Tag: comité de soutien

  • L’audience d’El Mahdi Lyoubi reportée au 31 juillet

    L’audience d’El Mahdi Lyoubi reportée au 31 juillet

    Les défenseurs de la liberté d’expression sont difficiles à faire taire. Mercredi matin, alors que se tenait la première audience du rappeur et réalisateur marocain El Mahdi Lyoubi, connu sous le nom de scène Mehdi Black Wind, ses soutiens se sont mobilisés devant le tribunal d’Aïn Sebaa, où il devait être jugé à partir de 10h30. Arrêté le 13 juillet à Casablanca, l’artiste, qui réside à Marseille depuis plusieurs années, serait poursuivi, selon son comité de soutien Free El Mahdi, en raison de ses prises de position en faveur du mouvement de protestation Gen Z 212, notamment exprimées dans ses textes de rap.

    Détenu à la prison d’Oukacha depuis plus d’une semaine, le cinéaste a demandé le report de son audience, faute de pouvoir bénéficier immédiatement de l’assistance d’un avocat. Le Maroc est en effet confronté depuis plus d’un mois à un large mouvement de grève au sein de la profession, compliquant considérablement l’accès à une défense. Le tribunal a finalement accordé le renvoi de l’affaire au 31 juillet. Selon ses soutiens, le rappeur a également « fourni un dossier avec des garanties de représentation pour être poursuivi en liberté provisoire ». À l’heure où nous écrivons, le tribunal n’a pas encore répondu à cette demande.

    Répression

    Depuis le début du mouvement Gen Z 212, fin septembre 2025, réclamant un meilleur accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi, de nombreuses personnalités ont été arrêtées pour avoir soutenu la contestation. Parmi elles figurent notamment les rappeurs Souhaib Qabli, Jawad Asradi et Hamza Raid.

  • Les soutiens d’El Mahdi Lyoubi appellent à sa libération

    Les soutiens d’El Mahdi Lyoubi appellent à sa libération

    Dès 19h50 mardi, une foule s’agglutine autour d’une table sur le Vieux-Port. L’étal présente toute une collection de tee-shirts tous floqués du même slogan : « Free Koulchi, Free El Mahdi ». Autour, les militants s’affairent, peignent des affiches, distribuent des pancartes, diffusent des tracts. À quelques mètres, une grande enceinte diffuse Chavez, l’un des titres de Mehdi Black Wind, de son vrai nom El Mahdi Lyoubi, artiste marocain incarcéré, depuis plus d’une semaine, dans la prison d’Oukacha, à Casablanca. C’est pour réclamer sa libération et à l’appel du Comité de soutien Free El Mahdi que plus d’une centaine de personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées au pied de la Canebière.

    Installé à Marseille depuis plusieurs années, le rappeur et cinéaste a été arrêté par les autorités marocaines le 13 juillet, à l’occasion d’une visite dans son pays natal. À la veille de sa première audience, prévue ce mercredi à 10h30 à Casablanca, ses soutiens ont jugé indispensable de rappeler leur solidarité totale avec l’artiste, qu’ils estiment incarcéré en raison de ses prises de position en faveur du mouvement de contestation Gen Z 212 (en référence à l’indicatif téléphonique du Maroc + 212), né fin septembre. Dans la rue, les jeunes marocains s’étaient mobilisés en masse pour dénoncer la situation politique et économique du pays avant d’affronter une sévère répression.

    « Liberté, dignité, justice sociale », ont scandé, mardi, les manifestants en arabe, en hommage à ce slogan repris lors des mobilisations de la Gen Z. « Aujourd’hui, Mehdi est visé par la répression du pouvoir marocain parce qu’il fait un portrait réaliste des injustices qui l’entourent, (…) parce qu’il défend sa liberté d’expression et celle des autres, parce qu’il a soutenu tous les mouvements pour la justice au Maroc et en dernière date, le mouvement Gen Z 212 », s’est émue la représentante du comité de soutien. El Mahdi Lyoubi est le quatrième rappeur soutien du mouvement populaire à être arrêté par le pouvoir marocain, après Souhaib Qabli, Jawad Asradi et Hamza Raid.

    Dénoncée dans une tribune publiée aujourd’hui sur le site de Libération, la situation d’El Mahdi Lyoubi alerte aussi la société civile internationale : Montréal, Berne, Genève, Douarnenez, Bruxelles et Paris ont déjà accueilli des rassemblements de soutien. Mercredi, à 10h30, heure théorique du début d’audience de l’artiste, une nouvelle mobilisation doit se tenir devant le tribunal Aïn Sebaa, à Casablanca.

  • Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Situé en lisière du Parc Naturel du Verdon, le village de Sillans-la-Cascade comptant un millier d’habitants est plus habitué à faire parler de lui pour la beauté de sa chute d’eau, qui draine chaque été un flux de près de 100 000 visiteurs parfois difficile à contenir, qu’à défrayer la chronique électorale. Les scrutins des élections municipales ont bien souvent des airs de formalité, avec une seule liste présente. Mais cette année, la liste (SE) « Sillans Ensemble ! » conduite par Christine Apostolo est venue concurrencer celle (également sans étiquette) du maire sortant Christophe Carrière, « Sillans toujours à cœur ».

    Ce dernier, réélu avec 58,79 % des voix, pensait repartir pour un nouveau mandat. Mais un recours, a priori déposé par un électeur de la liste d’opposition devant le Tribunal Administratif de Toulon, a changé la donne. En cause, une irrégularité sur les bulletins de vote de la liste réélue, sur laquelle n’étaient pas précisées les nationalités de deux colistiers ressortissants de l’Union Européenne : Marc Vanden Borre, 3e de liste, de nationalité belge, et Luis Mariano, 9e, de nationalité portugaise.

    Des omissions qui semblent anecdotiques mais qui, à l’arrivée, coûtent cher : le Tribunal Administratif a plaidé en faveur du recours et invalidé l’élection. En conséquence, depuis le 18 juin, c’est une délégation spéciale désignée par la préfecture qui assure provisoirement l’administration de la commune, en attente d’un nouveau scrutin qui se tiendra le 30 août (premier tour), et le 6 septembre en cas de second tour.

    Menace de plainte

    pour diffamation

    De quoi enflammer les débats entre les deux listes, déjà véhéments durant la campagne de mars, et diviser un village qui n’avait jamais connu pareille agitation. Sur les réseaux sociaux, les passes d’armes ont repris de plus belle. Première étincelle : une affiche de soutien d’un collectif citoyen en faveur du maire sortant dénoncée par la liste de Christina Apostolo car réalisée à l’aide de l’IA et présentant une image d’un village… qui n’est manifestement pas Sillans-la-Cascade. « L’opposition joue (encore) aux détectives de pacotille… Quand on n’a aucune proposition concrète pour l’avenir de Sillans-la-Cascade, on s’occupe comme on peut », a rétorqué Christophe Carrière, invoquant des attaques « de tous les côtés, y compris auprès des enfants des candidats ou des jeunes natifs de la commune. C’est bas, c’est méchant, et c’est totalement inacceptable ».

    De quoi susciter l’ire de « Sillans ensemble ! » : « Le comité de soutien à Christophe Carrière met en avant cinq engagements “cardinaux” que même lui ne respecte manifestement pas, en recourant à la calomnie, au dénigrement et à la diffamation. Attention, les propos inventés concernant la soi-disant attaque des enfants et des jeunes de Sillans sont de la diffamation caractérisée, punie par la loi. Contrairement à ce qu’affirme Christophe Carrière, notre programme existe bel et bien, il a convaincu près de 200 électeurs lors des dernières élections. » Le mois d’août promet d’être chaud, et pas seulement sur le thermomètre.

  • Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    On a connu lancement de campagne plus serein. Jeudi, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, présentait les quatre premiers de sa liste baptisée « En Provence, l’expérience qui rassemble » pour les sénatoriales du 27 septembre. à ses côtés, la sénatrice (UDI) sortante, Brigitte Devesa, la maire (LR) d’Auriol, Véronique Miquelly, et le maire (LR) de Graveson, Michel Pécout.

    Valérie Boyer « s’isole »

    Pas de Valérie Boyer sur la photo de famille, en revanche. Annoncé partante, la sénatrice LR sortante de Marseille a finalement annoncé, une heure plus tôt, qu’elle irait en solitaire. « Elle était quatre, elle est passée trois, elle voulait être en tête de liste (…). Elle s’isole, nous, on additionne », glisse Renaud Muselier, qui laisse la première place à Brigitte Devesa.

    « Moi, je recherche l’équilibre », insiste le macroniste qui se dépeint volontiers en rassembleur, relevant que sa liste a le soutien de Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, et des majorités régionale, départementale et métropolitaine. « Nicolas Isnard (LR) et Martine Vassal (DVD) seront les deux coprésidents du comité de soutien », ajoute-t-il pour mieux convaincre.

    Mais la candidature de Valérie Boyer n’est pas le seul grain de sable dans la machine. La veille, le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête pour prise illégale d’intérêt après un signalement affirmant qu’un des employés de maison du président de Région serait salarié par une société attributaire de marchés publics de sa collectivité. Dans la foulée, une enquête de Mediapart révèle qu’à l’initiative des JO d’hiver 2030 dans les Alpes, Renaud Muselier a investi dans une station de l’Utah où se tiendront les JO d’hiver en 2034, et décrit « les contours d’un conflit d’intérêts majeur » pour le membre du bureau exécutif du Cojop et coprésident de la Solideo.

    « Un fait de campagne »

    « Je m’en prends deux à un moment particulier, c’est un fait de campagne », a réagi Renaud Muselier, indiquant avoir, dès la publication de l’article, mandaté son avocat pour « préparer un dépôt de plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse. Ces affirmations sont fausses et ces accusations sont mensongères dans le seul but de me nuire ».

    Mettant en avant un tout récent de rapport de l’Agence française anticorruption notant que tous les process de sa collectivité sont conformes, il assure, sur un « plan juridique pur », n’avoir « jamais siégé à la commission des marchés, ni signé un marché depuis dix ans. Les process sont clairs et je n’ai jamais eu de salarié payé directement ou indirectement par la Région ».

    Dans un communiqué, la Région défend pour sa part « un fonctionnement conforme à la réglementation, et rigoureux, des procédures de mise en concurrence », et indique se réserver le droit de déposer une plainte contre X auprès du procureur.

    Dans ce contexte, Renaud Muselier reste, lui, ambitieux. Chiffres à l’appui, il espère décrocher quatre places fin septembre. « On est capable d’en rentrer quatre, c’est un match collectif », martèle le président, sans doute quand même bien conscient que la candidature de Valérie Boyer et celle de Stéphane Le Rudulier (LR) pourraient lui coûter le grand chelem espéré.

  • Le rappeur El Mahdi Lyoubi emprisonné à Casablanca

    Le rappeur El Mahdi Lyoubi emprisonné à Casablanca

    El Mahdi Lyoubi alias Mehdi Black Wind a passé la nuit dans la prison d’Oukacha à Casablanca. Le cinéaste et rappeur marocain a été arrêté ce lundi à l’aéroport alors qu’il quittait la ville. Mercredi, dans la soirée, ses proches annoncent les charges retenues contre l’artiste : « atteinte à corps constitué (pour ses chansons) et incitation à commettre des délits », précisent-ils. Il s’est présenté seul, sans représentation devant la justice. Et pour cause : les avocats marocains sont engagés depuis cinq semaines dans un mouvement de grève illimité contre le projet de loi 66.23 qui régit l’exercice de leur fonction, « on craint qu’il n’ait pas accès à un procès équitable » prévu le 22 juillet, pointent ses proches, dont certains se sont réunis à Marseille, sa ville de résidence.

    D’après son comité de soutien, El Mahdi Lyoubi, qui était en repérage pour un documentaire pourrait être visé pour son soutien exprimé sur les réseaux sociaux envers le mouvement de contestation GenZ 212. Zineb Kharroubi, l’une des figures de ce collectif, a été condamnée en juin dernier à six mois de prison avec sursis pour « incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique ». Ces arrestations s’inscrivent dans une vague de répression visant les voix dissidentes dans le sillage du soulèvement populaire réunissant une partie de la jeunesse à l’automne 2025.

    Au total, ce sont près de 2 480 personnes qui ont été interpellées et des poursuites ont été lancées à l’encontre d’au moins 1 473 manifestants, tous placés en détention provisoire. Dimanche, le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a lui aussi été arrêté dès son atterrissage à Tanger. Figure du journalisme indépendant, critique à l’égard des autorités, il a depuis été relâché. Une enquête sur des publications en ligne « comportant des propos diffamatoires et injurieux à l’encontre des personnes et des institutions, et outrageux à l’égard d’instances régies par la loi » est toujours en cours, selon l’agence de presse officielle MAP.

    « Ce sont des outils d’intimidation et de répression, tout cela contribue à créer un climat inquiétant », alerte le comité de soutien Free El Mahdi Lyoubi, qui réclame sa « libération immédiate ». Et attend, sans trop y croire le « soutien » de la France, pays où le cinéaste « habite depuis 2017, où il fait sa carrière, où il fait ses films ». Car au même moment, le Premier ministre français Sébastien Lecornu entame dans le royaume chérifien son premier voyage officiel depuis sa nomination. Accompagné d’une douzaine de ministres, il évoquera les coopérations économiques, sécuritaire, migratoire et de défense. La liberté d’expression n’est pas au programme.

  • Vague de soutien pour la CGT du port

    Vague de soutien pour la CGT du port

    Il n’est même pas huit heures du matin, ce mardi, que les fumigènes recouvrent déjà la place Monthyon qui fait face au palais de justice de Marseille, dans le 6e arrondissement de la ville. Des fumigènes qui dévoilent une marée de gilets rouges trépignant devant les grilles de l’institution.

    Ce sont plusieurs centaines de militants CGT du département et au-delà qui sont venus apporter un « soutien indéfectible » à Pascal Galéoté, le secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Ce dernier est convoqué pour une audience au tribunal correctionnel, aux côtés de Bernard Cristalli, ancien trésorier du Comité d’entreprise (CE, ancien nom du Comité social et économique) du port. Les deux sont accusés « d’abus de confiance » dans le cadre de la gestion des comptes du CSE du GPMM. Des comptes dans lesquels la cour des comptes a fourré son nez en 2021, avant que le Parquet de Marseille pointe, en 2025, « plusieurs anomalies constatées dans l’utilisation des moyens du comité d’entreprise ».

    De quoi provoquer une montée au créneau unanime d’une myriade d’organisations CGT de la région qui dénoncent une « répression judiciaire » qui s’abat sur une figure des luttes locales (lire notre article du 27/04). Rappelons que la CGT est historiquement majoritaire au port de Marseille, avec actuellement plus de 750 syndiqués, et logiquement largement majoritaire au CSE avec 17 des 24 sièges de titulaires et suppléants de l’instance représentative du personnel, dont Pascal Galéoté est secrétaire. Elle est surtout de tous les combats et régulièrement motrice des mobilisations dans le département. D’où les plusieurs dizaines d’appels à la mobilisation, de syndicats divers et variés, pour ce mardi. Même des agents portuaires du Havre, de Rouen ou de Dunkerque ont fait le déplacement.

    Entre liste à la Prévert

    et pêle-mêle

    Manque de pot, ou pas, l’audience est reportée à 13 heures. Le comité de soutien fait le pied de grue. Et à ladite heure, débute une audience fleuve qui ne prendra fin qu’à 20 heures passées. Le Port n’est pas partie civile, le CSE non plus. Seuls les syndicats minoritaires FO, sept agents, et le syndicat des cadres sont dans le coup. In fine, le débat porte aussi sur le fait que les élus des dits syndicats n’ont pas, ou peu, bénéficié d’une partie des dépenses. La Cour a ainsi décortiqué les comptes du CE de 2014 à 2018, questionnant « 264 000 euros de dépenses » reprochés aux deux prévenus. Parmi elles, la présidente pointe notamment 98 000 euros de frais de restauration ou encore plus de 50 000 euros de frais de déplacement.

    Elle s’attarde sur plusieurs cas largement repris par les avocats des syndicats concurrents : une facture de 75 euros dans un bar à cocktails à Paris à 1h20 du matin par-ci, une cinquantaine de billets de TGV pour un 1er mai à la capitale par-là… À la barre, Pascal Galéoté justifie point par point les faits : pour le premier cas, c’est une dépense dans le cadre d’une discussion qui s’est prolongée tardivement après une réunion, pour le deuxième un trajet pour une rencontre avec d’autres CE portuaires. Un stylo Montblanc supposément offert ? « Il est toujours dans le coffre du CE », assure le secrétaire général. En bref, il est fait « une liste à la Prévert », pendant laquelle Cour et partie civiles questionnent pêle-mêle la remise de colis à des agents, pratique somme toute classique d’un CE, jusqu’à des frais de bouche, dont des notes de restaurants de plusieurs milliers d’euros, supposément « sans justification ». Si les montants peuvent paraître élevés, Pascal Galéoté rappelle qu’on dénombrait plus de 80 délégués et élus dans les différentes commissions qui découlaient du CE. Forcément, ça monte vite dans les chiffres.

    « Pas d’enrichissement personnel »

    Malgré les explications des prévenus, il n’en faut pas plus pour que le procureur cible « un budget utilisé en dehors de l’intérêt et des activités du CE ». En clair, des dépenses qui outrepassent le cadre du fonctionnement de l’instance comme des « déplacements de nature syndicale ». Il requiert 18 mois de prison contre les deux, assorti d’un sursis, de 5 000 euros d’amende contre Pascal Galéoté et 3 000 pour Bernard Cristalli. Mais également d’une peine de 5 ans d’inéligibilité. « Rien n’est démontré dans cette affaire, la somme reprochée correspond à quasiment toutes les dépenses du CE », plaide Maître Tom Bonnifay. Il explique que la justice a « confondu rapport de la Cour des comptes et enquête pénale » et note que la présidente du port de l’époque n’a même pas été entendue. Ou que l’on reproche à des militants de ne plus savoir ce qu’ils faisaient tel jour telle heure, 11 ans après les faits. « Il n’y a pas une liste de dépenses qui est imputable à l’un ou à l’autre (…) il n’y a pas d’enrichissement personnel », appuie-t-il.

    À la sortie de l’audience, Pascal Galéoté sort sous les applaudissements de ses camarades. Il résume la problématique : « On est tous les deux accusés d’avoir dépensé la même somme, pas au même moment et pas avec les mêmes dépenses mais la même somme quand même. » Avant de développer : « Il y a peut-être des dépenses, à la marge, où l’on a commis quelques erreurs. Par exemple des cocktails un soir, même si l’on explique que ça peut arriver de débattre tardivement de sujets, c’est pour eux difficile à entendre. On a essayé de répondre à toutes les factures. » Et se désole du fond de l’affaire : « C’est pour les syndicats minoritaires une opportunité de nous voir condamner. On aurait détourné 264 000 euros mais ils ne demandent rien à part l’inéligibilité ! C’est bien une attaque contre la CGT. »

    La décision sera rendue le 1er juin prochain.

    ILS DÉFENDENT L’ACTION SYNDICALE

    Romane Massip Adjointe PCF à la mairie des 1-7

    « Le capital est en crise. La CGT déplore 500 plans de suppression de poste dans l’industrie. Et ils souhaitent mettre à terre les travailleurs. Ce procès en est un exemple de plus. C’est un dossier de longue date avec des ré-accusations en chaîne d’abord parce que Pascal Galéoté est secrétaire de la CGT du Port. »

    Didace Galéoté USR CGT 13

    « Les syndicalistes, ici présents, viennent du Havre, de Dunkerque, et de Calais. Toutes les professions portuaires se sont mobilisées pour le soutenir. Le patronat n’a jamais supporté que les travailleurs s’unissent. Il tente aujourd’hui de briser les derniers maillons qu’il reste pour défendre la classe ouvrière. C’est un procès politique qui vise à évincer ceux qui gênent. »

    Eddy Bartolini, CGT GPMM

    « Ce procès fait suite aux accusations d’une plainte déposée par Force ouvrière en 2017, un syndicat moins représenté, qui nourrit une certaine rancœur envers nous. Nous sommes majoritaires dans les institutions et les commissions, ce qui les dérange. Ils tentent, par conséquent, de déstabiliser notre syndicat à travers un procès, même symbolique, c’est un peu extrême. »

    Véronique Dolot, CGT Métropole

    « Nous possédons des outils puissants, nous sommes présents forts et déterminés. Ils tremblent, et c’est ce qui fait notre force. Plus ils avanceront, plus la colère montera. Nous sommes les derniers debout. Les derniers qui ne cesseront de se battre pour l’ensemble de la classe ouvrière, les précaires, et les retraités sans jamais se satisfaire d’un simple compromis. »

    Virginie Akliouat, FSU

    « Ce n’est pas la première fois que nous sommes attaqués pour notre rôle de contre-pouvoir. Ces pratiques se multiplient, on le constate aussi au niveau des mouvements lycéens et la répression récurrente des forces de l’ordre sur les jeunes militants. Le pouvoir en place étouffe les voix des salariés et affaiblit celles des plus jeunes, afin de fragiliser les consciences politiques. »

    Maoudj Bader, SAP-CGT

    « Ces accusations sont diffamatoires. Le port est notre emblème, les portuaires nous ont toujours accompagnés, notamment lors d’agressions et de meurtres dans notre branche.

    Ils nous ont permis d’acquérir davantage de droits, d’augmentations financières et parfois même pour certains de retrouver leur travail. »

    Marie-Jo Cermolacce, PCF

    « Les syndicalistes comme Pascal Galéoté, ont permis pendant 20 ans, de soutenir l’industrie, et les acteurs du grand port. Ensemble, nous avons défendu les salariés, et nous sommes battus contre les trafics illicites. La CGT est la seule organisation qui se bat contre le libéralisme à outrance sur le port. Ce n’est pas pour rien qu’elle est aujourd’hui attaquée par le patronat. »

    Rémy Hours, CGT Cheminots

    « L’action que la justice entreprend est une criminalisation de l’action syndicale. Ce n’est pas un acte isolé. On constate ces mêmes méthodes de partout sur le territoire. Il est le quatrième haut responsable de notre organisation traîné devant les tribunaux pour des motifs fallacieux. Leur objectif est de discréditer l’organisation syndicale dans les consciences collectives.»

    Nathalie Tessier, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Je suis venue en soutien de notre camarade qui est mis en accusation et soutenir la CGT. Ce procès est injuste, Pascal Galéoté subit cet acharnement car c’est un grand représentant d’un grand syndicat. La CGT du port est une organisation puissante qui défend le droit du travail et la classe ouvrière de Marseille. »

    Jean-Michel Roccasalva, CGT Centrale de Gardanne

    « Nous réclamons l’absence de condamnation, même symbolique, ainsi qu’une clôture définitive du dossier. Ces actes prouvent malgré tout que nos démarches dérangent, une motivation suffisante pour ne pas lâcher, redoubler d’efforts, notamment dans le département. »

    Marc Pietrosino, secrétaire général UD CGT 13

    « Le gouvernement tente d’éliminer la CGT du Port car c’est un lieu où les salariés ont des droits qu’ils ont acquis par la lutte. Aujourd’hui des accusations totalement fallacieuses sont prises à charge contre le premier dirigeant du syndicat du Port de Marseille. S’en prendre à nos camarades, c’est attenter à un bastion ouvrier, qui a toujours su résister. »

    Thierry Camusso, CGT Filpac La Provence

    « L’avenir s’annonce compliqué avec le RN aux portes du pouvoir. En tant que syndicat nous avons besoin de ces élans de solidarité. Certains canards dénoncent Pascal Galéoté pour des affaires qui n’ont pas encore été jugées, notamment sur des détournements de fonds du CSE, ces accusations ne respectent pas la présomption d’innocence. »

  • [Pour que vive La Marseillaise] Défendez votre journal

    [Pour que vive La Marseillaise] Défendez votre journal

    « La Marseillaise » maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006), de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie.

    Associatif et syndicats nous soutiennent

    Association des Amis de La Marseillaise

    Le journal « La Marseillaise » est attaqué, défendons-le !

    Après des menaces de mort contre son président Léo Purguette, le journal est traîné en justice par ceux qui s’inspirent des idées du Rassemblement national (les mêmes que nous avons combattus durant les heures sombres de l’histoire du pays).

    C’est tout simplement la démocratie qui est attaquée. Le titre La Marseillaise est né pendant l’occupation nazie et a toujours porté le combat pour la paix, la liberté et la démocratie. C’est cela que les fascistes veulent faire tomber. Nous sommes de fervents partisans de la liberté d’expression du pluralisme de la presse pour que la liberté puisse vivre. Nous créons ce comité de soutien et appelons toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de démocratie à manifester leur soutien au journal La Marseillaise et à la liberté de la presse en participant à la souscription et en étant présents devant le palais de justice ce mardi.

    UD CGT 13

    Solidarité avec « La Marseillaise »

    Après l’attaque en justice de La Marseillaise par le député d’extrême droite du Gard Alexandre Allegret-Pilot, pour diffamation, un procès aura lieu ce mardi 7 avril. Répondons à l’appel de La Marseillaise pour assurer sa défense et soyons présents à la mobilisation devant le tribunal avec toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie. L’UD CGT appelle toutes ses organisations à défendre La Marseillaise, journal de la Résistance, du monde du travail, indépendant des puissances d’argent. Rendez-vous ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006),. Soyons nombreux et visibles !

    FSU 13

    Soutien à « La Marseillaise »

    Le journal La Marseillaise et son directeur éditorial, Léo Purguette, sont attaqués en justice par un député d’extrême droite du Gard pour des écrits que le journal maintient. La FSU 13 dénonce cette procédure bâillon et apporte son plein et total soutien au journal La Marseillaise, porte-voix des salarié.es et de leurs revendications et rare journal indépendant des puissances financières. La FSU 13 appelle à la solidarité et à se joindre au rassemblement qui aura lieu ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006).

  • Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Amine Ganzoui a soufflé ses 18 bougies en avril 2025. Arrivé huit ans plus tôt en France depuis la Tunisie, et désormais majeur, il a déposé une demande de titre de séjour et a reçu son récépissé en juillet 2025. Ce document provisoire lui permet de séjourner régulièrement en France durant l’examen de son dossier. « J’étais heureux de me dire que j’allais enfin pouvoir vivre comme les autres et commencer des études », raconte Amine, qui envisage une licence de droit après son bac au lycée Montgrand (1er).

    Mais les choses ne se passent pas comme prévu : la demande est rejetée, et il reçoit le 7 août 2025 une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette mesure administrative, délivrée par la préfecture, l’informe qu’il a désormais trente jours pour quitter le territoire avant d’en être expulsé. Le motif ? Selon l’arrêté, « l’intéressé, célibataire et sans enfant, ne justifie pas l’ancienneté et les liens familiaux » dont il devrait se prévaloir pour justifier la délivrance du titre de séjour. « Comment imaginer m’en aller en un mois alors que toute ma vie est ici ? », interroge Amine. Ses amis, à ses côtés, hochent la tête : « On était choqués, on ne comprend pas comment c’est possible, c’est tellement injuste. »

    Un comité de soutien pour sa régularisation

    Dans la salle des professeurs du lycée Montgrand, des enseignants et des élèves se sont réunis ce mercredi 18 mars pour organiser le comité de soutien pour Amine. Une pétition et un communiqué, appuyés par le Réseau éducation sans frontières (RESF), circulent. Le texte raconte comment Amine est arrivé en France « fin août 2018 » car « ses parents, gravement malades », ont décidé de le « confier à sa sœur qui réside en France dans l’espoir d’une vie meilleure ». Depuis, ses camarades et ses professeurs témoignent de son « parcours exemplaire ». Impliqué dans le dispositif Télémaque, Amine a également pu bénéficier de « soutien scolaire et de sorties culturelles ».

    Autant de preuves de « sa bonne intégration », qui rendent le refus de la préfecture de lui accorder le titre de séjour « incompréhensible » pour la sœur d’Amine, Nouha Hamlet. « Depuis qu’il a appris pour l’OQTF, il vit dans la peur quotidienne de l’expulsion et ça a des conséquences, à la fois physiques et psychiques, sur lui », témoigne-t-elle. Inquiète, elle a informé les enseignants du lycée Montgrand de la situation du lycéen au début de l’année scolaire. Ses professeurs et ses amis ont alors décidé d’organiser un comité de soutien pour « mettre en œuvre tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’Amine Ganzoui puisse rester ici, chez lui, et être régularisé ».

    Amine, sa sœur et son avocat ont déposé un recours contre la décision, qui sera jugé le 26 mars prochain au tribunal administratif de Marseille.

  • En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    Sauver Marseille. Un nouveau slogan pour sauver une campagne. Distancé dans les derniers sondages par le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, et Franck Allisio, le candidat (RN) de l’extrême droite, Martine Vassal est à la relance. Partie en campagne le 13 septembre sous le slogan « Marseille, je t’aime », la candidate de la droite, a voulu changer de braquet avec le lancement de son comité de soutien.

    « ça fait chaud au cœur », concède-t-elle en prenant la parole pour conclure la soirée. « C’est vrai que c’est dur, j’en prends plein la figure », poursuit-elle en reprenant les mots de Renaud Muselier, le président de son comité soutien « mais je ne vais rien lâcher ». Près de 600 personnes s’étaient inscrites pour ce rendez-vous dans une brasserie de l’Escale Borély (8e). Un peu moins de la moitié était présente. Parmi eux des élus, un certain Yvon Berland, aussi, candidat macroniste qui avait contribué à sa défaite en 2020, ou Titi le boss, ce supporter de l’OM rendu célèbre pour « gratter » les maillots des joueurs à la sortie de la Commanderie.

    « Madame courage »

    à la tribune, quelques membres de son comité qui réunit presque 6 000 personnes, viennent expliciter leur engagement. Il sera beaucoup question de sécurité. Sans surprise. Christine Frontera, commandante de police honoraire, estime que Martine Vassal « a la volonté, le courage et la lucidité nécessaires pour affronter ce défi majeur ». Elle apprécie « l’idée novatrice » de création un hôtel des polices à la Caserne du Muy.

    « Marseille a besoin de constance, d’une autorité qui soit juste, protège et rassure », enchaîne Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille Provence. André Bendano, ex-président de la chambre régionale des métiers et de l’artisanat, s’engage par « sens du devoir » et par « refus du déclin de la ville ». Il cède le micro à Djihane Dib, d’une Génération pour Marseille. Elle, se bat pour une « ville plus accueillante, plus sûre, plus verte », où « sortir le soir ne doit être plus être un sujet ». N’y voir aucun lien avec la fermeture du métro à 21h30, même si elle salue la proposition de gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Toute la droite locale qui honnit la gratuité applaudit.

    Invité surprise, le président du club de football de Vivaux Sauvagère, Omar Keddadouche, n’a pas écrit de discours. Il enchaîne les punchlines : « Personne n’a le monopole du cœur et des quartiers », « Je veux travailler pour le peuple », « Mon sang est bleu et blanc », « Martine tu vas gagner car on n’a pas besoin d’amateur mais de gens qui ont fait leurs preuves ».

    C’est finalement Renaud Muselier qui sortira les gants pour boxer les autres candidats, persuadé que « les choses ne se passeront pas comme annoncé » à « Marseille, reine des batailles ». Comprendre un duel entre Allisio, le « candidat à l’étiquette porteuse » qui a « fui à Vitrolles » et Benoît Payan. à l’entrée du « money-time », il invite la salle à ne pas croire aux sondages. Après avoir singé Nora Preziosi, dansant autour du candidat Erwan Davoux de manière « téléguidée », le président (Ren.) de la Région tape sur le maire sortant.

    Les JO 2024 et la coupe du monde de rugby, « c’est moi », et le Pape, c’est Gaudin… La gauche c’est les budgets retoqués en justice, le fiasco d’une adjointe à l’urbanisme qui ne « sortait pas un permis », l’affaire de l’ex-maire (PM) des 6-8 « sorti manu militari de la mairie pour avoir fait des cochonneries ». Après avoir évoqué le cas Hammou, il finit par convoquer « les héritiers de Guérini »… « Martine, c’est Madame courage. Il faut l’applaudir. On la défendra. Cette campagne est difficile, elle va être extrêmement violente. » On veut bien le croire.

    « ça fait chaud au cœur…
    C’est vrai que c’est dur,
    j’en prends plein la figure
    mais je ne vais rien lâcher »

  • Thierry Zaveroni, soutien de Martine Vassal à Marseille

    Thierry Zaveroni, soutien de Martine Vassal à Marseille

    Son comité de soutien sera présenté jeudi, mais depuis lundi, Martine Vassal dévoile les personnalités l’ayant rejoint dans sa campagne. Après Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Provence, la candidate (DVD) aux municipales a annoncé, mardi, le ralliement de Thierry Zaveroni. Un ancien cadre du bataillon de marins-pompiers de Marseille, connu pour être le Grand maître de la Grande loge de France, une des principales obédiences maçonniques du pays.

    « Thierry est un homme d’expérience qui connaît parfaitement les rouages de l’administration municipale et veut apporter sa pierre à l’édifice », souligne Martine Vassal, qui souhaite structurer une équipe capable de « préparer un avenir » pour Marseille, sans préjuger du rôle que chacun jouera. « On est en train de fédérer, pas de distribuer des places », insiste-t-elle.

    Thierry Zaveroni revendique un attachement profond à Marseille. Né à Lille en 1961 de parents corses et basques, il y arrive à l’âge de 2 ans et grandit au Panier. Son parcours professionnel s’inscrit au sein du bataillon, où il sert durant quatre décennies « au contact et au service de la population ». Après cette carrière militaire, il s’engage de nouveau au service de la collectivité comme « logisticien » lors de la crise sanitaire du Covid. Il participe à la mise en place et la gestion des grands centres de vaccination « avec toujours cette attention aux autres ».

    Tenu à une réserve par son statut militaire, il voit dans cette campagne l’occasion de s’engager enfin publiquement, évoquant sa proximité avec les projets portés par Martine Vassal. Il salue sa capacité « à parler à tout le monde », à fédérer le monde économique, associatif, culturel et sportif, et une expérience politique décisive pour Marseille, selon lui.

    « Ces femmes et ces hommes de passage »

    Sur le fond, Thierry Zaveroni met en avant des valeurs républicaines et liées à son parcours militaire : honneur, patrie, valeur, discipline, liberté, égalité, fraternité et laïcité. « Je suis très attentif à tout ce qui sépare », affirme-t-il, parlant emploi, écoles, sécurité, transports, culture, écologie. Un discours centré sur le vivre ensemble et une attention particulière pour les quartiers populaires dénotent avec la campagne de droite.

    Interrogé sur son engagement maçonnique où ses prises de position pour une ouverture ont suscité le débat, lui récuse tout prosélytisme et affirme une démarche personnelle qui lui a permis de « se construire » avec « une fibre particulière pour l’humain, l’engagement et la réussite ». « Ce qu’il nous faut, c’est redonner ses lettres de noblesse d’antan à cette ville », conclut Thierry Zaveroni. « Il faut être respectueux de toutes celles et ceux qui, depuis 2 600 ans, lui ont permis d’être ce qu’elle est, ce port avec ces femmes et ces hommes de passage qui l’ont construit et lui ont donné une identité particulière.»