Tag: Claude Cerpedes

  • La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    À l’image des déchets désormais recouverts, certains n’ont pas vraiment intérêt à ce que le sujet de la décharge de Saint-Martin-de-Valgalgues ressorte de terre. En 2014, ce dossier avait pourtant connu un tournant qui semblait décisif. De l’amiante avait été découvert sur les parcelles jouxtant cette décharge et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) avait alors ouvert une enquête. Mais depuis, la justice n’a donné aucune information sur la moindre avancée dans ce dossier.

    France nature environnement, qui a organisé du 7 septembre au 7 octobre une grande campagne nationale pour recenser les décharges sauvages oubliées sur tout le territoire national, a mis celle de Saint-Martin, au nord d’Alès, en lumière. « Avec 500 000 m3, elle est hors norme », prévient Rémy Coulet de la FNE-Ocmed. « En plus, elle n’a jamais été reconnue en tant que décharge, puisqu’elle a été réalisée au motif fallacieux de constituer le merlon. On a accumulé là tous les déchets de façon irrégulière, en contradiction avec toutes les règles concernant le stockage des déchets. »

    Sujet explosif pour Alès agglomération

    En réalité, ce sujet inquiète depuis les années 2000. Devant les nuisances sonores du pôle mécanique ouvert en 1999, un merlon, présenté comme un mur anti-bruit, est proposé. En 2002, les premiers dépôts commencent et vont s’accélérer à partir de 2005. Les déchets provenant de l’ancien hôpital, de la maison de retraite d’Alès ou des tribunes de l’ancien stade Pibarot sont par exemple déposés ici. « Toutes les ruines des travaux qui étaient faits aux alentours d’Alès étaient déposées dans ce mur anti-bruit », rappelle Alain Martin, ancien employé municipal de Saint-Martin et membre de l’association Clarté et Démocratie, qui avait alerté dès 2007, avec plusieurs riverains, sur la nature des matériaux déposés.

    L’Oclaesp diligente alors une enquête : sur « les 13 prélèvements, 10 fois ils sont tombés sur de l’amiante à 50cm de profondeur ». Une phase d’enfouissement est alors déclenchée pour recouvrir tous les matériaux laissés pendant plusieurs années à l’air libre. En 2013, malgré l’avis défavorable du commissaire enquêteur, le maire UMP de l’époque Alain Marrot, a tout de même fait voter une modification du plan local d’urbanisme permettant de valider a posteriori la création de ce mur anti-bruit. Sauf que l’année d’après, le tribunal administratif de Nîmes a invalidé cette délibération et condamné la municipalité à verser 1 200 euros aux plaignants. Pour le nouveau maire Claude Cerpédès (PCF) et les riverains, cette décision confirme le caractère illégal de la décharge. Sauf qu’après cette décision, la justice n’a plus jamais communiqué sur les suites du dossier.

    « Ce dossier est en train de s’enliser », regrette Rémy Coulet. « Lucie Pialat, une riveraine qui a été par la suite première adjointe, a déposé plainte. La mairie s’était aussi constituée partie civile. S’il n’y a pas de procès et pas de condamnation, c’est révoltant et c’est la place à l’impunité parce que les protagonistes sont parfaitement identifiés. Suite à notre campagne, Lucie Pialat a demandé au tribunal d’Alès la communication du dossier d’enquête et a aussi relancé la procureure générale de la cour d’appel de Nîmes. »

    Et Alain Martin d’abonder : « C’est un scandale écologique et financier. Tout ça était organisé par l’Agglomération. L’enquête devra identifier tous les responsables mais on connaît aussi les transporteurs qui sont venus déverser ici. »

  • Saint-Martin-de-Valgagues en pointe sur la végétalisation

    Saint-Martin-de-Valgagues en pointe sur la végétalisation

    Tee-shirt rouge et large sourire aux lèvres, Claude Cerpedes est fier de présenter les deux premières phases de travaux réalisées dans le quartier de Cramont. S’appuyant sur le regard de plusieurs experts, l’édile communiste de Saint-Martin-de-Valgagues avait fait de la rénovation du quartier de Cramont l’un des axes forts de son bilan lors de la dernière campagne municipale.

    S’il faudra attendre quelques années que les arbres aient poussé pour ressentir les réels effets de cette végétalisation, le projet tel que présenté a de quoi pousser à l’enthousiasme. Il pourrait d’ailleurs bien être réédité dans de nombreuses communes qui luttent chaque été contre les fortes chaleurs. Au total, 2,5 hectares seront ainsi désimperméabilisés dans ce quartier populaire qui accueille le foyer municipal, des jeux pour enfants et des infrastructures sportives. « Ce chantier ne se réduit pas à planter des arbres. La problématique environnementale a été prise en compte de A à Z, de la voirie en passant par la plantation, les espaces verts, leur entretien et leurs besoins. Rien n’a été laissé au hasard », résume Julien Viretto, gérant de Daudet paysage, entreprise des paysagers.

    250 arbres plantés

    D’abord, une importante réflexion a été menée sur la voirie. Au lieu de l’habituel goudron, la commune a choisi de poser des pavés sur la route et sur les trottoirs, permettant ainsi à l’eau de s’infiltrer et donc de nourrir les racines des arbres sous terre. Ce sol meuble devrait aussi moins bouger lorsque ces racines vont se développer, contrairement au goudron qui est régulièrement endommagé. Avec ces pavés en béton, fabriqués en France, l’idée est également de lutter contre les eaux de ruissellement puisqu’ils permettent d’absorber les 25 premiers millimètres de pluie. « Quand il ne pleut pas, ça rend aussi l’humidité donc ça baisse la température dans le quartier », explique Claude Cerpedes.

    Cette rénovation s’appuie également sur la végétalisation de tous les espaces disponibles autour des parkings, des trottoirs et des bâtiments. Ainsi, 250 arbres seront plantés au total. Ces arbres de 6-7 ans, élevés dans une pépinière à Avignon, ont été choisis pour leur présence sur le territoire. Le quartier accueille désormais des muriers, des micocouliers, des érables de Montpellier ou des tilleuls. Quarante arbres ont aussi été plantés près du city stade pour créer un îlot de fraîcheur. Ces essences sont accompagnées de la plantation de plus de 1 000 bosquets et petits arbustes. Car l’objectif est également de favoriser le retour de la faune en recréant une chaîne alimentaire, de l’insecte jusqu’à l’oiseau.

    Pour réaliser ces plantations, les différents acteurs ont porté une attention toute particulière au sol. Ils ont décaissé plusieurs tonnes de terres remplacées par de la terre végétale du territoire. Pour l’enrichir, trois types de lombrics seront disposés au pied des arbres pour aérer la terre. Mais les maîtres d’œuvre ne s’arrêtent pas là : ils ont en effet réalisé un important travail pour prélever des bactéries et des champignons dans les sols près de Saint-Martin. Ils les ont ensuite développés en laboratoire pour déposer les bactéries et les spores de champignon au pied des plantations. L’objectif étant à la fois de favoriser le développement des plantes mais aussi de garantir leur résistance aux aléas climatiques.

    « L’idée est de rendre le quartier vraiment plus agréable demain. On espère ainsi faire baisser la température de 6 degrés, mais ça pourrait même être plus », conclut Olivier Poudevigne, chargé d’affaires à Rhône Cévennes ingénierie. Au total, le projet coûtera 3 millions d’euros, enfouissement des réseaux électriques compris. La dernière tranche de travaux est prévue pour le printemps 2027.

  • L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    S’il était attendu, c’est tout de même un coup de tonnerre qui s’est déroulé au conseil communautaire de Petite Camargue mercredi 15 avril. Et ce, pour deux raisons. D’abord parce que pour la première fois un élu du Rassemblement national va gérer une intercommunalité dans le Gard. Mais c’est aussi l’ampleur du score qui interroge : Nicolas Meizonnet l’a en effet emporté avec 25 voix sur les 30 possibles et aucun candidat n’a osé se présenter face à lui.

    Tous les maires l’ont ainsi soutenu, que ce soit Jean-Paul Franc, maire d’Aimargues et ancien secrétaire CGT chez Perrier, le président sortant réélu à Aubord André Brundu, le nouveau maire de Beauvoisin Frédéric Meseguer ou encore l’édile du Cailar, Joël Tena. Des soutiens d’autant plus incompréhensibles que dans l’histoire de la Communauté de communes, le maire de Vauvert, la ville centre, n’a jamais eu la présidence de l’interco.

    « C’est déconcertant, il n’y a eu aucune opposition, aucune résistance », s’indigne Magali Nissard, nouvelle leader de l’opposition à Vauvert depuis le retrait de Jean Denat. « Il y a la droite dans toutes les villes et on voit qu’elle bascule. Meizonnet a dit que la Communauté de communes ne serait pas la vitrine du RN mais on a du mal à y croire. J’ai tenté de pousser le président sortant à y aller mais il n’a jamais donné d’explications sur son retrait. Ce qui m’inquiète c’est comment ils vont se positionner face à lui par la suite ? Est-ce qu’ils vont laisser tout passer ? »

    La gauche s’élargit

    à l’Agglo d’Alès

    Toute la semaine, les présidents des intercommunalités ont été élus avec une forme de continuité. C’est par exemple le cas pour le maire de Cardet, Fabien Cruveiller, qui était seul en lice pour récupérer la présidence du Piémont Cévenol où la majorité de Saint-Hippolyte-du-Fort a retrouvé la première vice-présidence, tournant ainsi la page de l’opposition frontale qui avait entaché le mandat précédent. Les élus régionaux socialistes Régis Bayle et Fabrice Verdier ont également été réélus respectivement à la tête du Pays Viganais et du Pays d’Uzès. Du côté des changements, l’opposant à Pierre Martinez et maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi, a été élu président du Pays de Sommières. Elu à Montfrin, Philippe Marchesi, a pris la suite de Pierre Prat à la tête de l’intercommunalité du Pont du Gard sur fond de divisions.

    Côté Alès Agglomération, Christophe Rivenq (LR) a été réélu confortablement dans le fauteuil de président qu’il occupe depuis 2020. Mais pour cela, il a plié devant les demandes de la gauche qui lui demandait plus de responsabilités. Ainsi, le PCF a récupéré un poste de vice-président supplémentaire (Sylvain André (Cendras), Claude Cerpedes (Saint-Martin-de-Valgalgues), Pascale Eugène (La Grand-Combe) et Ghislain Chassary (Rousson). Avec l’écologiste Aurélie Génolher et Nathalie Montoro Teissier (DVG), la gauche compte six vice-présidents sur 15 à l’Agglo. « Il y a les vice-présidents mais il y a aussi les responsabilités et on peut affirmer que la gauche prend une place plus importante à l’Agglo, en compromis avec Christophe Rivenq », réagit Sylvain André.

  • La santé, une priorité à Saint-Martin-de-Valgalgues

    La santé, une priorité à Saint-Martin-de-Valgalgues

    Les allers et retours ne faiblissent pas devant la façade rouge criarde de la maison de santé Ambroise-Croizat. Sur le bassin alésien, les soignants et notamment les médecins se font rares. Alors, les habitants des communes voisines sont nombreux à se déplacer à la maison de santé de Saint-Martin-de-Valgalgues. Celle-ci a été inaugurée en 2023 en présence de Pierre Caillaud-Croizat, le petit-fils du ministre communiste et père de la Sécurité sociale.

    Cet aboutissement a été le fruit d’un important travail et fait suite à un référendum organisé sur la commune en 2018 où les Saint-Martinois ont plébiscité à 96% cet investissement. Malgré une ouverture retardée par la pandémie de la Covid, ce centre a permis de garder la présence des trois médecins qui avaient des velléités de partir et d’attirer de nombreux autres soignants. Ainsi aujourd’hui, la maison de santé compte des infirmières, des kinésithérapeutes, ostéopathes, psychologues, orthophonistes, podologues, sages-femmes, naturopathes et d’autres soignants qui travaillent aussi en lien avec le centre comme les pharmaciens ou un chirurgien-dentiste.

    « Nous avons un logiciel commun entre les soignants et nous faisons des réunions entre nous pour parler des situations complexes », explique Marielle Auvergne, psychanalyste qui est également la coordinatrice de la maison de santé et ne serait pas venue travailler à Saint-Martin-de-Valgalgues sans la création de cette maison de santé. « J’aime beaucoup travailler avec les autres professionnels de santé. C’est dommage d’être enfermé tout seul dans un cabinet. C’est bien d’avoir aussi l’avis des autres. Je pense que les médecins ont aussi des peurs et ça peut rassurer de travailler en groupe au lieu d’être isolé. »

    Si la structure cherche toujours désespérément un dermatologue, des renforts de médecins pourraient arriver rapidement. Les trois docteurs saint-martinois étant formateurs et salariés du groupe de santé Filieris – garantissant la présence d’un médecin en permanence – la structure devrait accueillir un docteur junior en octobre et pourrait participer à l’accueil de médecins cubains si le projet aboutit.

    Trois listes en concurrence

    « Beaucoup de retraités viennent s’installer ici pour trouver du soleil ou trouver du vivre-ensemble mais ils cherchent forcément un médecin. Le fait d’avoir réalisé cette maison de santé et d’être en capacité d’accueillir de nouveaux médecins, c’est vraiment un atout. Parce que des gens me disent que s’ils n’ont pas de docteur, ils vont devoir repartir d’où ils viennent », explique Claude Cerpedes.

    Face à l’édile communiste s’est hissée son ancienne première adjointe. Officiellement pour une opposition sur le budget et officieusement pour des désaccords personnels, Lucile Pialat a quitté la majorité et s’est lancée dans la course aux municipales. Soutenue par trois anciens membres de la majorité, elle avance aujourd’hui sur une corde raide en tentant de critiquer un bilan auquel elle a participé. À la tête de la liste « Ambitions et perspectives pour Saint-Martin », elle critique des travaux réalisés avec « précipitation » ou la propreté dans certains quartiers « laissés à l’abandon ».

    Déjà opposant durant ce mandat, Mickaël Thery assume une ligne dure à droite où il est surtout question de sécurité avec le « renforcement de la police municipale » et l’embauche de deux agents supplémentaires. Il est également très critique à l’égard des soutiens financiers à des causes internationales comme l’Ukraine, la Palestine, la paix ou le secours en mer.

    Des critiques vite balayées par l’édile qui préfère s’appuyer sur son bilan : « Les habitants voient que notre gestion est faite de compétence et de bienveillance. Sur 3 500 inscrits, il y a près de 1 000 nouveaux inscrits depuis six ans. Je crois que les gens connaissent le maire et qu’ils sont contents de la manière dont la ville est gérée », conclut Claude Cerpedes.