Keffiehs, drapeaux, t-shirt orné d’une carte de son territoire, pendentifs… La Palestine était partout sur le parvis de l’hôtel de ville de Martigues ce lundi 22 septembre, quelques heures avant sa reconnaissance officielle par la France. « Cet acte, que nous attendions et que nous exigions depuis tant d’années, constitue une étape importante pour la justice et pour la paix au Proche-Orient, affirme le maire (PCF) Gaby Charroux devant une centaine de personnes. Il vient reconnaître les droits fondamentaux du peuple palestinien, bafoués depuis trop longtemps au mépris du droit international et de la dignité humaine. »
Pour Thierry Louchon, président du collectif Solidarité Palestine, cette reconnaissance est « un symbole important » mais tardif. « Le parlement français l’avait voté en 2014, donc ça fait 11 ans quand même », note-t-il.
Un drapeau à la main, Dahbia Lariche assène : « Ce n’est pas suffisant. Ils sont en train de reconnaître un cimetière ». La Martégale, qui a participé à la marche au Caire puis à la mobilisation au pied du Parlement européen à Bruxelles, aurait souhaité voir cette reconnaissance arriver plus tôt, elle qui a vu, en Égypte, « des familles palestiniennes avec des enfants sans bras, sans jambe, qui n’ont le droit de rien faire, ni de travailler, ni de se faire soigner, qui sont en prison, il y a juste les bombes qui ne leur tombent pas dessus ».
Le mouvement de la paix a envoyé des propositions au président de la République au 17 septembre, l’appelant à « demander une assemblée générale exceptionnelle des Nations unies pour exiger un cessez-le-feu immédiat et le retrait de l’armée israélienne, faire entrer l’aide humanitaire abondamment, appeler tous les États à adopter des sanctions globales, un vrai embargo militaire, réactiver les mécanismes anti-apartheid qui avaient été mis en place contre l’Afrique du Sud, mandater une force de protection armée multinationale de l’ONU afin de protéger les civils », énumère la présidente de la section locale Élisabeth Grand.
Martigues, comme sa voisine Port-de-Bouc et plus de 80 autres communes à travers la France selon un décompte communiqué par le ministère de l’Intérieur, affiche le drapeau palestinien devant sa mairie. Vendredi, Bruno Retailleau avait demandé aux préfets d’interdire ces pavoisements au nom de la neutralité du service public et de déférer les villes qui contreviendraient à cet ordre devant le tribunal administratif. Gaby Charroux dénonce avec fermeté ces « pressions et intimidations ». « Cela est indigne, cela est grave et cela constitue une atteinte directe à la liberté des collectivités locales, à la démocratie et à la cohérence même de la position française. (…) La solidarité n’est pas un délit. L’engagement pour la paix n’est pas une provocation. »




