Tag: communes

  • [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction au débouté en diffamation de la Ville de Beaucaire, du maire (RN) Nelson Chaudon et l’ancien maire Julien Sanchez ?

    Éric Besatti : C’est une petite victoire dans une grande bataille contre les tabous en démocratie. On aurait aimé ne pas jouer ce match, que la mairie réponde et soit claire sur sa politique. Il est scandaleux que ceux qui ne respectent pas leurs obligations de transparence nous attaquent. Mais la vague de solidarité à notre égard leur donne tort.

    Sur le fond, qu’est-ce qui vous a attiré les foudres des élus RN Julien Sanchez et Nelson Chaudon ?

    E.B. : Certaines communes ne publient pas leurs critères de préemption ou location de commerces, ni aucune liste de ceux bénéficiant d’un « plan commerce ambition », voté en 2021. Tous mes témoignages font montre d’une discrimination dont on a du mal à comprendre la logique. La loi n’est pas assez dure avec les mairies qui sont opaques. Ils se prennent des avertissements de la Commission d’accès aux documents administratifs [Cada] et au bout de 2 mois ils sont obligés de fournir le document, sinon on doit aller au tribunal administratif avec des avocats. On a la même opacité à Arles. Ils nous renvoient toujours à la Cada alors que les administrations doivent donner les documents aux citoyens qui le demandent. Mais on nous oppose souvent qu’« on sait ce que vous allez écrire ». Les politiques devraient plutôt se dire qu’un citoyen n’est pas un ennemi et qu’il a le doit d’être informé. C’est en cela que nous préférons la culture de la libre circulation des documents. La copublication d’une enquête avec Streetpress a pu jouer, car c’est une rédaction antifasciste.

    Qu’est-ce que cela traduit des agissements de l’extrême droite ?

    E.B. : Attaquer en justice pour faire perdre du temps et de l’argent est un classique du RN. Ça a fait parler de nous et de notre travail, plus de gens nous suivent, même si ce n’est pas ce qui nous importait le plus. Cela montre que le RN à Beaucaire ne veut pas que les gens s’expriment sur les commerces. Témoigner est difficile et les rares à l’accepter le font à visage couvert. C’est un terrain très difficile.

    Cette procédure judiciaire doit vous laisser une grosse ardoise…

    E.B. : Nous sommes condamnés à 5 000 euros d’amende en plus de 1 200 euros de frais d’avocat. Si on veut nous aider, il suffit d’aller sur le site, s’inscrire, s’abonner, donner… Ça sera utilisé pour l’enquête ou payer les frais d’avocat.

  • [Entretien] « Il faut aller au bout du projet du nouvel hôpital d’Aubagne »

    [Entretien] « Il faut aller au bout du projet du nouvel hôpital d’Aubagne »

    La Marseillaise : Vous vous êtes réunis mercredi avec les maires des 18 autres communes concernées par la construction d’un nouvel hôpital à Aubagne. Qu’y avez-vous appris ?

    Roland Giberti : On a appris tous ensemble que le financement de l’hôpital d’Aubagne, en particulier l’achat du terrain, n’était pas assuré. C’est quelque chose de grave. Nous sommes un peu étonnés : l’hôpital est un service public qui par définition devrait être géré et financé par l’État. [Une partie des travaux est financée par l’État dans le cadre du plan Ségur, mais l’acquisition du foncier était à l’origine prévue à la seule charge d’Aubagne, Ndlr]. Mais comme il ne le fera pas, nous essayons de voir ce que l’on peut faire avec la mairie d’Aubagne pour ne pas perdre l’hôpital. Nous devons agir vite, d’ici octobre-novembre. Car si l’État n’assure pas, qui sera puni ? C’est nous, notre population, nos administrés, ceux qui en ont besoin. Donc, à contrecœur, mais de façon obligatoire, il faut trouver des solutions qui nous permettent de financer cet achat.

    La mairie d’Aubagne suggère que les autres communes participent financièrement à l’achat
    du foncier…

    R.G. : C’est la proposition qui a été faite. Nous, la commune de Gémenos, nous pourrons sortir la somme demandée. Mais ce n’est pas le cas de la plupart des municipalités : les dotations de l’État diminuent de plus en plus, les communes sont à bout de souffle. Elles ne peuvent pas sortir 100 000 ou 150 000 euros de leur budget. De notre côté, nous tentons de trouver des solutions. Nos administrés vont là-bas, nous allons donc participer, mais je ne sais pas si ça réglera le problème.

    Vous comprenez que la Ville d’Aubagne demande une participation ?

    R.G. : Je trouve la situation anormale, car je pense que ce devrait être à l’État de financer. La mairie d’Aubagne nous a annoncé qu’elle s’occuperait de la moitié du financement du foncier. Nous pensons qu’elle devrait donner un peu plus, car elle doit hériter des locaux de l’ancien hôpital. Dans tous les cas, j’espère que nous parviendrons à trouver une solution mercredi prochain, à 11h, lors de notre prochaine réunion. Si on ne la trouve pas, ça va être dramatique. Cet hôpital est une infrastructure importante et nécessaire pour le territoire. Le projet est magnifique : des services médicaux vont être créés et développés. Il faut absolument que l’on aille jusqu’au bout.

  • [Entretien] Elke Kahr : « La gauche doit réapprendre à s’adresser aux gens »

    [Entretien] Elke Kahr : « La gauche doit réapprendre à s’adresser aux gens »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après votre réélection à la tête de la ville de Graz ?

    Elke Kahr : Je suis à la fois soulagée et heureuse de constater un soutien aussi net à la ligne que nous avons adoptée en 2021. Je n’agis pas seule, je fais partie d’un collectif qui œuvre avec constance et dynamisme pour les habitants de Graz depuis des décennies, s’attirant ainsi une grande confiance.

    À quoi attribuez-vous ce succès ?

    E.K. : Mon parti, le Parti communiste autrichien (KPÖ), ne cherche pas à séduire les gens avec des promesses d’un monde meilleur pour un avenir lointain ; nous visons plutôt à obtenir des améliorations concrètes pour les travailleurs. Nous avons remporté de nombreux succès à cet égard, qu’ils soient grands ou petits. Il est réjouissant de voir qu’autant d’habitants de notre ville le reconnaissent.

    Sur quels thèmes avez-vous mené campagne ?

    E.K. : Notre programme se résume facilement. Nous défendons ce dont chacun a besoin au quotidien : des logements abordables, des écoles, des services de soins et de santé, l’accès à l’eau, à l’énergie et au chauffage, les transports en commun, les espaces verts et les parcs, ainsi que des lieux dédiés au sport, aux loisirs et à la détente. Nous voulons maintenir tous ces services dans le domaine public et garantir qu’ils soient accessibles à tous, sans barrières financières. L’intérêt général doit primer : c’est ce que nous avons clairement affirmé, alors que les partis conservateurs et libéraux ne cessaient de prôner la hausse des loyers et la privatisation du logement.

    Comment vous êtes-vous adressée au monde du travail ?

    E.K. : Je suis une militante active de la vie politique locale depuis 1993 : d’abord comme conseillère municipale, puis comme présidente du groupe communiste au sein du conseil municipal et depuis 2021, en tant que maire. Au fil de ces décennies, je ne me suis jamais retranchée dans des bureaux ou au siège de mon parti. Les habitants de ma ville savent comment me joindre. Il est essentiel que nous, en tant que parti comme à titre individuel, gardions toujours nos portes ouvertes à quiconque a besoin de soutien ou souhaite proposer des solutions. Aucun problème n’est insignifiant : le monde du travail regorge de difficultés, et pourtant, peu de gens interviennent réellement pour aider lorsque la situation se corse. Il est crucial d’avoir un bon réseau et de savoir où trouver des solutions à des problèmes précis, plutôt que de simplement faire tourner les gens en rond. Les citoyens apprécient vraiment cette approche. Cela n’est possible que si l’on s’intéresse sincèrement aux autres.

    Quelle sera votre première mesure de ce nouveau mandat ?

    E.K. : La situation économique à laquelle sont confrontées les villes et les collectivités de toute l’Autriche est loin d’être idéale. Les crises multiples de notre époque et les conséquences des politiques néolibérales se font sentir. C’est pourquoi, durant la campagne électorale, nous avons évité de faire des annonces grandiloquentes ou de présenter des « visions » -comme les médias dominants ne cessaient de l’exiger- pour privilégier une approche axée entièrement sur la sécurisation et l’amélioration des infrastructures de la ville. Graz est une ville qui fonctionne bien, et pourtant, beaucoup d’habitants y rencontrent des difficultés. Notre engagement consiste donc à tout mettre en œuvre pour que la ville continue de bien servir ses résidents et pour préserver au mieux la cohésion sociale. Nous avons mis en place de nombreux dispositifs à cette fin et nous comptons encore les améliorer. L’abonnement annuel aux transports en commun de Graz, proposé à 60 euros aux personnes sans revenus ou à faibles revenus, en est un exemple.

    Quel message adressez-vous aux forces progressistes confrontées dans toute l’Europe à la montée de l’extrême droite ?

    E.K. : L’extrême droite prétend défendre les gens ordinaires -les travailleurs, qu’ils soient cols-bleus ou cols blancs- et représenter leurs intérêts. En réalité, ces partis méprisent la classe ouvrière et le monde du travail dans son ensemble. Ils misent sur l’exclusion et la division, sur le racisme et une rhétorique incendiaire. Pourtant, ils répondent aux peurs et aux préoccupations qui touchent véritablement la majorité de la majorité. La gauche a tendance à se focaliser sur des détails abstraits et utilise souvent un langage que la plupart des gens ne comprennent pas. Les forces progressistes doivent réapprendre à s’adresser aux gens et à prendre leurs préoccupations au sérieux, même lorsque celles-ci ne cadrent pas avec leur propre vision du monde. C’est la seule façon de convaincre la population. Nous devons nous battre pour chaque individu et nous attaquer à chaque petit problème du quotidien si nous voulons parvenir à nouveau à rassembler pour obtenir des changements majeurs.

    Bio express

    1961 naissance à Graz deuxième ville d’Autriche et capitale de la Styrie

    1964 adoptée à l’âge de trois ans par les époux Kahr, un serrurier et une vendeuse

    1979 employée de banque

    1983 adhésion au Parti communiste autrichien (KPÖ)

    1993 élue conseillère municipale de Graz

    2003 élue vice-présidente fédérale du KPÖ.

    2021 élue maire de Graz

    2023 élue meilleure maire du monde par la City Mayors Foundation, « pour son dévouement et son altruisme au service de sa ville et de ses citoyens »

    2026 réélue maire de Graz

  • Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    « Un passage en force » validé par le « silence assourdissant de la Métropole », discréditant « la promesse d’une Métropole des maires [ laquelle devait, selon son président Nicolas Isnard (LR), laisser les compétences de proximité aux communes] ». C’est l’accablante analyse que fait la Ville d’Aubagne de l’élection de Serge Perottino, maire (DVD) de Cadolive et vice-président de la Métropole Aix-Marseille, à la tête de la Société publique locale (SPL) L’Eau des collines.

    Cette structure publique est responsable de la gestion du service de collecte et de transport des eaux usées de l’ensemble des communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, ainsi que de la production et de la distribution de l’eau potable dans les communes d’Aubagne, La-Penne-sur-Huveaune, Cuges-les-Pins et Saint-Zacharie. La Métropole et les communes en sont actionnaires. La SPL est depuis sa création présidée par un élu aubagnais. Mais, lundi soir, lors du conseil d’administration de la SPL, c’est la candidature du maire de Cadolive qui a remporté les suffrages.

    La Ville veut quitter la SPL

    « Comment un élu, dont la commune n’est même pas desservie par le réseau, peut-il justifier de présider un outil dont les habitants de Cadolive ne sont même pas usagers ? C’est un mépris total de l’histoire et du travail des communes fondatrices », s’est indigné Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    En réaction, il annonce le retrait de ses élus du conseil d’administration de la SPL, l’engagement immédiat de « démarches pour préparer la sortie de la Ville d’Aubagne de la SPL » et l’ouverture d’une « réflexion approfondie, avec l’ensemble de la majorité municipale, pour définir un nouveau chemin et une nouvelle stratégie en matière d’intercommunalité. » « Cette structure est-elle encore un outil au service des habitants, ou est-elle devenue un obstacle à notre autonomie et à notre action ? Nous attendons des actes, pas des promesses. Aubagne sera respectée », conclut-il.

    La mairie indique n’avoir pour l’instant pas obtenu de réponse officielle de Nicolas Isnard, président (DVD) de la Métropole.

  • Un futur centre de tri des collectes sélectives à La Farlède

    Un futur centre de tri des collectes sélectives à La Farlède

    Ce centre moderne devra répond aux besoins du territoire couvrant 44 communes.

  • Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    La plongée judiciaire dans ce haut lieu marseillais de la contrefaçon s’avère difficile. Dès les premières questions, les mémoires s’effilochent à la barre, tout devient flou, confus, magmatique. Il faut au président Adrien Fauchier Delavigne la ressource des PV de garde à vue et des écoutes pour éclairer sur la « gestion opaque et désorganisée » des baux et sous baux des 182 cellules commerciales du Marché du Soleil, dont la grande majorité vendait des produits contrefaits, parfois réalisés sur place.

    « Tu enlèves les contrefaçons, il n’y a personne qui rentre au Marché du Soleil ! Sur 180 box il y en a 20 qui n’en vendent pas. La vente de contrefaçons a explosé en 2016-2017. Tout le monde s’est mis à en vendre », relate Abdelmalek Es Saddouki, gardien depuis 2011, qui nie avoir tenté de corrompre un douanier le 5 mai 2025. Le gabelou est formel : « Il m’a demandé de ne pas contrôler le camion et a spontanément proposé de l’argent à plusieurs reprises. “Tu veux combien ?” “Si tu ne veux pas pour toi, prends pour tes enfants”. »

    Les chiffres de l’Office national anti-fraude parlent. En 2024, 24 711 articles de contrefaçon ont été saisis dans 12 box différents, pour une valeur de 2 016 000 euros. Sur les sept premiers mois de 2025, 19 939 articles de contrefaçon saisis dans quatre box différents et les parties communes du 1er étage pour 5 190 000 euros. Depuis 2023, ce sont 47 348 articles saisis de plus de 26 marques contrefaites pour une valeur totale de 7 698 000 euros. Le chiffre d’affaires global annuel du Marché du Soleil, estimé en valeur haute par les Douanes en prenant un ratio de 80% de box proposant des contrefaçons et un chiffre d’affaires de 800 euros par jour, pourrait s’élever jusqu’à 31,5 millions d’euros.

    Second gardien depuis trente ans et collecteur des loyers pour Georges Dahan, 81 ans, le propriétaire du marché, Abdelhamid Djermoune conteste tout : « Ce sont des ragots. On est impuissant avec Dahan à lutter contre la contrefaçon. » Même s’il dit en acheter pour ses frères en Algérie : « Au début, on fermait les magasins et on a pris des coups. J’ai déposé deux plaintes. Je suis menacé. Quand j’ai coupé l’électricité à des commerçants une dizaine de fois, on m’a agressé, frappé et cassé ma voiture. Il n’y a pas de solution, sauf fermer le Marché. » Il rame pour expliquer l’écoute dans laquelle il parle avec Georges Dahan de « l’argent noir » des loyers perçus, 99% en espèces.

    Aucun vendeur ne figure parmi les 18 prévenus, dont trois sociétés. La plupart ne sont pas déclarés, sont sans papiers et payés de 30 à 60 euros par jour. Interrogé sur sa cargaison de 1 000 paires de fausses Nike TN, l’un d’eux expliquait aux enquêteurs : « Je vends tout le temps 35 euros. C’est pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer des baskets à 200 euros. À 95%, mes fournisseurs se trouvent en Turquie. » Il s’approvisionne à Clignancourt ou Aubervilliers et paye cash la marchandise.

    Beaucoup regardent Leïla Hireche, 56 ans, la gestionnaire au quotidien du marché depuis 2022, comme un personnage central du système, celle qui attribue les box, celle qui appelle des policiers municipaux pour les mauvais payeurs. « Lorsqu’elle appelle les policiers, ils viennent et ils font ce qu’elle demande : mettre la pression ». « C’est une mafieuse. Même la DZ Mafia ne fait pas ça. Elle a fermé des magasins aux gens », accuse un commerçant. « Elle fait ce qu’elle veut car c’est elle aussi qui fait les papiers pour les sous-locations, elle gère tout », a dit aux enquêteurs Haouari Abed Boumediene, président de l’association des commerçants, qui ajoute : « Georges Dahan, c’est le propriétaire du Marché du Soleil. Lui, tant que l’oseille rentre, il en a rien à foutre, il fait totalement confiance à Leïla. Et avec tout le respect que je vous dois, elle tient les 300 commerçants par les couilles. »

    « Je ne vais pas contrôler ce qu’il y a dans chaque carton. » « Ce n’est pas à nous de contrôler d’où vient l’argent et ce que font les locataires, réplique Leïla Hireche. On n’a aucune relation avec la contrefaçon. On galère pour se faire payer. La société a 700 000 euros de dettes de loyers. »

  • L’été arrive et les festivités sont lancées dans la cité de Pagnol

    L’été arrive et les festivités sont lancées dans la cité de Pagnol

    Entre deux lancés de hache, l’office de tourisme d’Aubagne, élus et acteurs locaux du tourisme se sont réunis, ce vendredi, à l’Entre 2 Lames à Aubagne. L’occasion de lancer les différentes festivités de l’été.

    Pascal Coudurier, directeur de l’office de tourisme d’Aubagne, a présenté quelques-unes des 300 animations qui sont proposées jusqu’au 15 septembre. Entre cinéma en plein air, concerts, sport en extérieur, ou activités familiales, « l’objectif est d’aider les communes à renforcer leurs programmes d’animations et d’événementiel », explique le directeur. Un total de 6 000 euros de prestations a été versé à chacune des communes du territoire.

    Parmi les activités proposées, un parcours guidé qui relie Aubagne à La Treille, avec une visite de l’intérieur de la Bastide Neuve, lieu emblématique de l’enfance de Marcel Pagnol. « Elle permet de marcher dans les pas de la famille Pagnol. Beaucoup d’écoles viennent, mais aussi des personnes âgées. C’est un sujet qui plaît et qui est indémodable, un peu comme Tintin », sourit Olivier Cheneau, responsable des guides à l’office de tourisme d’Aubagne.

    À ses côtés, Philippe Escoffier, également guide, est passionné par l’œuvre de Marcel Pagnol. « Je fais le plus beau métier du monde. Je suis avec des enfants, dans la nature, c’est une véritable transmission. C’est très interactif », témoigne-t-il. La semaine prochaine, Philippe Escoffier accueillera des personnes venant des États-Unis. Plus qu’une simple visite, l’activité permet de montrer que « le patrimoine provençal est toujours vivant », ajoute Olivier Cheneau. « Quoi de mieux si on sait d’où on vient ! »

    Des événements gratuits accessibles à tous

    Pascal Coudurier l’affirme, la saison estivale va être compliquée. « Les ménages disposent de 200 euros de moins pour partir en vacances. On passe de 1 900 à 1 700 euros de budget pour les familles françaises », développe le directeur.

    Alors pour faire face à cette baisse de budget, la plupart des activités proposées sont gratuites, l’objectif étant de s’adresser au plus grand nombre. « Toute personne peut assister à certaines pièces de théâtre où elle ne serait pas allée d’habitude. Et les bus sont gratuits pour tous dans l’agglomération, donc ça permet de se déplacer sans frais », explique Virginie Trapuni, conseillère municipale à Saint-Zacharie.

    Des événements qui profitent également aux acteurs du tourisme. « Ça divertit les vacanciers et ça les invite à réserver. Donc forcément, il y a plus de monde l’été », affirme Jean-Luc Decamps, hébergeur à Aubagne.

    Les habitants bénéficient, au premier plan, de ces nombreuses festivités. « Elles leur permettent de se réapproprier la ville, car le centre est désertique. L’objectif est aussi de favoriser le vivre-ensemble et de faire de l’accompagnement social pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances », explique Gaëlle Rodeville, adjointe au maire d’Aubagne (DVG) sur la partie événementiel. Gérard Canavese, président de l’office de tourisme d’Aubagne, partage cet avis et défend un tourisme respectueux de l’environnement : « Nous souhaitons un tourisme raisonnable et raisonné qui se construit avec et pour les habitants », conclut-il.

    Programme à retrouver sur tourisme-paysdaubagne.fr

  • 75 communes fleuries distinguées

    75 communes fleuries distinguées

    Ce label, attribué selon sept critères exigeants, valorise la qualité de vie, le fleurissement et les engagements environnementaux. Au total, 268 communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur sont labellisées et évaluées régulièrement par un jury d’experts bénévoles.

  • Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le Var est en deuil. Dominique Lain, maire du Luc-en-Provence, est décédé dimanche 14 juin aux alentours de 23 heures, à l’âge de 61 ans. Hospitalisé à l’hôpital de la Timone à Marseille après un infarctus survenu à la fin du mois de mai, il avait été opéré, mais n’a finalement pas survécu. L’annonce a été faite par la mairie sur Facebook.

    « Engagé »

    La semaine dernière, l’élu avait annoncé sa mise en retrait de la vie politique pour quelques mois. Élu maire en 2020 puis reconduit en mars dernier, il était également conseiller départemental depuis 2015, vice-président du conseil départemental du Var chargé de la sécurité et de la prévention des risques, président du Sdis 83 (Service départemental d’incendie et de secours) et de la communauté de communes Cœur du Var.

    Le préfet du Var Simon Babre, dans un communiqué, salue « un élu de terrain, proche de ses concitoyens, engagé pour offrir une ambition à sa commune du Luc-en-Provence et pour la concrétiser ».

    L’émotion est forte dans le département. Le président du conseil départemental, Jean-Louis Masson, a évoqué « une immense tristesse » après la disparition de son « ami fidèle ». Il a salué « un élu d’exception, profondément attaché à son territoire et à ses habitants », soulignant son « courage », sa « loyauté » et sa « profonde bienveillance ». Dans un communiqué, les sapeurs-pompiers du Var décrivent un « président disponible et impliqué ». Les hommages se multiplient également de la part de nombreuses personnalités politiques varoises, tels que Thierry Bongiorno, maire de Gonfaron, ou Yannick Simon, ancien maire de Cabasse et ancien président de Cœur du Var, tous deux proches du disparu.

    Au Luc-en-Provence, un livre de condoléances a été ouvert à l’accueil de la mairie. La première adjointe, Élisabeth Mariottini, devrait assurer l’intérim à la tête de la commune jusqu’à l’élection d’un nouveau maire par le conseil municipal.

  • Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    On veut envoyer un message : la gratuité n’y touchez pas ! ». Devant la gare d’Aubagne, Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), résume l’état d’esprit des plusieurs centaines d’habitants du Pays d’Aubagne qui manifestent pour le maintien de la gratuité des transports en commun, ce samedi matin.

    Il faut dire que les inquiétudes grandissent autour de ce conquis social en place depuis 2009 sur le territoire aubagnais. Après l’absence de vote du budget de la Métropole Aix-Marseille Provence face à un trou financier de 144 millions, la Chambre régionale des comptes recommande de « réinterroger » ce modèle. « Sa remise en cause serait catastrophique d’un point de vue écologique et social ! », dénonce Maurice Marsiglia, pointant un « triplement de la fréquentation » des transports en commun depuis la mise en place de la gratuité. « Ce n’est pas un symbole, c’est un combat », martèle Jean Pugens, membre du bureau de l’USR CGT 13 (lire ci-contre) et secrétaire de l’Asdel.

    Preuve de l’importance accordée à la gratuité, de nombreux élus de communes environnantes ont fait le déplacement mais aussi Jean-Pierre Squillari (DVG), le maire d’Aubagne.

    « Ce n’est pas une utopie »

    « Les transports en commun gratuits, c’est l’ADN du Pays aubagnais. Bien sûr que les recommandations de la CRC nous inquiètent, mais c’est le préfet qui va prendre la décision finale », explique l’édile. Avant de développer : « S’il se rend compte que nous luttons, que nous nous mobilisons pour conserver ces transports gratuits, on pourra orienter sa décision ». Marina Mesure, députée européenne insoumise va dans le même sens : « Depuis 2009, la gratuité des transports en commun est notre fierté en Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Ce n’est pas une utopie, c’est un quotidien. » Pour elle, plus qu’une question financière, c’est surtout un choix de société : « C’est une conquête sociale et écologique indispensable. Au moment où la planète brûle, c’est le sens de l’histoire. »

    Les retraités CGT devant la préfecture

    L’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13) organise, ce mardi 16 juin, une mobilisation pour défendre la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Laquelle « a été obtenue en septembre 2025 après de nombreuses années de luttes », rappelle l’organisation, qui juge « qu’elle a fait la preuve de son utilité ». Le rendez-vous est fixé à 10h, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille.

    A.B.