Tag: Cisjordanie

  • Veillée pour la Palestine à Marseille

    Veillée pour la Palestine à Marseille

    Ces Palestiniens étaient réfugiés dans le camp de Tall el-Zaatar à Beyrouth au Liban. Après plus de cinquante jours de siège, le camp est pris d’assaut et, suite aux massacres, a été complètement rasé.

    Le portrait de Barghouti

    Un demi-siècle après cette tuerie de masse, les Palestiniens subissent aujourd’hui l’oppression et l’arbitraire du gouvernement israélien. Samedi soir, après une manifestation partie de la Porte d’Aix, une veillée s’est tenue sous l’ombrière au Vieux-Port.

    Exigences principales : la fin du génocide des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée, la levée du blocus et un cessez-le-feu permanent. Le portrait de Marwan Barghouti, responsable palestinien emprisonné depuis 2022 dans les geôles d’Israël, était accroché sous l’ombrière. Il symbolise l’espoir d’un règlement politique à cette guerre ignoble avec la création d’un État palestinien souverain, comme le stipule le droit international.

    F.V.

  • [Entretien] Christine Hernandez, PCF : « Chaque olivier plantéest un acte de résistance »

    [Entretien] Christine Hernandez, PCF : « Chaque olivier plantéest un acte de résistance »

    La Marseillaise : Comment est née la campagne du PCF « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine », dont vous êtes la coordinatrice ?

    Christine Hernandez : La campagne est née au mois d’avril 2025, à l’initiative du Parti communiste (PC) du Val-de-Marne, à l’occasion de la Journée internationale de la Terre. La fédération souhaitait s’engager pour la Palestine, mais dans le cadre d’un projet concret de solidarité politique et financière, tout en menant une bataille politique pour l’existence d’un État libre et souverain en Palestine. Le PC du Val-de-Marne avait déjà fait une campagne de solidarité, appelée « Urgence Gaza, Urgence Palestine », qui avait récolté plus de 25 000 euros.

    Cette fois, l’idée était de créer une nouvelle campagne pour la Cisjordanie occupée, où existe une grave problématique de spoliation de la terre, de colonisation et d’annexion. Est donc venue l’idée d’une campagne de plantation, pour défendre une réappropriation des terres, devenue nationale en mai 2025.

    Le choix des oliviers est très symbolique…

    C.H. : L’olivier, en plus d’être un symbole culturel de l’identité palestinienne [pour son lien avec la terre, son ancienneté et sa longévité, Ndlr], représente aussi la paix, comme l’a défendu Yasser Arafat [leader de l’Organisation de libération de la Palestine entre 1969 et 2004 et président de l’Autorité nationale palestinienne de 1996 à 2004], dans son discours devant l’ONU en 1974.

    L’olivier est par ailleurs la cible de la colonisation israélienne depuis toujours. Depuis 1948 [année de création de l’État d’Israël, qui débouche sur la première guerre Israélo-Arabe, Ndlr], avec les expulsions et les accaparations de terres, mais surtout depuis la guerre des Six jours de 1967 [depuis laquelle une grande partie de la Cisjordanie est occupée par Israël, illégalement au regard du droit international, Ndlr]. Au total, un million d’oliviers ont été arrachés depuis le début de l’occupation militaire israélienne en 1967, dont 50 000 après le 7 octobre 2023.

    Les colons les brûlent, les détruisent ou les arrachent pour que les Palestiniens ne puissent plus vivre de leur production agricole.

    La campagne permet donc à la fois de soutenir les agriculteurs, de contribuer au maintien d’une souveraineté alimentaire, puisqu’on fait tout avec l’huile d’olive, mais participe aussi du maintien de l’existence d’un État de Palestine. En effet, planter permet de protéger les terres de la spoliation et de l’occupation militaire. Chaque olivier planté est donc un acte de résistance.

    Quel est pour l’instant le bilan
    de la campagne, lancée il y a plus d’un an
     ?

    C.H. : Depuis le début de l’opération, des communiqués de presse ont été diffusés partout en France, les fédérations se sont investies, des ventes militantes se sont également organisées dans les marchés ou lors d’événements politiques du parti. Cette mobilisation nous a permis d’obtenir, à ce jour, 54 000 euros et de planter plus de 11 000 oliviers en Palestine. 366 familles ont pu en bénéficier. Nous avons désormais un nouvel objectif de 100 000 euros pour poursuivre notre action.

    Une délégation du parti, rassemblant de nombreuses fédérations, s’est rendue en Cisjordanie du 10 au 22 juillet, dans le cadre de la campagne. Avez-vous pu constater ses impacts sur le terrain ?

    C.H. : Nous avons visité plusieurs villages de Cisjordanie occupée, notamment Sebastia, un village agricole situé au nord de Naplouse et qui a vu ses terres complètement confisquées. Grâce à cette campagne, des oliviers ont pu être réimplantés là où d’autres avaient été arrachés. Nous sommes donc directement allés voir les plantations. Certains oliviers ont été plantés dans des endroits très protégés, en dehors de la colonisation, d’autres plus près des zones occupées. Nous tentons en fait de répondre à deux problématiques. D’abord, celle des attaques faites aux agriculteurs, qui voient leurs arbres arrachés et qu’il faut donc remplacer. Ensuite, celle induite par la loi israélienne sur la propriété des absents, qui permet aux colons de s’approprier les terres non-exploitées, d’où l’importance de replanter partout.

    L’idée était aussi de contribuer à l’émergence de jumelages entre communes françaises
    et palestiniennes…

    C.H : Développer les coopérations entre villes françaises et palestiniennes était en effet un axe important que devait porter la délégation. L’objectif est de pérenniser ces coopérations sur la base, par exemple, de l’agriculture, de la jeunesse ou d’autres formes d’échanges. L’idée est de légitimer notre solidarité internationale et de l’inscrire dans la durabilité. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron n’a été suivie d’aucun acte politique fort. Pourtant, elle est insuffisante. Les jumelages permettent de légitimer institutionnellement toutes les relations avec les villes palestiniennes et c’est en ce sens qu’ils sont importants. Un jumelage pourrait d’ailleurs se concrétiser avec Sebastia.

    Vous avez aussi rencontré des acteurs locaux de la résistance…

    C.H. : Nous avons rencontré l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), au sein de laquelle figure le Parti du peuple palestinien, qui correspond au Parti communiste palestinien. La campagne a été saluée comme étant un espoir pour le peuple palestinien. Les Palestiniens sont unanimes. Aujourd’hui, le constat est très aggravé. Mais cette campagne suscite un espoir. Elle permet de protéger la terre. Une chose est sûre, les Palestiniens cultivent l’espoir de rester sur leur terre. Et ils ont besoin, pour ça, d’une réelle solidarité internationale. La campagne permet d’y contribuer. L’olivier, c’est la paix, c’est l’espoir.

    Lien pour la cagnotte sur Hello asso ou
    sur le site du PCF.

    Une délégation du Parti communiste français (PCF), rassemblant plusieurs fédérations, s’est rendue en Cisjordanie, du 10 au 22 juillet, dans le cadre d’une campagne intitulée « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine ». L’initiative, lancée en 2025 par les communistes du Val-de-Marne, avant d’être reprise au niveau national, est menée en collaboration avec l’Association des agronomes arabes (AAA), basée à Ramallah. Son objectif : apporter un soutien concret au peuple palestinien face à l’occupation et la colonisation israélienne. Pour l’heure, 54 000 euros ont été récoltés et plus de 11 000 oliviers, symboles de l’identité palestinienne, ont été plantés.

  • Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Pour Sylvain André, le voyage en Palestine n’était pas une première. Le maire communiste avait déjà participé à un périple organisé par l’Association France-Palestine solidarité en 2014 où il avait déjà pu mesurer la colonisation de la Cisjordanie par Israël. « À l’époque, j’avais visité plus de villages et la situation était déjà dramatique. Mais la situation s’est profondément aggravée. Il y a eu plus de créations de colonies en trois ans que depuis 1967. Ce chiffre a été confirmé par le vice-consul de France », explique l’élu gardois qui représentait la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens.

    Pendant cinq jours, Sylvain André a en effet accompagné une délégation du PCF composée notamment de Vincent Boulet, responsable du secteur international du PCF et de la sénatrice Silvana Silvani. Ils ont ainsi visité Ramallah, Jérusalem et Naplouse où ils ont rencontré des dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le comité pour la libération de Marwan Barghouti (incarcéré depuis 2004 qui a de nouveau subi des violences ces derniers jours), le président du syndicat des journalistes palestiniens, d’anciens compagnons de route de Yasser Arafat, le secrétaire général du Parti du peuple palestinien (PPP), un responsable du Fatah, un député du PC israélien et même le consul et vice-consul de France avec qui ils ont fêté le 14 juillet. Une gerbe du PCF a également été déposée au mausolée de Yasser Arafat.

    « Le génocide continue »

    Tous ont confirmé l’accélération de la colonisation en Cisjordanie. « En plus, ce sont des colons particulièrement agressifs et violents. Il y a des bagarres avec les Palestiniens, ça peut aller jusqu’au drame, c’est arrivé plusieurs fois. Et ils sont toujours protégés par l’armée israélienne qui harcèle régulièrement les Palestiniens. Il y a plus de 800 checkpoints en Cisjordanie, qu’Israël ferme pour un oui ou pour un non », précise Sylvain André qui a également évoqué à plusieurs reprises la situation toujours dramatique à Gaza : « Les journalistes internationaux ne sont toujours pas autorisés à rentrer à Gaza et pendant ce temps, Israël en profite pour nettoyer toutes les preuves de crimes contre l’humanité. Le génocide continue. On n’en parle plus mais il y a encore beaucoup de morts. La situation sanitaire est catastrophique : beaucoup d’hôpitaux ont été touchés et le système d’assainissement a été détruit. Aujourd’hui, il y a des rats partout, des maladies reviennent… La gale est présente. »

    Ce voyage devait également renforcer l’alliance entre le PCF et l’OLP qui avait été signée par Fabien Roussel il y a plus d’un an. « L’idée c’est de pouvoir continuer à développer des coopérations avec les collectivités territoriales et des échanges de jeunes notamment autour du sport qui peut être un bon vecteur », conclut Sylvain André qui souhaite aussi que la population fasse pression sur l’État français pour qu’il engage des sanctions contre l’État d’Israël.

  • Plus de mille Palestiniens tués depuis la trêve

    Plus de mille Palestiniens tués depuis la trêve

    Malgré la trêve, cinq personnes ont encore été tuées, ce lundi 29 juin dans la bande de Gaza, par des frappes israéliennes, ont annoncé les responsables d’un hôpital local et d’un service de secours, le territoire palestinien demeurant la cible de frappes régulières. Israël et le Hamas s’accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

    Au moins 1 045 Palestiniens y ont été tués depuis l’entrée en vigueur en octobre de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

    Mardi, le secrétaire général de l’ONU a lui condamné « l’expansion et l’accélération implacables » des colonies israéliennes en Cisjordanie, qui contribuent à la plus importante crise de déplacement depuis 1967 dans le territoire occupé à l’occasion d’un rapport trimestriel. Antonio Guterres dénonce aussi l’augmentation « des violences liées aux colons et aux restrictions d’accès des Palestiniens à leurs terres ».

    La solution à deux États

    en péril

    « Ces développements alimentent les tensions, enracinent encore plus l’occupation israélienne illégale, sapent le droit des Palestiniens à l’autodétermination et menacent la viabilité d’un État palestinien totalement indépendant, souverain et en un seul tenant », ajoute-t-il. Le secrétaire général de l’ONU met en particulier en garde contre le projet de développement E1 qui « présente une menace existentielle à la solution à deux États », israélien et palestinien en prévoyant de couper en deux la Cisjordanie.

    Dans une déclaration commune avant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sujet, cinq membres européens du Conseil (France, Royaume-Uni, Grèce, Lettonie, Danemark) se sont eux aussi inquiétés de la « détérioration de la situation en Cisjordanie », condamnant « fermement » la poursuite de la colonisation.

  • [Entretien] Ofer Cassif : « Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples »

    [Entretien] Ofer Cassif : « Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous cette nouvelle guerre ?

    Ofer Cassif : Je viens tout juste de rentrer de l’abri et je vais peut-être devoir y retourner… Qui sait ? Sur un plan personnel, je suis coincé entre les missiles iraniens et la persécution de l’establishment israélien. Parce qu’évidemment, je me suis opposé à cette attaque sur l’Iran, ce qui nous a valu à mes camarades et moi d’être accusés par le gouvernement israélien et une partie de l’opposition de soutenir le régime iranien, auquel nous nous sommes toujours opposés. C’est un régime assassin. Les Américains et les Israéliens ont attaqué l’Iran pour leurs propres intérêts politiques et économiques, rien d’autre. Nous sommes contre cette intervention impérialiste.

    Pourquoi déclencher cette guerre maintenant ?

    O.C. : Les intentions de Trump et Netanyahu n’ont jamais été de parvenir à un quelconque accord. Il y a quelques jours, dans un message vidéo, Trump a exposé les deux objectifs de cette attaque massive : la destruction des capacités nucléaires et balistiques de l’Iran et le changement de régime. Le premier objectif, n’est que mensonges. Car en juin 2025, à la fin de la première offensive sur l’Iran, Netanyahu a dit « nous avons éliminé le projet nucléaire iranien ». Soit il a menti à l’époque, soit il ment maintenant. Je crois que les deux sont vrais. Chaque personne rationnelle sait qu’il n’y a pas de moyen militaire d’arrêter le projet nucléaire iranien mais des moyens diplomatiques et politiques. N’oublions pas que ceux qui se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien, c’était les États-Unis sous le premier mandat de Trump, à la demande de Netanyahu ! C’est ce qui nous a menés à la situation actuelle. Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples de la région.

    Selon les derniers sondages, l’opinion publique israélienne et l’opposition autoproclamée à Netanyahu soutiennent ces frappes.

    O.C. : Notre position est actuellement minoritaire dans le pays, même si de plus en plus de gens ouvrent les yeux et se rendent compte que le gouvernement ne se soucie pas du bien-être des Israéliens, ni des autres peuples. Nous nous sommes opposés avec dégoût au terrible massacre commis par le Hamas le 7 octobre. Mais nous avons aussi dit que l’unique façon de prévenir de tels carnages des deux côtés est d’arrêter l’occupation et de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens. C’est au cœur de tout ce qui se passe dans le Moyen-Orient, y compris vis-à-vis de l’Iran. Encore une fois, nous nous opposons à ce régime répressif, dirigé par des assassins. J’aimerais qu’il disparaisse, mais cela ne peut pas se faire par des moyens militaires, c’est aux Iraniens de s’en débarrasser.

    Benjamin Netanyahu poursuit ces campagnes militaires dans le but d’éviter des élections ?

    O.C. : Non, je pense que c’est le contraire : il veut continuer cette guerre afin de gagner l’élection, c’est la seule chose qui le préoccupe. Il se demande comment l’emporter et se fout de savoir que des gens mourront. Netanyahu et ses acolytes, son gang fasciste, savent qu’ils sont minoritaires : si le scrutin avait lieu aujourd’hui, ils seraient battus. Pour eux, l’attaque sur l’Iran est une réussite jusqu’à présent. C’est pourquoi ils veulent convoquer l’élection au plus tôt – probablement en juin – et profiter de ce « succès » pour mener campagne.

    Il craint aussi le procès qui l’attend ?

    O.C. : Netanyahu est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Sous son maquillage et sa voix de baryton, nous avons affaire à un lâche. Il sait qu’une fois qu’il perdra sa position en tant que Premier ministre, il se retrouvera derrière des barreaux. Il en est terrifié. Ajoutons à cela qu’il est entouré de fanatiques messianiques, au sein du Likoud et d’autres partis qui constituent la coalition gouvernementale. Il y a une convergence entre les intérêts personnels de Netanyahu pour éviter la prison et les rêves des messianiques qui l’entourent. Ces derniers croient que le messie est juste au coin de la rue et qu’Israël doit s’emparer de Gaza, voire même du Liban et de la Syrie. Pour eux, il s’agit d’une guerre divine. Mais Netanyahu n’est pas un fanatique messianique, c’est un psychopathe mégalomane qui ne se soucie que de lui-même.

    Prévoit-il une guerre à long terme ?

    O.C. : Il veut une guerre sans fin. C’est la seule chose qui le maintient au pouvoir. Il n’a rien d’autre à « vendre » à la population, si ce n’est la peur et la haine.

    Pendant ce temps, les frappes se poursuivent sur Gaza et l’annexion de la Cisjordanie s’accélère…

    O.C. : Toutes ces choses sont connectées : l’attaque sur l’Iran, le nettoyage ethnique en Cisjordanie, le génocide à Gaza et le fascisme à l’intérieur de l’Israël avec la persécution des citoyens palestiniens, des juifs de gauche et démocrates. Cela fait partie du « plan décisif » présenté par Bezalel Smotrich en 2017. Derrière l’écran de fumée de l’attaque en Iran, le nettoyage ethnique en Cisjordanie s’accélère au quotidien. Les milices judéos-nazis des colons, sous l’égide des forces d’occupation, avec le soutien et le financement du gouvernement attaquent les Palestiniens, les activistes israéliens et internationaux. Ceux qui veulent soutenir Israël doivent comprendre que l’ennemi des Israéliens est le gouvernement israélien. Avec Trump, ils constituent le principal danger pour les Israéliens, pour la région et même pour le monde !

    Rassemblement pour la Paix à Martigues

    La Ville de Martigues lance un appel à un rassemblement ce mercredi à 18h, sur le parvis de l’hôtel de ville « pour exprimer notre exigence de Paix, afin de porter ensemble un message clair : non à l’escalade militaire, oui à la Paix, à la justice et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », précise la ville. « La guerre et les bombardements ne peuvent être une solution. Et « d’exprimer sa solidarité avec le peuple iranien ».

  • [Entretien] Ofer Cassif : « J’espère qu’Israël ne violera pas de nouveau cet accord »

    [Entretien] Ofer Cassif : « J’espère qu’Israël ne violera pas de nouveau cet accord »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la première phase de cet accord ?
    Est-ce la fin du génocide à Gaza
     ?

    Ofer Cassif : Je l’espère sincèrement. Je me réjouis de la signature de cet accord. Il était nécessaire, même si ce n’est pas tout à fait ce que j’aurais aimé avoir. De mon point de vue, un bon accord, qui bénéficierait aux deux peuples, acterait la fin totale de l’occupation, le retrait d’Israël de toute la bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris le démantèlement des colonies. Et, bien sûr, la libération des Palestiniens avec leur État établit avec les frontières de 1967, vivant aux côtés de celui d’Israël. C’est ce que j’aimerais voir. Mais, dans les circonstances actuelles, la chose la plus importante est, bien sûr, de mettre fin à ce terrible génocide, de libérer les otages et j’espère que cela fonctionnera correctement. J’espère qu’Israël s’y tiendra et ne violera pas de nouveau l’accord après la première phase, comme il l’a fait auparavant, et j’espère que le monde continuera de mettre pression pour atteindre une vraie paix et la justice.

    Est-ce la pression populaire exercée par les milliers de manifestants qui ont défilé chaque semaine dans les rues qui a contraint Netanyahu à accepter cet accord ?

    O.C. : C’est certain que cela y a contribué, des Israéliens ont perdu leurs emplois parce qu’ils ont manifesté et se sont opposés à ce génocide. Mais c’est surtout la pression exercée par les activistes internationaux qui a changé la donne. Ceux qui ont très clairement fait entendre leurs voix contre. Je voulais saluer tous ceux qui étaient impliqués dans la pression du gouvernement israélien pour atteindre cet accord. Les activistes internationaux, les Israéliens qui ont démontré, et les Palestiniens qui ont continué à se battre et n’ont jamais abandonné.

    Comment envisagez-vous la suite d’un point de vue politique ? Vous appelez à vaincre le fascisme en Israël. Est-ce par la tenue d’élections ?

    O.C. : Les élections sont censées se tenir en octobre 2026, mais je pense que Benjamin Netanyahu aimerait les convoquer plus tôt afin d’utiliser cet accord à son avantage dans la campagne à venir. Le scrutin pourrait ainsi avoir lieu en février, mais rien n’est officiel pour le moment. J’ai peur qu’il y ait une grande chance que les élections ne soient pas transparentes. Netanyahu et sa bande sont déjà en train de fomenter des plans pour utiliser tout ce qui est en leur pouvoir pour manipuler les résultats de cette élection. Mais nous ferons tout notre possible pour les en empêcher.

    Qui pour lui faire face ?

    O.C. : Nous avons besoin d’une vraie opposition. Des personnalités telles que Yaïr Lapid, Benny Gantz ou encore Avigdor Lieberman se sont positionnées comme des opposants à Netanyahu, mais politiquement, l’offre est la même. La clé pour empêcher des attaques comme celles qui ont eu lieu dans le Sud d’Israël le 7 octobre est la libération des Palestiniens. La fin de l’occupation et la reconnaissance de l’État palestinien sont la clé pour une paix stable et durable dans tout le Moyen-Orient.

  • « Les Palestiniens demandent à être reconnus comme des êtres humains »

    « Les Palestiniens demandent à être reconnus comme des êtres humains »

    La Marseillaise : Pourquoi était-il important pour vous, en tant que Palestinienne, de participer à ce forum pour la paix ?

    Huda Abu Arqoub : Il est essentiel pour chaque Palestinien de faire entendre sa voix. Parfois les gens pensent que nous sommes tous du Hamas ou avec l’Autorité palestinienne corrompue. Ce n’est pas le cas et nous, nous pouvons parler de la vie des Palestiniens sur le terrain. Je suis juste une femme de 55 ans qui vit en Cisjordanie à Al Khalil [Hébron en hébreu, Ndlr] avec ma mère qui a 85 ans et qui est terrifiée. Elle voit tout le monde, y compris les personnes de son âge, être arrachées à leurs maisons à Gaza et périr. Je suis ici aussi pour être reconnue par le reste du monde comme une égale, comme un être humain qui a les mêmes droits que les autres. Je ne veux pas d’un monde qui se partage en deux camps, l’un pour Israël, l’autre pour la Palestine. Je veux d’un monde qui se réveille et reconnaisse les uns comme les autres en tant qu’êtres humains, en rejetant la propagande, l’expression de la haine et des frustrations. Nous sommes les peuples, nous devons nous unir pas nous diviser.

    De quelle manière les femmes peuvent-elles jouer un rôle dans l’arrêt des conflits ?

    H.A.A. : Nous avons le courage, les voix, les outils pour cela. Mon engagement vise à créer des modèles de leaders différents des hommes politiques que nous connaissons. Cela commence par se départir des intérêts étroits et de l’obsession du pouvoir, pour faire primer la justice, la paix, la sécurité, l’amour de son prochain. Les êtres humains ne peuvent pas s’épanouir dans la haine. Les femmes sont souvent des mères. Si un seul enfant souffre dans le monde, nous le ressentons comme une douleur. Cela commence par là : ne pas perdre son humanité, son âme, son cœur. C’est une longue lutte dans laquelle il nous faut faire beaucoup d’efforts pour changer le système qui domine aujourd’hui.

    Pouvez-vous témoigner de la situation humanitaire à Gaza
    mais aussi en Cisjordanie
     ?

    H.A.A. : Comme beaucoup de Palestiniens j’ai perdu de la famille à Gaza dans des conditions terribles. Moi je vis en Cisjordanie et c’est devenu une prison géante. Venir ici, c’est prendre un risque pour ma vie. Je vais devoir passer à travers des territoires jordaniens, israéliens, à travers le système de check-points mis en place par les colons. J’ai perdu mon travail parce que je parle avec franchise. Notre système de santé s’est complètement écroulé. Conduire ma mère à l’hôpital est devenu quasiment impossible. Tout cela est source d’angoisse et de peur du lendemain. J’espère seulement que le jour venu, elle pourra mourir dans la dignité. Ce n’est pas trop demander. Quant à la nouvelle génération de Palestiniens, elle grandit dans un environnement où la haine est partout. C’est ce monde qui leur enseigne la haine, pas nous. En tant que femme éduquée, je sais que si nous laissons nos jeunes dans cette haine, c’est notre cause qui perdra à la fin. C’est la raison pour laquelle après ce Forum je retournerai là-bas. Je ne veux pas être une réfugiée, je ne veux pas être un objet de charité. Je veux juste être un être humain comme tout le monde. Je pense tout le temps aux enfants de Gaza. Tout est détruit, beaucoup ont perdu leurs parents, ils n’ont plus de maison. La maison c’est essentiel pour se construire soi-même. C’est un refuge quand on est triste, quand on a peur, c’est le lieu où on peut être heureux aussi. Le monde voit tout cela mais ne fait rien. Comment pourront-ils se reconstruire dans ce monde ? Comment pourront-ils grandir ? Cela me préoccupe profondément.

    Que pensez-vous de l’initiative française pour la reconnaissance de la Palestine ?

    H.A.A. : Je pense que c’est important. J’ai toujours pensé que la solution ne peut être qu’internationale. En tant que Palestinienne je ne peux que soutenir l’initiative conduite par la France et l’Arabie saoudite. Je sais que dans le quotidien elle ne changera pas la situation du tout au tout mais j’espère qu’elle contribuera à stopper le génocide en cours. La Palestine a le droit d’être un État, la question qui doit se poser maintenant pour les Européens c’est comment aider les Palestiniens concrètement alors que les États-Unis ont perdu toute chance d’apparaître comme un intermédiaire honnête. Ce que je veux dire au peuple français, c’est de ne pas se diviser sur cette question. Reconnaître la Palestine ne veut pas dire nier Israël, c’est reconnaître les deux.

    Quel est votre regard sur la flottille ?

    H.A.A. : Cela ne date pas d’hier, il y en a eu dans les années précédentes. C’est une marque d’attention du monde à ce qu’il nous arrive, nous les Palestiniens. Cela ne changera rien sur le terrain mais c’est une façon de montrer que nous ne sommes pas seuls, nous qui faisons face à la mort.

    Quelle place pour les droits humains et les droits des femmes dans le futur État palestinien ? Craignez-vous les extrémistes religieux ?

    H.A.A. : Oui absolument. Je n’ai pas peur de dire que le Hamas a aidé les extrémistes israéliens à croître. Ils se nourrissent mutuellement. J’ai grandi dans un milieu laïque, je pratique l’islam en dialoguant avec mon âme, cela rejoint de bien des façons ce que font les juifs ou les chrétiens. Ce qui m’inquiète c’est l’extrémisme insufflé par des gens dont le pouvoir réside dans la violence et dans les armes. Cela fait 25 ans que je me bats pour la paix, et cela n’a rien donné. C’est très difficile de convaincre. Et pour autant je crois en l’avenir de la Palestine. Les armes ne règlent rien. Ce n’est pas seulement en imposant des élections maintenant ou en comptant sur un leader qu’on y parviendra. Cet avenir, il est entre nos mains à tous. C’est notre nation qui se bat pour sa liberté qui doit le construire.