Tag: chèvres

  • Certaines chèvres ne produisent plus de lait plusieurs mois avant la période

    Certaines chèvres ne produisent plus de lait plusieurs mois avant la période

    Ici, le dérèglement climatique se voit dans les prés vides et les stocks de foin qui fondent avant l’heure, transformant en profondeur le quotidien des exploitations agricoles. Depuis plusieurs semaines, la chaleur dessèche les pâturages, l’herbe se raréfie et perd en qualité nutritive.

    Au GAEC La Fontaine de Lacan, à Saint-Pargoire, Odile Boutieres constate chaque jour les conséquences des canicules à répétition. « Aujourd’hui, il n’y a plus rien à manger dehors. Nous sommes obligés de nourrir les chèvres à l’intérieur avec le foin que nous venons juste de récolter. Nous avons déjà commencé à utiliser les stocks de cette année alors que l’été n’est pas terminé. »

    La sécheresse s’ajoute à des températures qui ne redescendent plus suffisamment la nuit. Les épisodes de canicule, où le mercure reste proche des 25 °C, empêchent les animaux de récupérer. Avec ce stress thermique continu les animaux récupèrent de moins en moins. Certains meurent, d’autres produisent beaucoup moins de lait.

    Le quotidien d’une éleveuse à bout de souffle

    Face à ces épisodes de chaleur qui s’installent, le métier d’éleveur change lui aussi. Les journées s’organisent désormais autour de la surveillance des troupeaux, de l’approvisionnement en eau et de l’alimentation des animaux. « Habituellement, nos chèvres sortent tous les jours. Aujourd’hui, elles restent à l’intérieur parce qu’il n’y a plus rien dehors », raconte l’éleveuse. Une situation qui bouleverse toute l’organisation de l’exploitation. À cette vigilance permanente s’ajoutent des journées particulièrement longues. « Je suis à la traite dès sept heures du matin. Toute la matinée, avec mon fils, nous faisons les fromages. Le soir, je fais les marchés et je rentre vers minuit et demi. Cette année est très, très dure », résume-t-elle. Derrière cette phrase se cachent des semaines d’incertitude, de fatigue physique et d’inquiétude. « On vit au jour le jour », souffle-t-elle, avant d’ajouter : « On se sent seuls. » Comme l’explique Odile Boutieres, la baisse de la production se répercute directement sur la transformation fromagère et sur les ventes. « Nous produisons 50% de lait en moins avec les mêmes chèvres », explique-t-elle. Pour cette exploitation familiale, récemment agrandie avec l’installation du fils, le choc est brutal.

    Les investissements réalisés pour gagner en autonomie alimentaire deviennent aujourd’hui difficiles à rentabiliser, tandis que les remboursements d’emprunts continuent de courir. Le mois dernier, les deux associés n’ont perçu que 320 euros chacun. Pourtant, malgré les difficultés, il n’est pas question de renoncer. Comme beaucoup d’éleveurs, elle cherche désormais d’autres sources de revenus, en relançant notamment la ferme-auberge familiale ou en développant de nouvelles activités. « On cherche toutes les solutions possibles pour continuer », affirme-t-elle. Une phrase qui résume, à elle seule, le défi auquel sont confrontés de nombreux éleveurs.

    Face à la multiplication des épisodes de chaleur, les pouvoirs publics ont lancé le Plan Agriculture Méditerranée, destiné à accompagner l’adaptation des exploitations de l’arc méditerranéen. En Occitanie, 28 territoires ont été labellisés « aires agricoles de résilience climatique » en 2024 et 2025. Dix-huit projets ont également été retenus, représentant 23,7 millions d’euros d’investissements, dont 9,5 millions d’euros d’aides de l’État. Reste à savoir si ces dispositifs bénéficient directement aux petites exploitations comme celle d’Odile Boutieres.

    Amélia Siapo

  • En Provence, les agriculteurs étouffent

    En Provence, les agriculteurs étouffent

    « On souffre physiquement et mentalement, on se demande combien de temps ça va durer… » souffle Emilie Loison, épuisée. Installé depuis 2016 dans les Bouches-du-Rhône, à la ferme Saint Joseph à Peyrolles, le couple, Emilie et son compagnon Roger, qui l’a rejointe en 2022, produit des tomates, des haricots, du fromage de chèvre ou encore de la viande de chèvre dont le cheptel s’élève à une centaine d’individus.

    Les deux producteurs exercent déjà un métier d’ordinaire difficile. Mais ils voient les difficultés s’accumuler au quotidien depuis le début de la canicule et de la sécheresse. « Pour les animaux, c’est très compliqué. En temps normal, je fonctionne quasi exclusivement au pâturage, je ne leur donne presque pas de foin. En ce moment, tout est grillé dans les prairies, il n’y a rien à manger, alors je n’ai pas le choix, je dois acheter du foin. Mais comme nous sommes nombreux dans ce cas, fatalement, les prix grimpent. Ajoutez à cela qu’avec la chaleur, les chèvres produisent aussi moins de lait, au bout du compte, cela me coûte plus cher et me rapporte moins. »

    Pour les cultures, c’est aussi pénible, explique Roger, son compagnon : « Normalement en cette période, je suis envahi de tomates, là c’est sec, il n’y en a pas ou alors très peu » explique-t-il en montrant ses serres dans lesquelles on ne distingue pas ou très peu de fruits. Il poursuit : « Les pertes sont conséquentes, environ 40%, et pourtant, nous ne sommes pas les plus mal lotis. Nous avons la possibilité d’irriguer grâce à notre proximité avec le canal de la Durance, mais ce n’est pas suffisant. Toutes les cultures subissent cette sécheresse : mes haricots verts, eux, sont petits, courbés, secs ».

    Au-delà des difficultés de production, le facteur humain, lui aussi est mis à rude épreuve. Les deux producteurs expliquent se lever le plus tôt possible le matin pour travailler au frais, et terminer tard pour tenter de retrouver de la fraîcheur. « On est tous très fatigués. Cette année, les fortes chaleurs ont commencé très tôt. Début juillet j’étais déjà à bout comme si j’étais fin août. Et tous les producteurs autour de nous le disent. Si on ajoute à ça le stress de ne pas savoir si nos plantes vont survivre et quelles solutions on va trouver pour notre élevage, c’est vraiment éreintant ».

    Pour s’adapter au réchauffement du climat, Emilie et Roger, adhérents à la Confédération paysanne, ont adopté une agriculture durable. « Ce sont des fermes à taille humaine, pas forcement petites en termes de surface mais loin du modèle intensif. C’est aussi et surtout un modèle qui respecte la nature, la terre, l’air, l’environnement et l’humain qui y travaille. Le tout idéalement en bio. C’est un modèle qui, aujourd’hui, résiste un peu mieux à la sécheresse, aux canicules. »

    Pourtant, la confédération paysanne s’est vue retirer 42% de ses subventions par la Région suite au changement de la clé de répartition au profit des syndicats agricoles productivistes FNSEA et Coordination Rurale. Mais le maraîcher insiste : « On va devoir s’adapter à des températures de plus en plus chaudes et sèches. Selon moi c’est une question que la future génération d’agriculteurs doit absolument se poser si elle veut perdurer ».

    Autre point d’inquiétude des agriculteurs, le risque croissant d’incendie. Chaque année dans toute la France, des centaines d’hectares de cultures partent en fumée. Mais l’agriculture paysanne répond aussi à la problématique, notamment avec des solutions d’entretien des forêts : « Nous, on milite pour une installation de bergers dans les forêts pour entretenir ce qui ne l’est plus depuis des décennies. Malheureusement on est très freinés là-dessus… »

    Pour l’heure Émilie et Roger continuent de travailler toujours plus, pour limiter les conséquences de la sécheresse.

    Louis Golliot

    EN BREF

    50%

    Une commune sur deux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) a connu au moins un arrêté sécheresse lors de l’épisode historique de 2022, d’après une étude réalisée par l’Insee. La même année, deux habitants sur trois de la région ont été touchés par des restrictions d’eau au pic du mois d’août.

    130 jours

    Selon les projections de Météo-France pour la région Paca, le nombre de jours où les sols seraient en situation de sécheresse atteindrait 130 jours par an en 2050, contre 101 jours sur la période de référence 1976-2005.

    Soit près d’un mois supplémentaire de sécheresse chaque année.

    + 2,2°C

    D’après les mêmes projections, la température moyenne annuelle augmenterait en Paca de 2,2 °C à l’horizon 2050. À l’échelle nationale, la hausse serait de 2,1 °C pour la même échéance. L’augmentation serait de 3,7 °C à l’horizon 2100, contre 3,4 °C pour la France hexagonale.

    – 10%

    Du côté des précipitations, à l’horizon 2050, en Paca, les pluies estivales (juin-juillet-août) diminueraient de 10 % selon Météo-France. La baisse serait de 18 % à l’horizon 2100.

    En revanche, le cumul de précipitation en hiver (décembre-janvier-février) augmenterait de 19 %.

  • [Tribune] « Assez des amalgames avec la chèvre du Rove ! »

    [Tribune] « Assez des amalgames avec la chèvre du Rove ! »

    Depuis trop longtemps, des articles de presse mentionnent la présence de chèvres du Rove ou « sauvages » sur les routes et entretiennent une confusion entre ces chèvres présentes dans certains secteurs du massif et la véritable chèvre du Rove, race patrimoniale reconnue et protégée. Cela suffit ! Je tiens à rappeler avec la plus grande fermeté que le terme approprié est celui de chèvres férales. L’utilisation d’expressions telles que « chèvres sauvages », et plus encore l’assimilation de ces animaux à la chèvre du Rove, constitue un amalgame inacceptable. On appelle chèvres férales des chèvres domestiques ayant repris leur liberté. Ces animaux ne se comportent pas comme des animaux sauvages qui cherchent à demeurer cachés. Leur grand nombre pose un véritable problème de sécurité lié à leurs déplacements et traversées des voies de circulation et d’équilibre sur notre environnement.

    La chèvre du Rove bénéficie d’une Appellation d’origine protégée (AOP) – la seule du département des Bouches-du-Rhône – reposant sur un cahier des charges strict, garantissant notamment les conditions d’élevage, l’alimentation, le mode de conduite des troupeaux et l’ancrage territorial de cette race emblématique. Elle est le fruit d’un savoir-faire reconnu, porté par des éleveurs et bergers engagés dans la préservation d’un patrimoine agricole et culturel unique.

    Assimiler ces chèvres dites férales à la chèvre du Rove revient donc non seulement à une erreur factuelle, mais également à une atteinte directe à l’image d’une AOP exigeante et encadrée, construite sur des décennies de travail. Cet amalgame porte un préjudice réel et sérieux aux bergers et éleveurs de la chèvre du Rove, qui voient leur activité, leur réputation et leur engagement remis en cause par des approximations médiatiques répétées. Il en résulte une confusion dommageable pour toute une filière locale, pourtant exemplaire en matière de qualité, de gestion des espaces naturels et de valorisation du territoire.

    Je déplore également la persistance de cette situation, alors même que la commune du Rove alerte depuis plusieurs années les services de l’État sur la présence de chèvres férales dans le massif et sur la nécessité de mesures de régulation adaptées. À ce jour, les réponses apportées restent insuffisantes au regard des enjeux.

    Dans ce contexte, et face à la répétition d’informations inexactes, je ne souhaite plus accorder d’interviews sur ce sujet tant que la rigueur terminologique et factuelle ne sera pas respectée et que des solutions concrètes ne seront pas mises en œuvre. En cette année mondiale du pastoralisme, la commune du Rove réaffirme son engagement total en faveur de la chèvre du Rove, de son AOP, de ses bergers et de la défense de son patrimoine.

  • Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Clope à la main, béret vissé sur la tête, Bernard Thoron gratte Glue entre les cornes. « Je l’ai appelée comme ça parce que c’est un pot de colle », plaisante-t-il. Sa chèvre du Rove ne lui laisse aucun répit. Une seconde d’inattention et elle frotte sa tête à sa cuisse, soucieuse de ne pas se faire oublier. Dans son troupeau d’une centaine de bêtes, toutes portent un nom. « Il y a une dizaine de familles, explique-t-il. Il y a la lignée des politiques : la fille de Ségolène s’appellera Royal. Il y a les fleurs, les expressions provençales… » Des sobriquets légers, pour un métier qu’il prend très au sérieux.

    Et pour cause : le monde paysan lui colle à la peau depuis tout gamin. « Mes grands-parents avaient une ferme dans la Drôme, raconte-t-il. C’était trop beau, c’était la vie. Et puis j’ai fait pédiatre, parce que ça aussi c’est la vie. » C’est en 2018, alors que la retraite approche, que Bernard Thoron revient à ses premières amours. « Je suis passé éleveur caprin en pro, et je continuais les consultations à mi-temps à côté, détaille-t-il. Je m’y suis totalement consacré en 2021. »

    Produire, transformer

    et vendre localement

    Sur son terrain à Saint-Julien, le Martégal fait quelques travaux. Il construit une étable, pour nourrir et traire ses chèvres, et une « brousserie », pour transformer le lait en fromage. Sa maison devient la fermette de la Croix d’Estrine. « On a un hectare sur lequel on essaye de tirer quelques choses en maraîchage biologique intensif », résume-t-il. Sa devise : « Produire, transformer et vendre localement. »

    De ses poules, ses chèvres et son potager, il obtient yaourts, crèmes aux œufs, viande de chevreau, terrines et rillettes de cabri, confitures, gelées ou encore marmelades. « On valorise tout. Tout le monde devrait faire ça, ce serait une belle évolution de l’agriculture », affirme-t-il.

    « On », c’est lui, son berger Alexis et son deuxième employé Almonzer. « Les petites exploitations nécessitent beaucoup de main-d’œuvre, confie Bernard Thoron. Malheureusement, la PAC (politique agricole commune) distribue principalement les aides à l’hectare et pas au nombre de travailleurs, ce qui est un problème. » Par chance, le Martégal peut compter sur sa retraite, ce qui lui laisse la liberté de se payer seulement lorsqu’il est à l’équilibre.

    Des gardiens

    de l’environnement

    L’éleveur honnit « l’évolution voulue par ceux qui pensent la souveraineté alimentaire », qu’il considère « déconnectée des réalités du terrain ». « Il va falloir changer cette co-gestion avec la FNSEA, qui sont des financiers. On arrive à une impasse », prévient-il.

    Lui plaide pour une agriculture raisonnée, à taille humaine, locale. Son rêve ? Installer une « ceinture périurbaine de micro-fermes avec du maraîchage » à Martigues, mettre en place un circuit court municipal pour alimenter les crèches, les écoles et les foyers seniors en produits du coin, mais aussi « créer un magasin des producteurs » pour valoriser ces pratiques, vertueuses à bien des égards.

    En ce qui concerne l’élevage des chèvres du Rove, qui partent quotidiennement brouter dans la colline, le « pastoralisme entretient et ouvre les espaces naturels », certifie Bernard Thoron. En d’autres termes, il permet de répondre aux obligations légales de débroussaillement.

    « Le problème, c’est que l’Office national des forêts pense que les caprins sont néfastes à la régénération de la forêt méditerranéenne », poursuit-il. Les chèvres sont par principe interdites dans les forêts soumises au régime forestier. Pourtant, selon l’éleveur, « c’est l’inverse : ça évite d’avoir des repousses de pins tellement serrés qu’ils en deviennent des allumettes ». « La Rove fait un parcours, elle ne reste pas au même endroit, donc elle éclaircit et paysage naturellement. Le pastoralisme est un respect de la ressource, car on en a besoin pour
    nos bêtes
     ! »

    À l’avenir, Bernard Thoron continuera de militer pour faire entendre « le bon sens paysan ». Mais il ne s’inquiète pas : « On a une clientèle de plus en plus intéressée, et beaucoup de producteurs veulent s’y mettre. »

  • La ferme de Meyssirat produit en circuit court pour le local

    La ferme de Meyssirat produit en circuit court pour le local

    Au pied du massif du Dévoluy, la ferme de Meyssirat propose depuis cinq ans un modèle agricole local en circuit court. Les 13 hectares de structure agricole rassemblent tous les maillons de la chaîne de production : zone de pâturage, « salle de traite, laboratoire de transformation, boutique, dans une logique de maîtrise globale de l’exploitation », indique le communiqué de l’Agence de développement des Hautes-Alpes.

    De l’élevage à la vente

    Intégrée dans le Projet alimentaire territorial (PAT) des Hautes-Alpes, la ferme gérée par Christopher Simiand, se veut être « acteur du territoire pour faire marcher l’économie locale ». Un projet « pertinent » qui tient « à cœur » à l’agriculteur. Une initiative soutenue par le PAT, ce levier de coopération territoriale favorisant « l’accès à une alimentation de qualité, produite et transformée localement » souligne les initiateurs du projet, la Chambre d’agriculture et l’Agence de développement des Hautes-Alpes.

    Le troupeau d’une quarantaine de chèvres produit « 30 000 litres de lait à l’année », dénombre l’agriculteur. Certifiée marque des Hautes-Alpes, l’exploitation est soumise à une agriculture extensive « en cohérence avec la biodiversité locale », souligne Christopher. Ainsi, les chèvres alpines sont élevées en cohérence avec leurs cycles naturels, disposant de 3 hectares de pâture « d’avril à fin octobre » pour les beaux jours. La production laitière est ensuite transformée directement sur le site pour proposer une large gamme de fromages au lait cru et yaourts.

    Un projet en extension

    À leur sortie, ces 25 références de produits laitiers sont proposées aux distributeurs locaux – enseigne U de Veynes et Sisteron – et en vente directe à la ferme. Ces ventes « se répartissent aujourd’hui de manière équilibrée », décrit l’agriculteur. La ferme de Meyssirat approvisionne également certaines restaurations collectives des collèges haut-alpins. Intermédiaire pour « la mise en relation avec les acteurs du territoire », l’Agence départementale des Hautes-Alpes a organisé une visite, jeudi dernier, pour les « collectivités intéressées pour travailler » avec la ferme de Meyssirat. « Une visibilité » essentielle reconnaît l’agriculteur.

    Cette année, l’exploitation agricole est dans l’attente de l’obtention d’agrément sanitaire européen pour ouvrir « les limites du périmètre » d’approvisionnement, détaille l’agriculteur, à certaines collectivités.

  • Une chasse au trésor ludique pour les enfants à Figuerolles

    Une chasse au trésor ludique pour les enfants à Figuerolles

    Ils galopent, inarrêtables, vers l’herbe verte et en quête de glands tombés à terre. Ce vendredi matin, la quiétude habituelle du parc de Figuerolles est troublée par la masse des 32 têtes du troupeau de moutons mérinos et mourérous, accompagnés des chèvres du Rove. Sans s’arrêter, Newton, le vigoureux border collie de 7 ans, leur file au train et les conduit droit sous les oliviers. Puis il s’immobilise, attentif à ce qu’aucune brebis ne s’égare à nouveau en broutant.

    Cette démonstration est habituelle pour Mélanie Michelotti et Gaëtan Bartholini, tous deux agents de la ferme pédagogique de Martigues. À ceci près qu’une dizaine d’enfants les accompagnent, carnet en main, pour une chasse au trésor thématique. Une pomme de pin, un gland ou un peu de laine font partie des éléments à collecter. Raphaël, 10 ans, est le plus rapide. « J’étais venu il y a 5 ans et ça a bien changé, il y a plus de moutons », remarque il. « C’est important de savoir comment ils sont et ce qu’ils mangent… On peut l’apprendre à l’école, mais c’est autre chose de venir voir », estime l’écolier en CM2.

    Connaître et respecter

    En scrutant le troupeau, Mélanie Michelotti explique leurs comportements. « Observez la séparation naturelle entre les chèvres et les moutons », souligne-t-elle. Mais une, puis deux, puis plusieurs bêtes s’écartent et bondissent pour se suivre. Attention à l’effet de groupe. « Dès qu’il y en a un qui part, tous les autres suivent, il ne faut plus bouger ! » prévient l’agente. Ils cherchent des glands, car « ce sont comme des sucreries pour eux, on leur en donne parfois pour donner un goût au lait », détaille-t-elle.

    Le fils de presque 3 ans de Quentin Ollivier est subjugué. « C’est important de le confronter à ces animaux et d’apprendre à les respecter, surtout quand on habite en ville », estime le jeune père, ravi de profiter d’une « activité adaptée aux très jeunes ». D’autres écopâturages sont prévus aux prochaines vacances, mais d’ici là, le troupeau est sorti tous les jours. « Les gens peuvent venir voir, parfois, on prend même les chevaux et les ânes avec nous », confie le berger.