Eurenco, Sepr ou encore Etex-Siniat, la zone du Pontet, Sorgues et Carpentras concentre de nombreuses industries lourdes, déjà sources de chaleurs lors de la fabrication de poudre d’armement, de verres et produits réfractaires ou de plaques de plâtre. Alors, quand la température extérieure grimpe fort, la situation au sein de l’usine peut rapidement devenir suffocante. « Il peut faire jusqu’à 50 degrés dans les ateliers », fait remonter Michel Solbès, membre du bureau de l’union locale CGT Sorgues-Carpentras, retraité mais qui a longtemps travaillé à Eurenco à l’époque où l’entreprise de Sorgues s’appelait SNPE (Société nationale de poudre et explosifs).
au travail organisées
Au sein de l’Union locale, tout au long de l’été et encore en cette rentrée, le syndicat a reçu de nombreuses remontées alarmantes face à la canicule. « Nous avons assisté dans nos entreprises à l’épuisement de beaucoup de salariés, à l’augmentation des risques d’accident, aux manques de mesures de prévention », dresse Sylvain Espenon, un des secrétaires de l’UD CGT Vaucluse et salarié chez Etex-Siniat. La CGT dénonce au mieux « des mesurettes » prises, au cas par cas, au bon vouloir des employeurs. « À la Sepr, on a obtenu des temps de pause à l’abri dans une salle climatisée pendant dix minutes, mais ce n’est pas pour autant que les objectifs de production ont été revus à la baisse », illustre Frédéric Petit.
Pour l’UL CGT Sorgues-Carpentras, « la canicule devient un enjeu syndical important, mais on doit en parler sans attendre qu’il fasse chaud ». Dans ces industries souvent en 3×8 heures où la production ne s’arrête jamais, « on peut imaginer des rotations de salariés plus nombreuses pour éviter de travailler 8 heures d’affilée », projette Frédéric Petit, racontant cet été être intervenu pour que la société d’élagage intervenant sur le site cesse de faire travailler ses salariés « en plein soleil à 14h ». « Il faut revoir les rythmes de travail, l’isolation des bâtiments », ajoute Sylvain Espenon.
Mais surtout, la CGT souhaite un cadre légal dans le Code du travail. « Il existe aujourd’hui une circulaire très floue qui ne contraint pas l’employeur, ce sujet d’une loi doit être mis dans la place publique et les programmes politiques des élections à venir », plaide Sylvain Espenon. En attendant, l’Union locale organise, à son siège de Sorgues, des permanences santé au travail une fois par mois le samedi matin.





