Tag: citoyens

  • Des chercheurs s’intéressent à la science participative

    Des chercheurs s’intéressent à la science participative

    Mariette Mathieu connaît la manipulation par cœur. Une fois par mois, elle pose son enrouleur au-dessus de son puits, fait descendre le mètre ruban jusqu’au fond, note la mesure qu’elle transmet ensuite à l’Observatoire citoyen de l’environnement (VOCE), piloté par l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions. Comme 23 autres bénévoles, la Salonaise contribue à la surveillance participative de la nappe phréatique de la Crau. Les données servent à « améliorer le modèle » du syndicat mixte en charge de la ressource, qui ne bénéficie que d’un nombre limité de capteurs, explique Audrey Souloumiac, responsable de VOCE.

    Jean-Daniel Rinaudo, chercheur au Bureau de recherches géologiques et minières, et son stagiaire Théo se sont intéressés à la démarche et aux motivations qui poussent des bénévoles à collecter des données pour des missions d’intérêt général. « Ce sont des choses qu’on aimerait répliquer. Ce n’est pas évident de prendre des citoyens et leur demander du temps pour travailler sur des sujets compliqués… Donc, on a fait une enquête dans deux territoires. » En Alsace, où 60 bénévoles suivent l’évolution de la nappe depuis 1949, et sur la Crau, où le protocole est en place depuis 2018. Résultat : les raisons d’agir sont diverses. Transmission générationnelle, curiosité, intérêt direct ou intérêt général, sensibilité à la nature… Pour Jean-Daniel Rinaudo, une chose est sûre : « Il y a une connaissance empirique des acteurs de terrain qui peut avoir beaucoup d’utilité pour les scientifiques, donc on essaye de décloisonner. Plus on embarque des gens dans la science, plus on contribue à renforcer la confiance dans la science. Et les enjeux de ces sujets scientifiques concernent les gens. »

  • Un collectif citoyen pour adapter la vallée de la Vallouise aux risques naturels

    Un collectif citoyen pour adapter la vallée de la Vallouise aux risques naturels

    « Notre vallée change sous l’effet du changement climatique et nous allons devoir nous adapter. » Le constat a été formulé en début de semaine, dans une lettre ouverte rédigée par le collectif citoyen de Vallouise-Pelvoux. La commune du Briançonnais avait été touchée par une crue torrentielle, fin août, et la route d’accès au Pré de Madame Carle avait été détruite. Se sentant impuissants, des habitants ont décidé d’agir en créant un collectif citoyen, qui regroupe déjà près de 350 membres.

    « Certains pensaient déjà avant à créer une forme de démocratie participative. Au moment de la crue, on s’est dit que c’était le bon moment », explique Sébastien, membre du collectif. Il décrit une inquiétude générale et légitime sur le risque de crues, alors que le village est situé en contrebas de plusieurs rifs et rivières. « Il y en a toujours eu, mais ça s’accélère, assure-t-il. Il n’y a aucune protection réelle et active, et la population ne se sent pas maître de son village. » D’autant plus qu’une crue peut aussi emporter la commune des Vigneaux et les hameaux en aval : « Ce qu’on ne fait pas en termes de protection a aussi un impact pour eux. »

    « Le temps de l’urgence »

    La gestion des risques est la priorité du collectif. Les enjeux autour de la reconstruction de la route du Pré de Madame Carle, principal accès au Parc des Écrins, est aussi au cœur du débat. Les autorités ont annoncé qu’elle ne sera pas reconstruite en son état antérieur. Cette décision a été « extrêmement rapide » pour le collectif, qui demande une réflexion collective. « On n’a pas tous le même avis entre nous, admet Sébastien. Mais on est conscient qu’il faut un collectif pour se faire entendre, et si besoin, pour faire pression sur les services compétents. » Pour ses membres, les réflexions entamées par les autorités ne vont pas assez vite, alors que l’on se trouve « dans le temps de l’urgence ».

    « Les enjeux sont trop importants pour que quelques responsables institutionnels définissent seuls la trajectoire de toute une vallée pour les prochaines décennies », souligne la lettre ouverte. Elle demande l’ouverture rapide d’une « véritable concertation citoyenne » sur l’adaptation de la vallée au changement climatique et aux risques naturels.

    Concrètement, le collectif propose la mise en place de plusieurs formes de participation : réunions publiques, ateliers en petits groupes, des temps de terrain réunissant habitants, acteurs locaux, techniciens et scientifiques, ou encore un questionnaire largement accessible à la population. « Tous ceux qui vivent ici possèdent une connaissance quotidienne du territoire, rappelle la lettre. Et cette connaissance doit être mise en regard de celle des scientifiques et des services de l’État. »

    Puisque d’autres événements extrêmes pourraient survenir dans les prochaines semaines, le collectif estime qu’il faut « agir vite, mais penser loin ». C’est-à-dire sécuriser et maintenir dès maintenant certains usages lorsque c’est nécessaire, mais aussi construire en parallèle une véritable stratégie de long terme. Car « d’une crue à l’autre, les mêmes questions reviennent, les risques évoluent, mais les réponses restent ponctuelles », alerte la lettre.

    « Il faut maintenant entamer un vrai travail en ce qui concerne l’habitabilité de notre territoire et les choix d’aménagement pour y vivre de manière durable », soutient Sébastien. Le collectif a déjà pu échanger avec Rémi Roux, maire de L’Argentière-la Bessée, et Joël Giraud, ancien maire de L’Argentière-la-Bessée et ancien député des Hautes-Alpes. « L’échange était constructif, ils sont aussi inquiets », assure-t-il.

    Pour la suite, le collectif espère devenir une association et envisage prochainement une première réunion publique avec les acteurs locaux.

  • Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Partir de l’Estaque pour aller se balader à la Pointe Rouge en tram ? Un RER direct reliant Aix-en-Provence et Toulon en passant par le nord de Marseille ? Heddy Aouad, un Marseillais de 37 ans travaillant dans les relations publiques a lancé un projet qui vise à révolutionner le réseau des transports actuel mis en place par la métropole. Marseille Mobilité 2040 représente un livre blanc de 113 pages, accessible en ligne, qui explore en long et en large une vision futuriste et, selon son créateur « réaliste », de ce à quoi pourrait ressembler le paysage urbain autour et au cœur de la cité phocéenne.

    « Le but c’est de lancer une réflexion collective et de mettre les élus face à leurs responsabilités pour qu’ils comprennent que Marseille n’est pas condamnée », explique l’auteur de ce livre blanc. « On ne peut pas laisser la 2e ville de France gérée par des gens incompétents qui font n’importe quoi de l’argent public. »

    Une vision qui a pour but de restructurer les transports métropolitains tout en dénonçant un certain laxisme. Et de promouvoir un fort développement du réseau du métro et du tramway. Avec, par exemple, le prolongement de la ligne M1 en passant par La Valentine, Les Olives et La Croix-Rouge. Concernant la M2, elle serait également prolongée jusqu’à Saint-Antoine. Pour les tramways, le plan vise l’extension des lignes T1 et T3. De plus 3 lignes seraient ajoutées dont la « T6 », reliant la gare de l’Estaque à la Pointe Rouge. Pour le réseau ferroviaire, trois lignes de RER feraient leur apparition. Elles ne nécessiteraient aucune construction d’infrastructure. Une fiction qui pourrait peut-être donner des idées à la métropole.

  • À Naples, la renaissance d’un quartier par la culture et la solidarité

    À Naples, la renaissance d’un quartier par la culture et la solidarité

    La simple évocation du quartier de la Sanità avait le don de provoquer des réactions de rejet à Naples. Il était synonyme de criminalité, de grande pauvreté, de narchomicides et pour tout dire… de Camorra, la mafia locale.

    Mais, depuis plusieurs années, sans disposer de baguette magique, des habitants multiplient les initiatives pour faire changer la vie quotidienne dans leur quartier.

    Figure de proue de cette transformation : l’église Sant’Aspreno ai Crociferi. Défraîchie et inoccupée depuis 40 ans, elle est devenue un musée consacré aux œuvres du sculpteur contemporain Jago, en mai 2023. Le lieu est géré par la coopérative La Sorte, composée de jeunes du quartier : la moyenne d’âge de ses membres est de 24 ans.

    Un réseau citoyen contre la toile d’araignée mafieuse

    Imaginé pendant le confinement, le projet Luce per il rione Sanità (lumière pour le quartier de la Sanità) n’est pas un rayon de soleil isolé dans l’obscurité. La coopérative gère deux autres lieux culturels créés dans des églises désaffectées.

    « Il y a ce que fait notre coopérative, mais aussi toute une nuée de collectifs et d’associations qui ont créé un réseau d’une trentaine de lieux dans tout le quartier », précise Raffaela, une jeune femme qui travaille au sein du musée Jago. « Souvent, dans des lieux religieux abandonnés, on a ouvert ici un centre social, là une galerie culturelle », rapporte-t-elle. Habitante du quartier depuis sa naissance, elle insiste : « Cela fait des lieux ressources pour les jeunes, mais aussi des emplois ». « On fait partie d’une génération qui veut prendre ses affaires en main, même s’ils ne règlent pas tout, ces lieux maillent tout le quartier et contribuent à le faire changer au quotidien ». Face à la toile d’araignée mafieuse, ce réseau citoyen lui a « rendu l’espoir ».

  • La concertation « Bonjour Nîmes » à l’heure de la restitution

    La concertation « Bonjour Nîmes » à l’heure de la restitution

    Après les salles pleines, les micros qui circulent et les doléances déposées quartier par quartier, « Bonjour Nîmes » revient pour une dernière étape. Prévue début juillet mais reportée en raison des fortes chaleurs, la réunion de restitution de cette grande concertation municipale se tiendra finalement mardi 8 septembre, de 18h30 à 20h30, au Parnasse. Un rendez-vous attendu pour Bouget et sa nouvelle équipe, après sept rencontres organisées entre mai et juillet dans les grands secteurs de la ville.

    De l’écoute aux décisions

    Lancée quelques semaines après l’installation de la nouvelle majorité, l’opération voulait donner une première traduction concrète à l’une des promesses de campagne de Nîmes en commun : renouer le lien entre l’hôtel de ville et les habitants. Pendant trois mois, les Nîmoises et les Nîmois ont été invités à parler de leur quartier, de leurs colères, de leurs besoins, mais aussi de leurs envies. Transports, sécurité, propreté, écoles, jeunesse, chaleur, précarité, vie associative : derrière les interventions parfois très concrètes, c’est une même demande de considération qui a traversé les rencontres.

    La restitution du 8 septembre devra dire ce que la Ville retient de cette parole habitante. Après le temps de l’écoute, vient celui des choix : quelles priorités, quels arbitrages, quelle méthode pour inscrire cette concertation dans la durée ? Pour la nouvelle majorité, l’enjeu est politique. Il s’agit de prouver que « Bonjour Nîmes » n’était pas seulement une tournée de début de mandat, mais bien une manière de gouverner autrement. Habitants engagés ou simples curieux sont invités à ce dernier rendez-vous, avec retranscription en langue des signes française.

  • [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    La fête de la Cride se tiendra à l’espace Victorin Blanc, Pinède de la Cride, à Sanary avec une entrée gratuite et ouverte à toutes et tous.

    La Marseillaise : Quelle est la tonalité de cette 35e édition ?

    Jean-Pierre Meyer : C’est un événement qui symbolise la rentrée sociale et politique des communistes de l’ouest du Var. Et cette année, cela revêt une importance encore plus grande qu’à l’accoutumée : Après les élections municipales, le 40e congrès du PCF et avec devant nous de nouvelles échéances électorales, l’élection présidentielle et les législative. Forcément, il y a aussi le contexte où l’on mesure cruellement les effets dévastateurs de la politique libérale qui est conduite depuis des décennies dans le pays. On l’a vécu dans nos chairs, avec les incendies catastrophiques qui ont frappé le Var et qui ont mis en évidence le manque cruel de moyens. C’est un exemple, mais ce sont bien tous les services publics qui connaissent des difficultés inouïes de fonctionnement, indépendamment de la conscience professionnelle de ceux qui assurent le service public.

    C’est un moment de constats partagés mais aussi de réflexions pour l’avenir ?

    J.-P.M. : En tant que communiste, et ça s’est encore confirmé lors de notre dernière université d’été, nous voulons clairement nommer les responsabilités. Et c’est le système politique et économique, le capitalisme, dans lequel nous vivons qui est à l’origine de tous les problèmes que l’on rencontre. C’est à partir de cette position que nous déterminons ce qu’il nous appartient de faire dans la perspective de la présidentielle et des législatives. En clair, on se refuse d’entrer dans des dispositions de rassemblement comme cela a pu se faire dans le passé. Car malheureusement, quand la gauche a été au pouvoir, elle a été incapable de remettre en cause ce système, ce qui a eu comme conséquence le désaveu de la gauche tout entière. Ce sont ces sujets que nous allons aborder lors de cette fête, notamment avec le débat politique qui se déroule en fin de matinée. Nous souhaitons mettre la citoyenneté au cœur de notre démarche, au cœur de la fête de la Cride, car il faut construire une autre société.

    Il y a aussi des temps festifs
    et des stands divers…

    J.-P.M. : On va avoir un temps fort politique avec un débat à 11h. C’est un temps de rencontre et de débats avec les communistes. Si j’utilise le terme de « rencontre », c’est car cette fête est une fête ouverte, elle a la particularité de voir venir des citoyens qui ne sont pas au PCF. Peut-être même plus que des adhérents du PCF. Car notre objectif n’est pas de convaincre les convaincus. Mais justement de travailler à une dédiabolisation du PCF, de revenir aux questions de fond et de réhabiliter la politique. La question de la liberté de la presse est aussi au centre de la démarche, c’est pour cela qu’il y aura un stand de La Marseillaise, pour laquelle nous avons un attachement indéfectible.

  • [Tribune] Astérix au pays des discours identitaires

    [Tribune] Astérix au pays des discours identitaires

    Quels mots employer pour qualifier le discours d’ouverture de la Feria prononcé par Robert Ménard, le maire de Béziers : rétrograde ? Réactionnaire ? Masculiniste ? Prosélyte ? Grossier ? Xénophobe ? Beauf ? Ridicule ? Terrifiant serait sans doute plus approprié. On n’en finit pas en effet de s’étouffer en relisant cette entrée en matière de celui qui affiche une seule ambition : affirmer son pouvoir en flattant les obsessions de certains Français qu’il dit de souche.

    Ceci avec un ton de village gaulois assiégé. Assiégé par qui ? Ceux qui dénoncent le canon français et ses banquets aux relents racistes ? Sans doute, mais pas seulement. « On continuera à faire la fête », pourfend-il en Astérix méditerranéen. Comme si la Feria de Béziers était en quoi que ce soit menacée, comme s’il en était le gardien alors qu’elle a été créée par un socialiste, Jules Faigt, il y a 58 ans. Ses ennemis : ceux dont la vie est « grisâtre, réglementée ». Pour le coup, les réglementations ou plutôt les lois, il n’en a que faire. « la Vierge, la Sainte Vierge, continuera d’être portée en procession » psalmodie-t-il. « Ici je marie les gens qui sont en situation régulière et les OQTF on les renvoie chez eux », avance celui qui n’a aucun pouvoir en matière, si ce n’est celui de provoquer la Justice.

    Et pourquoi se gênerait-il, puisque préfète et sous-préfet ont assisté à la messe d’ouverture de la Feria aux côtés d’élus portant leur écharpe tricolore. La loi de 1905 fait évidemment partie des lois et des citoyens qu’il cible quand, élégamment, Robert Ménard assène : « Et tant pis si ça les emmerde », galvanisant ainsi la foule prête à partir au combat et les « jobards » de défenseurs de la laïcité. Comme il le fait depuis des années sur les chaînes Bolloré, Ménard lance ses flèches sans crainte d’être contredit contre les « sinistres animalistes », qui osent ne pas vouloir qu’on tue les toros, contre « les féministes à deux balles », particulièrement celles qui ont lancé MeToo : « On aime le corps des femmes, le regard des femmes, à notre façon… » Les dithyrambes publiées par « Boulevard Voltaire », feuille de chou proche de la droite identitaire créée notamment par les époux Ménard en 2012, en disent long sur l’idéologie déployée dans ce discours. « Devant une foule de festayres heureux d’être là, le maire de Béziers a tout assumé, tout revendiqué, tout mis sur la table. Les meilleurs moments de son discours, relayés par le Midi Libre – qui n’est pourtant pas un journal d’extrême droite – sont délicieux. » Et le plumitif de conclure : « Des édiles comme lui, dans le Sud, il y en a de plus en plus. Et il en faut de plus en plus. L’élection de 2027 portera aussi sur le mode de vie que nous voulons et les libertés que nous sommes prêts à défendre. » Ses idées rétrogrades, Robert Ménard en est tellement fier qu’elles s’affichent sur les murs de la ville, aux frais des contribuables. La palme revenant à celle-ci : « On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, on aime les flics et vous ? » Fermez le ban ! Ménard a eu beau s’en défendre et donner des gages ici ou là à la droite, il est et reste un homme d’extrême droite qui se cache derrière un discours identitaire malheureusement pas toujours décelé par ceux qui l’entendent.

  • Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Témoignez. Photographiez. Transmettez. » Alors que la hausse des températures fait des ravages. L’association Arc Fleuve Vivant appelle les Aixois à lui rapporter ce qu’ils observent et vivent* : « Cours d’eau affaiblis ou asséchés, végétation en souffrance, arbres fragilisés, sols desséchés, espaces agricoles touchés, forêts sous tension, mais aussi conséquences sur la vie quotidienne, la santé, les activités et les paysages. »

    Le but de cet observatoire citoyen : « Constituer une mémoire collective et territoriale de cet épisode climatique. » Un des membres fondateurs de l’association, Stéphane Salord, précise : « La sécheresse et la canicule que nous vivons actuellement en Provence et ailleurs sont exceptionnelles. Elles marquent profondément notre histoire climatique, humaine, sociale et environnementale, et sûrement énergétique, économique et agricole. »

    Contribuer

    au débat public

    Pour l’associatif, l’observatoire rend « plus visibles les réalités vécues localement ». Cette initiative entend aussi « contribuer au débat public sur l’adaptation du pays d’Aix aux épisodes de chaleur et de sécheresse ». L’occasion également de « rappeler la nécessité de réponses collectives » comme la « préservation de l’eau et des milieux naturels, protection des arbres et des sols, évolution des pratiques d’aménagement et renforcement de la solidarité face aux vulnérabilités climatiques ».

    Ces témoignages doivent s’accompagner d’un court texte précisant, lorsque cela est possible, le lieu, la date et la nature de l’observation précise l’association. Au-delà des habitants du Pays d’Aix, associations, collectifs, agriculteurs, promeneurs, naturalistes, riverains et acteurs locaux sont invités à participer.

    * À arcfleuvevivant@gmail.com

  • FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    Le groupement baptisé « Les amoureux du parc de Bonneveine » dénonce dans un communiqué « l’argumentaire sécuritaire » de la Ville pour justifier l’abattage sans concertation de 58 arbres en tout depuis septembre dernier dont 37 nouveaux arbres cette semaine. Ce désastre résulte « des erreurs dans la conduite du chantier, les fragilisations dues à des décaissements et des creusements de tranchées au pied des arbres endommageant leur équilibre racinaire ».

    « L’ambition affichée par la Ville de Marseille de renforcer durablement la qualité paysagère et environnementale du parc est bien mal engagée. ». « Il est grand temps que la mairie de Marseille fasse preuve de transparence et accepte un dialogue constructif avec les citoyens qui l’ont élue. » Ils demandent à la ville de « tirer les leçons de cette gestion calamiteuse du patrimoine arboré du parc de Bonneveine dans un contexte de réchauffement climatique et préserver le patrimoine arboré existant tout en anticipant les adaptations à venir ».

    Concertation et respect des promesses

    Selon eux, des solutions de sauvegarde auraient permis de sauver une proportion non négligeable des 37 arbres cinquantenaires abattus cette semaine. La promesse municipale de planter 210 arbres de 3 à 4 mètres de haut, soit 140 de plus que les 70 annoncés à l’origine, ne résiste pas au taux d’échec de 20% environ. Il faudra au moins 20 ans avant pour remplacer un arbre mature de 20 mètres, « sans compter l’impact sur l’habitat de la faune qui compte près d’une dizaine d’espèces protégées ».

    Les mesures alternatives n’ont pas été réellement étudiées alors que selon l’ONF Végétis, filiale de l’ONF, prestataire exclusif de la Ville, montrait déjà qu’au moins 11 arbres pouvaient encore être épargnés par des tailles de réduction. Un arbre proche de l’avenue de Hambourg a même été abattu alors que le rapport préconisait sa « surveillance par test de traction dans 2 ans ».

    « La Ville de Marseille ne respecte pas ses promesses », cingle le communiqué, elle qui s’était engagée « verbalement de ne rien faire avant une concertation finale ». « Le prétexte donné de la météo ne peut justifier le caractère précipité de cette décision. » Ces arbres fragilisés en septembre dernier avaient résisté aux précipitations et forts vents de l’hiver et du printemps dont une tempête à plus de 118 km/h le 26 mars 2026. Cette résistance contredit dans la vie réelle les conclusions des tests de l’ONF Végétis sur lesquels s’appuie la mairie pour justifier les abattages.

  • Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Un programme Erasmus particulier… Financé par l’Europe, le projet porté par l’association Crim’Halt, va cette année embarquer trois éducateurs marseillais pour représenter la France et participer à un « échange de bonnes pratiques » explique Fabrice Rizzoli, son président.

    Une vingtaine de jeunes travailleurs, « en rapport avec la protection de la jeunesse », précise-t-il, venus aussi de Roumanie, Bulgarie, Serbie et Lituanie sont attendus ce samedi 21 août pour un stage d’une semaine à la coopérative sociale « Al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », dont Crim’Halt est partenaire. Située à Maiano di Sessa Aurunca, à la frontière entre Campanie et Latium, au Nord de Naples, c’est un lieu à « la forte dimension symbolique » estime Fabrice Rizzoli. D’abord « parce que c’est en Italie, pays de la mafia et l’anti-mafia » mais parce qu’il s’agit aussi d’une propriété de 17 hectares confisquée à la Camorra, baptisée « Alberto Varone », du nom d’un petit entrepreneur local qui a osé s’opposer aux extorsions du clan des « Muzzoni », affilié à la Nuova Famiglia de la camorra campanienne, explique le ministère de l’Intérieur italien. Il le paiera de sa vie le 24 juillet 1991, abattu à bout portant par un commando.

    Pour Crim’Halt, qui travaille depuis 2015 à l’engagement des citoyens face à la criminalité, cette semaine s’inscrit dans la continuité.

    Gagner du temps

    Collectif des familles de victimes, bailleurs sociaux… « Nous avons emmené des personnes différentes, en 2019 et 2020 qui ont pu voir des outils qui fonctionnent en Italie, cela nous a aidés à pousser pour obtenir la loi d’usage social des biens confisqués en France en 2021 », précise Fabrice Rizzoli. La connexion avec Amine Kessaci, militant écologiste, mobilisé contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, et devenu adjoint à la Jeunesse et à la Citoyenneté à la mairie de Marseille, s’est faite à ce moment-là.

    « Je l’ai connu lorsque j’étais à la tête de Conscience [association qui soutient les familles victimes du narcotrafic, Ndlr], je connais déjà un peu le système italien que j’estime le plus avancé en matière de lutte contre le crime organisé. J’étais notamment allé à Palerme rencontrer la famille de Peppino Impastato, un journaliste assassiné par la mafia parce qu’il avait une radio locale de quartier, où il dénonçait leurs agissements », raconte l’élu. Il a proposé d’envoyer une agente de son service prévention de la délinquance. « On peut comparer, s’inspirer, voir ce qui fonctionne ou pas, et puis ça fait aussi gagner un temps fou », considère Amine Kessaci qui a aussi pensé à Mohamed Benmeddour, de l’association Apis, et son bus nomade qui va à la rencontre des ados dans les cités.

    « Pour moi, c’est une première, j’espère échanger sur nos méthodes, savoir ce qui se fait de l’autre côté de la frontière, voir comme ils traitent ce rapport de la jeunesse à la délinquance et aussi apporter mon expérience » ; nous confie ce dernier avant le départ. Du côté de Crim’Halt, on se prépare également à lancer une vaste enquête sociologique sur les raisons qui poussent « les jeunes à entrer dans le crime organisé », ajoute Fabrice Rizzoli. Il entend aussi défendre « le concept de la victime innocente où on va faire en sorte de renforcer, défendre la mémoire des victimes qui n’étaient pas impliquées », les « grandes oubliées des journalistes, du grand public, focalisés sur l’auteur de l’infraction ».