La Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex 83) documente depuis 2014, dans le Var, les frasques des élus du parti à la flamme. Dans sa dernière publication, elle met en lumière la fragilisation des contre-pouvoirs et la réduction de la place accordée à certaines expressions culturelles, associatives et politiques.
À Fréjus, par exemple, le maire David Rachline est notamment épinglé pour une modification du règlement intérieur du conseil municipal accordant davantage d’espace à la majorité au détriment de l’opposition, dans le bulletin municipal. Mais aussi pour la banderole visant les personnes sous obligation de quitter le territoire français, installée sur la mairie, qui a nécessité une intervention du préfet avant d’être retirée. Une majorité qui non seulement continue de distiller son idéologie mortifère, mais gère aussi la commune sans épargner ses administrés. En témoigne le vote d’une hausse de 22,4% de la taxe foncière, mais aussi des tarifs de cantine et du périscolaire. Et ce, alors que le RN fait régulièrement mine de défendre le pouvoir d’achat, rappelle Pascal Brun (Visa). L’occasion de dénoncer une fois encore l’imposture sociale du parti à la flamme.
À Six-Fours, c’est le peu de respect pour la démocratie municipale qui est pointé, avec un maire coupant volontiers le micro à son opposition en séance publique et refusant une salle de réunion au Parti communiste. Sans compter les subventions sucrées au club de foot historique ainsi que son interdiction d’accéder aux équipements sportifs, avant qu’une décision de justice ne vienne remettre, du moins en partie, un peu d’ordre.
À Salernes, la Codex s’inquiète des conséquences d’une plainte du maire RN contre un militant antifasciste dont le tort est de documenter les déclarations et les pratiques de ce parti sur Facebook. Mais aussi de la convocation du gérant du cinéma pour la programmation de films sur la Palestine.
La conception étriquée de la culture par le RN est également épinglée. à Six-Fours, le festival La Vague classique est remis en cause avec une volonté municipale clairement exprimée de réduire les dépenses qui y étaient jusque-là consacrées.
Climatosceptique, l’extrême droite n’aime pas non plus les mobilités douces et n’a pas de mot assez fort pour critiquer les aménagements de la maire SE de Toulon, Josée Massi. Alors que 500 cyclistes par heure en période de pointe ont été comptabilisés sur la nouvelle piste cyclable de l’avenue de la République. À La Seyne, le maire annonce d’ailleurs la suppression de 200 mètres de piste cyclable avenue Gambetta, afin de créer une trentaine de places de stationnement. On voit en effet les priorités.
Toujours concernant l’ex-Cité des Chantiers, la Codex pointe la décision du 1er magistrat de priver de parole l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) lors de la commémoration de la Libération de la ville.
À Puget-sur-Argens, où le maire LR a reçu le soutien officiel du RN, la coordination rapporte des propos « insultants » tenus par une élue de la majorité envers une citoyenne dénonçant des contrôles au faciès. Tandis qu’à Saint-Raphaël, le maire de droite dure Frédéric Masquelier est accusé d’avoir fait pression pour « éliminer » une opposante municipale de gauche dans le cadre de sa carrière professionnelle.
Bien sûr, nos lecteurs connaissent déjà la plupart de ces affaires, dont nous nous sommes fait l’écho dans nos colonnes. Mais mises bout à bout, elles donnent une vision encore plus vertigineuse de l’ampleur des dégâts à l’œuvre dans ce département.

