faire, « la coordination portée par la Route du mimosa est décisive, en recensant ce qui existe avec les acteurs de la filière, identifier les dérives et renforcer notre marque. Et cela ne pourra se faire qu’au travers d’une Indication géographique protégée (IGP) », soutient Florian Raoux. « Nous sommes une filière de niche. C’est important que les Départements nous soutiennent car au niveau national, on n’a rien. Il faut venir en aide aux jeunes et on va continuer à travailler sur cette IGP », plussoie Michel Lovera, président de la filière à la Chambre d’Agriculture du Var.

    L’échange, débuté sur le stand du Var, s’est poursuivi sur celui des Alpes-Maritimes, pour symboliser le trait d’union qu’incarne cette route. Jean-Louis Masson et son homologue Charles-Ange Ginesy, président (LR) du Département des Alpes-Maritimes, accompagnés de Guillaume Décard et d’Alexandra Borchio Fontimp, sénatrice (LR) des Alpes-Maritimes et présidente du comité régional du tourisme Côte d’Azur France, ont ainsi signé un document pour porter la création d’une IGP auprès de Bruxelles. « Un message fort pour ceux qui travaillant dans des conditions difficiles, avec une concurrence déloyale de pays n’ayant pas les mêmes lois et qui usurpent notre marque », souligne cette dernière. Un lien supplémentaire, qui rappelle l’importance capitale d’un autre : l’eau. « Comme l’a évoqué Jean-Louis Masson, avec le lac de Saint-Cassien notamment. Nous partageons cette problématique, car il n’y a pas d’agriculture sans eau », abonde Charles-Ange Ginesy.

    Le Stand du Var inauguré

    L’inauguration du stand du Département du Var s’est tenue lundi après-midi. « Le but est de faire parler de nos producteurs, de la marque Var – peut-être faut-il l’inventer -, faire connaître nos filières, nos savoir-faire, développer l’attrait du consommateur sur nos produits locaux. Être présent au SIA est un vecteur de communication dont on ne peut se passer », affirme son président, Jean-Louis Masson, qui rappelle aussi « qu’avec l’agriculture et la pêche, il y a la transformation et l’artisanat ». « Le produit brut agricole varois, c’est 350 millions, la production vendue, c’est 1 milliard, soit 650 millions sur l’aval des filières », ajoute Sylvain Audemard, président de la Chambre d’agriculture du Var. « Sur le territoire, c’est un moteur économique et un vecteur d’équilibre. »

  • La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    On a voté à l’unanimité la reprise du travail suite aux réponses obtenues », annonce Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, ce vendredi soir à la sortie de l’assemblée générale des travailleurs. L’organisation « suspend le mouvement social » entamé lundi 2 février, notamment suite à plusieurs réunions en préfecture et avec les directions des deux compagnies des marins, La Méridionale et Corsica Linea. « On a un calendrier très précis pour un cycle de réunions de travail sur le programme commun des deux compagnies par rapport à la concurrence déloyale », développe Frédéric Alpozzo, évoquant un « document complet ».

    Le tout, en parallèle « d’une médiation », annoncée la veille par le ministère des Transports. « Il y a toutes les parties prenantes dans les différents cycles de réunions, on a des avancées », commente le syndicaliste. Avant de prévenir : « Ce n’est qu’une suspension, si les discussions se passent mal, on retourne au combat ! ». Pour rappel, ils dénoncent un « dumping social » de certaines compagnies maritimes usant de pavillons internationaux « sur les lignes territoriales françaises à passagers ». « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois », rappelait la CGT Marins, qui défend le pavillon français et son socle de droits sociaux.

    Il faut dire que leur mouvement avait provoqué des remous. Ce vendredi, à l’usine d’Airbus Helicopters de Marignane, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, jouait la carte du dialogue social. « Je souhaite que l’apaisement revienne. Je comprends l’émoi d’un certain nombre de salariés par rapport à cette concurrence qu’ils jugent déloyale », assure-t-il. Si les marins réclament des garanties pour l’emploi au pavillon français depuis des mois, le ministre semble aller dans leur sens en affirmant qu’il « lutte contre le dumping social » notamment sur les liaisons transmanche.

    Des « conséquences économiques ravageuses »

    « Nous sanctionnerons sévèrement ceux qui ne respectent pas les règles. Mais tout n’est pas entre les mains de l’État », justifie Philippe Tabarot, citant les « difficultés liées au port de Sète, de compétence régionale ». De quoi renvoyer à la fameuse « médiation » lancée par son ministère. Laquelle doit « produire des conclusions rapides, dans un délai de six à huit semaines ». Il faut dire que même la Corsica Linea a dénoncé, dans un communiqué de presse diffusé vendredi matin, « les conséquences économiques ravageuses de l’expansion du dumping social ». Et a pointé directement des « compagnies maritimes opérant sous pavillons internationaux moins-disant, en dehors de tout respect du socle social minimal imposé par la loi française ». Philippe Tabarot s’est félicité de « la levée du mouvement de grève (…) les deux médiateurs désignés sont à l’œuvre pour parvenir à un apaisement durable avec tous les acteurs », précisait-il vendredi soir.

  • À Avignon, les agriculteurs en veulent à l’Europe

    À Avignon, les agriculteurs en veulent à l’Europe

    Devant le portail orné de drapeaux européens de la préfecture de Vaucluse, ce mardi 6 janvier en début d’après-midi, un peu moins d’une centaine d’agriculteurs ont manifesté à l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA). Des bannières bleues à douze étoiles dorées, prêtées par les maires du département, pour signifier leur soutien contre différentes mesures de l’Union européenne.

    Parmi les mesures décriées, le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, sur lequel les pays membres seront potentiellement appelés à se prononcer ce vendredi 9 janvier. « C’est tout simplement de la concurrence déloyale. Ces pays ne sont pas soumis à la même réglementation que nous. C’est comme si on envoyait l’équipe de France de foot en finale de Coupe du monde sans que les joueurs ne portent de crampons », image ainsi Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA de Vaucluse. Pour le responsable syndical, c’est une « mise à mort » de « la première économie du département ». Tout en concédant que c’est surtout « l’agriculture qui nourrit », comprenez les moyennes à grandes exploitations, qui seront les plus touchées par ces mesures. Mais que celle-ci « permet aux gens qui n’ont pas les moyens de se nourrir correctement ». Quant à la promesse du Premier ministre Sébastien Lecornu de contrôles des résidus de produits phytosanitaires interdits en Europe, Sylvain Bernard estime que l’État « n’a pas les moyens » de mettre cela en œuvre.

    À quelques mètres de là, un cercueil avec écrit en lettres rouge sang « Paysans » est accroché à l’arrière d’un tracteur. « Si ça continue comme ça, on va tous finir dedans », lâche un membre des Jeunes agriculteurs. Une délégation de représentants du syndicat a été reçue dans la soirée ce lundi 5 janvier. C’était laborieux », regrette Guillaume Greter, vice-président des JA de Vaucluse. « Cela devient très compliqué de tirer des revenus avec toutes ces taxes », poursuit-il. Il vise notamment la taxe carbone, officiellement nommée Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Celle-ci taxe les engrais importés. « Cela représente 80 euros supplémentaires par tonne d’engrais. La période néfaste va continuer. Il faut continuer notre mobilisation et ne pas baisser les bras », lâche de son côté Sophie Vache, présidente de la chambre d’agriculture de Vaucluse et ex-présidente de la FDSEA 84.

    Délégation inhabituelle

    Une délégation d’une dizaine d’agriculteurs a été reçue par le préfet de Vaucluse. Mais le seul élu dans l’un des syndicats était le président des JA, Jordan Charansol. « On veut que le message soit donné par d’autres personnes que ceux qui ont l’habitude. Avec leurs mots et leurs ressentis », précise Sylvain Bernard. À l’image de Sébastien Mazoyer, céréalier à Uchaux et membre de la FDSEA. « On va finir par crever, mais on ne crèvera pas tout seuls. Là, on est bien gentils. Mais on va finir par s’énerver. Si on est obligés de partir car ce n’est plus viable, il restera quoi dans nos communes ? C’est aussi nos paysages de champs qui ramènent des touristes. Mais ils vont finir en friche », confie-t-il quelques minutes avant de s’engouffrer dans la préfecture. Jean-Philippe Bres, également céréalier et affilié à la FDSEA, évoque des « trésoreries à sec » après avoir subi des taxes sur les engrais et estime qu’avec « le cours très bas des céréales, un paquet d’exploitations de la région vont déposer le bilan cette année ».