Tag: Collectif citoyen

  • 2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    Une vague arc-en-ciel a déferlé dans les rues de Toulon samedi après-midi, à l’occasion de la 7e édition de la Marche des fiertés. Près de 2 000 personnes se sont offert un shot de couleur et de bonheur qui a largement dépassé les frontières du cortège. Le point d’orgue d’une après-midi festive et militante, débutée dès 13h place d’Armes, où était installé le Village des fiertés, animé par des associations LGBTQIA+. De quoi faire monter la température avant le départ de la Marche vers 17h.

    Chacun avait une bonne raison d’être là

    Cette année, le mot d’ordre de la Quinzaine des fiertés était « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». Un slogan qui fait écho « aux lois votées sans être appliquées et aux discriminations subies par les personnes LGBT », explique Bruno Savian, président du collectif Fiertés Toulon. Chacun en a fait sien et a su trouver sa place en ce moment de communion, à l’image de Johanna, venue, avec sa fille de 10 ans, soutenir son fils, Tony, dans son parcours de transition : « Trop peu de parents le font », déplore-t-elle.

    Pour Élodie, c’était une première : « Je me suis renseignée sur l’événement et le contexte m’a beaucoup plu. » Et l’occasion d’inculquer à son petit garçon « qu’on est tous égaux, peu importe qui on est ». Stéphane et Yann, tous deux Seynois, sont des habitués. Dans une ville où le RN gagne du terrain, « il faut se faire entendre, à Perpignan aussi, par exemple, et dans toute la France ». Et ne plus avoir peur d’être soi : « Sortez du placard ! », s’exclame Yann. « Aujourd’hui, il y a des familles, des personnes handicapées… Cette Marche montre aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont représentés. »

    Eva, elle, tient à rendre hommage « aux personnes qui sont mortes pour nos droits, pour pouvoir s’aimer ». Pour la jeune femme, il n’y a qu’un moyen de le faire : « Aimez-vous et ne le cachez pas. » Un message simple, pour une idée nécessaire.

  • Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Les dernières annonces de la Solideo et de la mairie de Briançon ne semblent pas avoir dissipé les inquiétudes, au contraire. Point de cristallisation de cette colère : le projet qui consiste en l’acquisition par la Ville du Fort-des-Têtes, une fortification Vauban du XVIIIe siècle propriété inoccupée de l’armée, pour la somme de 250 000 euros. Le site doit être ensuite revendu à la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques, qui, après réhabilitation, revendra in fine les bâtiments à des investisseurs privés afin d’en faire des logements en copropriété.

    Un « deal scandaleux », selon Stéphane Faure-Brac, fondateur du collectif local d’alerte sur les Jo 2030 (Caojop) : « Ce que personne ne dit c’est qu’un monument comme celui-là, fait l’objet d’une loi spéciale monument historique, quiconque investit sur le Fort peut défiscaliser énormément. » Pour lui, le projet n’apportera pas une solution de logement pour les Briançonnais, sur un territoire où le logement est rare et très onéreux, mais va plutôt profiter à des acteurs à hauts revenus qui réaliseront des projets immobiliers en défiscalisant leurs investissements.

    La crainte de surcoûts pour le contribuable

    Autre sujet de discorde : les 4,5 km de remparts, actuellement entretenus par l’armée, qui resteront la charge de la municipalité. « Nous, les Briançonnais, on hérite d’un bien inestimable, classé à l’Unesco, et derrière c’est la Solideo tout de suite qui le rachète au même prix, pour être revendu aux promoteurs privés. On appelle ça une captation d’héritage. Plein d’argent public va contribuer à l’entretenir mais on le refile à quelqu’un d’autre qui va faire de l’argent avec ! », dénonce-t-il.

    D’autant que le collectif soupçonne également la Solideo et la Région Paca de sous-estimer le coût de l’opération de réhabilitation du Fort des Têtes et de l’usine de la Schappe. « La réhabilitation du Fort, des remparts et toute la viabilisation nécessaire, puisqu’il n’y a pas de route, d’électricité, d’égouts ou d’eau, plus l’ascenseur valléen, tout ça devait coûter à l’origine 300 millions environ. Là, dans les médias, on nous annonce une réhabilitation à 133 millions, affirme Stéphane Faure-Brac. On redoute qu’il y ait des surcoûts colossaux pour les collectivités. »

    De son côté, au dernier conseil municipal, le maire Arnaud Murgia avait tenu à rassurer quant au bien-fondé du projet, rappelant notamment que le fait d’imposer une part importante de logement en accession sociale serait « une ligne de force », sur laquelle il ne dérogerait pas. En réponse aux critiques sur l’entretien des remparts par la Ville, il avait rappelé que c’était déjà le cas « pour la totalité des autres fortifications sur la commune depuis vingt ans sans que ça n’inquiète personne ». Cela n’a visiblement pas suffi à rassurer les opposants déclarés aux JO 2030.

  • Gaby Charroux défend le bouclier martégal, menacé par le RN

    Gaby Charroux défend le bouclier martégal, menacé par le RN

    C’est un Gaby Charroux mobilisateur qui a tenu son dernier meeting ce jeudi soir. Le maire sortant (PCF), qui brigue un quatrième mandat, fait l’unanimité chez ses sympathisants, venus remplir le gymnase des Salins à 72 heures du second tour.

    Mais il a surtout réussi à « rassembler tout le camp du progrès dans l’intérêt de Martigues », souligne la sénatrice des Bouches-du-Rhône Marie-Arlette Carlotti, venue « apporter le soutien de ma famille politique, le parti socialiste » à cette équipe renouvelée à 50%. Son collègue de la chambre haute du Parlement Guy Benarroche (les Écologistes) a également tenu à apporter sa force à Gaby Charroux, appelant les électeurs à « se déplacer pour défendre ces valeurs de justice sociale, ces valeurs de démocratie, cette transition écologique ».

    Au-delà de la sphère politique départementale, le député François Ruffin (Debout !) adresse également un message aux Martégales et aux Martégaux, les invitant à voter pour la liste de l’édile sortant « pour qu’il puisse s’occuper au mieux de la République du quotidien, qui s’occupe des cantines du périscolaire, des cimetières, des transports, de la vie ordinaire ». « Pour ça, il faut des gens qui soient soucieux des gens plutôt que de l’argent », affirme l’élu. L’ancienne insoumise Clémentine Autain aussi, appelle à la mobilisation, pour que « l’égalité soit au rendez-vous des politiques municipales ».

    La « supercherie du RN » dénoncée

    Sans compter l’antenne locale du Collectif solidarité Palestine ou encore l’Union locale CGT de Martigues. Son secrétaire général Daniel Bretonès rappelle : « Martigues n’est pas une ville neutre. Martigues est une ville ouvrière marquée par les luttes, construite par des générations de travailleuses et de travailleurs de l’industrie, de l’énergie, du port, de la pétrochimie, des services publics, du commerce. Une ville où le rouge n’est pas une couleur abstraite. C’est le rouge de la résistance, de celles et ceux qui ont refusé la soumission qui ont combattu le fascisme. (…) Ce rouge-là, camarades, nous oblige à prendre nos responsabilités. »

    Car si Gaby Charroux est arrivé en pole position à l’issue du premier tour, avec 35,71% des suffrages, le RN poursuit sa progression avec la candidature d’Emmanuel Fouquart, qui a obtenu 28% des voix après avoir raflé la députation à Pierre Dharréville en juillet 2024 (52,87% au second tour). « À Martigues, comme partout en France, l’extrême droite progresse en s’appuyant sur une détresse sociale qu’elle n’a pourtant jamais combattue », dénonce le syndicaliste.

    À propos de son adversaire, le candidat d’union de la gauche assène : « Voilà un député RN élu ici dont la première décision, est de tourner le dos aux Martégales et aux Martégaux [Emmanuel Fouquart avait préféré son mandat régional à son mandat municipal, Ndlr.]. Sur la rénovation de l’hôpital, dont nous avons tant besoin et que j’ai porté avec force et conviction, rien. Sur la sécurité, rien non plus. Et à l’Assemblée nationale, il vote contre les communes et fait perdre à la Ville 6 millions d’euros. » Mercredi 14 janvier, le RN a voté un amendement visant à amputer de près de 5 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement aux collectivités.

    Venu lui aussi apporter son soutien à Gaby Charroux, le sénateur communiste Jérémy Bacchi pointe l’enjeu du scrutin de dimanche : « Martigues fait office d’exemple dans sa gestion des services publics, dans l’accès à la culture, au sport, à la santé, dans la défense des travailleuses, des travailleurs, de l’environnement et de notre industrie. Vous avez une chance historique, il ne faut pas la gâcher. Je salue le courage de Gaby Charroux de son équipe de n’avoir jamais cédé aux sirènes de l’austérité. »

    Jean-François Mauffrey, conseiller municipal délégué à l’industrie et à l’environnement lors du précédent mandat et colistier du maire sortant, affirme non sans émotion : « Cette ville elle m’a créé. (…) J’ai bénéficié de l’école, du conservatoire gratuit, des différents types de clubs, de l’athlétisme, de la gym et finalement du club de volley. (…) J’ai aussi grâce à l’intergénérationnel. (…) Il nous faut continuer de défendre ce modèle martégal qui a fait le choix d’investir dans le bonheur et la vie des gens et qui propose des activités diverses à tous les âges. »

    Pour parvenir à le préserver, l’équipe d’union de la gauche tend la main « à tous ceux et celles qui ne se sont pas exprimés dimanche dernier », assure le co-listier Pierre Dharréville, alors que le taux d’abstention a atteint 42,4% lors du premier tour, mais aussi « à celles et ceux qui ont fait un autre choix au premier tour, qui ont voté par exemple pour le Collectif citoyen martégal ». L’appel est passé.

  • À Briançon, la liste de gauche croit en ses chances

    À Briançon, la liste de gauche croit en ses chances

    « On a espoir. Les électeurs ont montré qu’il y a une volonté de changement », affirme Luc Marchello, tête de liste de Briançon Territoire Vivant, aux côtés de Stéphane Régnier, Capucine Mounal et Vincent Virat. Il apparaît volontiers confiant pour dimanche. Selon lui, sa liste de gauche incarnée collectivement et constituée uniquement de citoyens peut l’emporter. Il voit dans les résultats du premier tout de sérieuses raisons d’espérer.

    Une autre gouvernance

    « Déjà, il y a eu beaucoup d’abstention, donc il reste des gens à convaincre. Et on appelle aussi les électeurs de Monsieur Nussbaum, s’ils veulent un changement à la mairie, à voter pour nous », explique Luc Marchello. Pour lui, le fait que deux listes d’opposition soient qualifiées au second tour constitue un signal clair : « À l’issue de ce résultat, il y a une direction donnée par les Briançonnais : 57% d’entre eux ne sont pas d’accord avec Monsieur Murgia. Il y a une demande pour une autre gouvernance. »

    Il évoque un mécontentement vis-à-vis de la gestion municipale actuelle, selon lui renforcé par l’organisation des JO d’hiver. « Les Jeux n’ont pas été expliqués aux Briançonnais, tout a été imposé », déplore Luc Marchello, qui pointe des décisions comme la construction du village olympique au Fort des Têtes : « Un projet qui pose beaucoup de problèmes environnementaux, qui va coûter très cher et permettre peu de réutilisations, alors qu’on a déjà une ville très endettée. »

    Si Luc Marchello estime avoir de bonnes raisons d’y croire, reste à savoir si les voix obtenues par Richard Nussbaum (22%) se reporteront sur sa liste, alors que ce dernier a confirmé se maintenir au second tour.

  • Le collectif citoyen martégal fait le pari d’une autre politique

    Le collectif citoyen martégal fait le pari d’une autre politique

    Le collectif citoyen martégal porte un « projet global ». « Ça fait un an et demi qu’on travaille avec les habitants », commence Barbara Brouchos, en deuxième position sur la liste issue d’un long travail d’auto-ordonnancement mené avec l’aide de la coopérative Fréquence Commune, qui a développé des outils et des formations pour accompagner l’émergence de ces listes citoyennes et participatives à travers le pays.

    Douze priorités ont été identifiées, au premier rang desquelles « décider ensemble ». Emmenée par Frédéric Grimaud, conseiller municipal (LFI) de la majorité jusqu’en 2022 avant de démissionner, l’équipe veut mettre en place des conventions citoyennes avec un principe de tirage au sort. Pour le moment, deux thématiques ont été identifiées : la pauvreté et la mobilité. Cette dernière est « une compétence métropolitaine mais on veut impliquer les citoyens dans la vie de la Métropole, car cet empilement administratif éloigne les habitants des décisions », explique Barbara Brouchos.

    Le collectif citoyen martégal souhaite aussi « renforcer les conseils de quartier » avec des budgets participatifs pour qu’ils ne soient « pas seulement consultatifs ». Frédéric Grimaud appuie : « On mise sur la démocratie car c’est le véritable rempart contre l’extrême droite. »

  • Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Un dispositif de nettoyage et de collecte cher et inefficace… Les résultats du « plus grand baromètre citoyen jamais réalisé sur la propreté et les déchets à Marseille » dévoilés ce mardi 17 février par le collectif Basta sont finalement peu surprenants. Sur les 3 743 personnes qui ont répondu aux 48 questions, 79% trouvent la ville « très sale », 70% ne supportent plus les crottes de chiens, 40% ne connaissent pas les jours de passage de la collecte et 60% jugent « très prioritaire » de sanctionner les professionnels qui ne respectent pas les règles.

    Se basant sur les données de la Métropole, le collectif a établi que la quantité de déchets par habitant et par an est supérieure à la moyenne régionale, avec 342 kg contre 285, que le tri est à la traîne avec 38 kg d’emballages triés par an et par habitant à Marseille contre une moyenne régionale de 57 kg. Le tout pour un coût qui explose, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères se montant à 245 euros par habitant et par an contre 140 au national, Marseille restant la ville la plus taxée de la Métropole. Face à ces piètres performances, « nous, collectif apartisan mais politique, au service des Marseillaises et des Marseillais, voulons mettre fin à une mauvaise gestion », explique Félix de Monts, de Basta.

    Pression citoyenne

    Après cette étude, un pacte pour Marseille propre, 5 chapitres pour 25 propositions, sera soumis aux candidats. Parmi elles, qu’un élu marseillais soit responsable de la propreté, de la collecte des déchets et des aménagements de voirie nécessaires, la mise en place d’un comité citoyen trimestriel avec une déclinaison par secteur. Et enfin l’organisation d’états généraux.

    « Je signe moi », s’emballe le candidat insoumis, Sébastien Delogu, quand Sébastien Barles, allié de LFI avec son collectif Vaï, se demande comment le pacte peut être opposable. « Moi aussi je signe », embraye Erwan Davoux, de « Marseille pour Tous » pour qui « on ne pourra pas avancer tant que le problème de gouvernance [entre Métropole et Ville] n’est pas résolu. » Une des représentantes du Printemps marseillais constate, elle, que plus de 90% des propositions sont raccord avec les celles de Benoît Payan tandis que du côté de Christophe Madrolle (Union des centristes et écologistes), candidat sur la liste de Martine Vassal (DVD), actuelle présidente de la Métropole, on joue la prudence. « On va le signer ce pacte », promet-il émettant des réserves sur un baromètre dont le collectif a convenu dans ses biais qu’il n’était pas représentatif de tous les Marseillais, avec une surreprésentation des habitants des 5e, 6e et 7e arrondissements au détriment des 13e, 14e et 15e, faute de ressources. « Il faut voir qui compose le futur comité car une résidence dans le 14e et le 8e, c’est pas pareil. Et plus de cantonniers c’est bien mais il faut revaloriser leur statut aussi », nuance-t-il.

    « Nous ne sommes pas candidats, nous voulons faire signer les gens et suivre les indicateurs. On sera là pour vérifier ce qui a été mis en place », martèle Félix de Monts. Le collectif n’excluant pas en dernier recours, de passer par la justice pour se faire entendre.

  • Julien Toulgoat dans la course à Solliès-Toucas

    Julien Toulgoat dans la course à Solliès-Toucas

    Il ne voulait pas laisser le champ libre à son ex-partenaire politique. Colistier de Jérémie Fabre (SE) en 2020, Julien Toulgoat, encarté Place publique, présente sa propre liste – Toucas Com’1, collectif citoyen sans étiquette, « car on est de divers courants, certains ne nous rejoignant que par amour du village », précise-t-il –, après avoir quitté la majorité en 2021, lors des élections départementales, auxquelles il s’est présenté avec une étiquette Écologiste. « Je voulais poursuivre le projet de 2020 : amener de la jeunesse, une autre vision de la politique. J’en ai parlé au maire, ça a été la furie. Il a refusé ma candidature contre le conseiller départemental sortant, au prétexte qu’on perdrait toute subvention de la communauté de communes et du département », détaille ce militant anti-discrimination de 41 ans.

    Un « mal-être » illustré par « le turnover des agents »

    Le conseiller municipal se lance ainsi « pour la démocratie, car on doit laisser aux citoyens le choix entre plusieurs visions. Je n’ai plus du tout la même que le groupe majoritaire », justifie-t-il. Il demeure en effet le seul à se présenter face au maire sortant. « Nous ne voulons pas laisser faire ce qui se fait actuellement, explique Julien Toulgoat. Nous œuvrons pour le vivre-ensemble, l’écoute, et surtout garder notre âme de village, amenée à disparaître avec certains projets. »

    Le candidat pointe « un mal-être grandissant » au sein de la commune, notamment marqué par « le grand turnover des agents municipaux. Dans le privé, il y aurait des remaniements pour stopper l’hémorragie ». En réponse, Toucas’1 défend quatre axes : la défense du service public, la participation citoyenne, l’amélioration du quotidien, mais aussi des commodités. Un projet construit à travers des « échanges avec les Toucassins ».

  • À Miramas, une liste citoyenne est soutenue par LFI et les Écologistes

    À Miramas, une liste citoyenne est soutenue par LFI et les Écologistes

    Une quatrième liste se lance dans la bataille des municipales à Miramas. « Ça parait un peu en retard, mais ça fait un an qu’on y travaille », assure Errol Ferrer, qui vient d’être désigné chef de file de la liste « Ensemble pour demain ». « Elle n’est pas issue d’un parti, mais d’un collectif citoyen d’une centaine de personnes qui a planché sur des axes programmatiques », explique le conseiller municipal d’opposition qui s’était présenté en 2020 sous la liste citoyenne « Miramas avec vous », récoltant 11,33% des suffrages.

    Parmi les priorités, la démocratie participative figure en bonne place. Le candidat souhaite notamment une refonte totale des conseils de quartiers en mettant en place « des représentants élus par les habitants avec un vrai pouvoir de décision et d’action et un vrai budget participatif ». Côté qualité de vie, la liste propose un moratoire sur l’artificialisation des sols, l’élaboration d’un plan de dynamisation et une ré-organisation du centre-ville pour profiter de la rénovation de la gare SNCF, qui a l’objectif d’accueillir 1,5 million de voyageurs d’ici 2030 contre 800 000 actuellement. Le programme sera présenté dans son entier lors d’une réunion publique le 20 février à la salle Colomb, en présence du député Manuel Bompard et de Caroline Ville, la France insoumise et les Écologistes ayant annoncé soutenir la liste citoyenne. « Le PS et le PCF [qui soutiennent le maire sortant DVG Frédéric Vigouroux, Ndlr] ne nous ont pas répondu », regrette Errol Ferrer.

  • L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    Il faudrait parfois « tuer le père », selon la théorie freudienne, ou quand la psychanalyse trouve un écho en politique. C’est en tout cas ce que laisse symboliquement entendre, ce jeudi, l’ancienne adjointe Anne-Marie Sudry, lorsqu’elle affirme que « quand on ne se reconnaît plus dans la façon de faire, il faut s’en aller ».

    L’ancienne adjointe de Gaby Charroux (PCF), adhérente de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), « femme de gauche » et psychanalyste de métier, l’affirme : « Comme mes patients, une majorité doit se demander : “qu’est‑ce que je fais et qu’est‑ce qui m’arrive ?” Quand on voit la défaite lors des législatives, c’est gravissime, et il faut en tirer des conséquences », juge la candidate. Elle précise : « On va me dire que le RN est en face, mais ça ne me convient pas. J’ai le sentiment qu’au niveau local, on peut infléchir la tendance en écoutant la colère et les questions de la population. »

    Un programme à préciser

    La réflexion rejoint en partie celle du Collectif citoyen martégal, emmené par Frédéric Grimaud (LFI). « Si on n’y a pas adhéré, c’est parce qu’il y a des points qui ne conviennent pas », remarque Anne-Marie Sudry, qui était présente lors de la déclaration de candidature du représentant insoumis et de ses colistiers.

    Pour ce qui est du programme et de l’agenda politique, ils restent à préciser : « ça va venir. Pour l’instant, on n’en parle pas ». Elle se présente sans étiquette, estimant que « la ville n’a pas besoin de démonstration ».

  • [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    La Marseillaise : Mad Mars est né en 2018 en réaction à un système municipal verrouillé. Huit ans après, que reste-t-il de la promesse ?

    Olivia Fortin : En juin 2018 lorsqu’on crée Mad Mars, on est animé par une colère contre l’état de la ville, et l’espoir de faire les choses autrement. On savait qu’il y avait plein de compétences au sein des partis de gauche et écologistes, des acteurs associatifs et syndicaux, et ont avait deux mantras encore d’actualité : « S’unir ou subir » parce que la ville était alors donnée à la droite et qu’on se devait d’initier ce large rassemblement qui a amené au Printemps marseillais, et « Soyons fous, croyons à la politique ».

    Éric Méry : Et on a un bilan politique avec plus d’une quinzaine d’élus de secteur, une maire de secteur, et cinq élus dans la majorité sur des délégations assez structurantes. Chacun a essayé dans le Printemps marseillais d’apporter ce qu’il cherchait à Mad Mars : travailler avec les habitants et mettre l’outil politique à leur service. Pierre Marie Ganozzi sur les écoles, par exemple, a toujours rencontré les associations de parents d’élèves, le corps enseignant…

    O.F. : J’ai été durant trois ans adjointe au maire, aux ressources humaines et au dialogue social pour redonner à notre administration sa pleine capacité d’agir, persuadée qu’il fallait commencer là. Aujourd’hui on reçoit 75 000 CV par an, on a restauré l’image d’employeur de la Ville, des gens de toute la France postulent pour participer au projet. C’est valorisant une fonction publique qui attire à nouveau. En tant que maire de secteur je suis désormais sur l’échelon de proximité qui est extraordinaire pour produire avec les habitants des politiques répondant à des besoins concrets. Nos élus de secteur contribuent à fabriquer de l’action publique avec cette conscience collective. On a réussi avec Benoît Payan et la majorité, on a vraiment ouvert les portes et les fenêtres de la Ville.

    Qu’est-ce qui distingue encore Mad Mars des partis traditionnels ?

    O.F. : Mad Mars n’est pas un parti politique au sens juridique. Ce qui nous rassemble, c’est Marseille, sa métropole. On a une palette très large de sensibilités de gauche, c’est l’image du Printemps marseillais dans sa composante citoyenne et c’est ce qui donne à Mad Mars une fonction de passerelle d’engagement vers la politique pour faire progresser la société de manière radicale. En 2020, quand notre collectif a atteint son objectif, il aurait pu exploser, ça arrive en général. Une partie d’entre nous a pris des responsabilités d’élu, au cabinet du maire, dans les services, pour transformer concrètement leur engagement. D’autres ne l’ont pas fait par choix ou parce que ça n’a pas été possible. Ça a créé des manières différentes de voir et on a mis du temps à retrouver un objectif commun et donner du sens à cet engagement citoyen.

    C’est l’objet du Bonheur intérieur brut que Mad Mars travaille ?

    O.F. : Si restaurer les conditions d’une vie digne doit être une priorité, nous considérons que chaque citoyen à le droit, en plus des services publics, de vivre dans des conditions satisfaisantes et propres à amener son bonheur. Cinq groupes de travail thématiques se réunissent depuis deux ans et demi pour élaborer les conditions du bonheur. Cela peut nous amener à porter un contre récit face à tout ce qui nous est proposé dans une société qui agite les peurs et les souffrances. Il en ressort deux choses : un indicateur pour mesurer si les Marseillais vivent bien et des propositions qui ont été faites au Printemps marseillais pour notre programme commun.

    La promesse de 2018 est tenue ?

    O.F. : On a des élus qui sont engagés, des citoyens qui agissent, réfléchissent, contribuent et trouvent une passerelle vers l’engagement politique. Donc oui, on continuer à croire à la politique.

    Il y a quand même des gens qui ont le sentiment que depuis 2020 ce n’est pas allé assez loin ?

    E.M. : Il faut qu’on soit honnêtes, quand on est arrivé, on n’était pas nombreux à avoir de l’expérience, il y avait une administration à réformer, et les finances de la Ville n’étaient pas florissantes, il a fallu résorber la dette, tout en continuant à investir. Quand aujourd’hui on préempte un lieu comme la résidence du Roy d’Espagne, c’est de l’investissement.

    O.F. : Aujourd’hui, inaugurer une école primaire par semaine, des parcs et des jardins, des commissariats, c’est le fruit de ce qu’on a semé. Mais le quotidien des Marseillais est géré dans une situation institutionnelle particulière. Quand on ouvre sa porte, on voit le travail de la Métropole : la propreté, les déchets, la voirie, les transports, le logement, le travail, l’attractivité, sont des compétences métropolitaines. Et en effet sur ces aspects, les Marseillais pourraient considérer que les choses n’ont pas assez changé. On est les premiers à le déplorer.

    Vous soutenez Benoît Payan, avec quelle marge de manœuvre ?

    O.F. : Le Printemps marseillais est un lieu de liberté. En tant qu’adjointe au maire, puis maire de secteur, j’ai eu toute la latitude de proposition et d’action. C’est dans ce cadre coopératif et de confiance au service des Marseillaises et des Marseillais qu’on entend continuer. On s’est créé une culture commune depuis 2018, on n’est pas un rassemblement électoraliste opportuniste. Nos priorités sont les mêmes que l’ensemble de la majorité municipale, sur les services publics, le logement, les écoles, les espaces verts, la fraternité.

    E.M. : Mad Mars, contrairement à d’autres collectifs citoyens qui se montent encore, a toujours misé sur la complémentarité et eu la volonté de travailler avec les partis. Ce fondamental est conforté en 2026, puisque le Printemps marseillais s’est élargi avec les écologistes, Place publique, Debout ! En 2020, on a fait tomber les drapeaux pour partir derrière celui du Printemps marseillais.

    En 2020, après la rue d’Aubagne, la droite était divisée, aujourd’hui, elle se présente unie, vous avez un bilan et face à vous LFI ?

    E.M. : Sur le bilan, on n’a peut-être pas tout fait et bien mais les gens qu’on rencontre ne nous reprochent pas de ne pas avoir mené une politique de gauche. Les logements sociaux, les places d’hébergement, les services publics, l’été marseillais, les activités et musées gratuits… ils en ont conscience.

    O.F. : Ce qui motive, c’est le projet qu’on va proposer, on se concentre dessus, on est en démocratie. Après on regarde, comme tout le monde, les sondages avec une extrême droite très haute, et une droite républicaine, si on peut dire, qui s’effondre. Ce n’est pas dans cette société que je veux habiter. Nous, on croit à ce qu’on fait, on est déterminé.

    « On s’est créé une culture commune depuis 2018.
    On n’est pas un rassemblement opportuniste »