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  • L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    Si bien des syndiqués se sont joints à l’appel citoyen du 10 septembre pour « tout bloquer », les syndicats n’étaient pas vraiment partie prenante, même si le mouvement était soutenu par la CGT et SUD. « Le blocage du pays ne peut se faire que par la grève, pas en bloquant des ronds-points », estime pour sa part Gilbert Fouilhé (FO 34).

    Jeudi 18 septembre, ce sera justement au tour des syndicats d’entrer pleinement dans la contestation sociale. Une journée de grèves et de manifestations* à l’appel d’une intersyndicale pour la première fois au complet depuis 2023 et le grand mouvement contre la réforme des retraites finalement passée en force via le 49-3. Si à l’époque l’épisode jugé anti-démocratique avait amené démobilisation voire résignation l’année suivante, il semble avoir été digéré et les troupes semblent à nouveau gonflées à bloc. « Une journée intersyndicale aussi tôt à la rentrée, c’est le signe de quelque chose qui va durer », professe Sébastien Audebeau, secrétaire de la FSU 34.

    Rien que dans l’Hérault, une cinquantaine d’appels à la grève public/privé sont déjà recensés le 18 septembre. De là à dire que des débrayages reconductibles vont s’enchaîner et réussir à faire fléchir le nouveau gouvernement Lecornu, il y a un pas. « Nous n’avons pas de bouton pour déclencher les grèves. Ce serait présomptueux d’annoncer tel ou tel mot d’ordre. Nous attendons les remontées de terrain, nos bases nous diront », tempère Franck Mary-Montlaur (FO 34). « L’intersyndicale a déjà prévu de se revoir. Mais ce n’est pas une journée de grèves qui suffira à faire plier le gouvernement », prévient le Sébastien Boudesocque pour la CGT 34.

    Ce qui est sûr c’est que tous les ingrédients de la colère sont là : une précarité grandissante et des solutions toujours plus austéritaires proposées par les gouvernements d’Emmanuel Macron au mépris du résultat des urnes. Mais plutôt que de réclamer le départ du chef de l’État ou de cibler son nouveau Premier ministre, l’intersyndicale appelle à un changement de leurs choix politiques.

    Redistribution des richesses

    À commencer par la question des salaires et des pensions à revaloriser. « Depuis 2010 et le gel du point d’indices des fonctionnaires, les collègues ont perdu 15 à 20% de pouvoir d’achat », calcule Sébastien Audebeau (FSU 34). Même tendance baissière du côté des cadres, insiste Frédéric Thieffy, président de la CFE-CGC 34. « Les entreprises privilégient l’actionnariat à l’encadrement. Le ruissellement à la baisse touche aussi les cadres. Il faut aussi arrêter de taper sur les retraités qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. »

    Bref, « Les sacrifices pour
    le monde du travail, ça suffit
     ! », synthétise Sébastien Boudesocque. À la récurrente problématique de la dette, le cégétiste répond que des alternatives existent à l’image des 211 milliards d’euros annuels distribués aux entreprises sans contrepartie. « La part du PIB passé de la poche des travailleurs à celle du patronat est passée de 6 à 40%. » « La France est l’un des pays qui compte le plus de milliardaires où la rémunération du CAC40 est le plus élevée. Le monde du travail en a marre d’être les vaches à lait », abonde Franck Mary-Montlaur (FO 34). « De moins en moins de gens vivent dignement de leur travail. On a besoin d’une autre répartition des richesses, marre des miettes plutôt que la baguette », illustre Marie-Pierre Zabalète, co-secrétaire de Solidaires 34.

    Services publics à l’os

    L’inquiétude est tout aussi grande sur l’avenir des services publics. « Il y a une déconnexion entre les gouvernants et la réalité du terrain. Ils mettent en difficulté de fonctionnement les services publics, ce qui génère un sentiment de manque de reconnaissance », déplore Grégoire Delattre, secrétaire académique de l’Unsa. L’école et l’hôpital se disent particulièrement à l’os. « Certaines AESH sont rémunérées sous le seuil de pauvreté. On nous parle de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite », s’indigne Sébastien Audebeau (FSU) sans parler de la crise des vocations dans l’Éducation nationale qui a besoin « d’emplois pérennes ». Au CHU, « tout va mal, la colère monte. On a eu le Ségur, il faut passer à autre chose, on a besoin de ratios soignants/soignés », abonde Pierre Renard (CGT). Du côté de la CFTC enfin, Sylvie Bernard alerte aussi sur le besoin de justice sociale. « Pendant le Covid, on a vu le rôle d’amortisseur de la Sécu. Depuis 2019, il y a un durcissement des conditions d’accès à France Travail. Or, le chômage nous pend au nez à tous. »

    * À 10h30 place Albert 1er
    à Montpellier.

    À 14h30 haut des allées
    Jean-Jaurès à Nîmes.

  • L’intersyndicale en ordre de marche

    L’intersyndicale en ordre de marche

    Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, suppression de deux jours fériés, gel des salaires et des pensions, suppressions de postes… En réaction à des mesures « d’une brutalité sans précédent », le ton du communiqué de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) s’est révélé particulièrement grave le 29 août. « Ensemble, nous alertons solennellement sur ce contexte et la situation de notre pays. Depuis le passage en force du Président de la République sur la réforme des retraites, notre pays s’enfonce dans une profonde crise sociale et démocratique », prévient-elle.

    Depuis, les organisations départementales se sont regroupées les unes après les autres ces derniers jours. En ligne de mire : se positionner en soutien pour le 10 septembre, et préparer la grève du 18. Avant la pause estivale, il était déjà question de poser une date en septembre, mais l’ambiance explosive du mouvement citoyen « Bloquons tout » et les annonces de Bayrou ont accéléré la cadence. « Cet été, l’intersyndicale a repris du poil de la bête, et c’est une très bonne nouvelle », constate Serge Ragazzacci, secrétaire général de la CGT de l’Hérault, qui partage sans détour l’humeur du texte collectif. « Le mot d’ordre, c’est le rejet des mesures de François Bayrou. Ce projet de budget vient confirmer les politiques de rigueur et d’austérité que nous subissons depuis longtemps et qui ont conduit à creuser les inégalités du pays. La fortune des plus riches a progressé trois fois plus vite que la richesse nationale », rappelle-t-il.

    Convaincue « qu’un autre budget est possible », Myriam Vermale abonde : « Les annonces du 15 juillet sont inadmissibles. Nous nous opposons à toutes ces propositions. Ça va être catastrophique », réagit encore la co-secrétaire de la FSU-Snuipp du Gard. « Surtout au regard de tous les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises… Comme les 211 milliards d’aides publiques proposées sans contrepartie. Il est injuste de demander aux plus petits salaires de payer la dette ! »

    Pour le 10 et le 18, des préavis de grève à dispo

    Très concrètement, l’intersyndicale n’appelle pas à la grève le mercredi 10 septembre, mais elle soutient l’initiative du blocage citoyen. « Notre mode d’action, c’est l’entreprise, explique Serge Ragazzacci, à la CGT. Il y aura des préavis à disposition pour ceux qui le souhaitent. Nous sommes en train de contacter les bases syndicales pour les encourager à se réunir et à prendre la température. Et puis on va utiliser cette mobilisation pour réussir la grande journée de grève en intersyndicale le 18 », détaille-t-il.

    Pas question de mettre les deux journées en concurrence en somme : dans leur esprit, la deuxième journée tentera de profiter de l’émulation populaire suscitée par la première. En réunion, Solidaires a également plaidé pour démarrer les tractages intersyndicaux sur le 18 juste après la mobilisation du 10. Histoire de ne pas semer la confusion…

    Secrétaire départemental de l’Unsa 34, Elian Bourgade s’avoue très optimiste. « Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! Et ce n’est pas qu’un mot… Je pense qu’il y a un vrai terreau, j’ai le sentiment que nous allons réussir à organiser une belle mobilisation », confie-t-il.

    Dans l’optique d’une démission de François Bayrou au lendemain d’un « vote de confiance » qui devrait bel et bien le conduire à sa perte, pas question non plus de faire marche arrière. « On est engagé sur un processus qui porte sur la défense des salariés, pas sur un changement de casting », poursuit Serge Ragazzacci (CGT).

    Ensemble, les huit syndicats réclament des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services publics, des mesures pour lutter contre la précarité, des investissements au profit de la transition écologique, plus de justice fiscale, une protection sociale de haut niveau et l’abandon de la retraite à 64 ans… Des revendications à l’opposé des orientations gouvernementales actuelles. C’est dire l’enjeu et l’ampleur de la tâche.

    * À Montpellier, pour la manif
    du 18, l’intersyndicale appelle
    à se réunir dès 10h30 sur la place Albert-1
    er.

    à Nîmes, rendez-vous à 14h30 aux Jardins de la Fontaine.

    L’intersyndicale a également
    mis en ligne une pétition via le site «
     Stop budget Bayrou »
    et la plateforme Change.org.
    Elle a atteint plus de 370
     000 signatures.

  • Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Un nouveau coup de froid sur la police municipale à Marseille. Depuis vendredi, plusieurs policiers municipaux ayant participé à l’envahissement de la mairie centrale le 21 novembre dernier se sont vu remettre des courriers les informant qu’une procédure disciplinaire était envisagée contre eux. « Vous avez été formellement identifié parmi les agents s’étant introduit dans l’hôtel de ville, expliquent les missives signées par le directeur des ressources humaines et datées du 13 août. Ce comportement inapproprié constitue un manquement au devoir de réserve et à l’obligation d’exemplarité qui s’imposent à tout agent public. »

    Au total, vingt-trois d’entre eux sont menacés de sanctions selon nos informations, confirmées par la Ville. Ils ont quinze jours pour accéder à leur dossier et adresser leurs observations, avant que les procédures ne soient engagées. « Vous avez le droit de garder le silence pendant la procédure disciplinaire engagée à votre encontre car tout ce que vous pourriez dire pourra être retenu contre vous », se conclut maladroitement le courrier. Suscitant une vive émotion dans les rangs.

    Fin novembre, une partie des agents s’étaient mis en grève à l’appel de la CFE-CFTC et de la FSU, protestant contre des augmentations différenciées du régime indemnitaires entre ceux qui travaillent de jour ou de nuit. Jusqu’à envahir l’hôtel de ville, avec des intimidations contre l’agent de sécurité, qui a déposé plainte, les fils du standard téléphonique arrachés, pendant que les agents chantaient « on est chez nous ». La Ville avait déposé plainte contre X, trois premiers courriers étaient partis au mois de janvier, ciblant selon nos informations l’agent ayant usé de son badge pour faire entrer les manifestants, celui qui a intimidé la sécurité privée à l’entrée et un autre filmé alors qu’il ciblait la directrice de la police municipale avec des propos peu amènes. Seul problème : tous trois sont délégués syndicaux, l’un à la FSU, deux à la CFE-CFTC. Alors à la mi-juillet, la CFE-CFTC interpelle le directeur général des services. Et explique qu’ils accepteraient des sanctions si elles touchaient tous les agents concernés, et pas seulement les trois responsables syndicaux. Des rumeurs, proteste la secrétaire générale de la CFE-CGC, Pascale Longhi Nous avons seulement fait remarquer que ce n’était pas normal que ce soit les nôtres, et nous avons demandé qu’il y ait de sanctions pour personnes », réfute-t-elle. « Nous lui avons fait remarquer que nous pouvions les attaquer pour discrimination syndicale et entrave syndicale », précise Philippe Angelelli, le secrétaire général de la CFTC Marseille.

    Pas d’excuses

    Si les sanctions contre les trois responsables syndicaux ne sont pas encore tombées, ils ne sont plus les seuls à être concernés par les procédures en cours. Alors même que les relations s’étaient apaisées, surtout depuis que les agents, au début de l’année, ont constaté qu’ils étaient tous bien augmentés, loin de certains discours instrumentalisés. « Les agents nous appellent, on ne comprend pas cet acharnement », soupire Pascale Longhi. « On bafoue le droit de grève en sanctionnant des gens qui ont exprimé quelque chose dans ce cadre-là », reproche Philippe Angelelli. Tous deux refusent cependant de s’excuser pour l’envahissement de la mairie. Mais même au-delà de leurs rangs, ces procédures suscitent un tollé. « Certains avaient juste suivi le mouvement, d’autres qui ont fait des actes plus répréhensibles passent au travers des mailles », grince un militant syndical. Beaucoup regrettant une décision administrative plus que politique. Qui risque de remettre le feu aux poudres.