Tag: communes

  • L’APVF fait se rencontrer les maires des petites villes du Var

    L’APVF fait se rencontrer les maires des petites villes du Var

    Échanger pour préparer les villes de demain. C’était l’objectif de la première rencontre organisée mercredi à l’hôtel du Département par l’Association des petites villes de France (APVF) – dont font partie 11 communes varoises de 2 500 à 25 000 habitants –, et son représentant départemental, le maire (SE) du Val Jérémy Giuliano. Un lieu symbolique, tel que l’explique ce dernier, « le Département étant le principal financeur des communes ». « Le Département est aussi votre maison », lui a répondu Jean-Louis Masson, le président (LR) du conseil départemental. « Je souscris totalement aux propositions que vous portez pour préserver notre libre administration, rognée au fil de réformes écrasant les élus locaux sous le poids des normes. »

    Une douzaine de communes étaient de la partie, en plus du président de l’Association des maires du Var, l’édile brignolais Didier Brémond, et de Christophe Bouillon, président de l’APVF et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).

    Des témoignages

    de femmes maires

    Deux séquences étaient au programme. La première abordait la question des moyens d’action des collectivités territoriales dans le cadre de la transition écologique. « Elle est en chemin, il faut réfléchir à comment rendre nos villes plus souveraines pour qu’elles soient plus habitables », explique Jérémy Giuliano, qui rappelle que « le climat du Var sera celui de Séville d’ici 2050, avec 2,5 °C de plus, sauf que la végétation et l’habitat n’auront pas eu le temps de s’adapter ». Et dans cette optique, si « les petites villes ont le foncier pour travailler sur la sobriété énergétique », il s’agit de penser à « l’électrification pour compenser les usages thermiques », et donc « à la production d’énergie ». Il a enfin été question, également, de l’augmentation effective des risques environnementaux, comme les incendies et les inondations.

    La deuxième séquence avait quant à elle trait au statut de l’élu local, créé par la loi Agatel du 22 décembre 2025. Une avancée qui doit permettre, pour le maire du Val, de « protéger l’élu, de cadrer les jeunes, les étudiants, ceux qui ont des enfants… Avec des dispositifs pour accompagner l’élu dans sa vie privée, on pourra créer des vocations ». À ce titre, les maires de La Garde et de Barjols, Hélène Arnaud-Bill et Cathy Venturino-Gabelle, se sont exprimées sur la conciliation entre vie publique et vie privée, et offert des témoignages de femmes élues, mères avant d’être maires.

  • Une riposte à consolider face au frelon asiatique

    Une riposte à consolider face au frelon asiatique

    Du jardin de Léandre et Annie Perini à la colline, il n’y a qu’un pas. Le couple de retraités vit dans une maison nichée dans les hauteurs de Velaux, non-loin d’Aix-en-Provence, en bordure d’un quartier résidentiel. Derrière leur piscine, le terrain de jeu des abeilles est immense : les bosquets d’herbes sèches s’étendent à perte de vue.

    Amoureuse des butineuses, Annie Perini a sauté sur l’occasion quand elle a appris qu’elle pouvait obtenir gratuitement auprès de sa mairie un piège sélectif contre les frelons asiatiques (ou frelons à pattes jaunes). « C’est d’abord mon apiculteur qui m’a sensibilisée, puis j’ai regardé un reportage et ça a été une découverte horrifiante : ils mangent les abeilles vivantes, ce qui peut entraîner la destruction totale des ruches, témoigne-t-elle. Ces bêtes sont des aliens pour moi. »

    Ces insectes invasifs sont en effet un véritable fléau. Une seule reine peut, en une année, produire environ 13 000 ouvrières et 500 futures reines. « Elles se servent de l’abdomen des abeilles comme source de protéines pour leurs larves », explique Thierry Desbiolles, agent de la Ville de Velaux en charge des solutions fondées sur la nature.

    Au-delà de la pression sur l’apiculture, ce prédateur des pollinisateurs sauvages représente une menace pour la préservation de la biodiversité, mais aussi pour la santé des habitants.

    Le Département s’est donc saisi de la question et a lancé un grand plan de lutte contre le frelon asiatique et oriental, en partenariat avec Fredon Paca et le Groupement de défense sanitaire apicole des Bouches-du-Rhône (GDSA 13), en 2025. Depuis, 69 villes de moins de 200 000 habitants, ainsi qu’un groupement de 13 communes (Terre de Provence Agglomération) ont signé la charte pour se mobiliser à leur tour et bénéficier de pièges sélectifs financés à 70%. Parmi elles, Velaux. « J’en ai d’abord commandé 30, et devant l’engouement, je viens d’en prendre 20 de plus », annonce Thierry Desbiolles.

    Du vin pour éloigner

    les abeilles

    Impliquée dans la vie locale, membre de son conseil de quartier, Annie Perini participe au succès de ce dispositif. Elle et son mari ont installé le leur en février dernier et ont déjà capturé 54 frelons asiatiques. À l’échelle de la commune, ce sont 725 spécimens qui ont été attrapés en l’espace de trois mois. « Entre le 20 et le 30 avril, les chiffres ont bondi de 200 », précise l’agent territorial en charge de la question.

    Le système est simple : il suffit de mettre un cocktail composé de bière, de sirop et de vin dans le réceptacle central pour attirer les nuisibles qui, une fois engouffrés, tentent de ressortir du côté de la lumière, dans les compartiments adjacents. Là, des trous laissent passer tous les insectes, à l’exception des frelons. Léandre assure : « On n’a pas les petites bestioles qu’on attrapait avec les bouteilles en plastique coupées en deux. Le vin repousse les abeilles ! »

    Chaque piège a son propre QR code. « Les habitants qui participent à l’initiative sont invités à noter chaque spécimen sur une plateforme nationale publique pour suivre l’évolution du phénomène, souligne Thierry Desbiolles. Le but n’est pas d’éradiquer le frelon, mais de baisser l’intensité de sa présence sur la commune. »

    À l’échelle du département, « les résultats sont probants », se félicite Didier Réault, vice-président délégué aux solutions fondées sur la nature et aux risques majeurs. « Les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui le territoire le plus actif, au plan national, en termes de piégeage. » En 2025, ce dispositif a permis la capture de 15 000 frelons sur les près de 36 000 à l’échelle de la France.

    Pour encourager les particuliers à intervenir sur leur terrain, le Département accorde également une aide de 50% plafonnée à 100 euros par intervention de neutralisation de nid de frelons. « On a des entreprises partenaires recensées pour leurs bonnes pratiques », détaille Didier Réault. L’an dernier, le conseil départemental a débloqué un peu moins de 20 000 euros pour ce plan anti-frelon.

    Le frelon est-il mortel pour l’homme ?

    Le venin du frelon asiatique (Vespa velutina) n’est pas davantage toxique que celui du frelon européen ou d’une abeille. Les piqûres mortelles sont donc très rares, sauf lorsqu’elles sont multiples, à proximité d’une muqueuse, ou qu’elles concernent une personne allergique aux hyménoptères.

    Selon les données publiées par Santé publique France, quatre décès ont été recensés, entre 2009 et 2013, tous liés à un choc anaphylactique.

  • L’association des maires passe le message au préfet

    L’association des maires passe le message au préfet

    L’amphithéâtre des archives départementales, à Marseille, n’a pas fait le plein, jeudi, à l’occasion de l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône. Un rendez-vous annuel organisé dans un contexte post-municipales et l’élection de 33 nouveaux maires dans le département. Plusieurs d’entre eux, dont Jean-Pierre Squillari (DVG) élu à Aubagne, avaient répondu à l’invitation.

    Au total, 65 étaient présents ou représentés sur les 93 adhérents de l’association d’un territoire comptant 119 communes. Parmi les absents figuraient Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille – représenté par Pierre Huguet (G.S), son adjoint aux relations institutionnelles et 1er vice-président de la Métropole – ainsi que Nicolas Isnard, nouveau président de l’EPCI. En déplacement, il avait donné pouvoir à Georges Cristiani.

    À la tribune, le président de l’association des maires s’est chargé de faire passer les messages. Saluant le soutien de Martine Vassal, présidente (DVD) du Département – « un partenaire privilégié » -, et celui du président de Région (Renaissance), Renaud Muselier, sur lequel il sait pouvoir compter « pour défendre des citadelles municipales », Georges Cristiani s’est montré plus rude envers l’État, qui a retiré 5 milliards aux collectivités, et le Gouvernement qui, citant Beaumarchais, « a l’art de plumer la poule sans la faire crier ».

    Assis à ses côtés, le préfet Jacques Witkowski s’est aussi vu rappeler le bref passage de son prédécesseur, parti rejoindre le cabinet du président de la République. « Il ne nous a pas laissé un souvenir attendri (…), c’est le seul préfet que je connaisse qui a réussi à nous abîmer », glisse le représentant des maires, « avec vous, qui êtes un homme d’action, je sais que nous aurons des gestes, des actes et pas seulement des mots ».

    « Prenons garde »

    Le premier attendu est la formalisation du budget de la Métropole que les maires ont refusé de voter, le 28 avril, sur fond de déficit de 123 millions d’euros imputé aux ponctions de l’État sur les deux dernières années. Les élus redoutent notamment une intervention de la chambre régionale des comptes (CRC) sur les Attributions de compensation, l’un des leviers susceptibles d’être actionnés, au même titre que la fiscalité des ménages (taxe foncière) ou celle des entreprises (versement mobilité). « Les lois de finance rectificatives sont encore plus sournoises, prenons garde à nos attributions de compensations », glisse Georges Cristiani après avoir enjoint le préfet à faire passer le message.

    Avant cela, Martine Vassal avait rappelé l’effort financier du Département – 920 millions reversés aux communes entre 2018 et 2023 -, insistant sur la nécessité d’un « partenariat » et d’un « dialogue républicain » avec l’État. Renaud Muselier, lui, n’a pas caché son inquiétude : « Monsieur le préfet, nous sommes tous rabotés de façon régulière et systématique. À un moment, on est à l’os et on ne peut pas se laisser faire. On vous tend la main, on est avec vous. »

    à l’amorce d’une mandature « particulière » avec les élections nationales à venir et la fin « de la mondialisation bienveillante », le préfet assure que « la commune est l’élément clé », puis glisse quelques « messages de service » sur l’organisation des élections sénatoriales, la sécurité, l’effondrement démographique et son lot de fermetures d’écoles, « l’âme d’une commune ». Et de les prévenir ensuite que les lettres d’objectif triennal de la loi SRU ont été signées et envoyées. Assis au premier rang, le sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, ricane. En 2026, les municipalités ne respectant pas l’obligation de 25% de logements sociaux vont payer 15,6 millions d’amendes…

    Le préfet assume son « rôle de contrôle des décisions des maires »

    « Les maires sont des chevilles ouvrières sans lesquelles le pays ne fonctionnerait pas comme il le fait. » À l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône, le préfet, Jacques Witkowski, était attendu sur le budget de la Métropole pour lequel il a saisi, lundi, la CRC. Interrogé, il s’est fait discret à la sortie : « Tout le monde exprime dans ces moments des préoccupations et soucis. Les maires sont confrontés à des politiques parfois complexes parce que l’intérêt individuel peut se heurter à l’intérêt collectif. Il est très important d’entendre ce que les maires ont à dire, mais aussi rappeler que l’État est d’abord un État partenaire, d’accompagnement, mais j’ai aussi un rôle de contrôle des décisions des maires, il faut l’assumer. »

  • [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    La Marseillaise : En parallèle de votre engagement politique, vous êtes infirmière de formation. Exercez-vous toujours ?

    Elsie Nicolas : Je suis infirmière de métier depuis 2008, d’abord en milieu hospitalier. En 2023, j’ai fait un changement, je suis venue à Saint-Bonnet dans ce qu’on appelle une CPTS, une communauté professionnelle territoriale de santé. Je suis chargée de mission sur de la santé publique. On travaille sur les parcours de soins des patients, on fait beaucoup de prévention, on a aussi un volet sport-santé. On aide les professionnels libéraux des territoires pour organiser au mieux leur travail.

    En tant que maire, avez-vous donc une sensibilité particulière à ce secteur public en souffrance ?

    E.N. : Oui, même si ce n’est pas mon premier mandat, puisque j’ai été avant conseillère et adjointe, notamment sur la communauté de communes. Ce lien que j’ai avec la santé et cette connaissance du territoire, c’était pour moi aussi une façon de relayer la parole de mon milieu et de pouvoir donner mon sentiment et apporter ma voix, en tant qu’élue, mais aussi en tant que professionnelle. Je ne me proclame pas porte-parole de tout le monde dans mon secteur, mais disons que ça permet de sensibiliser un peu plus les élus qui ne sont pas du tout du milieu, de leur faire comprendre ce que ressent chaque professionnel, parce qu’on a toujours nos points de vue à nous, mais quand on ne se met pas à la place des autres, c’est parfois difficile de comprendre pourquoi ça ne va pas.

    Les Hautes-Alpes présentent un certain paradoxe : il y a beaucoup de médecins, mais mal répartis.

    E.N. : Oui, nous sommes un milieu rural avec un grand territoire, mais une population qui est minime par rapport à celui-ci, puisqu’on n’est que 140 000 habitants. D’autres régions sont bien plus densément peuplées. On était parfois, je dirais… pas les personnes oubliées, mais au vu du peu d’habitants, on avait moins de moyens. Maintenant, ça commence à changer. On a aussi le problème de la distance. Certains départements ont beaucoup d’agglomérations, un professionnel de santé n’a pas beaucoup de distance à y faire. À Chabottes, on a un professionnel qui vient de s’installer en libéral, mais il est conscient qu’il va avoir aussi un vaste territoire à couvrir, de route à faire pour avoir une patientèle et pouvoir survivre. Ce sont des choses qui freinent un peu l’installation des personnes. C’est pourquoi dans mon travail, au CPTS, nous essayons de promouvoir notre territoire et d’aider au maximum à l’installation. Maintenant, sur notre garde, le Champsaur-Valgaudemar, on est assez bien lotis, on a pas mal de médecins, on a trois maisons de santé pluriprofessionnelles, deux cabinets médicaux de montagnes, beaucoup d’infirmières, de kinés… Mais la situation est assez variée sur les Hautes-Alpes, d’autres endroits, comme le Buech-Dévoluy, sont en manque de professionnels, parce qu’ils ont autant de population, mais un territoire plus vaste.

    Parvenez-vous à concilier cette activité avec la charge de maire ?

    E.N. : Oui, même si j’ai diminué mon temps de travail à la CPTS parce que sinon, ça ne marchait pas. Et j’ai aussi une vie de famille, j’ai deux enfants, je suis maman et je suis veuve. Donc, je ne peux pas non plus compter sur mon mari le soir pour s’occuper des enfants. J’ai fait ce choix-là parce que je voulais vraiment m’impliquer dans la mairie. Pour le moment, ça se passe plutôt bien. L’installation au poste de maire est toujours compliquée parce qu’il y a beaucoup de sollicitations des différents acteurs, des personnes du village aussi, qui veulent se présenter… Petit à petit, je pourrai avoir un peu plus un rythme de croisière et une meilleure organisation.

    Ensuite, pour la conciliation de deux postes, j’arrive assez bien à faire la différence, à être objective dans mes décisions. Quand je suis au travail, il m’arrive de prévenir à haute-voix : « Attention, là je vais vous parler en tant qu’élue parce que j’ai cette expérience-là ». Ce qui permet de mettre des barrières là où elles ont besoin d’être. Mais, si on dit les choses et si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien. Il faut garder ce côté impartial, éviter les conflits d’intérêts. Déjà, lorsque j’étais à la Communauté de communes, je n’ai jamais travaillé sur des dossiers qui concernaient la CPTS car elle la subventionne. Et je me suis toujours retirée des votes pour être hors de décision et ne pas avoir de conflit d’intérêts, ce qui est normal. Je peux apporter mon expérience, mais il faut savoir se dégager de ce genre de projet quand on sait qu’on peut avoir un intérêt de quelque manière que ce soit.

  • Barcillonnette, ce village « caché » où les jeunes reviennent

    Barcillonnette, ce village « caché » où les jeunes reviennent

    Avec deux associés, Mathéo Morin, 29 ans, est venu s’installer comme souffleur de verre à Barcillonnette, il y a de cela quelques mois. Les trois jeunes artisans sont en train d’aménager le local de 100 m² qu’ils louent à la mairie pour 250 euros par mois. Mathéo lui-même habite dans un logement communal proposé par la municipalité. « Depuis 2021, toutes les équipes municipales successives nous ont soutenus. Sans cette aide, on n’aurait pas pu s’installer », raconte-t-il. Mathéo est originaire de Chorges, et l’un de ses partenaires, Sacha, vient de Barcillonnette même. Les trois artisans souhaitent s’intégrer dans la vie locale, et projettent d’animer des expositions et des ateliers de démonstrations au Bar-là-bas, café associatif et centre névralgique de la vie communale. « On ne veut pas juste être enfermés dans notre atelier à exporter nos productions, s’engage Mathéo. On veut créer de l’activité ici, ne pas venir juste pour travailler et repartir ou à l’inverse seulement pour dormir et travailler à Gap ou Sisteron. »

    La commune, qui ne comptait que 148 âmes en 2023, a réussi depuis quatre ans à faire s’installer une dizaine d’activités, portées par 14 personnes dont sept sont originaires du village, dont la nouvelle maire elle-même, Remina Salerno, âgée de 28 ans, élue aux dernières municipales après être revenue s’installer l’an passé.

    Population vieillissante

    « Les précédentes municipalités avaient identifié un enjeu autour du vieillissement de la population et conclu qu’une manière de lutter contre ça était d’attirer des jeunes actifs, explique-t-elle. Ce n’était pas forcément évident, au vu de la ruralité de la commune, éloignée des villes où il y a des emplois. Mais, ce qui est intéressant c’est que les profils qui se sont installés sont principalement des artisans et des agriculteurs qui travaillent sur place. » Les différentes équipes municipales ont donc joué en priorité sur le levier du logement, en mettant en location des habitations et locaux communaux, à des prix abordables, afin de permettre à des jeunes de s’installer.

    Cette politique, Aude et Marion, deux boulangères de 40 et 33 ans, originaires d’Aix Marseille, en ont profité. « On a envoyé des demandes dans beaucoup d’endroits et ici la mairie nous a rendu la tâche plus facile en nous fournissant un local avec un loyer de 250 euros par mois qui permet de commencer sans être pris à la gorge », explique Aude. Mais cette politique municipale n’est pas le seul facteur. « Nous souhaitions répondre à un besoin local et les habitants et le tissu associatif, notamment le bar qui a été notre premier point de vente, nous ont aidées », témoigne Aude. Un lien d’entraide qui a aussi été bénéfique à Adélie et Valentin, un couple de vignerons de 33 et 36 ans, arrivés en 2021 et logés dans un habitat communal dans les premiers temps. « On a découvert une riche vie collective, on a eu l’opportunité de louer des terres à des familles locales. Les mains tendues ont été nombreuses », confie Adélie. « Je pense qu’il y a une part propre aux habitants, les gens qui vivent là ont une conscience de la solidarité, de l’entraide dans le voisinage. La mairie a été le relais de ça, avec une équipe motivée », explique Rémina Salerno, qui rappelle aussi que cette dynamique a été confortée par les retours successifs de plusieurs enfants du pays en l’espace de quelques années dont elle fait partie : « Voir tous mes amis d’enfance revenir au village pour développer des choses, je me suis dit que moi aussi je voulais participer. »

    Attirer des activités qui participent à la vie locale

    D’autres projets d’arrivées sont à l’étude, dont celle prochaine de deux jeunes fromagères. « La question du logement reste complexe, il y a du monde qui veut venir et on arrive aux limites de notre PLU, que l’on ne veut pas étendre exagérément », nuance la maire. La mairie ne veut pas accueillir pour accueillir et dénaturer l’esprit d’une commune qui a tout de même pour devise « un peu perchée, un peu cachée ». Pour cela, l’équipe municipale réfléchit à de nouvelles activités qui profiteraient à la vie locale, comme un atelier de réparation/ressourcerie et un marché hebdomadaire local. « Tout cela viendrait nourrir cette dynamique, où on a déjà un poulailler collectif, un bar associatif ouvert tous les vendredis, projette Rémina Salerno. On veut pérenniser un noyau d’activités, qui va faire que Barcillonnette c’est un tout petit village, mais un tout petit village pas tout à fait comme les autres. »

  • La majorité de Port-de-Bouc confiante dans son budget

    La majorité de Port-de-Bouc confiante dans son budget

    « Il y a bien deux projets différents », assure Akrem M’Hamdi à l’adresse de l’opposition au moment de débattre du budget primitif lors du conseil municipal de ce mardi soir.

    L’adjoint (PCF) aux finances a présenté un projet de budget 2026 reposant sur 34 millions d’euros de dépenses de fonctionnement. Quant aux dépenses d’investissement, chiffrées à 13 millions d’euros, l’adjoint présente des « dépenses d’équipements publics », notamment pour « la nouvelle base nautique, le confort thermique de la médiathèque et du théâtre, et pour finir le projet seanergies », à l’automne.

    Mais il y a un écueil. « 11,24 millions d’euros de recettes viennent de la Métropole. Un seul million en moins et c’est l’asphyxie », alerte l’adjoint. L’opposante Véronique Martinez, élue sur la liste d’extrême droite de Pascal Spanu (RPR), estime que « ces chiffres doivent être redéfinis » au regard de « la baisse de 26% des aides aux communes du Département dans le budget voté le 14 avril ». Et considère « imprudent de voter pour 9 millions d’euros de recettes d’investissement sans anticiper, alors qu’il n’y a aucune certitude sur les aides de la Métropole ou du Département », plaide l’élue.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola oppose à ces objections le fait qu’il s’agit d’un budget prévisionnel, « il y a toujours des recettes et dépenses pas prévues ». « Le président de la Métropole [Nicolas Isnard, Ndlr.] pourtant LR, a engagé le bras de fer pour dire “ça suffit” et pour répondre à tous les besoins de la population. Nous, on avance dans notre façon de faire », assure l’édile.

    Akrem M’Hamdi développe : « On voit bien 2 projets différents. Ce que vous appelez la responsabilité, c’est dépenser moins et fragiliser des gens déjà fragiles. Notre logique est avant tout de rechercher des recettes et, en fonction et en responsabilité, de développer nos projets. Évidemment qu’on se battra pour nos dotations. 9 millions d’euros d’investissement n’est pas exceptionnel, on est déjà monté à 13 millions. Nous sommes dans un étau austéritaire mais pour le moment nos finances nous sourient », affirme l’élu.

    Excédent ou pas ?

    Mais la confiance n’est pas de mise pour l’opposition, du moins sur le plan budgétaire. Lors de la présentation du compte financier unique 2025, l’adjoint aux finances vantait une « structure financière très solide » reposant sur un résultat cumulé de 334 000 euros. Mais Véronique Martinez ne le voit pas ainsi : « Le fonctionnement et l’investissement sont en réalité déficitaires, et le budget ne devient excédentaire que grâce au reste à réaliser », selon l’élue. « Le relevé d’orientation budgétaire présentait une différence de 6,7 millions en dépenses de fonctionnement, et presque deux millions de recettes. Je m’en remets au contrôle budgétaire préfectoral », annonce l’opposante.

    À cela, Akrem M’Hamdi enjoint à « faire preuve d’honnêteté » arguant que « ce n’est pas un bilan annuel, comme dans une entreprise. Nous sommes bien excédentaires ». Avec la majorité, l’élu prend simplement acte de cette initiative.

  • Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Depuis quatre mois, une famille vit dans une chambre d’hôtel relogée en urgence à la suite de menaces. Le couple dénonce depuis plusieurs années l’indignité de leur logement suite à des fuites actives d’eaux qui ont entrainé des interventions des marins-pompiers, des fissurations des murs, des infestations de souris et de punaises, des courts-circuits et des surtensions qui détruisent l’électroménager, une ventilation insuffisante, un manque d’entretien générale des parties communes, une dégradation importante de la cage d’escaliers.

    La veille, le 5 février 2026, trois inconnus s’étaient présentés à leur domicile pour une expulsion sauvage. « Tu as jusqu’à lundi pour quitter les lieux sinon on met le feu à ton appartement et on te tue avec ta famille » consigne le dépôt de plainte. Le matin même, une audience s’était tenue devant le tribunal de proximité avec leur bailleur pour dénoncer l’indignité du logement.

    Après avoir déjà connu la difficile copropriété du Gyptis, la famille emménage en février 2014 dans un studio au 4e étage du 5 rue des frères Perez (3e) un immeuble ancien et dégradé en contrebas de la tour Bel Horizon, cette copropriété privée de grande hauteur dont un réseau de drogue a investi des parties communes. Le 5, rue Pérez compte 24 studios issus de division d’appartements sur 5 étages dont une grande partie sont à présent squattés. A noter que depuis janvier 2025, le « permis de louer » s’applique dans le secteur Hoche-Versailles.

    « Depuis trois ans, les problèmes se sont aggravés. J’avais monté un dossier à l’ADIL et porté plainte contre l’ancien propriétaire qui a fait ensuite des travaux mais de camouflage » raconte Djamila, la mère. « Le 6 février au soir, deux types armés et un troisième qui se tenait en bas sont venus frapper à la porte. Je vais te butter, je sais où ta fille va à l’école. Je leur ai répondu que je n’avais pas peur. Les policiers qui sont venus m’ont répondu « on n’est pas payé pour vous protéger ». La mère qui milite à la France insoumise, obtient l’intervention des députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard. La préfecture le trouve un refuge d’urgence. « On était en danger. C’est trop de peur. J’avais préparé de quoi partir rapidement. Mais même à l’hôtel, on n’est pas tranquille. Un gars en trottinette est venu il y a trois semaines à la laverie me menacer. On n’est pas en Colombie pourtant… »

    Leur immeuble appartenait jusqu’en juillet dernier à Louis Dalbert, 89 ans, qui l’a revendu à la société I.A 2022 dirigée par le marchand de biens Chouki Hedhiri pour la somme de 326 000 euros. Les baux et quittance de loyer étaient tamponnés par une obscure association dénommée « Un abri pour tous » que gérait l’octogénaire. Un montage singulier qui explique que huit locataires soient titulaires de baux de sous-location de six mois à un an pour un loyer mensuel, charges comprises, de 450 euros, que trois studios sans loués sans bail, le restant étant squatté.

    Suite à cette vente, la SPLA-IN a visité l’immeuble et repéré des « désordres extrêmement importants » dans cet immeuble aux « logements très dégradés » et procédé à un signalement immédiat à la Ville, laquelle a déclenché des visites les 10, 15 octobre et 20 novembre et engagé une procédure contradictoire avant mise en sécurité, faute de travaux. Le document a été un temps affiché à la porte de l’immeuble.

    La semaine dernière, la situation s’est accélérée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un commando d’une quinzaine d’individus cagoulés aurait fait irruption à 1h50 du matin dans l’immeuble, terrorisant les occupants, brisant les serrures pour les pousser au départ. « Ils étaient très nombreux. Ils ont cassé les serrures des logements. Mon appart est squatté alors qu’on a encore le bail. Ils ont frappé une personne » raconte Djamila sur la foi de contact gardé sur place. Une patrouille de policiers aurait alors interpellé 4 individus dont un jeune de 18 ans, les autres prenant la fuite vers la tour Bel Horizon Trois interventions policières ont eu lieu dans l’immeuble vendredi et dimanche pour des tentatives de squat. Contactés, ni le propriétaire, ni le syndic D’Agostino n’ont donné suite à nos requêtes.

    David Coquille

  • À l’Élysée, les maires du Gard réclament des moyens

    À l’Élysée, les maires du Gard réclament des moyens

    À l’invitation du président Emmanuel Macron, près de 500 maires ont été réunis jeudi à l’Élysée. Parmi eux, six élus gardois : Vincent Bouget (PCF, Nîmes), Christophe Rivenq (LR, Alès), Sylvie Arnal (DVG, Le Vigan), mais aussi Pascale Eugène (DVG, La Grand-Combe), Julie Mercier (SE, Le Garn) et Théo Guigue (SE, Sauzet). Un « casting » arrêté par la préfecture, censé refléter la diversité des communes et des sensibilités.

    Derrière la mise en scène républicaine, une réalité : les maires gardois sont venus chercher ce que l’État retire au quotidien – des moyens, des effectifs, du respect. La journée s’est ouverte par des ateliers avec des membres du gouvernement, autour de plusieurs thèmes annoncés : sécurité, climat, services publics, relations État-collectivités.

    Vincent Bouget, une parole offensive venue de Nîmes

    Fraîchement élu maire et désormais président de l’Agglomération, Vincent Bouget s’est saisi de cette tribune pour porter un message clair : « J’ai accepté cette invitation dans un seul but : décrire à Paris la situation de Nîmes », a-t-il affirmé, évoquant « un engagement impératif pour renouer avec la sécurité dans tous les quartiers, donner les moyens de l’émancipation par l’école et défendre le pouvoir d’achat des habitants ».

    À Alès, Christophe Rivenq résume l’ambiance d’une phrase : « Une grand-messe » utile pour le réseau. Vincent Bouget a lui insisté sur la nécessité d’actes concrets. Derrière les mots, des dossiers locaux précis : sécurité dans les quartiers populaires, avenir de l’école publique, ou encore la base de sécurité civile de Garons. Dans un département marqué par de fortes inégalités, sa prise de parole s’inscrit dans une ligne politique assumée : faire remonter les besoins du terrain et rappeler que les collectivités ne peuvent être les variables d’ajustement des politiques nationales.

  • Gap : Roger Didier réélu à la tête de la communauté d’agglomération

    Gap : Roger Didier réélu à la tête de la communauté d’agglomération

    C’était attendu, c’est désormais chose faite. Président de la communauté d’agglomération depuis sa création en 2017, Roger Didier a été réinvesti à cette fonction par le conseil communautaire, composé de 59 élus et conseillers municipaux des 17 communes membres. Le maire de Gap a récolté 44 des 58 suffrages exprimés. S’il ne s’est pas présenté, Elie Cordier, tête de file de l’opposition de gauche à Gap a cependant été crédité de 10 votes. Son groupe d’union de la gauche gapençaise, représenté par sept conseillers communautaires, n’a pas présenté de candidature. Elie Cordier a dit tenir à « ne pas importer au sein de la communauté le débat de la vie municipale gapençaise », tout en appelant ses pairs à « voter librement, pour un candidat, si ce n’est une candidate, présentant un état d’esprit rassembleur ».

    S’en sont suivies les élections respectives des 13 vice-présidents du conseil. Au poste de premier vice-président, Roger Didier a annoncé la candidature de Christian Hubaud maire de Pelleautier. Elie Cordier a lui annoncé celle de Sophie Delphino, élue d’opposition à Gap, arguant qu’« en 2026, il serait temps de respecter la parité au sein du conseil communautaire ». C’est toutefois Christian Hubaud qui a remporté le siège de premier vice-président avec 41 voix contre 12 pour sa concurrente.

    Les élus de gauche ont demandé plus de parité

    Tout au long de la soirée, Elie Cordier et les membres de l’opposition gapençaise ont témoigné leur inquiétude quant au non-respect de la parité, avec dix hommes élus à la vice-présidence contre seulement trois femmes, sans compter le président du conseil lui-même. L’élu de gauche a proposé, sans concertation préalable et avec l’accord spontané de ces dernières, les candidatures de Blandine Allamanno, maire de Curbans, au poste de 12e vice-président et de Sophie Deschamps, 1ère adjointe à Sigoyer, au 13e. Sans succès. Claudie Boyer, élue d’opposition à Gap, a tenu à rappeler qu’en 2020 déjà, une seule femme avait été élue au conseil contre douze hommes, et que le taux de 2026, certes en augmentation, reste très loin de la parité. « La moitié de la population est sous-représentée dans les instances politiques, l’égalité est pourtant une exigence démocratique », a-t-elle conclu. « Ce souci d’avoir plus de femmes dans l’exécutif est positif, et il faudra que nous y travaillions ensemble pour faire plus, je prends acte de vos appels », s’est engagé le sénateur des Hautes-Alpes, Jean-Michel Arnaud, mentionné à plusieurs reprises par Elie Cordier pour ses engagements en faveur de la parité en politique.

  • Les communistes fêtent des avancées dans le département

    Les communistes fêtent des avancées dans le département

    « Ça fait chaud au cœur ! » C’est devant une foule pleine de sourires que le sénateur et secrétaire départemental du PCF 13, Jérémy Bacchi, a salué des campagnes « ô combien courageuses après cette séquence électorale qui a été harassante ».

    Suite à la fin des municipales, les militants se retrouvaient dans les jardins de la fédération du département pour « un moment fraternel et convivial » accompagné du verre de l’amitié, vendredi dans la soirée. Et ils ont de quoi se féliciter : « On reprend pied de partout ! Une augmentation de 20% du nombre d’élus dans les Bouches-du-Rhône. 14 communes où nous n’avions plus d’élus et où nous en avons aujourd’hui, dont 7 de plus de 10 000 habitants », résume le sénateur. Ce dernier n’entend « pas s’autocongratuler » mais bien démontrer la pertinence de la démarche communiste pour ce scrutin local. « Il faut prendre la mesure de notre capacité à faire bouger des lignes dans un département où des observateurs prédisaient un raz-de-marée du Rassemblement national », martèle-t-il. Il cite évidemment la victoire, plus que symbolique, de Jean-Pierre Squillari, « un ami de longue date de notre parti, un maire apparenté » à Aubagne. Et aussi la « prise de la mairie des 15-16 à Marseille », de Jean-Marc Coppola.

    Beaucoup de plus et peu de moins

    À cela s’ajoute évidemment des bastions conservés, des élus d’opposition plus nombreux… D’où les tonnerres d’applaudissements pour les victoires d’André Molino à Septèmes-les-Vallons, de Paul Sabatino au Rove, de Laurent Belsola à Port-de-Bouc ou encore de Gaby Charroux à Martigues. Cette dernière « démontre qu’on a une gestion municipale tournée vers les habitants ». Le discours du sénateur reflète cette dynamique globale : d’un côté il loue l’élection de Jean-Marc Coppola « qui a ému tous les communistes », de l’autre il salue « la campagne courageuse d’Arianne Lombardi en terre d’extrême droite à Marignane qui arrive deuxième ». Même quand le PCF, ou les listes d’union de gauche dans lesquelles il était impliqué, ne remporte pas la ville, Jérémy Bacchi insiste sur les progressions : « À Plan-de-Cuques, nous n’avions plus d’élus depuis 1989, nous en reprenons. À Châteauneuf-les-Martigues, comme à Allauch, cela faisait près de 20 ans qu’on n’avait pas d’élus ! » Il cite également les « listes citoyennes soutenues » et énumère : « À Aix nous avons un élu et une citoyenne apparentée, à Cabriès nous gagnons des élus comme à Gardanne, à Gignac, à Mallemort, à Sausset-les-Pins ou encore à Vitrolles… » En bref, beaucoup de plus et peu de moins pour les militants communistes.