S’il nous a donné rendez-vous devant le cimetière de Carpentras pour faire du porte-à-porte, l’espoir de se faire réélire n’est pas mort pour le maire sortant Serge Andrieu (DVG) ce jeudi 19 mars. « On n’a pas perdu encore ! » lance-t-il ainsi à une dame venue se recueillir et qui en profite pour le saluer et qui s’inquiétait d’une éventuelle prise de la mairie par le RN.
Car pour l’heure, les chiffres du premier tour ne vont pas dans le sens d’un deuxième mandat consécutif pour Serge Andrieu. Hervé de Lépinau (RN) est arrivé premier avec 26,71% devant l’actuel premier édile avec 25,17%. Suit Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018 qui a dû quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, avec 24,29% et qui, après plusieurs revirements, n’a pas souhaité fusionner sa liste avec celui qui le devançait de peu. Mais surtout, la fusion de la liste du candidat RN avec celle de Bertrand de la Chesnais (EXD) et ses 14,33%, ainsi que le soutien affiché du dernier arrivé Christian Richaud Simoni et ses 9,51%, ne font que creuser l’écart sur le papier et augmenter le risque d’une vague brune sur la capitale du Comtat Venaissin. « On doit chercher des électeurs de Francis Adolphe, mais surtout parmi les 9 000 abstentionnistes », pointe Serge Andrieu.
Donc, à quelques dizaines de minutes de la cérémonie d’anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie dans ce même cimetière, Serge Andrieu en a profité pour, avec son colistier Patrick Botella Mondet, faire du porte-à-porte dans le quartier environnant. Et c’est souvent ce dernier qui, lorsque la porte et le portail s’ouvrent, entame l’échange avec un cinglant : « Nous sommes ici pour le second tour des élections municipales et nous sommes les seuls à pouvoir battre le RN. » « C’est un vrai danger pour les associations, le vivre-ensemble et le bien-vivre. Il ne faut pas se monter les uns contre les autres », embraye-t-il.
Et pendant un peu plus d’une heure, les échanges se multiplient, la plupart du temps sans adversité particulière. L’un, un médecin retraité, glisse qu’il a « bien peur que le RN passe » et ne comprend pas pourquoi « Francis Adolphe s’est présenté avec ses casseroles et se maintient », car « là, c’est dangereux ». « On a fait tout ce qui était légalement possible, mais on nous demandait trop de choses », souffle le candidat.
Quelques dizaines de mètres plus loin, c’est encore un accueil chaleureux pour celui qui est adjoint depuis 2008 et le premier mandat de celui qui est devenu son adversaire aujourd’hui. « On va voter pour vous », assure une dame. « Je suis de votre côté. Mais c’est dommage d’avoir affiché tous ces échanges avec monsieur Adolphe sur les réseaux », ajoute plus loin un autre administré. Ce à quoi Serge Andrieu répond qu’il n’a fait que se défendre. Avant un long échange avec une habitante de l’avenue Victor-Hugo qui veut des travaux pour refaire les trottoirs devant chez elle et glisse qu’elle « ne sait pas si elle va rester à Carpentras avec les incivilités ». « Ce sont les députés qu’il faut aller voir. Mais quand on les sollicite, ils ne font rien », répond Serge Andrieu, sans évoquer que l’un d’eux est aussi son adversaire ce dimanche 22 mars, Hervé de Lépinau.









