Tag: chambre d’agriculture

  • L’irrigation des vignes fait toujours débat

    L’irrigation des vignes fait toujours débat

    Autrefois marginale, la pratique de l’irrigation des vignes dans le bassin viticole du Languedoc-Roussillon a connu un véritable essor au cours de la dernière décennie, jusqu’à atteindre un taux de 20% en 2020. Cette évolution est d’ailleurs particulièrement marquée dans les départements de l’Hérault et du Gard, selon la Chambre d’agriculture régionale. Cette pratique soulève cependant la question cruciale de la répartition de la ressource en eau.

    « La vigne n’est pas une culture nourricière et l’eau commence à se faire rare », résume ainsi Rémi Balmassière, co-secrétaire de la Confédération paysanne du Gard. « Selon nous, il va donc falloir sélectionner ce qu’on arrose en agriculture. » Parfois caricaturée, la position de la Confédération paysanne sur la question de l’irrigation des vignes n’est pas un refus catégorique de la pratique. « Nous sommes tout simplement pour un arrosage qui vise à maintenir la qualité et non pas la quantité, explique Rémi Balmassière. Cela se traduit donc par une irrigation saisonnière, qui remplacerait uniquement les orages des mois de juillet et d’août, qui se font de plus en plus rares. »

    La Confédération paysanne prône un contrôle strict de la pratique de l’irrigation des vignes : « Ces contrôles doivent aussi s’accompagner de pratiques agroécologiques, c’est-à-dire qu’il faut augmenter le taux de matière organique dans les sols, afin qu’ils retiennent mieux l’eau. » Le syndicaliste tient également à rappeler que la Confédération paysanne n’est pas opposée aux retenues collinaires, mais seulement aux « méga-bassines ». Une vision en désaccord avec celle du syndicat majoritaire FNSEA, qui prône un plan de stockage massif de l’eau d’ici à 2030.

    Dans l’Hérault, le Département a mis en place un plan Irrigation 2018-2030, visant à « moderniser et à développer les réseaux collectifs de desserte » dans le but de « garantir la pérennité de la viticulture héraultaise ». Selon ce plan, la mise en place de l’irrigation des vignes pourrait représenter des gains potentiels de 300 à 950 euros par hectare de vigne.

  • Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Les jeunes paysans gardois face à la difficulté de se loger

    Lors des premières années d’installation de leur activité agricole, beaucoup de paysans sont confrontés à la difficulté de trouver un logement, en raison du peu de revenus qu’ils perçoivent. Pour y remédier, certains d’entre eux s’installent en habitat léger sur les terres qu’ils cultivent. « Le problème est que dans le Gard, nous sommes nombreux à avoir été empêchés par la Justice ou les mairies de vivre de cette façon, en raison de la lutte contre la cabanisation », raconte Simon le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Au début du mois de juillet, le syndicat a donc évoqué une motion sur le logement agricole lors d’un bureau de la Chambre d’agriculture.

    Vivre en habitat mobile

    « Le premier volet de cette proposition concerne la construction de bâtiment sur des terres agricoles, poursuit Simon Le Berre. Aujourd’hui, celle-ci est autorisée par dérogation aux agriculteurs. Seulement, quand ces derniers partent à la retraite ou se retrouvent en liquidation, la revente de ces bâtiments ne leur est plus réservée. » Ainsi, pour éviter la spéculation, la Confédération paysanne propose que ce type de biens soient réservés aux agriculteurs sur un marché propre, qui pourrait être géré notamment par la Safer. « Le deuxième volet concerne l’habitat mobile. Nous aimerions que soit mis en place un encadrement permettant aux jeunes paysans qui le désirent de s’installer sur les terres qu’ils cultivent en habitat mobile, pendant une durée déterminée et dans de bonnes conditions, en respectant un cahier des charges qui serait encadré par la Préfecture. » La Confédération paysanne envisage désormais de présenter une motion plus étayée lors de la prochaine session de la Chambre d’agriculture et de se rapprocher de la Préfecture pour lui exposer ses propositions.

  • L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    « On a trois salariés sur la sellette, dont deux sûrement mis au chômage en septembre. Des dossiers en cours ne pourront potentiellement pas aboutir. C’est compliqué », se désole Charles-Henri Tavernier, président de l’Ardear, un réseau associatif qui œuvre dans l’installation en agriculture paysanne et agroécologique depuis plus de vingt ans.

    En cause, la suppression d’une subvention de 100 000 euros versée à l’association par la Région Sud depuis 2008. « On n’a pas eu de discussion avec la Région. Béatrice Martin [vice-présidente en charge de l’agriculture, Ndlr] nous a simplement envoyé une lettre en disant qu’elle avait décidé de son propre chef de mettre l’installation et la transmission uniquement dans les mains des chambres d’agriculture. On est un peu surpris du manque de concertation », exprime ce vigneron des Hautes-Alpes. Dans cette lettre, adressée au président de l’Ardear, le 27 avril, l’élue explique les raisons de cette décision : « Cette politique volontariste s’inscrit dans un cadre budgétaire extrêmement contraint. »

    Depuis sa création, le réseau associatif indique avoir accompagné plus de 1 000 installations, soit un tiers des porteurs de projet de la région. « On nous parle toujours du renouvellement des générations d’agriculture, ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire », estime Charles-Henri Tavernier. Dans un communiqué, daté du 24 juillet, l’Ardear demande à la Région Sud de « revenir sur cette décision et de maintenir son soutien financier ». La Région n’a pas encore répondu à nos sollicitations à ce sujet.

  • Olivier Galzi visite le marché du soir à Avignon

    Olivier Galzi visite le marché du soir à Avignon

    Après avoir fait le tour des stands d’abricots d’Aubignan, de cerises de Mallemort ou encore d’asperges de Mazan, il y voit un « genre de marché qu’on a envie de pousser car c’est du circuit court avec des produits de qualité ». S’il n’y a pas de producteurs d’Avignon même, il pointe « un écosystème » et ne voit pas de « concurrence au niveau local », mais plus « une idée de complémentarité ». Une nouvelle visite est programmée ce vendredi (17h) sur la place de l’église de Montfavet.

  • Les Hautes-Alpes célèbrent leurs médaillés

    Les Hautes-Alpes célèbrent leurs médaillés

    Un rendez-vous devenu, au fil des années, un temps fort pour toute une filière. Les Hautes-Alpes ont, encore une fois, réalisé une belle moisson de prix. Au Concours général agricole, le département obtient 13 médailles d’or, 16 d’argent et 10 de bronze, auxquelles s’ajoutent deux prix d’excellence, ainsi qu’une récompense saluant la valorisation du stand départemental au Salon international de l’agriculture. Un palmarès complété par six médailles au Concours des miels de France et dix distinctions au Concours international de Lyon.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.