Tag: complémentaire

  • Réservistes, des policiers à part entière

    Réservistes, des policiers à part entière

    Livreur, policier municipal ou policier administratif, ils ont choisi de donner de leur temps pour renforcer les effectifs de policiers notamment sur la voie publique mais pas que… Mise en place en 2003 au départ pour les policiers nationaux à la retraite, la réserve s’est ouverte aux civils 8 ans plus tard puis aux anciens adjoints de sécurité en 2016. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone sud aujourd’hui à 8 000 en 2030 précisait dans nos colonnes Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale 13 en décembre dernier.

    Pour Jean-Claude, 55 ans, livreur de colis à Marseille, c’était comme une évidence. Passé à côté du métier de ses rêves après avoir échoué au concours de la police municipale, il a vu là l’opportunité de se réaliser. « Mon ami d’enfance fait partie de la BAC de Vitrolles, il m’a dit que je pouvais rentrer dans la police en étant réserviste. Je me croyais trop vieux, j’ai toujours voulu faire ce métier », nous raconte-t-il. Sportif, il passe haut la main les tests d’aptitude, se familiarise avec le port de l’arme après une formation d’un mois en tout à Fos-sur-Mer et à Marseille. « L’arme, c’est le plus important, je n’en avais jamais touché et en plus je suis gaucher ! » rigole-t-il ajoutant que les patrouilles se font toujours encadrer par des titulaires.

    Quelques notions de Code pénal plus tard, le voilà sur la voie publique. Palais de justice, matches de foot… Il se « régale », s’applique à « rester calme », à surtout ne « pas se prendre pour un autre parce qu’on a un uniforme ». Pas un « cow-boy » mais plutôt un bon samaritain qui ne fait pas ça non plus pour l’argent quand la vacation est à 74 euros net. « J’ai toujours aidé tout le monde. C’est le contact avec la population qui m’intéresse c’est pour ça que je suis livreur aussi », témoigne-t-il.

    Même son de cloche chez Amandine* 34 ans, réserviste depuis 2 ans. Policière depuis 12 ans dans un service administratif à Marseille, celui « qui sanctionne les fautes des policiers », elle a besoin elle aussi de rencontrer du public mais y voit aussi une occasion de découvrir « l’envers du décor ».

    Des missions très variées

    « J’ai un peu tout fait : police secours, BST (Brigade spécialisée de terrain), GSP (groupes de sécurité de proximité), SIC avec les appels 17, du tribunal judiciaire… Je préfère le côté terrain, ce que je n’ai pas tous les jours », explique-t-elle. Pour élever son enfant, elle a fait le choix d’horaires de bureau mais passer de l’autre côté l’a déjà effleurée : « Ça reste dans un coin de ma tête. J’y pense parfois, est-ce que je ne plaquerai pas tout ? »

    Karim, 37 ans, policier municipal responsable d’un service de nuit, nous explique avoir lui trouvé son équilibre avec la réserve. Avec un père dans la BAC centre de Marseille, « policier chez nous c’est de père en fils », nous confie-t-il fièrement. « Le terrain c’est mon truc, j’ai trouvé là un métier complémentaire », précise-t-il, « c’est varié, on peut verbaliser pour un feu rouge puis partir sur un cambriolage, une tentative d’homicide ».

    Au sein de police secours la nuit à La Ciotat, il est aussi souvent mobilisé au tribunal. Au fil des audiences, « je vois comment ça marche après pour les gens qu’on interpelle, et je me suis rendu compte du travail méticuleux des enquêteurs dont les délinquants n’ont sûrement pas conscience ». Il s’est formé aussi à l’identité judiciaire. Dédié à la prise d’empreinte, d’ADN, de traces, « le service est ouvert à la réserve » s’enthousiasme-t-il, et il attend de voir pour celui des « transports en commun ». Il participe aussi à des missions à Dunkerque où il acquiert de « nouvelles façons de travailler ». Passionné, il ne compte pas lâcher de si tôt la réserve. « Mon père est à la retraite, il en fait partie. Comme pour lui, ce métier c’est ma vie. »

    *Le prénom a été changé

    « Quand je suis avec la police,
    je me régale »

  • Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Le sénateur Stéphane Ravier (ex-RN ex-Reconquête) et sa nièce Sandrine d’Angio, actuelle tête de liste RN dans les 13-14, qui lui avait succédé en septembre 2017 en mairie du 7e secteur, ont été déclarés coupables de favoritisme dans trois marchés publics passés entre 2016 et 2019 et artificiellement fractionnés pour échapper au seuil de mise en concurrence.

    La procédure découle d’un audit en 2019 de l’Agence française anticorruption qui découvre que des marchés ont été attribués sans publicité ni mise en concurrence : un marché de 24 000 euros à une société qui s’était déjà vu attribuer des marchés de 15 200 euros, 24 000 euros et 7 560 euros pour les mêmes prestations, ce qui aboutissait, compte tenu de l’homogénéité des services fournis, à un marché public global dépassant largement le seuil de 25 000 euros HT à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’impose. Ces contrats qui portaient sur la stratégie digitale, la communication sur les réseaux sociaux, le référencement et la mise à jour du site internet, présentaient en outre un coût élevé et non justifié.

    « Je signe mécaniquement »

    Alors qu’il vient de voir une condamnation confirmée en appel la semaine dernière pour prise illégale d’intérêt -le recrutement irrégulier de son fiston en mairie- Stéphane Ravier a écopé hier de 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Sa nièce Sandrine d’Angio, toujours conseillère régionale et départementale et tête de liste RN dans les 13-14, est condamnée à 5 000 euros d’amende dont 2 000 euros avec sursis. La même peine complémentaire obligatoire d’un an d’inéligibilité, sans exécution provisoire au vu de l’ancienneté des faits, leur est infligée. Ils devront verser 1 500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Selon le jugement rendu mardi, « Stéphane Ravier a engagé un montant substantiel d’argent public en violation des règles de la commande publique, qui approche du double du seuil à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’imposait ». Ravier avait dit à l’audience s’en remettre à son administration « point barre » (sic). « Je signe mécaniquement parce qu’il faut ma signature pour payer », avait précisé M. Ravier au tribunal qui lui a répondu mardi que c’était précisément à lui de « déterminer de manière adéquate les besoins de la mairie de secteur et d’établir un cahier des charges ». Pour les juges, ces deux anciens maires de secteur « n’ont pas fait un usage adapté de l’argent public qui leur était confié en tant qu’élus » alors que les règles de la commande publique ont pour objectif aussi de « contribuer à l’effort de moralisation tant de la vie politique que de la vie économique ». « Ces atteintes à la probité contribuent à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et la cohésion sociale. »

  • L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    On est frappé par la pauvreté des éléments retrouvés, quelques dizaines de mails et de SMS. Ni lettre, ni travail de recherche, ni communiqué de presse. Aucun document sur les fameux “gros dossiers” soi-disant traités par Yann Bompard. Rien. » La procureure Louise Chrétien n’a pas eu de difficulté à démontrer la vacuité du travail de Yann Bompard, grassement payé 42 000 euros pour 14 mois d’emploi fictif de collaborateur parlementaire. Le maire Ligue du Sud d’Orange assure pourtant avoir « un sens aigu de la dépense publique ».

    La magistrate reprend ce « secret de Polichinelle » orangeois résumé en une saillie d’un interlocuteur sur ces « écoutes accablantes » : « Tous les éléments montrent qu’il en n’a pas branlé une pendant 5 ans. » Et pour cause, dit la procureure, « son cumul de mandats de maire d’Orange, de conseiller départemental et de chef de l’intercommunalité le rendait indisponible à des tâches de collaborateur parlementaire ». Cette prébende, c’est son père Jacques Bompard qui l’a offerte au fiston en 2012 avant de devoir lui abandonner son siège de maire en novembre 2021 suite à sa condamnation avec inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total des responsabilités qu’impliquent ses mandats locaux et sa rémunération de collaborateur parlementaire », dénonce le parquet qui réclame 2 ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende, confiscation de 8 000 euros saisis et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Le cas de la députée Lorho est aussi vite cerné. Jusqu’à sa rupture politique en 2022 et sa bascule au Rassemblement national, c’est une députée sous la coupe du clan Bompard à qui elle doit sa vie politique en souvenir de son père général de la Légion. « Le lien de subordination est totalement inversé car elle décrit un climat de peur et d’emprise des Bompard. » Pour le parquet, « elle a mis son intérêt politique au sein du système Bompard au-dessus de l’intérêt public » pour commettre un détournement de fonds publics et une subornation de témoin.

    Si « elle se réfugie derrière sa crainte des Bompard et sa méconnaissance du droit du travail pour justifier sa passivité », la procureure la renvoie sèchement à son incompétence : « On ne peut pas être membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République et puis venir dire ici qu’on n’a pas pu mettre en œuvre le Code du travail parce qu’on n’y connaissait rien ! » Elle requiert 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Cette peine complémentaire redoutée « s’impose s’agissant d’élus exerçant des responsabilités de haut niveau et de faits commis dans un contexte médiatique de perte de confiance des concitoyens dans leurs élus et alors que les affaires de détournement de fonds publics remplissent l’espace médiatique depuis de nombreuses années ». Y faire exception, alors qu’ils sont toujours dans le déni, serait « leur laisser une seconde chance d’abuser de leur mandat », considère Louise Chrétien qui rappelle que l’inéligibilité ne s’appliquera, conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, « qu’à l’issue du mandat » de la députée en 2029, mais que « cela l’empêchera de se présenter aux élections municipales en 2026 ». Quant à Yann Bompard, il n’y a rien de disproportionné à mettre un terme prématuré à un mandat de maire qui de toute façon s’achève en mars prochain.

    Les prévenus n’ont fait aucune déclaration finale. Délibéré le 26 janvier.

    « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total »

  • L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    On est frappé par la pauvreté des éléments retrouvés, quelques dizaines de mails et de SMS. Ni lettre, ni travail de recherche, ni communiqué de presse. Aucun document sur les fameux “gros dossiers” soi-disant traités par Yann Bompard. Rien. » La procureure Louise Chrétien n’a pas eu de difficulté à démontrer la vacuité du travail de Yann Bompard, grassement payé 42 000 euros pour 14 mois d’emploi fictif de collaborateur parlementaire. Le maire Ligue du Sud d’Orange assure pourtant avoir « un sens aigu de la dépense publique ».

    La magistrate reprend ce « secret de Polichinelle » orangeois résumé en une saillie d’un interlocuteur sur ces « écoutes accablantes » : « Tous les éléments montrent qu’il en n’a pas branlé une pendant 5 ans. » Et pour cause, dit la procureure, « son cumul de mandats de maire d’Orange, de conseiller départemental et de chef de l’intercommunalité le rendait indisponible à des tâches de collaborateur parlementaire ». Cette prébende, c’est son père Jacques Bompard qui l’a offerte au fiston en 2012 avant de devoir lui abandonner son siège de maire en novembre 2021 suite à sa condamnation avec inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total des responsabilités qu’impliquent ses mandats locaux et sa rémunération de collaborateur parlementaire », dénonce le parquet qui réclame 2 ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende, confiscation de 8 000 euros saisis et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Le cas de la députée Lorho est aussi vite cerné. Jusqu’à sa rupture politique en 2022 et sa bascule au Rassemblement national, c’est une députée sous la coupe du clan Bompard à qui elle doit sa vie politique en souvenir de son père général de la Légion. « Le lien de subordination est totalement inversé car elle décrit un climat de peur et d’emprise des Bompard. » Pour le parquet, « elle a mis son intérêt politique au sein du système Bompard au-dessus de l’intérêt public » pour commettre un détournement de fonds publics et une subornation de témoin.

    Si « elle se réfugie derrière sa crainte des Bompard et sa méconnaissance du droit du travail pour justifier sa passivité », la procureure la renvoie sèchement à son incompétence : « On ne peut pas être membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République et puis venir dire ici qu’on n’a pas pu mettre en œuvre le Code du travail parce qu’on n’y connaissait rien ! » Elle requiert 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Cette peine complémentaire redoutée « s’impose s’agissant d’élus exerçant des responsabilités de haut niveau et de faits commis dans un contexte médiatique de perte de confiance des concitoyens dans leurs élus et alors que les affaires de détournement de fonds publics remplissent l’espace médiatique depuis de nombreuses années ». Y faire exception, alors qu’ils sont toujours dans le déni, serait « leur laisser une seconde chance d’abuser de leur mandat », considère Louise Chrétien qui rappelle que l’inéligibilité ne s’appliquera, conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, « qu’à l’issue du mandat » de la députée en 2029, mais que « cela l’empêchera de se présenter aux élections municipales en 2026 ». Quant à Yann Bompard, il n’y a rien de disproportionné à mettre un terme prématuré à un mandat de maire qui de toute façon s’achève en mars prochain.

    Les prévenus n’ont fait aucune déclaration finale. Délibéré le 26 janvier.

    « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total »

  • Précarité et mauvaise santé vont de pair à Avignon

    Précarité et mauvaise santé vont de pair à Avignon

    « Si on ne soutient pas la Sécurité sociale, avec la précarité des hôpitaux sur notre territoire, on va dans le mur », lâche Monique, infirmière retraitée venue de Cavaillon ce jeudi 6 novembre à 10h30 devant la préfecture, à l’appel de huit organisations syndicales, Force ouvrière ne s’étant pas jointe en Vaucluse aux autres membres du groupe de neuf.

    Ils étaient plus de 150 en milieu de matinée, en cité des Papes, pour montrer leur opposition au projet de budget de financement de la Sécurité sociale du gouvernement Lecornu, dont le texte fait toujours l’objet de discussions à l’Assemblée. Et notamment contre « des mesures drastiques contre l’accès à la santé, qui touchent plus durement les personnes âgées et les retraités dont la santé se dégrade avec l’âge », pousse, lors de sa prise de parole au nom de la FSU et de la CGT, Daniel Gressier, représentant les retraités FSU de Vaucluse.

    « Nous ne sommes pas des nantis, c’est complètement faux ! »

    Et de cibler le possible doublement des montants et plafonds des franchises médicales, c’est-à-dire le reste à charge, la remise en cause des affections de longue durée ou encore la nouvelle taxation sur les complémentaires santé, de 2,05% à 2,35%, « qu’elles répercuteront sur les cotisations, alors que les retraités subiront une augmentation exponentielle de leur taux en fonction de l’âge, avec l’application de la Protection sociale complémentaire dont ils et elles sont exclues », lance le représentant syndical.

    « Toutes les mesures projetées par le gouvernement attaquent principalement les retraités. On dit que les retraités sont des nantis, ce qui est complètement faux. On est dans un des départements les plus pauvres de France et beaucoup de retraités se trouvent en dessous du seuil de pauvreté. On attend des réponses. On nous disait que ça allait être mieux que sous Barnier et Bayrou, mais c’est faux », ajoute Thierry Maillet, membre du bureau de la CGT retraités de Vaucluse. Les syndicats annoncent que des échanges avec les parlementaires du département, hors Rassemblement national, ont été sollicités afin de les interpeller sur ces sujets.