Tag: citoyens

  • À Toulon, un cri d’alerte pour les enfants

    À Toulon, un cri d’alerte pour les enfants

    Cette mobilisation a été organisée devant le palais de justice, dans le cadre d’un appel national. Parmi les personnes présentes, des membres d’organisations syndicales (UD CGT 83, Snuipp-Fsu Var…), des responsables d’associations locales (Ligue des droits de l’Homme Toulon-La Seyne…) ou encore des représentants de partis politiques (PCF Var, PS 83, Place publique…).

    À travers ce rassemblement, les participants ont souhaité exprimer leur soutien aux victimes de violences sexuelles et rappeler la nécessité d’une réponse institutionnelle plus forte. Les manifestants ont dénoncé les défaillances pointées dans l’affaire Lyhanna et appelé les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes pour mieux protéger les femmes et les enfants. Parmi les principales revendications figurait l’adoption par le Parlement d’un texte contre les violences sexuelles, inspiré de dispositifs déjà mis en place dans d’autres pays.

    « Nous sommes déterminés à en finir »

    « Ensemble, soutenons l’exigence d’une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, aux enfants, et exigeons les moyens de l’appliquer, souligne Gilberte Mandon, membre de l’équipe du SNUipp-FSU. Nous sommes déterminés à en finir enfin avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, aux enfants et aux minorités de genre. Notre société ne supporte plus que les violences sexuelles faites aux enfants soient minimisées, invisibilisées ou traités comme de simples faits divers. »

    Selon la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), les violences sexuelles envers les enfants sont très souvent perpétrées par des personnes de l’entourage proche et fréquemment dans le cadre familial. La militante ajoute : « Cette réalité dérange profondément les réactionnaires et les conservateurs car elle détruit leur récit politique. La menace principale ne vient pas d’un ennemi extérieur fantasmé, elle se trouve d’abord au sein même des structures sociales que l’extrême droite et la droite conservatrice prétendent défendre. »

    Plusieurs dizaines de personnes se sont également réunies devant la sous-préfecture de Draguignan. Environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, selon la Ciivise.

  • Nouvelles arrestations dans l’affaire Kessaci

    Nouvelles arrestations dans l’affaire Kessaci

    Quatre autres suspects ont été interpellés, ce mardi 30 juin, dans l’enquête sur l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, 20 ans, dont le frère Amine est une figure de la lutte contre le narcotrafic, ont indiqué, mercredi, une source policière et une autre source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

    Fin mars, six personnes, cinq hommes et une femme, avaient déjà été mises en examen dans l’enquête sur la mort du jeune homme de 20 ans, totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice, tué de plusieurs balles, en plein après-midi à Marseille, le 13 novembre 2025.

    Trois des suspects sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la logistique, en ayant participé à l’organisation ou aux actes commis après les faits, selon la source proche.

    Le quatrième, d’après la même source, aurait été engagé comme tireur pour une opération la veille, qui n’a finalement pas eu lieu. Ce dernier est présenté comme un exécutant de la DZ Mafia, précise Le Parisien.

    L’assassinat de Mehdi Kessaci avait provoqué une onde de choc, le ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, évoquant d’emblée un meurtre « d’avertissement ». S’en était suivie une vaste marche blanche d’hommage au jeune homme, à Marseille et un peu partout en France, à l’appel de l’association Conscience, fondée par Amine Kessaci, pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic.

    Une exécution menée

    par la DZ Mafia ?

    Les enquêteurs de la police judiciaire et de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), qui voient dans ce meurtre la main de la DZ Mafia, gang marseillais de narcotrafiquants, sont parvenus à déterminer que les tueurs s’étaient « trompés de cible » et qu’ils visaient Amine Kessaci.

    Militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, Amine Kessaci (EELV) est devenu depuis 4e adjoint au maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), à l’issue des élections municipales fin mars.

    L’information judiciaire sur la mort de Mehdi Kessaci a été confiée à des juges d’instruction parisiens et suivie par le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).

    Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années (24 morts en 2024 après le record de 2023 avec 49 morts liés à une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône).

    Pour Amine Kessaci, le combat continue. « Je pense que ce vécu, cette histoire personnelle, viennent raconter que dans ce pays, on a voulu regarder ailleurs. On a regardé ce qu’il se passait au Mexique, en Italie et pendant ce temps-là, on n’a pas vu que le monstre était en train de s’éveiller et de grossir dans notre pays », indiquait le jeune élu dans nos colonnes, fin mai. Favorable aux prisons de sécurité mises en place par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, il s’est aussi engagé à travailler en profondeur sur la prévention avec la Ville, et également à apporter un soutien aux familles de victimes, dans le cadre d’un comité inter-bailleurs, en tant que président de Marseille Habitat, pour les reloger.

    « Au-delà de nous voler nos vies, les narcotrafiquants viennent voler un des pouvoirs de l’école de la République : faire rêver, dessiner des perspectives d’avenir », estimait Amine Kessaci, bien décidé à agir pour y parvenir.

  • Les Assises du droit de la nature, grande première à l’université

    Les Assises du droit de la nature, grande première à l’université

    La canicule n’est pas qu’un avertissement de plus sur lesconséquences du changement climatique. Elle est, au même titre que les atteintes à la biodiversité, un appel à interroger notre capacité juridique à protéger le vivant. C’est autour de cette réflexion que sont organisées les premières Assises du droit de la nature à l’université de Toulon, de mercredi à vendredi. Un événement en deux temps. D’abord, les 1er et 2 juillet, les 3es Rencontres de l’Association internationale des procureurs et poursuivants francophones (AIPPF) inviteront magistrats, procureurs et universitaires à échanger sur des cas concrets d’atteintes à l’environnement.

    Vendredi, place à l’Assemblée de la Terre – France, avec citoyens et personnalités qualifiées, et lancée à Toulon en juillet 2025 dans la lignée du programme onusien « Harmony with Nature ». Sa fondatrice, Maria Mercedes Sanchez, sera présente. Seront présentés les travaux de la première année sur le thème de la nature, visant à réécrire les Objectifs de développement durable de 2015 en vue du Sommet de la Terre 2030.

  • Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Alors que le débat se poursuit à l’Assemblée nationale, dès ce mardi, sur le projet de loi sur la justice criminelle, l’ensemble des barreaux de France, rejoint par les syndicats de magistrats, ont appelé à une nouvelle journée « justice morte », ce lundi 29 juin.

    La mobilisation a déjà permis « de conduire au retrait de la “CRPC criminelle”, sa mesure phare », pose en préambule Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau phocéen, face à une bonne cinquantaine de robes noires rassemblées sur les marches du Palais Monthyon. Mais pas question de se « satisfaire » de la disparition du plaider-coupable, estime-t-elle, pointant le délai de recours aux nullités de procédure réduit de 6 à 3 mois et un texte qui « permet de régulariser des détentions pourtant irrégulières ». Comme le projet de loi Ripost, « le texte vise à entraver le contrôle du juge », poursuit le vice-bâtonnier Jean-Michel Ollier, pointant un « changement de paradigme » qui « fragilise gravement une protection essentielle dans un État de droit ».

    Surtout, cette mobilisation intervient dans un contexte « assez chargé du point de vue judiciaire », rappelle Laurence Blisson, déléguée du Syndicat de la magistrature à Marseille.

    Une procédure pénale « faite d’équilibres »

    Au-delà d’une loi Sure (Sanction utile, rapide et effective) qui oublie « le fait que la procédure pénale est faite d’équilibres » et facilite « le recours aux cours criminelles départementales contre lesquelles on s’est élevé dès le départ en disant que juger les crimes, ça nécessite du temps, la présence des citoyens », estime-t-elle, au-delà d’un projet de loi Ripost qui pénalise « toute une série d’actes d’une gravité tout à fait dérisoire par rapport aux questions de protection de l’enfance qui sont aujourd’hui au cœur des débats », la juge aux affaires familiales inscrit aussi ce rassemblement dans « les suites de l’affaire Lyhanna ».

    Pour la responsable syndicale, « au plus haut niveau de l’État, Gérald Darmanin, comme le président de la République, ne peuvent ignorer l’état dans lequel se trouvent les services de police judiciaire et ne peuvent pas dire qu’ils ont fait de la protection de l’enfance une priorité. C’est factuellement faux ». Elle cite le communiqué de l’Association nationale de police judiciaire, selon laquelle il manque 12 000 officiers de police judiciaire pour réellement prioriser les faits criminels touchant à la protection de l’enfance.

    « La vraie question, aujourd’hui, est de parler des problèmes de moyens », martèle le délégué syndical de l’Union syndicale des magistrats à Marseille, pour qui « on doit aux justiciables une justice de qualité, qui permette aux gens d’avoir des réponses rapidement ». Avec quatre fois moins de procureurs que dans le reste de l’Europe, et deux fois moins de juges du siège, le chemin risque d’être encore long…

  • Faron : votre point de vue pour prendre de la hauteur

    Faron : votre point de vue pour prendre de la hauteur

    Comme pour préfigurer l’application Toulon & Vous prochainement disponible, qui doit permettre de recueillir les propositions des habitants et les associer davantage aux réflexions qui façonnent en amont les grands projets qui vont forger l’avenir de la ville, la maire (SE) de Toulon Josée Massi vient de lancer une grande consultation citoyenne consacrée au Mont Faron, le patrimoine naturel des Toulonnais. Un thème qui ne devrait pas manquer de les inspirer. L’occasion de leur rappeler sinon que c’est justement grâce aux combats d’une poignée de défenseurs de la nature regroupés en association que le site a été soustrait aux appétits des promoteurs et des élus corrompus. Ce qui prouve l’intérêt de prendre la parole lorsqu’on nous en donne comme ici la possibilité de défendre le bien commun.

    « Quand on arrive à Toulon, il y a deux choses que l’on remarque immédiatement : notre rade et notre Faron », explique la 1ère magistrate, en précisant que « son avenir comme son potentiel sont de vrais enjeux et leviers ».

    Il s’agit donc d’imaginer collectivement comment jouir plus encore de ce poumon vert stratégique qui veille sur le Port du Levant tout en continuant à préserver cet espace protégé qui abrite une riche biodiversité. Un lieu d’évasion très prisé des Toulonnais qui participe aussi à faire vivre le devoir de mémoire en abritant un musée du Débarquement et de la Libération de Provence.

    Une aventure collective pour le bien commun

    Pour s’impliquer donc sur son devenir, un questionnaire est en ligne sur le site Internet de la Ville depuis mercredi dernier et va y rester jusqu’au 15 août. Il est également disponible sous format papier au sein des Comités d’intérêts locaux (CIL), des mairies annexes, offices du tourisme, ou directement au pied du Faron à la gare du téléphérique.

    « Préparé par les services de la Ville, il a vocation à nourrir la feuille de route du mandat en recueillant idées, attentes et propositions autour de cinq grands thèmes », est-il précisé.

    L’occasion d’interroger et préciser le rapport que l’on entretient avec le site, son attachement, la façon que l’on a d’y grimper, à pied, en voiture ou en téléphérique. Mais aussi comment mieux le défendre, du feu entre autres. Et de dire si l’on est satisfait de l’accueil et des services proposés. Ou encore quelles activités on voudrait voir s’y développer, ou pas. Et surtout comment mettre davantage en avant ce patrimoine naturel.

    À travers cet espace de contribution collective chacun est invité à s’exprimer « afin d’imaginer et construire ensemble, une vision partagée du Faron de demain ».

    Libre à tous de prendre un peu hauteur et d’apporter sa pierre à l’aventure collective. Pour inviter à prendre soin de sa biodiversité, améliorer les accès et les mobilités, ou encore envisager qu’y prennent racine des événements culturels ou scientifiques. L’invitation à de quoi séduire.

    L’occasion aussi de porter la réflexion autour de l’avenir du zoo, et ses futures missions d’éducation, de conservation et pourquoi pas de recherche.

    « C’est le point de départ d’une vie politique inclusive, dans laquelle tous les habitants peuvent s’inscrire », conclut Josée Massi.

    Lorsqu’on sait à quoi on a échappé avec les projets fous du début des années 1980, du gigantesque parc de loisirs avec hôtellerie et restauration appelé « Le Faron, an 2000 »; ou encore « Le Faron d’Eole », jusqu’à l’érection d’une « Vierge noire » façon Christ rédempteur, mieux vaut rester aux aguets.

    Ou mieux encore faire entendre sa voix en participant à la consultation.

  • Le projet de biométhane prend une place centrale

    Le projet de biométhane prend une place centrale

    C’est pour faire toute la lumière sur un projet qui vient en réponse à l’arrêt de charbon et qui privilégie une transition avec le maintien des emplois et des compétences que les riverains étaient conviés à cette concertation placée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). À la Maison du peuple, ce dernier volet, technique, portait sur le mode de fabrication, les enjeux, les risques et le niveau d’étude. Il a fait salle comble.

    Après les réunions des 12 et 26 mai, cette nouvelle phase de consolidation d’un projet résultant d’une lutte sociale de plusieurs années intervient alors que la société Hy2gen a abandonné le sien, Hynovera. Porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG), le projet BMP vise à produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie, en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération. Cette nouvelle unité devrait créer 50 emplois directs, dont 23 anciens salariés de la centrale, et 150 indirects pour une capacité de production de 234 GWh/an, soit de quoi alimenter 40 000 foyers à l’horizon 2029.

    Un mix énergétique

    « 200 personnes à la première réunion, 130 à la seconde et plus de 880 visiteurs sur le site, 97 avis dont 72 positifs », ont résumé les deux animateurs de la concertation du cabinet Deconcert. La marque d’un intérêt certain de la population pour le projet. Les commentaires ont porté notamment sur « l’ambition de la redynamisation industrielle du bassin minier » et les inquiétudes sur « les points de vigilance quant aux impacts environnementaux ». Le procédé d’utilisation de bois de récupération a particulièrement retenu l’attention pour « son côté économie circulaire qui fait sens sur le territoire ».

    Des éléments de participation dont Loïc Delpech (ATCG) retire des enseignements : « On savait qu’on ne ferait pas l’unanimité, mais les échanges nous aident avancer. Tout est toujours perfectible. » Dans la salle, ce mardi soir, ddes craintes portant sur le traitement des eaux ou les rejets toxiques se sont à nouveau vivement exprimées. Mais la volonté de transparence des porteurs du projet n’entame pas leur détermination à le faire aboutir, a rappelé Jean-Michel Roccasalva : « Ce n’est pas une option. » Le secrétaire général de la CGT du site a également pointé « l’importance de la synergie qui va permettre le maintien des activités autour, de redynamiser le commerce et les services publics, c’est un ensemble d’activités qui ont un intérêt commun ».

    « Quand une usine ferme, les services publics aussi », a souligné un postier soucieux que ses enfants « puissent vivre et travailler à Gardanne s’ils le veulent ». Il voyait dans la réouverture d’une ligne ferroviaire pour ce projet « porté par des travailleurs non guidés par la rentabilité, (…) un service qui pourrait bénéficier aux voyageurs ». Synergie, mais aussi mix énergétique, avec une production locale, pour Renaud Henry. Le secrétaire général de la CGT Énergie de Marseille a précisé : « On parle beaucoup d’énergie verte, mais ça n’existe pas. En France, le gaz naturel ne représente que 12% de ce mix, contre 70% de nucléaire, et il vient des gisements de schiste américains. » L’information « continuera », a assuré Thierry Bard, de GazoTech, et la consultation dure jusqu’au 22 juin sur le site concertation-bmp.fr, mais l’urgence est au dépôt des permis pour une mise en service courant 2029.

    La participation à cette concertation préalable reste possible jusqu’au 22 juin, via www.concertation-bmp.fr.

  • Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    « C’est la suite logique de notre première réunion. On veut continuer à appuyer nos élus et faire la lumière sur cette question de la gratuité », souligne Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), qui appelle au rassemblement samedi, à partir de 10h au Pôle d’échanges d’Aubagne.

    L’objectif : défendre le maintien de la gratuité des transports en commun dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, en place depuis 2009 et menacée par le budget de la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros. En effet, après que les élus de la collectivité ont refusé de voter leur budget, jugé unanimement « intenable », sa gestion a été déléguée à la préfecture qui a, dans la foulée, saisi la Cour régionale des comptes (CRC) pour son élaboration (lire page 2 à 4). Une situation qui inquiète les défenseurs de la gratuité, l’institution portant un regard critique sur le système. « La gratuité (..) entraîne, pour les réseaux importants et étendus, des effets négatifs sur le plan financier, tout en ne s’accompagnant que d’un report modal des automobilistes très limité », lit-on dans un de ses rapports, rendu public en septembre 2025.

    « Un bien commun »

    Mais, pour l’Asdel, comme pour de nombreux élus et citoyens locaux, un retour en arrière est inenvisageable. L’association avait d’ailleurs déjà appelé à la mobilisation à la fin du mois de mai, lors d’une réunion publique qui avait rassemblé 450 personnes. L’occasion, pour Maurice Marsiglia et ses soutiens, de revenir sur l’impact financier du système : « La gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la Métropole, ce qui est totalement anodin sur une dette de 123 millions d’euros », avait-il alors défendu. Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, avait lui aussi rappelé son attachement à cet acquis social vieux de 17 ans : « La gratuité est notre bien commun. Elle fait partie de notre paysage et de notre fierté. On ne parle pas d’une utopie mais d’un acquis qui passera bientôt l’âge adulte. » Au-delà du bouclier financier qu’elle peut constituer pour les ménages, la gratuité est aussi défendue pour ses impacts positifs sur la santé publique et l’environnement.

    *Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • Marseille: ces nouveaux citoyens devenus français en préfecture

    Marseille: ces nouveaux citoyens devenus français en préfecture

    Ces personnes, originaires de 23 pays différents, accèdent ainsi à la nationalité française. À cette occasion, La Marseillaise a été interprétée par les jeunes musiciens de Les petits Violons des Calanques.

  • [EQDD] Incendies en Corse : Science, technologie et citoyens au service de la prévention

    [EQDD] Incendies en Corse : Science, technologie et citoyens au service de la prévention

    Les chiffres de la préfecture dressent un tableau contrasté. En Haute-Corse, entre juillet et septembre 2025, 118 départs de feux de végétation ont été recensés pour 300 hectares brûlés – contre 103 départs et 129 hectares en 2024. En Corse-du-Sud, 83 départs pour seulement 33 hectares cette année. Des chiffres qui peuvent paraître rassurants, mais qui masquent une réalité plus inquiétante. « On a moins de feux, mais nous sommes confrontés à des feux qui sont plus puissants », résume le lieutenant-colonel Octavien Meschini, chef du groupement Feu, espace naturel et résilience au Service d’incendie et de secours (SIS) de Haute-Corse. En 2023, plus de 20 000 hectares avaient brûlé en un seul été dans le département.

    Pour expliquer ce paradoxe, le lieutenant-colonel Meschini pointe le rôle du changement climatique sur la végétation : « Ce combustible est plus soumis aux effets du changement climatique, avec du dépérissement, du dessèchement. On a des contextes de plus en plus favorables aux feux, y compris tout au long de l’année ». Résultat ? Des incendies d’un nouveau type, que les pompiers appellent les « feux hors-norme ». « Face à des feux comme ça, la lutte est pratiquement dépassée », reconnaît-il. La Corse n’en a jamais connu, mais le Portugal en 2017 ou la Grèce en 2023 ont montré la puissance dévastatrice de ces brasiers.

    François-Joseph Chatelon, maître de conférences à l’Université de Corse et membre du Projet Feux depuis 2007, confirme : seulement 2% des incendies provoquent l’essentiel des destructions. L’exode rural aggrave le phénomène : « Vous avez de la végétation de plus en plus dense, de plus en plus haute, qui n’est pas nettoyée. La puissance du feu va gagner en intensité jusqu’à dépasser le seuil où tous les moyens de lutte, y compris aériens, ne peuvent plus le contrôler ».

    Plus redoutés encore, les incendies éruptifs : « Un feu qui va brusquement changer son comportement avec une accélération très forte, sans changement dans les conditions météo. Pour les pompiers, ils sont incapables de le prévoir ». La Corse en a payé le prix fort en 2000 à Palasca, où deux pompiers ont perdu la vie.

    Pour y faire face, le SIS 2B s’appuie sur le plan de protection des forêts et des espaces naturels contre les incendies (PPFENI), révisé en 2024 pour dix ans et décliné en 21 fiches d’actions. Chaque mercredi estival, une réunion interservices pilotée par le préfet anticipe les journées à risque et prépositionne les moyens. « L’idée, c’est de mobiliser fortement lorsqu’on a des conditions de risque les plus élevées », explique Octavien Meschini. Avec notamment l’appui des forestiers-sapeurs qui déploient 19 patrouilles minimum l’été.

    Terrain, technologie et mobilisation citoyenne

    Dans les villages d’Oletta et de Poggio-d’Oletta dans le Nebbio, touchés par de violents incendies l’été dernier, la réserve communale illustre ce maillage citoyen : 35 bénévoles dirigés par Jean Canu, ancien pompier fort de 41 ans de carrière passé par le Bataillon de marins-pompiers de Marseille. « Notre force, c’est le travail interservice, la prévention et l’anticipation », résume-t-il, lui qui observe le changement climatique au quotidien. Avant, il y avait quatre saisons. Aujourd’hui, la végétation est en permanence en stress hydrique et le vent n’est pas là pour arranger les choses ». La réserve sensibilise les habitants aux gestes essentiels : débroussailler, fermer les fenêtres et portes en cas de feu. « C’est une des premières préventions à la propagation des flammes », rappelle-t-il.

    À cette vigilance humaine, s’ajoute désormais un œil technologique. Joseph Capocchi, dirigeant de CGS Sécurité en Plaine orientale, a développé une solution de vidéosurveillance thermique pour la détection des feux de forêt : des caméras installées en points hauts, rotation à 360°, portée jusqu’à 16 km, opérationnelles de jour comme de nuit par tous les temps. « Entre 30 secondes et 1 minute 30, l’alerte est transmise aux pompiers avec un point GPS à 100 mètres près », précise-t-il. Testé à Ventiseri « avec des résultats jugés concluants par les sapeurs-pompiers », le dispositif vise désormais un déploiement à l’échelle des intercommunalités corses.

    « La meilleure des protections, c’est le débroussaillement autour de sa maison », martèle Octavien Meschini. Une conviction partagée par François-Joseph Chatelon, qui alerte sur un danger nouveau : « La saisonnalité des feux augmente. On peut avoir un feu en hiver qui devient un feu de forte puissance. C’est le nouveau danger ». Pour y répondre scientifiquement, le projet GOLIAT a déjà produit un simulateur de propagation et l’outil Dimzal, utilisé sur le terrain pour dimensionner les zones d’appui à la lutte. Le projet Présage doit désormais pérenniser ces acquis. La Corse brûlera encore, mais elle s’y prépare autrement.

    Par Pierre Gianelli Corse Matin

  • Un grand nettoyage dans 300 communes de la région Sud

    Un grand nettoyage dans 300 communes de la région Sud

    Chaque opération de nettoyage, organisée par la Région dans l’une des 300 communes dans le cadre de « Nettoyons le Sud », sera accompagnée d’un atelier. Une occasion de se mobiliser collectivement pour préserver l’environnement, tout en créant du lien social et en sensibilisant les habitants au développement durable. Un rendez-vous intergénérationnel qui vise aussi à rassembler tous les acteurs du territoire : citoyens, communes et associations sur les sentiers urbains, en montagne ou au bord de l’eau.

    Engagés pour l’environnement

    Des associations accompagnent les bénévoles-ramasseurs sur les parcours proposés, comme l’association d’éducation à l’environnement CPIE Atelier Bleu Côte Provençale à La Ciotat et l’association Planète Perles à Sausset-les-Pins. L’association Milvi, spécialisée dans le recyclage des déchets à travers des solutions éco-design, anime un pôle sensibilisation à Arles. À Barjols, une conférence sur la protection de l’eau est organisée après l’opération de nettoyage, une façon de rappeler la nécessaire gestion de l’eau dans un contexte de raréfaction des ressources. L’association Aimer Barjols, village d’avenir a invité pour l’occasion l’hydrogéologue Maurice Jean, qui détaillera les différentes ressources d’eau et systèmes géologiques des massifs alentours.
    « Notre association participe depuis trois ans à cet événement et cette année, nous avons tenu à sensibiliser les publics sur la ressource en eau, une thématique d’actualité sur notre territoire. Pas plus tard qu’hier, le préfet du Var alertait sur la baisse généralisée du débit des rivières », rappelle François Volpi, président de l’association. De l’eau douce à la mer, la protection de l’environnement passera ce samedi par cet élan collectif.