Tag: Chantiers naval

  • Les chantiers navals en croissance recrutent à La Ciotat

    Les chantiers navals en croissance recrutent à La Ciotat

    En ces temps de morosité économique, on peut vérifier que le soleil se lève bien à l’Est. Ou plutôt au Sud-Est. D’abord dédiés à la construction navale lourde, pétroliers, méthaniers (…), et après que des salariés et syndicalistes les aient sauvés du naufrage, les chantiers navals de La Ciotat se sont réinventés. Géré par une société publique locale (SPL) depuis 1995, dénommée depuis 2018 La Ciotat Shipyards (LCS), ce pôle industriel, qui s’étend sur 35 hectares, « a une bonne dynamique pour l’emploi », souligne Olivier François, son directeur. Premier site de refit (ou transformation, réparation et entretien de yachts) en Méditerranée, devant Barcelone et Gênes, « on s’oriente aujourd’hui sur le marché des plus gros navires du monde, les superyachts, de 130 à 140 m de long », éclaire-t-il. Alors que le modèle économique de LCS, gestionnaire du domaine public, « est de louer des espaces au privé, notamment à MB92, leader mondial en refit de yachts, Monaco Marine, Exail, Nautech et Classic Works », détaille-t-il, l’activité dans les chantiers est en pleine croissance. Ceux-ci, qui accueillent chaque année 170 yachts (soit près de 400 passages au total), emploient près de 1 500 personnes originaires de la région Paca, « dont 470 Ciotadens et Ceyrestens », appuie Patrick Ghigonetto, président du conseil d’administration de LCS. Sur les 60 personnes employées par LCS, 80% sont également de La Ciotat et Ceyreste.

    100 offres d’emploi

    LCS a opéré 18 recrutements depuis janvier 2025, dont six en insertion. « Aujourd’hui, les chantiers navals ont environ 100 offres d’emploi à pourvoir. Les entreprises sur place sont prêtes à former », annonce Olivier François. « On travaille avec France Travail et la Mission locale pour recruter », renseigne Patrick Ghigonetto : « Les chantiers recherchent des chaudronniers, des selliers, des peintres… » Le site internet de LCS s’ouvre sur ces offres d’emploi. « On essaie aussi d’aller chercher des candidats sur des salons : le forum Dualform le 12 mars ou le 2MF les 9 et 10 décembre, les 2 à Toulon, le job dating des Nauticales à La Ciotat le 14 avril. »

  • La genèse de l’ère industrielle des chantiers navals à La Ciotat

    La genèse de l’ère industrielle des chantiers navals à La Ciotat

    À travers des archives inédites, photographies anciennes, plans techniques, maquettes et témoignages, le parcours retrace
    les étapes de sa construction et les innovations liées à la propulsion à vapeur et le savoir-faire de la première génération d’ouvriers du chantier naval.

  • Ultimes jours pour replonger dans La Ciotat d’antan

    Ultimes jours pour replonger dans La Ciotat d’antan

    Alain, ancien instituteur installé à La Ciotat depuis 1984, vient d’observer avec intérêt les photos exposées à la chapelle des Pénitents Bleus*, boulevard Anatole-France. Quatre-vingts clichés inédits, en noir et blanc, de celui que les Ciotadens appelaient avec affection « Gara ».

    Né à La Ciotat en 1927, Garabed Garadedian a grandi dans une famille d’origine arménienne. Après avoir appris le métier de tailleur, s’être engagé dans la marine et parcouru le monde, « Gara » revient finalement jeter l’ancre à La Ciotat en 1952. Après avoir travaillé auprès du photographe Louis Sciarli, il ouvre son propre studio en 1955, au 73 rue des Poilus. Dès lors, également photographe pour le quotidien Le Provençal, rien de la vie ciotadenne n’échappera à son objectif.

    Travailleurs des chantiers

    « J’ai l’impression que les gens étaient peut-être plus heureux, car la ville était moins grande, les Ciotadens se connaissaient, il y avait une forme de convivialité. C’est une analyse personnelle », commente Alain.

    Au gré de la visite de l’exposition, toute une époque se met à revivre : le défilé des majorettes sur le port lors des fêtes votives du 15 août 1966 ; la préparation de la fête de la Cité ouvrière en été 1963 ; les filles en jupe et chaussures de ville aux abords du « Printania », présenté dans la légende de la photo comme « le premier supermarché de la ville » ; mais aussi, là où s’étend aujourd’hui un parc urbain, les vignes du domaine de la Tour et les vendanges… Venue en vacances dans sa famille, Martine, Toulousaine de 78 ans, s’enthousiasme : « Ces photos sont vivantes. Superbes ! »

    Garabed Garabedian a un sujet en or, et il le sait : les chantiers navals. Le 7 septembre 1968, il enregistre sur pellicule, car à l’époque la photographie est argentique, la foule des travailleurs du chantier qui, après leur journée de travail et le lancement du pétrolier « Fructidor », « passent les grilles de la porte du bassin ».

    Il photographie également un ravaudeur de filets sur le quai, en 1965. En arrière-plan, derrière lui, se dresse la colossale silhouette d’un navire en construction aux chantiers. Le 26 novembre 1964, sa prise de vue d’une équipe de pêcheurs sur un chalut montre également, en toile de fond, « le pétrolier Franche-Comté ».

    C’est tout cela que Gara a saisi sur pellicule : l’album de famille ciotaden, un fragment de mémoire collective. De quoi faire dire à Pierre, 66 ans : « Que de bons souvenirs ! »

    * Ouvert de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30

  • Le maire de La Ciotat a exhorté les habitants « à faire cité »

    Le maire de La Ciotat a exhorté les habitants « à faire cité »

    Il est près de 11h30 samedi, et, face au public assis dans le vaste bâtiment de l’armement, à l’exacte jonction entre la ville et les chantiers navals, le maire brandit, depuis la tribune, un petit flacon.

    « Cette identité ciotadenne, lance-t-il, entouré par les conseillers municipaux, j’ai voulu la matérialiser. Chacun repartira avec un flacon. C’est de l’eau de source, celle du Pré. » Les applaudissements crépitent. C’est autour de ce seul point d’eau douce que s’est formée la ville, depuis l’Antiquité… On dit : « Qui a bu la source du Pré ne quittera plus jamais La Ciotat. » « C’est un symbole fort, il est porteur de notre ambition de faire cité », reprend l’homme de 48 ans, élu maire à la majorité du conseil municipal le 24 juin 2023, après la démission d’Arlette Salvo.

    « Sans revenir sur le contexte sanitaire passé, l’environnement international et la crise politique en France, je veux rappeler que plus que jamais nous devons faire cité pour nous protéger, tenir debout, durer », a-t-il exhorté. « Faire cité, c’est tisser les liens invisibles mais solides qui nous rassemblent. C’est accepter nos différences car La Ciotat est une ville généreuse, ouverte, vivante. »

    Une eau « ni potable,

    ni bénie »

    Remplis de cette eau « ni potable, ni bénie », a précisé l’édile dans un sourire, trois flacons seront mis de côté, a-t-il annoncé. Un sera remis au dernier-né ciotaden, un à la doyenne de 109 ans, et un, estampillé 105, « remis à mon ami Pierre Tidda », a assuré le maire. Pierre Tidda prit la tête des « 105 irréductibles ». De 1988 à 1994, ils occupèrent jour et nuit les chantiers navals, et permirent la renaissance de ce poumon économique et « cœur battant de La Ciotat ».

    Rien n’a été laissé au hasard. La corne de brume pour conduire le public au site du discours, prononcé sans notes. Le lieu même des vœux « rappelle combien l’homme et la mer ont toujours avancé ensemble », a déclaré l’élu. Et de confier : « Oui je ne suis pas né ici, mais je suis devenu Ciotaden, j’en porte l’âme. » Dans le bâtiment voisin, le buffet de l’apéro offert par la Ville a été dressé. Le discours du maire ? Ses soutiens apprécient. Margarita, 77 ans, l’a trouvé « clair, encourageant. Quant à l’homme, il me semble honnête, direct, humain, accessible ». Mathilde, 65 ans : « C’est un maire qui a de l’empathie. Il est à l’écoute des habitants. Il fait avancer les choses, même si l’administratif, c’est du temps long. » Charlotte, également Ciotadenne, 28 ans : « Je l’ai trouvé très centré sur la ville et ses habitants. C’est important de savoir qu’il est là pour eux avant tout. » Stéphane, 36 ans, qui travaille aux chantiers : « Cela va dans le bon sens. Il défend les valeurs ciotadennes, les chantiers navals. Il essaie d’agir dans le sens de la cohésion, et il en faut aujourd’hui ! » Si le discours de l’élu a été brillant, son bilan, notamment sur la difficulté à se loger dans la ville, lui est régulièrement reproché par l’opposition au conseil municipal.

  • Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    C’est le premier assaut du froid. Emmenés par Alba, médiatrice du patrimoine à la Ville, et Magali, la trentaine de personnes inscrites à la visite*, saisies par le vent froid qui transperce, hâtent le pas. Le soleil est au rendez-vous. Sitôt franchi une grille, le groupe rentre sur le site des chantiers navals de La Ciotat Shipyards (LCS). Pour éviter tout espionnage industriel, aucune photo n’est autorisée. Grande frustration. D’autant que le site ferait se damner tout amateur de photographie…

    Les 105 irréductibles

    Ici, tout est démesure. Gagnés pour trois quarts sur la mer, les chantiers navals actuels « occupent 34 hectares », renseigne Alba. Ils étaient concentrés sur 3 ha, à l’époque des tout premiers chantiers modernes Vence-Benet (1835-1851)… On construisait des bateaux en bois à La Ciotat depuis 1660. Juste avant la visite, cette histoire captivante est racontée, par le biais de diapos commentées et d’un film, aux visiteurs.

    Drôle de paysage. Sur une immense plateforme claire battue par les rafales, les 7 immeubles flottants que sont les mégayachts ont pris place. Ils ont été mis à quai et au sec par « Atlas », explique Alba. Inauguré en septembre 2022 après plus de deux ans de travaux, c’est le petit nom de « l’ascenseur à bateaux. Il peut soulever des yachts de 80 à 120 mètres de long, avec un poids maximal de 4 300 tonnes. Depuis sa mise en service, La Ciotat figure parmi les trois chantiers navals les plus performants au monde pour ce type de yachts. » Au loin, d’autres navires tout aussi gigantesques, comme le sont les fortunes qui permettent de les acquérir (les propriétaires sont en majorité issus des Émirats, de Russie, des États-Unis), ont été enveloppés dans des sortes de cocons pour être repeints. À l’emplacement même de la plateforme Atlas, était la cale de lancement n°1 empruntée par de nombreux pétroliers construits à La Ciotat, durant le fameux « âge d’or », de 1940 à 1982.

    Un bus attend les passagers. Il s’arrêtera à proximité de chaque grande infrastructure. Comme « la grande forme, de 350 mètres de long à l’origine, sur 59 m de large, où l’on peut construire un navire à sec. Puis on remplit avec de l’eau de mer avec les vannes », précise Alba. Il est alors prêt à prendre la mer. Mais aussi le fameux grand portique. Celui dont la poutre horizontale culmine à 83 mètres de haut, avec, écrit en bleu sur fond blanc : 105. Ce sont les 105 irréductibles. Ces gars du chantier qui refusèrent de voir mourir leur outil de travail. De 1988 à 1994, ils occupèrent le site. Et réussirent à le sauver.

    * Gratuit. Infos : MCN, 46, quai François-Mitterrand prolongé. 04.42.08.65.23.

  • Le film « Le convoi sacrifié » veut résoudre une énigme

    Le film « Le convoi sacrifié » veut résoudre une énigme

    La date est symbolique. Le 30 octobre, Régis Michel, journaliste et réalisateur installé dans la région, a lancé la campagne de financement participatif pour son film sur Ulule, qui s’achèvera mi décembre.* Le même jour, en 1942, le Président-Doumer, paquebot de luxe construit en 1933 dans les chantiers navals et réquisitionné par les Anglais en 1940, est torpillé par les sous-marins allemands. Les 260 hommes à son bord, dont une vingtaine originaire de Marseille et sa région, périrent. Le Président-Doumer faisait partie du convoi SL 125, 42 navires arrivés de Sierra Leone pour rallier Liverpool. « Cette attaque d’un convoi civil est la plus meurtrière de toute la guerre », souligne Régis Michel. 11 navires sont coulés et 407 marins tués (dont les 260 du Doumer). Voilà pour le cadre. « Le sujet du film, c’est réellement résoudre cette énigme, révéler ce secret, que ce convoi a bel et bien été sacrifié, pour la grande cause », déclare Régis Michel. « Le convoi SL 125 a été sacrifié pour que l’opération Torch réussisse. Et Torch, c’est le tournant de la guerre », avance-t-il.

    « L’appât »

    Selon lui, le convoi aurait servi « d’appât ». Pendant que les sous-marins allemands s’acharnent sur ces navires, 200 bâtiments de guerre et 140 navires de transport vont, quelques jours plus tard, débarquer 107 000 hommes sur les côtes de l’Algérie et du Maroc. Il s’agit de l’opération Torch, « le plus grand débarquement de tous les temps, avant celui de Normandie ». Si ce « sacrifice » n’a jamais été prouvé, Churchill aurait par exemple qualifié, dans ses mémoires, d’« accident acceptable » le sort du convoi. « C’est toujours une hypothèse que les historiens ont évoquée mais on n’a jamais eu la preuve exacte. On veut aller chercher les preuves dans les archives en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni », lance le réalisateur. Celles-ci viennent d’être déclassées secret-défense. «Les descendants des victimes n’ont jamais su réellement ce qui s’était passé. On veut leur rendre hommage », dit-il. Régis Michel, qui travaille sur ce projet depuis dix ans, le mène de concert avec Romain Legras, océanographe. Il a été mis sur la piste de ce sujet par Marius Fayard, le grand-oncle de l’ex-femme de Legras, qui lui a raconté l’histoire du Président-Doumer. Le film sur Le convoi sacrifié devrait être présenté dans un an en avant-première au cinéma Eden-théâtre à La Ciotat.

    * www.sl125.com

    Conférence sur le sujet le 13 novembre à 18h à l’Institut
    de la mer à Marseille.

  • La nef B réhabilitée, MB92 peut continuer à grandir

    La nef B réhabilitée, MB92 peut continuer à grandir

    « Regardez autour de vous : huit ateliers ultra-modernes, un grand magasin, de vastes zones de stockage, des bureaux lumineux et des espaces de vie accueillants », déclare, ce mardi, Rob Papworth, PDG de MB92 La Ciotat. Avec aujourd’hui près de 200 salariés et plus de 130 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, MB92 La Ciotat est le leader français du refit, de la maintenance et de la réparation des superyachts.

    Après la coupure du ruban, aux côtés du maire (DVD) Alexandre Doriol, de Patrick Ghigonetto et Olivier François, respectivement président et directeur de La Ciotat Shipyards* (LCS), Rob Papworth prend la parole. D’une longueur de 250 m, large de 33 m et haute de 26 m au faîtage, la nef B, construite en 1968, a été réhabilitée. MB92, qui réalise chaque année plus de 100 projets sur des yachts de 24 à 180 m, y a investi 6,5 millions d’euros.

    Gage de développement

    « C’est un montant important, mais surtout un engagement concret pour renforcer notre capacité de production, améliorer les conditions de travail et accompagner la croissance du site en améliorant les services proposés », assure Rob Papworth. LCS a financé les travaux à hauteur de 4,2 millions d’euros, avec un accompagnement par l’État et la Région Paca.

    Responsable des infrastructures pour MB92, Mathieu Bauden explique : « Avant, tout était rassemblé dans la nef C, à côté, sur 2 000 m2, aujourd’hui, tout l’est sur 5 000 m2. » Remplacement de la toiture, des bardages, désamiantage, encapsulage des peintures au plomb, mais aussi traitement antibruit, éclairage dans les ateliers : tous les travaux ont été menés en collaboration avec la Carsat Sud Est, « pour que les salariés ne soient pas exposés à des accidents ou à des maladies professionnelles », a souligné Thierry Moussy, contrôleur de sécurité.

    * Société publique locale qui gère le site des chantiers navals ciotadens.

  • La Maison de la construction navale célèbre ses 20 ans

    La Maison de la construction navale célèbre ses 20 ans

    La Maison de la construction navale, ouverte par la Ville en collaboration avec l’association MCN J.E Vence-Louis Benet a accueilli plus de 150 000 visiteurs en 20 ans. L’association, qui s’est réunie ce mois pour fêter cet anniversaire (photo), a pour but de rechercher, restaurer, sauvegarder et promouvoir la mémoire de la construction navale à La Ciotat et les activités de reconversion des chantiers navals (réparation de haute plaisance). Située 46 quai François-Mitterrand, elle accueille, jusqu’au 31 octobre, l’exposition « Forges des mers », de Jean-François Herelle. Photo MCN

  • Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Sur la traversée Atlantique, on envisage d’utiliser uniquement la voile. Les moteurs de propulsion nous servent seulement à sortir du port et à y rentrer. » Entre deux coups de talkie-walkie avec son équipage, Mathieu Poulain, commandant du Neoliner Origin, ne cache pas sa satisfaction de naviguer avec le « premier cargo roulier de grande capacité à propulsion principale vélique du monde ».

    Entendez par là le premier navire de commerce à voile, de dimension industrielle. Et quelles voiles ! 3 000 m² de voilure total, en panneau de carbone avec un intérieur en fibre de verre, sur deux mats en carbone « Made in France » de plus de 70 m de haut et « autoporteurs »…

    Quand le Neoliner Origin déploie sa voilure en accordéon dans le port de Marseille, elle cache le soleil pour les dockers depuis les quais. « C’est carrément différent. Quand on est à la voile, au niveau des vibrations et du bruit, je n’ai jamais connu un navire aussi confortable depuis ma cabine. C’est dingue », poursuit le capitaine Mathieu Poulain. En escale à Marseille avant de prendre le large vers Nantes, son port d’attache, la CMA CGM et Neoline présentaient cette « innovation » qui pourrait bien être la première pierre d’un nouveau genre de fret maritime.

    « Décarboner à 80 % »

    « Il a une capacité de 1 200 mètres linéaires, c’est l’équivalent de 350 à 400 voitures, il peut aussi transporter des conteneurs, pour une capacité de 265 EVP [équivalents vingt pieds, Ndlr] », explique Jean Zanutti, président de Neoline, compagnie dont la CMA CGM est au capital. « C’est le premier navire dont le moyen de propulsion principal est la voile, contrairement à d’autres navires qui ont des aides à la propulsion, mais ce ne sont que des aides. Là, on va décarboner le transport jusqu’à 80 % », abonde Xavier Leclercq, vice-président du groupe CMA CGM, en charge des constructions neuves. Et le Neoliner Origin ne souffre pas de la comparaison avec ses homologues consommateurs de carburant. « En moyenne, ça va prendre à peine deux jours de plus pour une traversée Atlantique », précise Xavier Leclercq. « On est capable d’être alignés en termes de prix sur ce trajet grâce à l’économie de fioul, même si l’amortissement est plus cher », ajoute Jean Zanutti. Si toutes les routes maritimes ne conviennent pas forcément au navire, reste qu’il est « une solution remarquable » pour la décarbonation du fret maritime. « C’est un voilier, mais c’est d’abord un cargo, un navire de commerce qui embarque de la marchandise par roulage. Mais, lorsqu’on est en mer, on hisse les voiles et on est propulsé uniquement par le vent », confirme le commandant, Mathieu Poulain.

    Une innovation à plus de 60 millions d’euros avec beaucoup d’avantages et quelques inconvénients. « C’est un peu particulier à piloter, on est assisté par pas mal d’ordinateurs et d’automatisation. On est limité par la puissance et la force du vent. Sinon, ça reste relativement facile à manœuvrer grâce notamment aux balestrons [support sur lequel est fixé le mât Ndlr] qui tournent à 360 degrés », développe le capitaine. Avec l’espoir d’insuffler un vent nouveau pour le transport de marchandises sur les mers. « J’espère et je rêve que ça puisse être le futur de la navigation », conclut Mathieu Poulain.

    « Lorsqu’on hisse les voiles, on est propulsé uniquement avec le vent »