Tag: Chronique Corse

  • [Kallisté] Deux musées pour découvrir la Corse ancienne

    [Kallisté] Deux musées pour découvrir la Corse ancienne

    Au Musée d’archéologie de la Corse, à Sartène, les collections témoignent de la diversité des sociétés qui ont vécu sur l’île et de leurs échanges avec le monde méditerranéen. Objets du quotidien, vestiges d’archéologie sous-marine et statues-menhirs permettent d’en approcher les savoir-faire, les croyances et les modes de vie. La visite s’achève avec une vue remarquable sur la ville et les paysages alentour.

    Le Musée de l’Alta Rocca, à Lévie, resserre le regard sur les communautés qui se sont succédé dans cette région de montagne. On y découvre notamment la « Dame de Bonifacio », un squelette daté d’environ 6 500 ans avant notre ère, découvert en 1972 sur le site d’Araguina-Sennola. Les collections prennent tout leur sens lorsqu’on poursuit la visite sur le terrain : l’abri préhistorique de Curacchiaghju, le site fortifié de Cucuruzzu et la forteresse médiévale de Capula se trouvent à proximité. Une randonnée accessible permet de relier les deux derniers sites en deux heures environ.

    Du côté de Sartène, le site de Cauria prolonge lui aussi la découverte. Ses alignements de menhirs, I Stantari et Rinaghju, ainsi que le dolmen de Fontanaccia, donnent à voir une autre part du patrimoine préhistorique corse.

    Ces deux musées offrent ainsi deux façons de remonter le temps : à l’échelle de toute la Corse à Sartène, au plus près d’un territoire et de ses paysages à Lévie. Une belle occasion de faire suivre la visite des salles par celle des lieux où cette histoire s’est écrite.

    Gilbert Stromboni

    U CALENDARIU

    Du 25 septembre au 5 octobre

    Notre association sera présente à la Foire de Marseille sur le stand de la Maison de la Corse au village corse

  • [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (2/3)

    [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (2/3)

    À partir de l’interview réalisée par l’Association des amis de Matisse à Ajaccio avec Alix Agret, chargée de recherches au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou et membre de l’équipe scientifique de l’exposition « Matisse 1941-1954 », Kallisté propose une série de trois articles consacrés au peintre. De son séjour fondateur en Corse en 1898 à la liberté de ses dernières œuvres, retour sur un parcours profondément marqué par la lumière et la couleur.

    En 1941, Henri Matisse a 71 ans. Il vient de subir une lourde opération qui le laisse très affaibli et l’oblige à vivre avec une colostomie. À cette souffrance quotidienne s’ajoutent les insomnies et la Seconde Guerre mondiale. Tout aurait pu conduire le peintre au repli. Pourtant, les treize dernières années de sa vie seront parmi les plus fécondes et les plus inventives de son parcours.

    L’exposition « Matisse 1941-1954 », présentée au Grand Palais, a permis de porter un nouveau regard sur cette période. Alix Agret rappelle que l’artiste ne pouvait être réduit à l’image d’un bourgeois hédoniste vivant sous le ciel bleu de la Côte d’Azur.

    Matisse était pleinement conscient de la guerre. Sans prendre publiquement position, il estimait avoir le devoir de continuer à peindre en France : c’était sa manière de résister.

    Créer malgré la guerre et la maladie

    Ses œuvres ne traduisent pourtant ni ses angoisses ni ses souffrances. Elles semblent au contraire toujours plus lumineuses, aériennes et libres. Dans les tentures « Polynésie, le ciel » et « Polynésie, la mer », les formes blanches flottent sans que l’on distingue vraiment le haut du bas, le ciel de l’océan. La faune et la flore rappellent les lagons de Tahiti, mais aussi sa fascination pour la lumière du Sud éprouvée bien plus tôt à Ajaccio.

    Cette apparente simplicité est le fruit d’un travail considérable. Matisse faisait photographier ses tableaux aux différentes étapes de leur réalisation, puis effaçait, reprenait et transformait. La Blouse roumaine nécessita ainsi quatre mois de travail. Dix photographies successives permettent d’en suivre les métamorphoses et de comprendre ce qui se cache derrière son évidence finale.

    Chez Matisse, créer n’est jamais reproduire une formule acquise. C’est chercher, recommencer et transformer. Dans la guerre comme dans la maladie, cette exigence demeure intacte. La lumière entrée dans son œuvre à Ajaccio ne cessera plus de l’accompagner.

    À suivre…

  • [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (1/3)

    [Kallisté] Matisse, d’Ajaccio à la révolution de la couleur (1/3)

    Le 5 février 1898, Henri Matisse arrive à Ajaccio avec son épouse Amélie pour leur voyage de noces. Le jeune couple s’installe à la Villa de la Rocca, à l’angle de l’actuel boulevard Sylvestre-Marcaggi et de la rue Gabriel-Péri, et y demeure jusqu’au mois de juillet. Pour le peintre, âgé de 28 ans, ce séjour de six mois constitue une véritable révélation.

    Matisse, qui jusque-là avait surtout connu les lumières plus grises du Nord, découvre en Corse l’éclat du monde méditerranéen. « Tout brille, tout est couleur, tout est lumière », écrira-t-il. Il dira également avoir senti croître en lui « une passion pour la couleur ». À Ajaccio, sa palette se transforme : les tons deviennent plus francs, plus lumineux et plus libres. Les 55 tableaux qu’il y réalise annoncent déjà les prémices du fauvisme, ce mouvement qui, quelques années plus tard, bouleversera la peinture par l’intensité de ses couleurs.

    Une forme de liberté

    Ce passage décisif de la vie de Matisse demeure encore trop peu connu. Il permet pourtant de comprendre que la Corse ne fut pas seulement pour lui un décor ou une destination de voyage. Elle représenta une étape fondatrice, celle d’un nouveau regard porté sur la lumière, les paysages et la couleur.

    Plus d’un siècle après, l’Association des amis de Matisse à Ajaccio entretient cette mémoire et poursuit son travail autour des liens entre l’artiste et la cité impériale. Elle s’est récemment entretenue avec Alix Agret au sujet de l’exposition « Matisse1941-1954 », présentée au Grand Palais à Paris du 24 mars au 26 juillet 2026.

    Cette exposition consacrée aux treize dernières années de l’artiste montre combien la passion née à Ajaccio a traversé toute son œuvre. De la lumière corse aux grandes gouaches découpées, Matisse n’aura cessé de chercher, par la couleur, une forme toujours nouvelle de liberté.

    À suivre…

  • [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (2/3)

    [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (2/3)

    Quelques jours plus tard, un samedi soir d’août, je retrouve Louis Poggi et Xavier-Joseph Tavera au stade Ange-Casanova pour un match amical contre la réserve du SC Bastia. Le décor est différent, mais il raconte la même histoire. Quelques centaines de personnes ont pris place dans les tribunes. Il y a des anciens qui commentent déjà les mouvements des recrues, des enfants qui courent dans les travées du stade, des parents qui discutent en bord de terrain, et cette ambiance particulière des matchs de préparation, où le résultat importe finalement assez peu. Car ce qui compte, c’est de revenir, de retrouver un rythme, une habitude, un lieu.

    Le stade Ange-Casanova, justement, dit beaucoup du Gaz. Il ne ressemble pas aux enceintes modernes que le football professionnel impose aujourd’hui. Il est là, un peu brut, un peu marqué par le temps. Son nom n’a rien d’anodin.

    Ancré dans la solidarité collective

    Ange Casanova fut l’un des fondateurs du club, un homme profondément engagé dans la vie sociale et politique ajaccienne, syndicaliste et militant communiste, qui avait imaginé le Gazélec comme un club populaire, ancré dans la solidarité collective. Et cette histoire n’est pas un détail du passé. Elle continue de structurer le club aujourd’hui. Car au Gaz, on retrouve encore cette idée que le club appartient d’abord à ceux qui le font vivre.

    Louis Poggi me le dit avec beaucoup de simplicité. Lui n’était pas revenu pour présider. Il était revenu pour jouer. Mais lorsque le club s’est effondré en 2023, lorsque la liquidation judiciaire a semblé tout emporter, il n’a pas vraiment réfléchi. Le club lui avait trop donné. Alors il fallait rendre.

    Avec Xavier-Joseph Tavera, ils racontent surtout la vitesse avec laquelle tout s’est joué. Il a fallu sauver l’essentiel, et l’essentiel, au Gaz, ce n’était pas seulement l’équipe première. C’étaient les jeunes. Préserver les catégories nationales, maintenir l’école de football, continuer à accueillir les enfants du club : voilà ce qui comptait. À suivre…

  • [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (1/3)

    [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (1/3)

    Revenir à Ajaccio a toujours eu une saveur unique. Il y a d’abord cette lumière, si particulière, qui semble accrocher les façades colorées des immeubles et faire ressortir sur leurs murs des teintes qu’on avait presque oubliées. Puis il y a la mer, immense et familière, comme un repère immobile dans une ville qui change sans jamais vraiment changer.

    Quand on vit sur le continent, on finit par mesurer différemment le poids des retours. On redécouvre ce que l’habitude avait rendu invisible. En revenant cet été, j’ai retrouvé des amis d’enfance. Ensemble, on reprend les discussions là où on les avait laissées, comme si le temps n’avait été qu’une parenthèse. On parle du travail, de ceux qui sont partis, de ceux qui sont restés, des familles qui s’agrandissent, des visages qui changent. Et puis, inévitablement, on parle football. Parce qu’ici, le football est partout. Il se raconte avec passion dans les histoires familiales, dans les cafés et les discussions de comptoir. Cette année, pourtant, le sujet a changé de ton. La chute de l’AC Ajaccio a profondément marqué la ville.

    Proximité rare

    Voir vaciller un club installé depuis tant d’années dans le paysage professionnel a quelque chose de brutal, presque irréel.

    Mais, en parallèle, une autre histoire continuait de s’écrire, plus discrète, presque à l’abri du bruit : celle du Gazélec Football Club Ajaccio. À la terrasse d’un café, Jean-Philippe me raconte ce lien qui l’unit au club. Son père l’avait emmené partout : au Sporting, à l’ACA, au Gaz. Mais très vite, il a senti qu’ici il se passait quelque chose de différent. Pas forcément dans le jeu mais dans ce qu’il y avait autour, dans l’atmosphère, dans les gens, dans cette proximité rare entre le club et ceux qui le vivent. Il me parle du stade, de ses premiers souvenirs, de matchs de Coupe de France qui l’ont marqué enfant, de soirées d’hiver dans les divisions inférieures où, malgré le niveau, l’émotion restait intacte. En l’écoutant, je comprends vite que le Gaz ne s’explique pas vraiment par ses résultats. Il s’explique par ce qu’il provoque.

    À suivre…

  • [Kallisté] La posidonie sur nos plages : pas de quoi bisquer !

    [Kallisté] La posidonie sur nos plages : pas de quoi bisquer !

    Chaque été, les feuilles brunes accumulées sur certaines plages corses provoquent les mêmes réactions. Elles sont parfois accusées de gâcher le paysage, de dégager une odeur désagréable ou de salir le sable. Pourtant, la posidonie n’est ni une algue ni un déchet, mais une véritable plante à fleurs qui pousse uniquement en Méditerranée.

    Sous la mer, elle forme de vastes herbiers, comparables à des forêts sous-marines. Ils oxygènent l’eau, stockent du carbone et offrent nourriture, abri et lieu de reproduction à de nombreuses espèces. Ils contribuent également à stabiliser les fonds marins.

    Comme les arbres perdent leurs feuilles, la posidonie renouvelle naturellement les siennes. Les feuilles mortes sont alors ramenées vers le rivage par les vagues et forment ce que l’on appelle des « banquettes ». En amortissant la houle et en retenant le sable, celles-ci constituent une protection naturelle contre l’érosion.

    Une espèce protégée qui protège les plages

    Leur présence est donc parfaitement normale et témoigne généralement de l’existence d’herbiers à proximité. Un rivage entièrement débarrassé de ses éléments naturels n’est pas forcément plus propre ni en meilleure santé.

    À Santa Giulia, près de Porto-Vecchio, deux opérations mécanisées ont récemment suscité des interrogations. Comme l’a indiqué Corse-Matin, elles avaient bien été autorisées. Cet épisode rappelle néanmoins que la posidonie est une espèce protégée, y compris lorsqu’elle est échouée, et que sa gestion doit rester strictement encadrée et adaptée à chaque site.

    Alors, si quelques feuilles brunes s’invitent au bord de votre serviette, inutile de bisquer : elles ne salissent pas le littoral. Elles racontent la vie de la Méditerranée et contribuent surtout à protéger nos plages.

  • [Kallisté] Les Poilus du Fium’Orbu : redonner un visageà ceux que l’Histoire ne doit pas oublier

    [Kallisté] Les Poilus du Fium’Orbu : redonner un visageà ceux que l’Histoire ne doit pas oublier

    Devant un public attentif, les portraits et parcours des 44 combattants de la Première Guerre mondiale recensés à ce jour dans les communes de Chisa, Sari-Solenzara, Solaro et Ventiseri ont été présentés. Une démarche qui permet de redonner un visage, une histoire et une identité à ces hommes emportés dans l’un des conflits les plus meurtriers du XXe siècle.

    Parmi les intervenants figuraient notamment Antoine Galloni d’Istria, historien spécialisé dans la recherche sur les combattants corses de la Grande Guerre, ainsi que des représentants de l’association Corsica 1943. Leurs interventions ont permis de rappeler l’ampleur du sacrifice consenti par toute une génération de Corses.

    Les monuments aux morts présents dans les 307 communes de l’île témoignent encore aujourd’hui du lourd tribut payé par la Corse. Derrière les noms gravés dans la pierre se cachent des destins souvent méconnus : jeunes hommes, pères de famille, agriculteurs ou bergers arrachés à leur quotidien pour répondre à l’appel de la Nation.

    Au-delà du drame humain, la disparition de milliers d’hommes a profondément bouleversé l’équilibre économique et social de l’île. Dans de nombreux villages, leur absence a laissé un vide durable, affectant les exploitations agricoles, l’élevage et la vie communautaire tout entière.

    Grâce au travail de recensement mené avec le concours des familles, cette initiative contribue à préserver une mémoire collective précieuse. En redonnant une histoire à chacun de ces soldats, elle permet de mieux comprendre ce que la Corse a vécu durant la Grande Guerre et de transmettre cet héritage aux nouvelles générations.

    À l’heure où les conflits continuent d’endeuiller de nombreuses régions du monde, cette démarche rappelle avec force l’importance du devoir de mémoire et le prix de la paix.

    Pour ne pas oublier.

  • [Kallisté] Gérard et Véronique Cesari : quand le souvenir rassemble tout un territoire

    [Kallisté] Gérard et Véronique Cesari : quand le souvenir rassemble tout un territoire

    Organisée par l’association créée par leurs enfants, Charlène trésorière et Pierre, président, en partenariat avec la ville et de très nombreux commerces locaux sponsors de l’événement, cette manifestation rendait hommage à Gérard et Véronique Cesari, disparus en 2025 à quelques mois d’intervalle des suites de la maladie.

    Plus qu’un tournoi de pétanque, ce rendez-vous célébrait la mémoire de deux personnes profondément appréciées. Autour de Charlène et Pierre, c’est toute une famille qui s’est mobilisée pour faire de ce premier challenge un hommage à la hauteur de l’affection portée à Gérard et Véronique.

    Durant deux jours, plusieurs centaines de participants, venus de toute la Corse, se sont retrouvées autour de la passion qui animait Gérard, dans une atmosphère simple et généreuse à l’image du couple auquel ce challenge était dédié.

    L’émotion était particulièrement palpable lors de l’hommage officiel. Aux côtés de sa sœur Charlène, Pierre Cesari a pris la parole avec beaucoup de pudeur et de sincérité. Le maire de Porto-Vecchio, Jean-Christophe Angelini, a lui aussi salué la mémoire de celui qui fut à la fois son ami, son adjoint et un homme profondément engagé au service de sa ville. À cette occasion, il a annoncé que le Challenge Gérard et Véro Cesari deviendrait un rendez-vous annuel, une décision qui s’est imposée comme une évidence au regard de l’émotion et de la mobilisation suscitées par cette première édition.

    En faisant vivre ce challenge, Charlène et Pierre ont offert à leurs parents un hommage à leur image : sincère et profondément humain.

    Car certaines vies laissent une trace qui ne s’efface pas. Elles continuent de vivre dans les histoires que l’on raconte, dans les amitiés qu’elles ont tissées et dans les rendez-vous qu’elles inspirent. À Porto-Vecchio, Gérard et Véronique ont désormais le leur.

  • [Chronique corse] Se souvenir du 8 mai 1945, sans oublier 1943

    [Chronique corse] Se souvenir du 8 mai 1945, sans oublier 1943

    C’est une victoire contre le fascisme, une victoire pour la liberté, arrachée au prix de millions de vies et de sacrifices immenses. Une victoire qui rappelle le courage de celles et ceux qui ont résisté à la barbarie et refusé la soumission.

    Mais se souvenir du 8 mai, c’est aussi refuser une mémoire incomplète. Car la Libération ne s’est pas faite en un seul jour, ni partout au même moment.

    Bien avant 45, des territoires avaient déjà engagé ce combat décisif pour la liberté. La Corse en fait partie.

    En septembre et octobre 1943, la Corse devient le premier territoire français métropolitain libéré.

    Cette libération est le résultat d’un soulèvement de la Résistance corse, appuyée par les forces françaises venues d’Afrique du Nord et les Alliés. Dans un contexte difficile, les Corses ont su refuser l’occupation fasciste, organiser la lutte et ouvrir la voie à la reconquête du territoire national.

    Danielle Casanova

    Cette résistance, la Corse l’a portée sous de multiples formes sur son sol comme bien au-delà. Elle a aussi des visages, ceux de Danielle Casanova, jeune Ajaccienne morte à Auschwitz en 43, ou de Jean Nicoli, figure de la Résistance fusillé la même année. Leur engagement rappelle que ce combat s’est mené partout, souvent au prix de la vie, dans l’espoir d’un avenir débarrassé du fascisme et de l’oppression.

    Rappeler le rôle de la Corse dès 1943, ce n’est pas opposer les mémoires, bien au contraire, mais rendre justice à toutes celles et ceux qui ont combattu.

    Le 8 mai 1945 marque la victoire contre le nazisme. En Corse, cette victoire porte aussi le souvenir d’un peuple engagé dans la Résistance et le combat pour la liberté dont la libération de l’île en 1943 constitua l’un des premiers grands actes de la reconquête du territoire national. Une mémoire précieuse, qui oblige encore aujourd’hui à défendre sans relâche les valeurs de paix, de justice et de fraternité.

  • [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    C’est une issue qui vient clore un mouvement déclenché par la hausse brutale du gasoil et qui a mis en lumière les difficultés rencontrées par la profession.

    Depuis plusieurs jours les pêcheurs corses se mobilisaient dans plusieurs ports de l’île afin d’alerter sur la situation devenue critique de leur profession pour porter une revendication centrale : celle du prix du carburant.

    En quelques semaines, le coût du gasoil utilisé pour les bateaux de pêche a fortement augmenté, passant d’environ 0,64€ à plus d’1€ le litre. Une hausse rapide directement liée aux tensions internationales sur les marchés de l’énergie mais dont les conséquences se font particulièrement sentir en corse.

    Sur une île où les prix sont déjà plus élevés qu’ailleurs, les pêcheurs dénoncent un écart important avec le continent. Cet écart pèse lourdement sur leur activité.

    Coûts insupportables

    Car pour ces professionnels, le carburant n’est pas une dépense parmi d’autres : c’est un élément central de leur activité. Chaque sortie en mer en dépend directement. Lorsque son prix augmente c’est tout l’équilibre économique du métier qui vacille. Certains pêcheurs expliquent aujourd’hui qu’ils travaillent à perte ou qu’ils hésitent à prendre la mer tant les coûts sont devenus difficiles à supporter.

    À travers leur mobilisation, les pêcheurs corses ont cherché avant tout à se faire entendre sur une réalité concrète et immédiate : celle de charges qui augmentent plus vite que leurs revenus.

    Ce mouvement aura permis de mettre en lumière une profession souvent discrète mais essentielle à la vie économique et culturelle de l’île. En portant la question du carburant sur le devant de la scène, les pêcheurs rappellent une évidence : sans conditions de travail soutenables, il devient impossible de maintenir une activité pourtant profondément ancrée dans le territoire.