Tag: comité

  • Sans concurrent, François de Canson largement élu président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Sans concurrent, François de Canson largement élu président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Comme dans un fauteuil ou presque… François de Canson (DVD), finalement seul candidat à la succession du désormais sénateur Renaud Muselier (Ren.), a été élu ce lundi 12 octobre président du conseil régional avec 83 votes pour et 39 blancs sur les 122 votants de l’hémicycle.

    Pas de surprise mais tout de même une clameur de joie dans les rangs de la majorité et sur le balcon des invités. Entouré de Christian Estrosi, ex-maire de Nice et de Renaud Muselier, le maire de La Londe-les-Maures, troisième vice-président de la Région, président du comité régional de tourisme savoure sa victoire. Malgré sa lourdeur, l’intervention du président du groupe d’opposition RN ne viendra pas la gâcher. « Vous êtes désormais à la barre du Titanic » lui balance Franck Allisio, revenant sur l’élection de Christian Estrosi « avec les voix de la gauche », et le bilan de Renaud Muselier, « un mandat marqué par les reniements typiques du “en même temps” macroniste ». Et de se targuer des « succès électoraux » de sa famille politique avec des municipales « exceptionnelles » à « Nice, Cagnes-sur-Mer, Toulon… » Le lapsus, la préfecture varoise ayant été remportée par la droite avec Josée Massi (SE), n’a pas manqué de faire réagir les bancs de la majorité.

    En face, Pierre-Paul Leonelli dénonce ces « leçons pathétiques » avant de l’étriller sur les sénatoriales. Et de se féliciter de la « continuité » à la tête de la Région, saluant la « loyauté », le « dévouement » et la « capacité à rester soudés » de ses collègues, « malgré la diversité de nos courants ».

    Le point dans les lycées

    En tribune, François de Canson acquiesce. Homme de « transition », il rend hommage aux agents du conseil régional avant de réagir à l’actualité : celle du mouvement lycéen, la collectivité étant en charge de l’entretien et du fonctionnement des établissements. Reconnaissant la « crise existentielle », dénonçant la violence, il annonce une inspection générale, l’ouverture d’une plateforme d’alerte afin de recueillir les demandes des élèves, parents, agents et professeurs. Des brigades d’intervention, « capables de traiter rapidement les problèmes matériels les plus urgents » sont mises en place, un état des lieux sera présenté « lors d’une prochaine séance ».

    Lutte contre l’antisémitisme, réussite des JO 2030, soutien aux structures de santé et au monde économique, adaptation au réchauffement climatique, souveraineté, sont pour lui autant de priorités. Surtout, il réaffirme le « style » de Canson : un élu de proximité. « Aimer les territoires, c’est commencer par aimer les gens qui y vivent » assène-t-il, raison pour laquelle, « je serai chaque semaine, deux jours entiers en déplacement sur le terrain, département par département ». Sa « manière d’exercer le pouvoir ». Dans la droite ligne, il entend mettre le paquet sur « la subsidiarité ». « La puissance régionale » ne devant « jamais se construire au prix de l’impuissance locale », il organisera une convention régionale des maires le 17 novembre à Aix-en-Provence. Le tout en respectant un budget contraint car « chaque euro public est un euro confié ».

    De son côté, le Rassemblement écologique et social, instance régionale consultative emmenée par Jean-Laurent Félizia, pour offrir une tribune et un espace d’expression aux représentants de la liste de gauche et écologiste, a rappelé qu’il s’était « désisté en 2021 pour éviter à l’extrême droite de ravir la Région » et qu’il demeurait « attentif aux orientations politiques régionales du nouveau président et de la commission permanente ».

  • À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    C’est un élément peu connu des habitants, et pourtant obligatoire dans toutes les communes de plus de 80 000 habitants depuis 2002. Instance consultatives et participatives, ni organes exécutifs, ni réunions d’information, les conseils de secteur ont été conçus à Porto Alegre, au Brésil, dès 1989, pour favoriser la justice sociale. Exportés au début des années 2000 en Europe et en France, ils ont vocation à créer du dialogue entre élus et citoyens. Ils offrent à ces derniers la possibilité de s’impliquer dans leur vie de quartier, en proposant et débattant des projets. « De la même façon que nous demandons aux enfants de rêver leur cour de récréation, nous invitons les Toulonnais à imaginer leur quartier », illustre la maire de Toulon Josée Massi.

    Cette dernière a désiré repenser intégralement la constitution de cet outil. Dès avril, elle a chargé son adjointe à la démocratie de proximité, Corinne Jouve, de tabler là-dessus. Premier changement : un redécoupage des secteurs, passés de dix à cinq (nord-ouest, nord-est, ouest, centre et sud), avec des quartiers « regroupés par cohérence de projets mais aussi par rapport aux besoins spécifiques des habitants », détaille la maire de Toulon.

    Un budget de « plusieurs millions d’euros »

    Un appel citoyen a ensuite été lancé. 807 habitants, associations et commerçants y ont répondu. Les conseils ont ensuite été déterminés par tirage au sort, chacun d’eux étant dirigé par un adjoint de secteur, avec, en leur sein, un élu (y compris d’opposition), un habitant, un membre d’un comité d’intérêt local (CIL) et un représentant associatif ou commerçant.

    Ils démarreront leur mission dès janvier, et ce jusqu’à la fin du mandat municipal en cours, et se réuniront a minima deux fois par an, en janvier et en juin. Leur fonctionnement sera régi par une charte. « Chaque membre s’engage à œuvrer pour et dans l’intérêt général de la ville, du quartier et de ses habitants. Il doit faire preuve de civisme, d’exemplarité et d’assiduité », explique Corinne Jouve. Les conseils de secteur disposeront d’un budget global de « plusieurs millions d’euros » sur la durée du mandat, afin « de réaliser des projets proposés et débattus au cours des séances de travail annuelles après études de faisabilité technique, juridique et financière », ajoute l’adjointe à la démocratie de proximité.

  • À La Seyne, Révolution Écologique pour le Vivant dénoncent la mauvaise gestion de l’eau par la droite

    À La Seyne, Révolution Écologique pour le Vivant dénoncent la mauvaise gestion de l’eau par la droite

    « Madame la Présidente, nous nous permettons de nous adresser à vous à propos de la situation inquiétante de la Seynoise des Eaux qui assure la gestion de la distribution de l’eau potable sur la Seyne », alerte le comité local de Révolution Écologique pour le Vivant.

    Et de rappeler que, créée en 2017, cette Société d’économie mixte à opération unique (Semop) était bénéficiaire jusqu’en 2022, y compris après une baisse des tarifs en 2017 qui a profité aux abonnés seynois.

    « Aujourd’hui, le constat est accablant, puisque le déficit cumulé pour les trois dernières années sous la présidence des équipes de Bicais-Minniti avoisinerait le 1,8 million d’euros », ajoutent les militants qui crient au scandale et à l’incompétence.

    Les comptes n’y sont plus

    Et de poursuivre : « Il est en effet inconcevable, et nous ne doutons pas que vous partagez notre avis, que la gestion de l’eau potable de la deuxième ville du Var soit traitée de façon aussi calamiteuse ».

    Le comité demande à ce que soit mis un terme à cette situation et considère « qu’il n’est pas question que l’argent public vienne renflouer une société incompétente ».

    Aussi pour que la clarté soit faite, les militants souhaitent l’organisation d’une réunion publique regroupant les administrateurs de la Seynoise des Eaux, avec donc les représentants de la municipalité, ceux de la Métropole et ceux de SUEZ, et les représentants des CIL pour prendre en compte les intérêts des consommateurs. Et de conclure : « Cela permettrait de mettre en œuvre des solutions pérennes qui ne devront en aucun cas pénaliser les abonnés seynois ».

  • Les acteurs de la mer unis pour de nouveaux projets à La Ciotat

    Les acteurs de la mer unis pour de nouveaux projets à La Ciotat

    « Avec la création de ce Comité citoyen de la mer, la Ville réaffirme sa volonté de faire de son patrimoine maritime un bien commun vivant, partagé et tourné vers l’avenir. » C’est en tout cas l’ambition rapportée par la Ville après l’officialisation jeudi 9 juillet de la création du comité. Celui-ci est présidé par l’adjoint (LR) Richard Molines, délégué aux affaires maritimes et portuaires, assisté notamment de Marc Mannoni, vice-président du comité et président du club de plongée, ainsi que de Pierre Boissery, expert mer à l’Agence de l’eau Méditerranée.

    Des projets à découvrir

    à l’automne

    Ce comité citoyen mélange associations et acteurs du territoire, pour « favorisant l’émergence et le développement de projets liés à la mer » selon la Ville, parmi lesquels figurent la Prud’homie de pêche, les Calfats de l’Escalet, le Neptune Club ou encore la Société nautique. En premières pistes de réflexions, la municipalité évoque la création d’une « maison de la mer, de la pêche et de la plongée », « un projet de musée sous-marin » ou encore « l’organisation d’une fête annuelle dédiée à la mer ». Des idées appelées à muer en projets, qui seront présentés à l’automne, « à l’occasion d’une Soirée de la mer au cours de laquelle seront présentés les premiers projets appelés à être développés en 2027 » d’après la Ville.

    La démarche se veut participative. « L’ensemble des associations nautiques est invité à rejoindre la démarche, aux côtés des acteurs économiques majeurs du territoire, tels que La Ciotat Shipyards et La Ciotat Entreprendre » toujours selon la Ville.

  • La vigilance postale alerte sur les fermetures estivales à Martigues

    La vigilance postale alerte sur les fermetures estivales à Martigues

    Une drôle de sortie d’école s’est déroulée devant le groupe scolaire Robert-Desnos vendredi soir. Tambour battant, une dizaine de militants du comité de vigilance postale de Martigues, tracts en main, sont allés à la rencontre des parents venus récupérer leurs enfants.

    « C’est le comité de vigilance postale qui vous informe de la fermeture de la poste de Ferrières pendant trois semaines du 3 au 22 août », annonce Joëlle Fabre, militante des premiers jours pour la Poste de Ferrières et également conseillère municipale PCF. « Encore ? », s’étonne une mère devant sa poussette. « Eh oui, si le comité de vigilance n’existait pas, elle serait déjà fermée », affirme un autre militant. « Heureusement que ce n’est que l’été », réagit une autre habitante.

    « C’est compliqué

    de s’y retrouver »

    Mais cette fermeture partielle pour l’été pose quelques soucis. « Je vais régulièrement à Ferrières pour mes colis et mes retraits d’espèces », explique Mathieu Tran, habitant à proximité. « Ça va être dur pour certaines personnes, surtout si elles n’ont pas de voiture pour aller à Jonquières ou Croix-Sainte, et ça va encore plus les engorger », estime-t-il. Les horaires estivaux imposent une certaine gymnastique : « C’est compliqué de s’y retrouver avec les différents horaires » relève l’usager.

    Rapidement, la fin de la sortie approche. « Nous avons fait deux actions, cette semaine, pour informer des fermetures des bureaux cet été, on ne peut pas mener une bagarre de la même ampleur que pour la fermeture totale et définitive », explique Francis Fournier. « On a donné l’info et pris les mails des habitants pour les tenir au courant, mais le combat pour le retour des colis à Notre-Dame-des- Marins n’est, lui, pas terminé », assure le militant.

  • Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Le comité d’accueil à la sortie du bus en provenance de Marseille, au terminus de l’aéroport à Marignane, surprend un peu les voyageurs. Les forces de la police aux frontières, la gendarmerie des transports aériens et les douanes ont uni leurs forces pour une journée de contrôle, mardi.

    Tandis que Pacha, labrador de 7 ans, passe sa truffe sur les valises et les passagers, cherchant à détecter des produits stupéfiants, le préfet de région, Jacques Witkowski, venu avec la préfète de police, Corinne Simon, explique : « Le message est clair, les produits illicites ne passeront pas par la plateforme aéroportuaire. Avec 11 millions de passagers, Marseille se place comme un des premiers aéroports français et européen, il nous faut éviter qu’il soit une porte ouverte sur les trafics. »

    Précisant que ce travail commun est quotidien sur ce site, « un travail à bas bruit », Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, ajoute que ces services ont dans leur ligne de mire le stup’, mais aussi « les VTC illégaux qui font prendre des risques aussi à leurs clients ». Côté douane, « on a deux obligations », pose Michael Lachaux, directeur régional des douanes à Marseille :   « Assurer la fluidité, ne pas retarder, et assurer la sécurité du département voire de la région. » Les douaniers ont effectué, en 2025, pas moins de 1 400 constatations et saisi 2,5 tonnes de tabac, 30 000 contrefaçons et 50 kg de stupéfiants.

    Les mules pour le tabac

    Il témoigne du retour d’un phénomène, celui des mules. « On connaissait les mules guyanaises, où on mettait plusieurs passagers qui avaient ingéré des produits, [dans l’idée que] les premiers se font prendre et les autres passent sans être contrôlés. On a la même chose en matière de tabac, avec plusieurs centaines de kilos à chaque fois », détaille-t-il.

    Après la gare routière, direction les sous-sols du terminal 1. Un avion en provenance d’Alger vient d’atterrir. Une destination « sensible » pour les douanes, où il faut distinguer le trafic, avec le tabac en échange d’autres produits importés, du voyageur qui ramène pour sa consommation personnelle.

    À l’image de ceux installés en surface, des tapis accueillent les bagages débarqués. Un autre labrador de la douane, Van, spécialisé dans la recherche de tabac en quantité, est guidé par son maître. « Quand il marque, il gratte, je prends alors la valise et je la mets de côté », détaille une douanière, fier de son « collègue de travail ». Un job de précision avec les bagages de 130 ou 150 passagers par vol. Justement, l’animal repère un sac. Il ne va pas être retenu, mais remis dans le circuit. « Ce qui nous intéresse, c’est non seulement la marchandise, mais la personne qui vient la chercher », développe le directeur régional des douanes. Toujours dans ce souci de fluidifier les flux, le voyageur sera intercepté à la surface et le bagage ouvert devant lui. Bilan : cinq cartouches au lieu d’une admise.

    Dans la zone fret, le Paco, le malinois de la gendarmerie, capable de dégoter explosifs, armes, stupéfiants et billets de banque, fera chou blanc sur les boîtes médicales en provenance d’Ajaccio. « C’est un outil précieux pour nous », insiste le major Rio, dont la brigade de 27 effectifs est en charge de la sûreté portuaire.

    Entre-temps, les douanes ont encore réalisé une belle prise : pas moins de 100 paquets de cigarettes, en provenance d’Algérie…

  • Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés au CSE (comité social et économique) de Jott, la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’emblématique marque marseillaise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagné » a-t-il commenté, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion. Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des plus de 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe », estimait Damien Laine.

    Mode in Sud vigilant

    Amoniss, société d’investissement qui détient Chevignon et Pimkie, s’est positionnée avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros. Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein » notait vendredi Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, signataire d’un communiqué commun avec Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence pour défendre la marque.

    « Jott a un avenir. Et c’est une bonne nouvelle » nuance-t-il ce lundi mais « dans un contexte où la filière mode est sous pression, chaque reprise dépasse la seule logique financière » estime-t-il, « la réussite de ce projet passera par sa capacité à s’inscrire durablement dans son territoire d’origine, (…) à dialoguer avec les acteurs qui en constituent l’environnement naturel ».

  • Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    « L’aventure des Jeux olympiques commence maintenant. » Damien Robert, le directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), sonne « la mobilisation générale des entreprises du territoire », ce mercredi devant des centaines d’acteurs économiques réunis au Palais de la Bourse à Marseille.

    Une réunion pas anodine puisqu’elle marque le début du branle-bas de combat autour des marchés publics et autres appels d’offres et à manifestation d’intérêts en vue de la livraison des différents sites. « C’est quelque chose qu’on ne voit pas vraiment mais c’est très important : faire en sorte que tout ce qui est programmé, financé, voté, puisse servir à l’ensemble de la région, faire du travail pour nos entreprises, de la plus petite à la plus grande », résume Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. Avec une « quarantaine d’ouvrages pour une vingtaine de maîtres d’ouvrage, répartis sur quatre sites », le tout à « réaliser dans un temps réduit », autant dire que les enjeux sont grands. Et certains risquent d’être ardus comme l’exploitation du Fort de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en vue de devenir un village olympique.

    « Plus d’un milliard en marchés publics »

    « On entre dans une phase de planification qui doit déterminer qui fait quoi et à quel moment. Pour ça, on pose la première pierre avec la stratégie économique aujourd’hui », abonde Edgar Grospiron, le président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).

    Concrètement, cela passe, par exemple, par le lancement d’une plateforme commune entre les deux structures, Cojop et Solideo, « Marchés 2030 » qui « centralisera l’ensemble des marchés publics liés aux Jeux ». L’objectif est clair « faciliter l’accès à des entreprises aux opportunités économiques » en donnant des informations clés : calendrier, visibilité… Une réponse à la législation autour des marchés publics qui ne permet évidemment pas de « préférence régionale ». Il faut aussi compter sur une « cartographie des achats du Cojop » et une flopée de dispositifs de soutien aux entreprises locales. Avec un gros magot à se partager : 1,4 milliard d’euros d’achat pour le Cojop, 1,4 milliard d’euros d’investissement pour la Solideo dont 800 millions d’argent public… On parle donc de « plus d’un milliard en marchés publics directs ». Et le Cojop espère faire en sorte que les TPE/PME locales raflent 50% des marchés.

    L’épine niçoise

    Reste qu’au-delà des considérations techniques, les organisateurs font face à plusieurs écueils très concrets. Outre les errances largement documentées à la direction du Cojop, c’est l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à Nice, qui doit accueillir les épreuves de glace avec une nouvelle patinoire et un village olympique, qui pose maintenant problème, d’autant qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Renaud Muselier. Le premier a affirmé que « le projet actuel est trop cher et mal pensé », quand le deuxième menace d’un « plan B », en réaction aux atermoiements niçois. Sur son fameux plan B, le président de Région n’a pas donné de précisions. Mais explique : « J’ai eu monsieur Ciotti lundi au téléphone […] nous avons la nécessité de prendre une décision définitive avant fin avril. »

    En passant, Renaud Muselier en profite pour tacler le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou qui s’était ému, la veille, que la plateforme mise en place par l’organisation patronale pour Paris 2024 ne soit pas reprise pour les Alpes 2030. Et qui avait loué l’élection d’Éric Ciotti (lire notre article du 25/03). « C’est pas lui qui nous pilote ! Il explique être content des résultats des élections municipales dans les métropoles de la Région mais il a oublié que l’un des élus est catégorisé comme extrême droite par la préfecture [Éric Ciotti, Ndlr]. Depuis le départ, on a quelques difficultés avec monsieur Benhamou », critique Renaud Muselier. Ambiance.

  • Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Après une première initiative début février, la section PCF d’Istres organise un rassemblement le samedi 14 mars, porte d’Arles à 11h, pour dire « halte à la guerre » après que les États-Unis et Israël aient déclenché les hostilités en Iran, le 28 février.

    « Ce n’est pas la première fois que nous nous mobilisons, il y a aussi le Mouvement de la paix, la CGT, la FSU, la Ligues des droits de l’Homme, Istres solidarité Palestine » explique Denis Rousseau, membre de la section. Alors que le président de la République a autorisé les avions américains à se ravitailler sur la base militaire toute proche, « nous sommes bien placés pour évoquer cette actualité brûlante », poursuit-il, inquiet de l’attitude d’Emmanuel Macron « qui navigue à vue », loin « de la position courageuse des Espagnols qui ne veulent pas être les vassaux des États-Unis ». Pour aller plus loin, le PCF devrait aussi s’organiser en comité de lutte.

  • Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    L’universitaire émérite Élisabeth Dorier, géographe au laboratoire Population Environnement Développement (LPED) d’Aix-Marseille Université, investigue depuis le drame de la rue d’Aubagne l’ingénierie complexe de la mise en sécurité des immeubles marseillais qui, depuis 2020, s’est considérablement renforcée et structurée.

    1 638 adresses en péril

    Selon les bilans de la Ville dont « plus de transparence est souhaitée » selon la géographe, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025. Le rythme annuel reste soutenu avec 250 nouvelles adresses depuis 2021 et 287 sur l’année 2025. La cartographie des 1 638 adresses en péril retenues (hors explosion de Tivoli, incendies, murs de soutènement, etc.) met en exergue les zones avoisinant le drame de la rue d’Aubagne, mais aussi l’héritage de périls anciens depuis 2014, traités alors par le mépris. Mais aussi ceux issus du regain d’attention et de l’action volontariste portés sur les 4 îlots prioritaires de la SPLA-IN (Société publique locale d’aménagement d’intérêt national) et les opérations en Orcod-IN (Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national) sur déjà 4 des 17 copropriétés privées dégradées qui vont d’ailleurs générer de « nouveaux chassé-croisé de délogés ».

    « La municipalité n’a pas toutes les clés en main, analyse Élisabeth Dorier. Benoît Payan reste tributaire de politiques partenariales largement pilotées et financées par l’État et la Métropole. On l’a mesuré avec l’hostilité de Martine Vassal à l’encadrement des loyers, les freins mis à l’extension du permis de louer qui se réduit, sur la carte, à de petites tâches à la Belle de Mai et Hoche-Versailles. » La cartographie des arrêtés de mise en sécurité en procédure urgente correspond aussi « aux périmètres d’actions planifiés et notamment d’Euromed et à ses marges », observe la chercheuse, critique pour affirmer que « l’urgence est souvent mise au service de grands projets et là, je considère qu’il y a un dévoiement de l’urgence car beaucoup de ces immeubles dégradés étaient identifiés de longue date ».

    Évacuations en baisse

    Globalement, le nombre d’arrêtés de mise en sécurité pris en procédure urgente baisse et parmi eux, seuls les cas graves (70%) entraînent des évacuations. « D’un côté, il y a la volonté d’éviter la violence sociale d’évacuations traumatisantes en un quart d’heure en oubliant les lunettes et le chat. De l’autre, il y a l’argument du coût des évacuations car 80% des ménages sont relogés par la Ville. Les propriétaires privés collaborent peu au relogement de leurs locataires », observe-t-elle. Ce qui oblige ensuite la Ville à se lancer dans le recouvrement des frais d’hébergement avancés.

    Les mainlevées

    Les arrêtés de mainlevée progressent, ce qui est la traduction d’un traitement pérenne des situations. Les sorties de péril ont concerné 251 immeubles en 2025 et 220 en 2024, contre seulement 79 en 2021. Mais le stock d’adresses à suivre a augmenté avec plus de nouvelles procédures lancées que de procédures clôturées. La purge de l’immobilier indigne se poursuit.

    Relogements définitifs

    C’est un point de tension certain. Entre 2018 et 2025, 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués. On estime à 25% le nombre de personnes ayant échappé à ce décompte officiel lors de la période folle 2018-2019. En tout, 454 ménages ont bénéficié d’un relogement définitif ailleurs qu’à l’adresse évacuée, à 92% en logement social, soit environ 12% des évacués. Dans cette part déjà congrue de relogés définitifs sont intégrés les 75 ménages du périmètre du haut de la rue d’Aubagne, relogés sous l’ancienne municipalité dans du social diffus et ceux dès 2019 des immeubles neutralisés par déclarations d’utilité publique.

    « Ce faible taux interroge la production de logements sociaux et exige un changement de braquet de la Métropole », alerte Élisabeth Dorier, qui est aussi membre du Comité de suivi de la Charte du Relogement. « Les relogements définitifs concernent surtout des évacués d’immeubles tellement délabrés ou de propriétaires tellement peu coopérants (travaux pas démarrés ou qui s’éternisent) qu’ils ont été placés sous maîtrise publique pour être rénovés », observe l’universitaire.

    « Les relogements définitifs butent sur les carences en logements sociaux dans les arrondissements centraux – où il y a pourtant de nombreux logements vacants ou utilisés en location saisonnière – et sur le fait que la quasi-totalité des logements sociaux marseillais sont concentrés dans les mêmes quartiers. » Autre frein, « le manque de solidarité métropolitaine et interarrondissements. Les pires carences en logements sociaux ne concernent pas la Ville de Marseille qui n’a pas la main. La Ville s’est engagée à fond dans le suivi des signalements, les missions de diagnostic et de placement sous arrêté de péril et elle se retrouve à devoir gérer l’hébergement provisoire de ménages que les propriétaires n’assurent pas, alors qu’ils ont été à la hauteur pour percevoir les loyers. La marge de manœuvre de la Ville en relogement est très faible car la Métropole n’est pas à la hauteur de ses prétentions. L’insuffisance de la production métropolitaine en logement social et les très forts déséquilibres sur son territoire sont criants », démontre Élisabeth Dorier.

    De guerre lasse, des évacués sortent d’eux-mêmes du dispositif pour se reloger par leurs propres moyens. En 2025, on compte une vingtaine de départs volontaires, mais aussi, selon la Ville, 61 ménages qui refuse de réintégrer le logement d’origine après mainlevée du péril. « Ce qu’on voit aussi tendanciellement, c’est l’éloignement au fil du temps du lieu de relogement. »

    Travaux d’office

    La municipalité a ouvert une autorisation de programme de 48 millions d’euros de travaux d’office, en novembre 2020. Sous Gaudin, le budget s’était perdu en études et conseils avec seulement 168 000 euros consacrés en 2018… En 2024, 40 chantiers ont été achevés, qui avaient mobilisé 3,9 millions d’euros aux frais avancés des propriétaires défaillants, contre 4,2 millions en 2023. Huit chantiers ont été achevés en 2025, cinq nouveaux ouverts au dernier trimestre dernier. 23 immeubles sont encore pris en charge.