Tag: chant

  • Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Une programmation variée

    Chorales en terrasses, ateliers participatifs, création mondiale et concert scolaire géant : le festival porté par l’association les Vallonés célèbre la voix sous toutes ses formes, entre amateurs et professionnels, dans un esprit de partage et d’ouverture. Et pour débuter les festivités qui s’ouvriront samedi à partir de 16h, le cours Julien et les abords de Notre-Dame du Mont se transforment en scènes à ciel ouvert pour les chorales en terrasses. Quatre adresses accueilleront les ensembles vocaux : le Black Bird Coffee, la Brasserie Communale, Asabiya et Le Petit 51. À partir de 21h, l’événement prendra un autre tournant et c’est à l’église Notre-Dame du Mont qu’un grand concert autour de créations originales et d’œuvres chorales contemporaines est organisé. Dimanche, rendez-vous est donné au parc Bagatelle avec une journée entièrement dédiée à la pratique et à la transmission. De 9h30 à 16h30, une large palette d’ateliers participatifs accueille amateurs et curieux, sans prérequis musical exigé.

    Événement gratuit et accessible à tous.

  • Un éveil musical pour les maternelles à l’Opéra

    Un éveil musical pour les maternelles à l’Opéra

    Les élèves de maternelles paraissent encore plus petits dans le grand Foyer de l’Opéra de Marseille. Une petite quarantaine d’écoliers des maternelles Révolution et Saint-Louis, à Marseille, ont bénéficié d’une session d’éveil musical. Un moyen de démocratiser la musique classique et le chant lyrique. Pour la plupart, c’est une découverte : « Je ressens du calme et de la joie », exprime Lilia, élève de maternelle.

    Cette séance a été animée par Pascale Bonnet-Dupeyron, soprano, et Jean-Michel Muscat, baryton. En début d’atelier, ils ont chanté un duo d’opérette aux enfants « surpris par la puissance de la voix des chanteurs et le fait qu’ils chantent sans micro », raconte l’enseignante de la classe de Lilia. Les enfants se sont ensuite échauffé la voix, pour chanter en chœur « Pétrouchka », une chanson préparée en avance, sous les conseils des professionnels.

    Faire découvrir un univers

    L’opéra reste fréquenté par une population assez aisée. Pour le baryton, « c’est important de faire découvrir, dès le plus jeune âge, ce genre de musique qu’ils n’ont pas forcément l’occasion d’écouter ». Certains enfants n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de se rendre à l’Opéra sans ce dispositif mis en place par la Ville de Marseille, en collaboration avec l’Opéra et l’Académie d’Aix-Marseille. Surplombés par une peinture au plafond d’Augustin Carrera, les enfants forment finalement une ronde, tout en chantant au rythme de la mélodie de Caroline Dauzincourt au piano. « C’était mon moment préféré », assure la petite Narjess.

    Pour la deuxième année, cet atelier aura peut-être inspiré quelques enfants. « J’ai bien aimé répéter à la maison », raconte Nour. « T’aimerais bien continuer ? », demande la maîtresse. « Oui ! »

    Marie Moreau

  • Les Fous chantants : quand Aznavour rencontre Soprano

    Les Fous chantants : quand Aznavour rencontre Soprano

    Mille choristes rassemblés autour de leur passion, pour rendre hommage à des grands noms de la chanson française. C’est, depuis bientôt 30 ans, la recette à succès des Fous chants d’Alès qui, chaque été, offrent huit jours de répétitions intenses et de partage choral aboutissant à des concerts grandioses dans les arènes.

    Pour participer, pas besoin d’attester d’une quelconque expérience en matière de chant, ni d’un talent particulier. Pas de sélection, pas de casting. « La seule chose qui compte, c’est l’envie de chanter », insiste Fabrice Schwingrouber, directeur artistique des Fous chantants qui a pris, il y a près de 10 ans, les rennes de cette manifestation atypique créée par son père en 1998.

    «1 000 personnes, c’est une micro société, avec plusieurs générations ! Il n’est pas rare qu’il y ait de la grand-mère jusqu’aux petits-enfants qui chantent. Il y a un esprit “colo” où les gens se retrouvent, avec quelque chose de social », décrit Fabrice Schwingrouber. Il y a les inconditionnels, qui viennent chanter chaque année ; ceux qui viennent en fonction de l’artiste célébré ; et d’autres encore qui sont curieux de découvrir un répertoire. « On essaye toujours d’avoir à peu près 20% de nouveaux », souligne le directeur artistique.

    1 000 voix, 2 répertoires

    Seule contrainte : « un chœur est composé de 4 pupitres (registres vocaux) : soprano, alto, ténor et basse. On doit donc établir une jauge par pupitre afin d’assurer un certain équilibre du chœur. »

    Une fois inscrits dans leurs pupitres respectifs, « les participants reçoivent chez eux, de fin avril à mi-juin, tous les chants à travailler. Si bien que le premier jour des répétitions, quand ils se retrouvent, on fait “3, 4 “ : et le chœur chante ! Alors qu’ils n’ont jamais chanté ensemble », décrit Fabrice Schwingrouber.

    Portée par une énergie collective, la magie opère. Durant huit jours, ces 1 000 voix répètent, peaufinent leurs accords avant d’offrir deux concerts gigantesques dans les arènes d’Alès. Après Zazie l’an dernier, ce n’est pas un mais deux artistes qui seront célébrés cette année devant deux fois 3 800 spectateurs, les 31 juillet et 1er août. Deux répertoires, deux générations  : Charles Aznavour, qu’on ne présente plus et l’auteur-compositeur-interprète marseillais Soprano, « qui peut avoir une image de rappeur mais qui est surtout un chanteur doté d’une voix phénoménale. Les choses n’ont pas été faites au hasard. Soprano a une grande estime pour le travail d’Aznavour. D’ailleurs il interprétera quelques-unes de ses chansons. Je trouvais ça intéressant de rassembler ces deux répertoires exceptionnels et très différents en apparence », détaille Fabrice Schwingrouber. « Ce projet favorise la transmission : il fait découvrir des répertoires classiques aux plus jeunes et des univers plus contemporains aux aînés ».

    * La billetterie ouvrira sous peu, avec réservation
    sur www.fouschantants.org,
    à la permanence des Fous chantants (espace André Chamson, Alès) ou via
    les partenaires traditionnels

  • [Entretien] « C’est un immense chef-d’œuvre qu’il faut absolument voir sur scène à l’Opéra »

    [Entretien] « C’est un immense chef-d’œuvre qu’il faut absolument voir sur scène à l’Opéra »

    L’opéra de Marseille donne cette semaine (mercredi 25 et vendredi 27 à 20h et dimanche 29 à 14h30) Dialogues des Carmélites, du français Francis Poulenc. L’ouvrage créé à la Scala de Milan en 1957, d’après la pièce de Bernanos, est sans doute l’un des plus dramatiques et puissants du répertoire lyrique. Opéra de femmes vivant dans un décor de clôture monastique, hanté par l’idéal du martyre, Dialogues des Carmélites ne laisse pas l’auditeur indemne. Il faut une distribution qui convoque la fine fleur du beau chant français. Maurice Xiberras sait y faire en réunissant Hélène Carpentier (Blanche de la Force), Lucile Roche (Madame de Croissy), Angélique Boudeville (Madame Lidoine), Marc Barrard pour les plus familiers du public marseillais.

    La mise en scène est signée Louis Désiré. Quant à la direction musicale, elle sera assurée par la cheffe Debora Waldman. Une pionnière nommée à la direction musicale de l’Opéra d’Avignon et qui devient ainsi la première femme à la tête d’un orchestre national permanent français. Entretien.

    La Marseillaise : Que représente pour vous, en tant que cheffe,
    «
     Dialogues des Carmélites » ?

    Debora Waldman : C’est un monument d’une force profonde, un immense chef-d’œuvre mal connu qu’il faut absolument voir sur scène. J’ai des affinités avec cette œuvre. Je veux y exprimer toute la dimension religieuse et mystique qui, en tant que musicienne, me parle beaucoup. La musique de Poulenc est régie par le texte de Bernanos. C’est la prosodie qui prime et il y a peu d’air au sens habituel. Dialogues, c’est avant tout du théâtre. L’émotion y est très puissante. La mise en scène est essentielle. Louis Désiré est toujours à l’écoute au plus près de la musique. On ne peut pas séparer le récit proprement musical du drame vécu par les personnages.

    Une grande partie de l’opéra a pour décor le couvent des Carmélites, les rôles féminins y sont les plus importants. Peut-on parler d’opéra féministe ?

    D. W. : On me pose souvent la question. Nous sommes, bien sûr, dans un monde très féminin. En y réfléchissant je pense à Goethe qui dit que l’éternel féminin nous élève et c’est là, peut-être, qu’on peut trouver dans cet opéra quelque chose de vraiment féminin. Une espèce d’idéalisation d’une communauté de valeurs portée par ces femmes et que la Révolution va vouloir étouffer.

    C’est votre première invitation à Marseille. Que ressentez-vous ?

    D. W. : C’est d’abord une surprise, je ne m’y attendais pas. Puis ça a été une rencontre. J’ai été très heureuse car je connaissais l’excellente réputation de l’orchestre. Et venir, en plus, pour cette œuvre-là était important. On peut parler d’une parfaite conjonction. Je compare le geste du chef à celui de l’archer. Tout est dans la précision. L’orchestre est très réactif. Plein de fortes personnalités. Si je devais les définir en quelques mots, je dirais l’intelligence d’une aspiration collective.

    Vous êtes la première femme
    à la tête d’un orchestre national permanent français, l’Opéra d’Avignon, vous avez fondé «
     Idomeneo », votre propre orchestre. Être cheffe d’orchestre est-ce toujours aujourd’hui une question qui se pose ?

    D. W. : Pour Idomeneo, c’était il y a 15 ans. Une fille comme moi ne pouvait pas rêver d’une vraie carrière de cheffe. Alors comme Nathalie Stutzmann, Emmanuelle Haïm ou Laurence Equilbey, avoir son propre orchestre était le moyen essentiel de se faire une place. Puis en 2020, j’ai été nommée à Avignon. Quand j’ai réalisé que j’étais la première à ce genre de poste, ça a décomplexé tout mon passé. C’est un point de bascule où les cheffes ont commencé à occuper l’espace, et pas seulement la jeune génération. On a toujours été là mais pas visible, un peu comme toutes ces compositrices que l’on redécouvre aujourd’hui et qui, comme Charlotte Sohy, doivent avoir en toute justice leur place dans les histoires de la musique.

  • La jeunesse marseillaise a donné de la voix

    La jeunesse marseillaise a donné de la voix

    La jeunesse marseillaise a du talent et elle l’a prouvé, mi-octobre, à l’occasion de la finale du concours des jeunes talents oratoires organisé par la Ville. Avec près de 500 personnes réunies dans l’espace muséal Bargemon, le rendez-vous a connu un joli succès. « Pour une première, cela traduit un vrai engouement », apprécie Hedi Ramdane, adjoint (DVG) chargé de la Jeunesse qui a porté le projet auprès du maire. « L’idée était de mettre en avant les talents oratoire. On l’a fait via le conseil municipal des jeunes. Il y a eu aussi les tables rondes de la jeunesse, mais on voulait aussi leur donner la parole via ce concours. C’est important, on avait besoin que la jeunesse s’exprime ainsi. »

    Après trois rounds de sélection, dont les demi-finales organisées sur la tournée d’été La Marseillaise dans les 15-16 et le 2-3, la dizaine de finalistes a enflammé la scène. à l’issue du show animé par Eloquentia, 419 votants ont désigné, avec deux urnes sur place et un vote en ligne, leur prestation préférée. Les voix du public et du jury ont désigné comme lauréats, Clara Montemagno au chant et Tadjidine Ali en éloquence. « Lors de la finale, les gens se sont levés, j’en ai eu la larme à l’œil », confie l’adjoint. « Le niveau était impressionnant, particulièrement en chant : les deux premiers ont devancé une finaliste de The Voice. Quand on dit “fiers d’être marseillais”, c’est aussi ça ».

    La soirée a aussi bénéficié du soutien de nombreux influenceurs marseillais comme Nassim Bouguezzi, Malik Bouti, Antho le fada, Radouane et Ichem Bougheraba ou Bengous. « Ceux qui ont réussi ont offert à d’autres une tribune pour se révéler. C’est une solidarité toute marseillaise », souligne Hedi Ramdane, qui rêve déjà d’une prochaine édition qui se tiendrait à l’Opéra de Marseille.