Tag: code de la route

  • À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    Ce n’est pas encore l’heure de la récréation dans la cour de l’école Jean-Jaurès de Martigues. Pourtant ce mardi après-midi, les élèves de CM1 et CM2 de l’école Tranchier enfourchent leurs vélos pour certains, enfilent des chasubles pour d’autres, et se lancent chacun leur tour sur le parcours urbain peint au sol, sur lequel ont été placés des panneaux et un système de feux tricolores.

    L’objectif de la mise en situation est d’intégrer les bons réflexes. « Ce qu’on leur explique c’est d’être visibles, attentifs, et d’établir le contact visuel car l’autre usager de la route ne les a pas forcément vus » explique Magali Gomez, agente de police municipale. Trois groupes de 8 élèves évoluent sur le terrain, piétons, cyclistes et policiers. Les premiers circulent en respectant les feux et en constituant un aléa à surveiller pour les seconds, tandis que les troisièmes pointent et remontent les fautes aux encadrants.

    Toutes les subtilités du code de la route sont à prendre en compte. Si le feu tricolore est globalement « bien respecté » selon l’agent Ludovick Abba, ce n’est pas le cas du cédez-le-passage. « Tu sais jamais si tu dois t’arrêter ou pas » avance Lola Santiago, élève de CM2.

    « Un enjeu indispensable »

    C’est tout l’art de mettre en pratique la théorie, étudiée pendant une heure avant de monter à vélo. « Un seul élève n’a fait aucune faute, c’est dans la moyenne » relève Ludovick Abba. « Le loupé du stop est le plus fréquent, comme le cédez-le-passage. Car comme ils ne sont pas obligés de s’arrêter, ils passent sans regarder » détaille le policier municipal. Cette intervention revêt donc un caractère « indispensable » selon l’agent, « ce sont les connaissances de base pour se déplacer en sécurité ».

    « Indispensable » aussi aux yeux de l’adjoint délégué aux déplacements et à la voirie, Roger Camoin (PS). « À force de faire de la prévention dans les écoles, on avait remarqué il y a quelques années que les accidents sur le territoire avaient baissé de 47% » avance l’élu. Et l’impact n’est pas seulement sur les minots : « Je leur dis quand je remets les récompenses : on espère que les enfants disent aux parents “tu peux pas faire ça” ou “faut s’arrêter là“ » développe l’adjoint.

    Lola Santiago se dit « plus en confiance » après la séance. Puisse cette confiance être utile au passage de l’Attestation
    scolaire de sécurité routière,
    au collège.

  • De nouvelles règles pour les trottinettes électriques

    De nouvelles règles pour les trottinettes électriques

    Début septembre, la préfecture de l’Hérault a pris l’initiative de nouvelles règles en matière de code de la route, spécifiques au département. Selon l’arrêté préfectoral, « tout conducteur d’engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) doit être coiffé d’un casque homologué correctement attaché et d’un gilet jaune réfléchissant ». Au terme d’une phase préalable d’information, une verbalisation pourra être appliquée à partir du dimanche 11 octobre. Le non-port du casque pourra entraîner une amende de 135 euros et l’absence du gilet pourra coûter 35 euros.

    Mais qu’est-ce qu’un engin de déplacement personnel motorisé ? Outre les trottinettes électriques, les EDPM comprennent tous ces véhicules intermédiaires apparus récemment. Il s’agit des monoroues, de leurs équivalents à deux roues, les hoverboards, et de ceux comportant une poignée, les gyropodes, plus connus sous le nom du fabricant « Segway ». La préfecture inclut aussi les « cyclomobiles légers », c’est-à-dire les trottinettes électriques avec un siège, les draisiennes électriques et les vélos dotés d’une poignée d’accélérateur.

    Cinq fois plus d’accidents

    La démarche de la préfecture vise à « responsabiliser les usagers des EDPM et à permettre de mieux les protéger ». Entre 2021 et 2025, dans l’Hérault, le nombre d’accidents impliquant des EDPM a été multiplié par cinq. Les nouvelles règles s’ajoutent à celles déjà existantes dans le code de la route. À Montpellier, elles complètent le dispositif mis en place par la municipalité. Dans le centre-ville, les conducteurs d’EDPM doivent mettre pied à terre.

  • La Ville de Marseille aide 1 000 jeunes à passer le code

    La Ville de Marseille aide 1 000 jeunes à passer le code

    Aya et Youcef, 16 ans, écoutent attentivement le moniteur d’auto-école. Comme une centaine d’autres jeunes Marseillais pendant ces deux dernières semaines de vacances d’hiver, les deux lycéens ont décidé d’employer leurs matinées à préparer le code de la route. Et ce, gratuitement. Depuis plusieurs années maintenant, la Ville de Marseille offre aux Phocéens de 16 à 30 ans le code dans le but de franchir un pas de plus vers l’obtention de leur permis de conduire. « Ça va, c’est facile, commente Youcef. À la fin de la formation, on peut continuer à nous entraîner sur une application. Quand les moniteurs pensent qu’on est prêts, ils nous proposent de nous inscrire à l’examen du code. »

    En 2024, 500 jeunes ont bénéficié de ce coup de pouce. Le budget de 80 000 euros initialement accordé par la municipalité a été doublé l’année suivante. En 2025, 1 000 jeunes ont préparé l’examen gratuitement. Le même nombre de places sera disponible en 2026.

    Ce dispositif est destiné, en priorité, aux jeunes éloignés des transports. « À Marseille, nous savons que nos transports sont défaillants, déclare Hedi Ramdane, adjoint au maire chargé de la jeunesse. Quand j’étais jeune, je vivais dans le 15e arrondissement et le bus ne passait jamais… C’est toujours le cas. Beaucoup de jeunes n’habitent pas à proximité des trams et des métros. Par exemple, le trajet entre les quartiers nord et le campus de Luminy est aussi long que pour faire Paris-Marseille ! C’est primordial qu’ils puissent se déplacer pour aller étudier et travailler. »

    D’autres critères priorisent l’inscription des jeunes, comme des revenus faibles ou une situation professionnelle qui motive le besoin du permis. « Mais nous ne refusons personne, souligne l’élu. Il y a une liste d’attente et tous les demandeurs seront tôt ou tard répartis sur les différents créneaux. » À noter que les sessions se déroulent pendant les vacances scolaires.

    Habitants du 3e arrondissement, Aya et Youcef vivent proches d’une station de métro, mais ça ne les a pas empêchés d’emprunter ce raccourci vers le graal de la mobilité. « Le permis peut toujours être utile, se projette la lycéenne, pour aller à l’université. » Quant à Youcef, il se voit déjà au volant de sa voiture parcourir les routes de « toute la France ».

    Renseignements et inscription sur le site https://www.marseille.fr/mairie/actualites/code-de-la-route-offert-aux-jeunes

  • Un permis met les écoles au point mort

    Un permis met les écoles au point mort

    Le Prado était animé, aux alentours de midi, ce lundi 27 octobre. Sur le trottoir, les passants flânaient entre les étales du traditionnel marché, tandis que, sur la route, les automobilistes se frayaient un chemin pour circuler malgré les véhicules d’auto-école stationnés sur les deux voies de bus. Après être parti à 10h du boulevard de l’Europe à Vitrolles, un cortège de 90 voitures, 40 poids lourds et 12 bus (chiffres de la préfecture de police) a rejoint la place Castellane lors d’une opération escargot menée le long de l’A7 puis du Jarret. Une action menée à l’appel de l’intersyndicale des gérants d’écoles de conduite et du syndicat majoritaire des inspecteurs du permis (Snica-FO).

    Au cœur de la contestation : les délais pour obtenir une date de passage d’examen « qui atteignent un point de non retour », regrette Yves Demange, responsable départemental de CER, un groupement de plus de 400 auto-écoles et centres de formation sur le territoire national. En moyenne, aujourd’hui en France, un candidat attend trois mois pour passer son permis, contre trois semaines avant la période du Covid-19. « Dans les zones tendues, comme les grosses agglomérations, on atteint un an », affirme-t-il.

    « C’est inacceptable », s’agace Patrick Mirouse, président d’ECF national, qui pointe des pertes de chances pour les jeunes : « Le permis de conduire c’est la mobilité, la mobilité, c’est l’employabilité. » Yves Demange souligne également les « surcoûts de formation très importants pour maintenir les candidats à niveau ».

    D’après les représentants du secteur de la conduite, les inscriptions à l’examen connaissent une hausse de 16% depuis cinq ans. En cause : le retard pris lors de la crise sanitaire de Covid-19, un boum démographique, mais aussi l’abaissement de l’âge légal de passage du permis B à 17 ans, entré en vigueur le 1er janvier 2024. « Entre ça et le CPF moto, on a vu arriver un nombre d’élèves conséquent dans les auto-écoles, mais l’administration n’avait pas prévu une seule place ni un seul moyen humain supplémentaires pour absorber l’afflux », témoigne Jean-Marc Kocik, du CER Fos, Martigues, Saint-Chamas.

    « On a eu un geste du ministère avec l’ouverture de 80 000 places supplémentaires jusqu’à fin décembre, mais c’est un pansement sur une jambe de bois, reprend son collègue Yves Demange. On a besoin de mesures réelles pour améliorer les pratiques, les délais… »

    Les professionnels de la conduite revendiquent la création de 150 postes d’inspecteurs supplémentaires. « Ce n’est pas énorme : en France, on est environ 1 200 au total », précise Frédéric Mar, délégué syndicat du Snica-FO, qui demande également une protection du statut de fonctionnaire. « L’externalisation fonctionne très mal, plaide-t-il. En 2016, on a perdu le Code de la route au profit du privé pour faire passer plus d’examens B, ce qui n’a pas résolu le problème et a engendré d’énormes fraudes. » Le coût de cette mesure est estimé à 5 millions d’euros pour l’État.

    Bonifier le taux de réussite

    « On veut également généraliser la conduite accompagnée et abaisser son âge 14 ans », poursuit Patrick Mirouse. L’objectif : améliorer le taux de validation de l’examen. « Cette filière fait plus de résultats en première présentation, avec 77% de réussite », contre 55% pour la formation traditionnelle, affirme le président d’ECR National. Jennifer Musico, responsable administrative de l’auto-école des Lycées à Nice, approuve : « Pédagogiquement, plus un enfant apprend tôt, mieux il assimile. »

    Le syndicat Mobilians porte également une mesure qui consiste à allonger le minimum légal de 20 heures de conduite à 28 heures. « On sait qu’en moyenne, un élève prend entre 28 et 30 heures pour obtenir le permis de conduire du premier coup, poursuit la Niçoise. Ça permettrait de monter le taux de réussite et donc, de fait, de baisser les délais d’attente. »

    Yves Demange propose d’aller plus loin : « Il faudrait peut être une refonte du système sur le volume et la durée de l’examen pour gagner du temps et pouvoir avoir plus de places… Des choses peuvent se piloter. »