Dès 13h samedi, le parking du Auchan des Paluds à Aubagne s’est fait envahir par un troupeau de 300 brebis et 300 agneaux venus, aux côtés de quelque 200 personnes, protester contre la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Maladie bovine responsable de l’abattage très contesté de 207 bêtes en Ariège, elle est depuis le 11 décembre au cœur d’une vive contestation agricole. Samedi, c’est dans une foule de drapeaux de la Confédération Paysanne, que militants et brebis se sont rendus jusqu’au rond-point de l’avenue des Caniers, où ils ont pendant plusieurs heures tenu un barrage filtrant pour « sensibiliser à la cause ». « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines…on marche sur la tête ».
Dans un ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Sur leurs pancartes, leurs revendications sont claires : « Abattre des troupeau = tuer nos éleveurs, déserter nos campagnes », « Pandémie du libre échange » ou encore « Mercosur, droit dans le mur ». Hélène Poullin, propriétaire des 600 bêtes qui se sont joints à la manifestation, est l’une des militantes les plus déterminées à faire entendre sa colère. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole-t-elle. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le sud ouest, ça m’a donné envie d’agir ».
La signature de l’accord UE-Mercosur, à l’origine prévue vendredi, a été repoussée à janvier. Le protocole sanitaire de lutte contre la DNC demeure, selon la réglementation française actuelle, l’abattage total des troupeaux où sont détectés des foyers, y compris les bêtes saines.








