Tag: concertation

  • Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Pour la Commission nationale du débat public (CNDP), l’heure est au bilan. Deux mois après la fin de la concertation sur l’avenir industriel de la zone de Fos-sur-Mer et du pourtour de l’étang de Berre, qui s’est tenue du 2 avril au 13 juillet, l’instance publie son compte rendu. Près de 200 pages passant en revue les enseignements de cette démarche inédite.

    Ce débat global coordonné par l’État était une première « par les objets qu’il devait traiter, c’est-à-dire à la fois une vocation proposée pour des territoires et les effets cumulés des nombreux projets », explique Audrey Richard-Ferroudji, présidente de la concertation. Si, au départ, le dossier présentait des fiches sur 35 projets, la carte interactive du site en comprenait 51 à la fin du débat, suite aux demandes du public.

    L’instance n’a pas seulement concentré les informations disponibles, elle en a aussi produit, à l’instar de la tierce expertise sur le projet de ligne très haute tension de 400 000 volts devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos, ou de l’analyse des effets cumulés sur l’environnement.

    Des recommandations

    La CNDP note néanmoins certaines limites, comme le regret d’un manque de dialogue et d’une co-construction des décisions au-delà de l’expression et de l’écoute remontées par de nombreux participants. « C’est vrai que le format de réunion publique, de manière générale, est peu propice au dialogue puisqu’il y a beaucoup de personnes qui veulent s’exprimer, concède Audrey Richard-Ferroudji. Mais il y a eu des échanges et des choses qui ont bougé. »

    Étienne Ballan, animateur de la concertation, illustre : « On est entrés dans ce débat avec un projet spécifique de ligne THT, un calendrier précis et beaucoup de défiance de la part du public. Incontestablement on sort du débat avec, plutôt qu’une solution technique, un besoin d’un programme de raccordement électrique pour mettre à niveau un réseau assez défaillant. La focale a changé. Sur la question du délai, l’analyse des besoins a permis de caractériser l’empilement des demandes de raccordement pour l’arrivée des projets. Le débat a aussi ouvert des possibilités avec une proposition faite par un expert d’envisager l’alimentation électrique de manière plus progressive. »

    Le débat global n’a donc pas apporté de solution miracle, mais il a permis de mettre en avant les inquiétudes des habitants du territoire et leurs solutions alternatives. Des dizaines de demandes de précisions ont été formulées par les participants à l’égard de l’État, ainsi que dix recommandations générales de la CNDP aux premiers rangs desquelles la constitution d’un programme d’ensemble de décarbonation et de réindustrialisation, doté d’une vision stratégique unifiée et d’un schéma directeur, qui serait soumis à une évaluation environnementale d’ensemble, et une concertation continue.

  • L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    La municipalité d’Avignon maintient son choix d’exclure les poids lourds de plus de 38 tonnes de la Rocade Charles-de-Gaulle.

    En effet, celui-ci a été confirmé lors d’une réunion de présentation, en présence de représentants des services de l’état en Vaucluse. Ces véhicules seront ainsi interdits, à partir d’une date qui n’a pas encore été communiquée, de 7 heures à 19 heures tous les jours, sur la section du boulevard Charles-de-Gaulle comprise entre le carrefour de l’avenue de Tarascon et l’avenue Pierre-Sémard. Et ce afin de « dégager de la fluidité sur la rocade aux heures de pointe, de sécuriser les piétons et les vélos tout au long de la journée, d’améliorer la qualité de l’air ainsi que la qualité sonore, de faciliter la circulation des transports en commun et des véhicules de secours. » La première année servira d’expérimentation. Un nouveau comité de suivi réunissant les acteurs territoriaux et économiques est prévu le 17 septembre prochain.

    Un projet déjà défendu lors du dernier conseil municipal, le jeudi 26 juin, où la première édile de la Cité des Papes, Cécile Helle (PS), poussait encore pour la mise en place de cet arrêté « parce qu’il en va d’un enjeu de santé publique aujourd’hui pour tous les habitants ». Elle dénonçait également les remarques d’élus du nord du département des Bouches-du-Rhône qui sont contre cette interdiction, car elle déporterait le trafic sur leur territoire.

    Ceux-ci poussent pour la poursuite de la Liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui au point mort, car le Grand Avignon et Avignon s’y opposent, avancée comme une solution par Marcel Martel, maire (DVD) de Châteaurenard. Mais les échéances électorales à venir, avec les municipales de l’an prochain, bloquent le dossier au moins pour les prochains mois. Une mesure qui n’est pas non plus complètement nouvelle. Dès 2022, la municipalité souhaitait interdire les poids lourds sur ce même axe routier, très fréquenté aux heures de pointe. Mais sa mise en place n’avait alors pas pu se faire, notamment à cause d’une mobilisation des entreprises de transport.

    Péril économique

    « On peut entendre la question de la santé de la population, mais il aurait fallu faire les choses dans l’ordre et commencer par une concertation », regrette de son côté Stéphane Paglia, président de la CCI d’Arles, dont un collaborateur a assisté à la réunion de présentation de l’arrêté. « Tout le monde a dit non autour de la table. Il faut trouver une solution intelligente. Déplacer le problème de quelques kilomètres n’en est pas une. D’autant que les trajets vont s’allonger alors que le but est d’économiser des kilomètres. Malgré les frontières administratives, on vit tous sur le même territoire, car cette décision est un non-sens économique », ajoute-t-il.

    Les organisations syndicales de transporteurs s’opposent aussi à nouveau au projet. « Fermer la rocade ne supprime pas ces flux, cela détourne près de 600 camions quotidiens vers les communes voisines, allongeant les distances parcourues, générant plus de rejets d’émissions de CO2 et de risques routiers », assurent-ils, ajoutant que « la rocade constitue aujourd’hui la voie la plus adaptée pour concilier circulation des marchandises, sécurité routière et qualité de vie des habitants. » Pour eux, cette décision « met en péril les entreprises locales par des surcoûts logistiques », « déplace la circulation vers de nouveaux habitants et sature des axes secondaires moins adaptés ». Elle remettrait aussi en cause le report modal, car « 450 camions/jour qui circulent aujourd’hui par le rail reviendraient sur la route, compromettant l’avenir du terminal de Courtine, une centaine d’emplois et 90 000 tonnes de CO2₂ économisées chaque année », complètent-ils, les conteneurs étant chargés sur des trains à la plateforme rail-route en zone Courtine, à Avignon.

    La décision ne pourra être validée qu’avec l’accord du préfet, car la rocade dépend de l’état.