Tag: Commotions cérébrales

  • Wembanyama touché à la tête et incertain

    Wembanyama touché à la tête et incertain

    Victor Wembanyama est définitivement sorti pour respecter le « protocole commotion » suite à une lourde chute lors du deuxième quart-temps du deuxième match de play-offs des Spurs face aux Trail Blazers mardi à San Antonio.

    Le Français de 22 ans a chuté vers l’avant avec un gros choc de la tête face au parquet, restant allongé quelques secondes avant de se relever et de se diriger au pas de course vers le vestiaire, sans assistance. Il s’est blessé lors d’une action offensive à 8 min 57 de la pause.

    Les Spurs ont annoncé juste avant la pause qu’il ne reviendrait pas au jeu mardi soir en raison du « protocole commotion », avec 5 points et 4 rebonds au compteur.

    En attente d’un diagnostic plus précis

    D’après le règlement de la NBA, un joueur ne doit pas revenir sur le parquet s’il est « suspecté d’avoir subi une commotion » ou s’il « présente les symptômes d’une commotion ».

    Si une commotion est avérée, Wembanyama devra observer au moins 48 heures de repos. Il pourrait être disponible pour le troisième match de la série, à Portland, vendredi, en cas d’examen rassurant.

    Les joueurs du coach Mitch Johnson se sont donc inclinés sur leur parquet pour cette deuxième rencontre du 1er tour des play-offs dans la conférence ouest. Sans sa star, fraîchement élue défenseur de l’année, les Spurs ont fini par s’incliner 106-103.

    San Antonio avait remporté le premier match de la série, dimanche, avec une excellente performance du Français, auteur de 35 points pour ses débuts en play-offs.

  • Les Spartiates mettent leurs cerveaux au service de la science

    Les Spartiates mettent leurs cerveaux au service de la science

    Habitués aux chocs, qu’ils soient contre la rambarde ou au contact de leurs adversaires, les hockeyeurs constituent des sujets idéaux pour une recherche dédiée aux traumatismes crâniens, plus communément appelés « commotions cérébrales », dans le monde sportif.

    Le service de neurochirurgie de l’hôpital de la Timone, dirigé par le Pr Henri Dufour, collabore depuis cet été avec les Spartiates de Marseille, dans le cadre de l’étude Crash (« Concussion Research And Screening in Hockey », que l’on peut traduire par Recherche et dépistage des commotions cérébrales au hockey). L’objectif est de « pouvoir étudier et comprendre les mécanismes de blessure et de récupération […] dans l’idée d’appliquer, ensuite, nos observations, nos recherches à la population générale », souligne Alizée Pann, neuropsychologue et coordinatrice de l’étude.

    « La question des traumatismes crâniens légers est un sujet qui nous préoccupe, car c’est une pandémie silencieuse. Le nombre de patients annuels qui ne vont pas être pris en charge sur le plan médical est considérable, parce qu’il n’y a pas de symptômes visibles », insiste-t-elle.

    Batterie de tests

    « En conséquence, on ne consulte pas ou on va juste aux urgences, où l’on fait face à des examens de base qui sont globalement normaux et rassurants, puis on rentre chez soi. Pourtant, les symptômes sont gênants dans la vie quotidienne et peuvent créer une forme de handicap invisible. »

    Les hockeyeurs marseillais ont déjà réalisé la première phase de l’étude Crash, qui consiste en un état des lieux, avant la saison, au travers d’une batterie de tests : une IRM cérébrale 7 Tesla, qui a pour objectif de « détecter les anomalies microstructurelles qui seraient non visibles avec des techniques classiques comme une IRM 1.5. ou un scanner », un bilan neurologique et neuropsychologique complet, un OCT (tomographie par cohérence optique), « un examen d’imagerie qui permet d’observer les différents composants de l’œil, de visualiser la forme et l’épaisseur des cellules de la rétine et du nerf optique qui achemine l’information visuelle vers le cerveau », et une évaluation neurovisuelle sur une tablette tactile.

    Suite à cette journée passée à l’hôpital, le service de neurochirurgie va pouvoir passer à la deuxième phase. « Pendant la saison, s’il y a une suspicion de choc ou un choc avéré, on viendra réexplorer l’athlète avec tous ces examens à nouveau, dans un délai extrêmement raccourci, pour voir toute la cascade neurophysiologique liée à la commotion cérébrale », détaille la clinicienne et chercheuse marseillaise. Son équipe observera de nouveau les hockeyeurs à la fin de la saison, en reproduisant à l’identique la phase une et en observant les effets d’une saison complète, et donc de chocs potentiels à haute intensité et fréquence, sur le fonctionnement neurologique et neuropsychologique.

    Entre-temps, le service de neurochirurgie analysera les enregistrements vidéo de chaque match à domicile pour identifier les contacts susceptibles d’avoir provoqué une commotion. « Je touche du bois, mais j’ai la chance de ne pas en avoir subi beaucoup, glisse Fabien Bourgeois, défenseur et assistant-capitaine des Spartiates de Marseille. « Je pense que notre collaboration avec la Timone est indispensable. C’est primordial dans notre sport. Les commotions cérébrales sont devenues de vrais fléaux, avec des séquelles parfois terribles. J’ai connu un joueur qui ne pouvait même plus écouter ses enfants pleurer à la maison », témoigne l’international français.

    À ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique contre les commotions cérébrales. « Si on peut trouver un moyen objectif et rationnel de soutenir la récupération naturelle et spontanée, ce serait une belle avancée », note Alizée Pann, consciente du potentiel décisif de l’étude.