Tag: climatisation

  • À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    « La chaleur n’est pas une question de confort, c’est une question de santé. Un coup de chaud peut aller, dans les cas les plus graves, jusqu’à engager le pronostic vital d’un enfant », assure Murielle Kosman. « On ne nie pas un investissement de la part de la Mairie, qui se traduit par certains aménagements dans les écoles. Mais ça reste pour le moment en grand décalage avec le terrain. Quand, dès 8h30 du matin, il fait 31-32 degrés dans une classe alors qu’on n’est qu’en vigilance jaune, ce n’est pas parce que vous avez posé un plafonnier ou mis quelques stores que ça rend les classes supportables », illustre la représentante de l’association de parents d’élèves du primaire Une école un avenir, qui alerte depuis 2022 sur cette problématique.

    Ne pas opposer écologie

    et protection

    La Mairie de Montpellier a également engagé un plan de végétalisation des cours pour rafraîchir les écoles, « mais ça s’inscrit sur du long terme, à raison de 5 cours par an et encore quand elles sont réalisées, car cette année on a appris qu’il y en avait 3 qui ne seraient pas faites pour cause de budget », indique Murielle Kosman.

    Les écoles sont également dotées d’« une pièce climatisée, généralement une salle polyvalente. Mais ça reste une pièce pour l’ensemble d’une école, donc parfois pour 12 classes… », déplore la représentante de l’association. Une école un avenir a déjà saisi à deux reprises la justice en référé-liberté (2022 et 2025) face aux conditions d’exposition à la chaleur dans les écoles. « On verra si on a besoin de le faire également cette année. On envisage aussi d’engager une procédure sur le fond, car la problématique dépasse largement les écoles de Montpellier. Il faudrait peut-être que l’État s’implique, sous forme d’un plan national par exemple. »

    Pour l’heure, l’association demande l’établissement de normes claires : « Les escalopes, les œufs, on sait à quelle température ça se garde. Nos enfants, non ! Ce flou juridique fait qu’il n’y a pas d’obligation opposable » ; elle demande également que soient rendus obligatoires, dès le passage en alerte jaune canicule, le relevé et l’affichage, à l’entrée de l’école, des températures dans chaque classe, à 8h30 et 13h30, « afin que les parents soient informés ». Enfin, Une école un avenir réclame « l’installation de la climatisation de manière immédiate dans toutes les classes ou a minima les plus exposées, tant qu’on n’aura pas rénové le bâti. On ne peut pas opposer l’argument de l’écologie à la santé. On est sur de l’accueil du public, en l’occurrence de jeunes enfants, et dans les lieux d’accueil du public, partout ailleurs il y a la climatisation. Cet argument n’est pas recevable », considère Murielle Kosman.

    A.G.

  • La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    « C’est un sujet sur lequel on s’est très vite penché parce qu’en plus ça faisait partie de notre projet électoral », confirme Pierre-Édouard Detrez, le nouvel adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire à Nîmes. Pour cela, il a rapidement lancé une étude de toutes les écoles pour connaître les besoins. Et depuis l’augmentation des températures fin mai, il reçoit un bilan quasiment quotidien de la situation dans les écoles et des problèmes rencontrés. Depuis la semaine dernière, les services techniques sont ainsi mobilisés, notamment sur quatre écoles (Marguerite-Long, Edouard-Vaillant, Georges-Bruguière et Langevin) où les climatiseurs étaient en panne dans les dortoirs.

    « Nous avions prévu que tous les dispositifs soient en place le 10 juin sauf que la vague de chaleur est arrivée plus tôt que prévu. Même s’il y avait la feria la semaine dernière, les services sont tout de même intervenus pour vérifier chaque classe de chaque école. Des ventilateurs ont aussi été distribués. 200 ventilateurs neufs sont prévus pour répondre à la situation et 1 100 brumisateurs vont aussi être distribués dans les jours à venir », promet l’ancien joueur international de rugby. Un rappel sur les bonnes pratiques a également été effectué auprès des directeurs d’école, des enseignants et des parents.

    Outre ces mesures d’urgence face à la canicule la plus précoce de l’Histoire, la municipalité a mis en place un service pour profiter des périodes de nuit pour rafraîchir les classes. « Pour l’instant, ce sont mille et une petites actions pour essayer de limiter la chaleur. Mais nous avons aussi entrepris un travail avec les services des bâtiments sur la climatisation. Nous souhaitons aussi remplacer les ventilateurs sur pied par des ventilateurs au plafond pour éviter que le matériel scolaire s’envole tout en baissant la température de 3 degrés. Il y a aussi des classes où les stores sont à l’intérieur et ça, ça n’empêche pas la chaleur d’entrer donc il faut les changer », explique Pierre-Édouard Detrez.

    Végétaliser à tout va

    Au-delà de ces mesures à court terme, la nouvelle municipalité prévoit de végétaliser un maximum de cours d’école durant les six ou sept années du mandat. « Il y a une partie des cours d’école déjà végétalisées mais pour le reste, nous avons pris pour modèle la ville de Marguerittes où ils ont entrepris ces travaux de “cours oasis” depuis plusieurs années. Nous souhaitons aussi créer des îlots de fraîcheur, installer progressivement des dispositifs d’ombrage, améliorer l’isolation thermique des bâtiments scolaires et renouveler les systèmes de ventilation. Nous travaillons aussi sur la climatisation mais pas celle d’il y a dix ans. Il faudra prendre le temps parce que ça fait beaucoup mais nous allons engager des travaux dès cet été dans certaines écoles. C’est nécessaire parce que c’est un sujet récurrent », ajoute Pierre-Édouard Detrez.

    Après les 81 fermetures d’école l’an dernier sur les 83 que compte la ville, la nouvelle municipalité espère donc qu’à la fin du mandat, les vagues de chaleur ne soient plus un problème dans les écoles nîmoises.

  • À Hyères, Centr’Azur est désormais chauffé à 100% par géothermie

    À Hyères, Centr’Azur est désormais chauffé à 100% par géothermie

    Centr’Azur poursuit sa transition énergétique. L’installation de panneaux photovoltaïques sur sa toiture et sur les ombrières de son parking, la mise en place d’un système de gestion technique centralisé des équipements énergétiques (système automatisé permettant, grâce à des capteurs, d’optimiser l’efficacité énergétique d’un bâtiment), ou encore l’installation de LED dans tout le centre commercial, des parkings aux galeries, avaient, entre autres, mené à une réduction des consommations d’énergie de -61% en 2024, comparé à 2012.

    Désormais, le centre commercial hyérois (50 boutiques sur 17 000 m²), sera chauffé et climatisé grâce à la géothermie, énergie renouvelable, locale, silencieuse et disponible 24h/24, 365 jours par an, conjuguant performance énergétique, sobriété et durabilité.

    -59% de consommation des parties communes

    Il s’est ainsi doté de 600 mètres linéaires de sondes géothermiques verticales, un système innovant développé par les équipes de la société Accenta. Implantées jusqu’à 200 mètres de profondeur, ces sondes exploitent la température naturellement stable du sous-sol (entre 13 et 16 °C). En hiver, la chaleur du sol est captée et transférée vers le bâtiment via une pompe à chaleur. Ce système fonctionne aussi en été grâce au « géocooling », permettant de rafraîchir sans recourir à une climatisation classique énergivore et sans rejet d’air chaud à l’extérieur.

    Ces travaux vont avoir pour effet la suppression de la chaudière gaz, des émissions de 19,3 tonnes de CO évitées chaque année, ainsi qu’une réduction de 59% de la consommation énergétique sur les parties communes. Tout cela en offrant un confort thermique optimisé toute l’année pour les visiteurs et commerçants, et la maîtrise des charges énergétiques sur le long terme, notamment grâce à une réduction de l’exposition aux fluctuations du prix du gaz.

    Dans sa perspective de neutralité carbone pour ses parties communes d’ici 2030, Centr’Azur mène par ailleurs des actions de sensibilisation de ses employés et des clients au tri des déchets, à la gestion de l’eau, ou encore à la biodiversité, avec, notamment, l’installation d’un hôtel à insectes en 2021.

  • L’éco-campus de la Pauliane prend vie pour les étudiants

    L’éco-campus de la Pauliane prend vie pour les étudiants

    Pour la première fois depuis les travaux lancés en décembre 2023, le campus de la Pauliane, auparavant disséminé sur différents sites, est rassemblé en un même lieu. Autour de la Maison Mega (Maison de l’économie et de la gestion d’Aix-en-Provence), inaugurée en 2022 et lieu de rencontre des doctorants et enseignants-chercheurs, un éco-campus de 15 000m² accueille, depuis la rentrée, les étudiants en licence et en master dans cette faculté d’éco-gestion.

    Ce nouveau site regroupe les anciens campus Forbin, dont le bâtiment a été vendu par la Mairie, et Ferry. Ainsi, près de 650 étudiants de première et deuxième années de licence, ainsi que de master, découvrent ensemble ce nouvel environnement. Au total, entre 2 500 et 3 000 étudiants circulent désormais sur ce site livré par l’entreprise Travaux du Midi. « Il fallait permettre à la faculté d’éco-gestion de disposer de bâtiments capables de fédérer l’ensemble de ses activités en un même endroit », indique Bruno Decreuse, doyen de la faculté de gestion, qui travaille aux côtés de Sophie Hutier, vice-doyenne. Bâtiments neufs, baies vitrées, lieux de vies épurés : l’architecture du lieu reflète une volonté de modernité, mais s’engage aussi à réduire son impact environnemental.

    Une « demande sociale »

    D’où son appellation « d’éco-campus », qui repose notamment sur l’absence de climatisation, la préservation du parc entourant l’établissement ou l’exploitation des transports en commun. « C’est aussi un cahier des charges, en accord avec les enjeux sociétaux autour de l’environnement », ajoute Bruno Decreuse.

    La faculté propose trois licences accessibles via un portail commun. « En première année, on est très interdisciplinaires, souligne Bruno Decreuse. Petit à petit, on se spécialise au sein de la faculté (…). Je pense qu’on a répondu à une demande sociale qui est celle d’une éducation plus à la carte et d’abord centrée sur l’expérience étudiante. » S’ajoutent à cela une double licence droit-économie, plus sélective, et une licence internationale dispensée en anglais. Un point d’honneur a été fait sur l’intégration des élèves : un bureau des associations étudiantes est installé dès le hall d’entrée, avec diverses salles, et un dispositif de parrainage entre étudiants.

    Parmi les étudiants rencontrés sur le campus, le constat est quasi unanime : le bâtiment est moderne, agréable, et l’espace extérieur permet des pauses « qualité ». « Dommage qu’on ne soit plus en ville, si on veut manger dehors, il faut prendre la voiture. Les transports pour aller dans le centre, c’est une galère. Mais le parking à côté est plus pratique pour ceux qui ont une voiture. Sinon, l’intérieur et le matériel, c’est génial », observent Maïlys et Sofia, étudiantes en L2. Il ne reste plus que quelques aménagements à finaliser, comme la salle des marchés, pour que le campus soit pleinement opérationnel.

  • Plus que dans les tuyaux, le réseau de chaleur est engagé

    Plus que dans les tuyaux, le réseau de chaleur est engagé

    C’est une grande révolution énergétique, invisible sauf sur la facture, que s’apprêtent à connaître de nombreux foyers avignonnais. À partir de 2028, les premiers des 17 000 logements prévus seront alimentés par un réseau de chaleur public. Une innovation « écologique, économique et sociale », selon la maire (PS) Cécile Helle, qui a pris un peu plus d’épaisseur ce vendredi. En mairie, la Ville a signé la délégation de service public (DSP) avec Dalkia, filiale du groupe EDF. Un choix acté fin avril en conseil municipal, le principe d’un réseau de chaleur ayant été enclenché il y a 3 ans lors de la séance de septembre 2022.

    Concrètement, les habitants n’ont aucune démarche particulière à engager pour être relié au futur réseau. Seul un vote en conseil syndical pour les copropriétés privées sera nécessaire. Le principe est que l’actuel mode de chauffage collectif sorte des énergies fossiles, ici au gaz, et soit remplacé par une énergie locale et décarbonée à hauteur de 90%. « Cela permet d’avoir une énergie à un coût presque constant. On voit bien avec le gaz ou le fioul qui fluctuent comment la stabilité des prix est essentiel », note Cécile Helle. « Par rapport au gaz, les habitants voient en moyenne leur facture diminuer de 20% », assure Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia. « C’est un outil de lutte contre la précarité énergétique », soutient-elle.

    121 millions d’euros d’investissements

    D’autant que les 36km de réseau vont surtout alimenter les grands ensembles de logements sociaux des quartiers prioritaires de la ville, dont les bailleurs ont cédé les réseaux à Dalkia. Le réseau desservira à 55% des logements mais aussi l’hôpital d’Avignon, des écoles ou des entreprises. Un total de 163 stations de livraison est attendu. Un lourd investissement de 121 millions d’euros, assumé donc par Dalkia, qui assurera la gestion du réseau pour au moins 29 ans, date de durée de la DSP. La société, espère une subvention de l’Ademe [agence de la transition énergétique] comprise entre 30 et 40% du montant du projet.

    Après ceux d’Aix et de Nice, Avignon « sera le 3e plus grand réseau en Méditerranée », met en avant Sylvie Jéhanno. Le réseau sera fourni à majorité par la biomasse, Dalkia s’appuyant sur sa filiale Bois énergie France, approvisionné dans un rayon de 100km. « On ne coupe pas des arbres exprès, on utilise les bois morts, les résidus d’exploitations forestières », démine la PDG de Dalkia.

    Autre source, les eaux usées de la station d’épuration en Courtine et enfin la géothermie de surface. Bénéficiant de la présence du Rhône et de la Durance, cela va permettre de creuser une trentaine de puits de 200m de profondeur pour récupérer la chaleur du sous-sol. En revanche, le réseau de rafraîchissement va rester un peu plus marginal (7,6km) et desservira l’hôpital et les futurs programmes neufs (Confluences, Bel Air.) . « On a fait en sorte de classer le réseau de chaleur comme obligatoire dans chaque nouvelle construction », précise Cécile Helle.

    Ce qui aujourd’hui peut sembler une évidence était loin d’être le cas initialement. « En comité de pilotage du programme de rénovation urbaine à l’été 2022, il a fallu batailler avec les bailleurs sociaux qui étaient dans une démarche de réhabilitation avec des chauffages individuels alimentés en énergie fossile », recontextualise la maire. D’où aussi le fait que le réseau de rafraîchissement n’ait pu se développer à la même allure. Tout comme la conscience politique et écologique des élus RN au conseil municipal qui ont voté contre « un projet inutile ».