Tag: chauves-souris

  • Des zones humides autour de l’étang de Berre à découvrir

    Des zones humides autour de l’étang de Berre à découvrir

    Sur la plage, mercredi après-midi, des enfants osent se baigner dans une eau limpide à 10°c. En même temps, un attroupement d’une vingtaine de personnes se forme devant le poste de secours de la plage Champigny, donnant sur l’étang de Berre, à quelques dizaines de mètres de l’embouchure de l’Arc. De la plage au cours d’eau, plusieurs milieux écologiques différents se présentent aux intéressés. Leur point commun ? Ce sont toutes des zones humides que surveille Fanny Argiro, chargée de mission éducation pour le Gipreb, syndicat mixte gestionnaire de la plus grande lagune salée d’Europe.

    Devant l’exutoire de l’Arc, des flamants pas encore roses s’envolent, d’autres mangent, pendant que des cormorans sèchent leurs ailes au soleil dans un espace marécageux. « C’est une sansouïre », explique la naturaliste, caractérisée par « une végétation basse, les pieds dans l’eau et supportant la salinité ». « Beaucoup d’espèces y vivent malgré le passage des quads et motocross », fait-elle remarquer. L’aigrette garzette repérée aux jumelles par une participante en est un exemple, parmi les nombreux oiseaux protégés qu’abritent les zones humides autour de l’étang : « Certains y vivent à l’année comme le martin-pêcheur, qui aiment les eaux saumâtres », complète la guide.

    La dynamique de l’eau

    Cette intervention est menée dans la continuité de la journée mondiale des zones humides. Les profils des participants sont divers. « Je découvre, avec un a priori de pollution », lance cette Aixoise. « C’est un étang qui se bat pour sa survie », estime une autre. « Est-ce que l’agriculture impacte l’étang ? », se demande une troisième. « Ça peut quand il pleut, à cause du ruissellement », répond Fanny Argiro, même si « la dynamique agricole berroise permet à certains oiseaux de nicher », notamment dans certaines cultures. Autre paradoxe : la cane de Provence, espèce exotique envahissante, qui « prend le pas sur les roselières, est compliquée à retirer sans retourner tout l’habitat », mais abrite Butor étoilé et autres busards.

    C’est aussi le cas dans la roselière qui borde l’Arc, ou près des tamaris qui poussent entre deux eaux. Ces espaces à la végétation plus haute, appelés ripisylves, « limitent les inondations, filtrent l’eau » et captent le carbone, précise la naturaliste.

    Outre les oiseaux, le Gipreb a pour projet de « cartographier les déplacements des tortues Cistudes pour défendre leurs milieux », explique Fanny Argiro, de la même manière que pour les chauves-souris vivant autour de l’étang. « Ça fait partie des projets Natura 2000 réalisés sur fonds européens », dont Fanny Argiro est référente.

    Le Gipreb sera présent, dimanche 1er mars à la Poudrerie de Saint-Chamas de 9h30 à 16h30, accompagné d’associations et de différents acteurs de l’étang.

  • Découvrez les chauves-souris à Bandol

    Découvrez les chauves-souris à Bandol

    La ligue de protection des oiseaux du Var vous donne rendez-vous ce samedi à partir de 18h30, au parc du Canet à Bandol, pour profiter d’une sortie nature à la rencontre des chiroptères, plus communément appelés les chauves-souris.

    « C’est un animal assez mystique autour duquel il y a beaucoup d’idées reçues, de légendes urbaines, donc on espère attiser la curiosité pour que tout un chacun puisse mieux connaître ces petites bêtes », continue-t-elle.

    Une trentaine d’espèces dans la région

    En France, on compte 35 espèces différentes de chauves-souris, dont une trentaine se trouvent dans la région Sud-Paca. D’ailleurs, le Murin de Capaccini est une espèce rare que l’on retrouve uniquement dans la région, mais qui préfère les zones reculées et plutôt rurales. « Beaucoup ont encore peur des chauves-souris, mais non, elles ne s’accrochent pas aux cheveux, elles ne sont pas porteuses de maladies en France et en ce qui concerne la rage, une veille sanitaire très précise est menée donc, nous n’avons jamais eu de cas chez nous. Au contraire, les chauves-souris sont très importantes pour notre écosystème », précise Thalie.

    Dans les zones urbanisées à Bandol, comme en centre-ville par exemple, on retrouve majoritairement la Pipistrelle commune, mais aussi la Noctule commune.

    « Ce sont deux espèces que l’on retrouve dans les fentes, les clochers des églises ou encore les greniers. En somme, de vieux bâtiments ou des endroits qui ne sont pas dérangés quotidiennement par l’homme », souligne-t-elle.

    Un indicateur de l’écosystème

    Il faut savoir que la présence des chauves-souris ou pas dans un lieu de vie est un bon indicateur de l’état de l’écosystème dans lequel on se trouve. « Elles sont le reflet de l’état des ressources alimentaires dans un milieu et indiquent ainsi le bon état de conservation d’un écosystème si elles y sont présentes, sachant que chez nous, elles sont majoritairement insectivores. »

    Cette sortie à donc pour objectif de sensibiliser à la biodiversité, de réduire les a priori autour des chyroptères, mais aussi de mieux les connaître sachant qu’elles ont un rôle important dans les écosystèmes. « Cette sortie est aussi une ballade acoustique, car nous aurons l’opportunité de les observer dans leur milieu naturel, mais aussi de les entendre grâce à des détecteurs d’ultra-sons car leurs cris ne sont en général pas audibles par l’oreille humaine », ajoute Thalie.

    Pour cette sortie, il vous est demandé de prendre votre pique-nique, une lampe torche et un vêtement chaud.

    Gratuit.
    Infos et réservation
     : paca.lpo.fr

  • Préserver la nuit, pour préserver la vie

    Préserver la nuit, pour préserver la vie

    La nuit fait un pas.

    « Les choses de l’ombre vont vivre », écrit Victor Hugo dans un poème simplement titré La nuit. Car la nuit est aussi synonyme de vie et c’est pour permettre au monde nocturne de survivre et de se développer que des actions sont désormais menées par les communes pour diminuer la pollution lumineuse. La première motivation n’est certes pas la préservation du vivant. Elle est plutôt guidée par la dure réalité des budgets publics qui ont explosé lors de la crise de l’énergie, et par le tour de vis austéritaire imposé aux collectivités locales. Les villes et les villages ont alors croulé sous des factures insoutenables.
    Il a fallu éteindre les lumières pour des raisons budgétaires. Ces décisions ont néanmoins permis d’améliorer le bien-être de la faune
    et de la flore comme le démontrent de récentes études.

    Le service public a saisi les enjeux

    Mieux encore, des actions spécifiques sont orchestrées par des villes à l’image d’Aix-en-Provence qui travaille sur des corridors, une trame noire, pour protéger les chauves-souris. Une espèce « parapluie » essentielle pour protéger les autres espèces.

    Si le service public a en partie saisi les enjeux et améliore la lutte contre la pollution lumineuse, le privé est beaucoup moins sensible à cette bataille, pour ne pas dire indifférent. Laisser des bâtiments éclairés pour montrer sa présence dans le milieu urbain et, en conséquence, faire une démonstration de sa puissance économique, a des conséquences délétères sur la biodiversité mais aussi sur les êtres humains. D’où l’importance des actions de sensibilisation pour laisser la nuit reprendre toute sa place dans nos cités.