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  • Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Préparée dans le plus grand secret – le lieu ayant été précisé au dernier moment à la presse – pour que l’électrochoc fonctionne à plein régime et éviter aussi que la direction ne vienne mettre des bâtons dans les roues, la mobilisation s’est déroulée dans une parfaite fluidité. Entrés sans encombre dans le magasin dès 9h, les manifestants ont défilé dans l’allée centrale de l’hypermarché, arborant drapeaux et chasubles de la CGT. Une centaine de salariés de l’enseigne sont venus inviter leurs collègues d’Ollioules à les rejoindre dans le combat pour défendre leurs droits et leurs intérêts.

    Dans sa prise de parole, le délégué syndical Patrick Aitaissa a dénoncé la stagnation des salaires, la réduction des effectifs et les conséquences des conditions de travail sur la santé des salariés, en rappelant les milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés par Carrefour. Histoire d’insister sur le décalage entre les résultats de l’entreprise et leur pouvoir d’achat.

    « Qui fait tourner les magasins ? Nous, les caissières, les employés libre-service, les boulangers, les bouchers, les manutentionnaires, les agents de sécurité... », martèle le responsable syndical. Et de poursuivre : « Les prix du loyer, de l’énergie et du caddie explosent. Et nos fiches de paie n’avancent pas. »

    La CGT pointe ensuite les responsabilités. À commencer par celle de la direction. Le syndicat l’appelle à respecter la clause de revoyure prévue dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), estimant que celle-ci doit permettre une évolution des salaires lorsque l’inflation augmente. « Quand l’inflation dérape, les salaires doivent suivre. Ce n’est pas une faveur, c’est un engagement », rappelle Patrick Aitaissala en demandant donc son application.

    Autre sujet mis en avant lors de cette mobilisation : les conditions de travail. La CGT dénonce « des effectifs réduits à l’os pour faire tourner le magasin » et des cadences qui épuisent et pèsent directement sur la santé des salariés. Mais aussi des changements de planning de dernière minute et les dimanches imposés.

    La CGT estime d’ailleurs que les alertes, lancées par les salariés concernant la sécurité et la souffrance au travail, ne sont pas suffisamment prises en compte. Et cerise sur le gâteau : des licenciements pour inaptitude, selon le syndicat, venant récompenser les loyaux services une fois les corps abîmés.

    Un autre rapport de force

    La mobilisation a en effet également porté sur le devenir de ces salariés confrontés à des problèmes de santé liés à leurs conditions de travail.

    « Nous exigeons l’arrêt de ces licenciements, plus de 3 200 depuis 2018 au sein de Carrefour, et le respect de l’obligation de reclassement », a déclaré le représentant syndical. Et d’évoquer selon lui le cas d’une ancienne salariée du magasin d’Ollioules, qui en a elle-même fait les frais après avoir été confrontée à des problèmes successivement aux deux épaules ayant entraîné plusieurs mois d’arrêt de travail.

    Dans ses communications institutionnelles, Carrefour met en avant un « dialogue social constructif et régulier » ainsi qu’une politique de « prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail ».

    Les inquiétudes relatives aux évolutions annoncées ou envisagées au sein du groupe, notamment la location-gérance et la franchise, ont également été exprimées. Avec à la clé, encore « moins de droits, moins de garanties, moins de protections » et la remise en cause des conquis sociaux. « On est là aussi pour dénoncer la stratégie de notre PDG, Alexandre Bompard, qui finalement, lui, se prend 19 000 euros par jour et nous augmente de 0,9%, alors que la plupart sont payés juste un peu au-dessus du Smic », poursuit Céline Arnaud, la déléguée syndicale nationale adjointe CGT Carrefour Hypermarché. Et de poursuivre : « C’est un rentier, pour gagner toujours plus d’argent, il loue ses magasins et sépare de la masse salariale. »

    La CGT a aussi mis en cause certaines pratiques syndicales. « Le syndicat maison est ici bien en place et maltraite les travailleurs de ce magasin », condamne la responsable cégétiste, qui affirme par ailleurs : « Ici, si tu n’as pas ta carte à ce syndicat, tu n’as pas de tire-pales électriques et tu t’exploses le dos avec un tire-pales manuel. » Une proximité avec la direction et des prises de position jugées indignes d’une organisation syndicale, blâme la CGT. Elle invite donc les salariés à « se réveiller » et voter aux prochaines élections professionnelles en leur faveur.

    Une démonstration bien accueillie qui pourrait porter ses fruits. D’ici là, CGT promet d’aider les salariés à s’organiser.

  • Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Et ce pour un double objectif, « dresser un état des lieux précis des difficultés rencontrées par les producteurs et recueillir des propositions concrètes d’amendements afin de mieux adapter le futur cadre législatif aux réalités du terrain », explique le sénateur dans un communiqué. Il exprime également des réserves face au projet de loi actuellement discuté à l’assemblée, dont il juge le contenu « faible au regard des besoins. » En ciblant par exemple « l’absence de garanties solides pour assurer un revenu digne aux agriculteurs » ou encore « les limites des mesures contre la concurrence déloyale. »

  • Le long chemin des mini-guêpes pour sauver les cerisiers

    Le long chemin des mini-guêpes pour sauver les cerisiers

    Ce vendredi après-midi, une quarantaine de personnes s’est réunie dans la salle polyvalente de Flassan, au pied du Ventoux. Mais, on a eu l’impression d’avoir deux salles, deux ambiances. À l’invitation du sénateur (PS) Lucien Stanzione, les protagonistes parlent des moyens de se prémunir contre la mouche drosophile, qui a ravagé des cerisiers, en 2024 et surtout en 2023. « Il n’y a pas de solution miracle et unique », rappelle Lucien Stanzione, en présence d’élus, de cerisiculteurs, mais aussi et surtout de Nicolas Borowiec, ingénieur de recherche à l’Inrae (Institut de recherche pour l’agriculture) de Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes).

    En mai 2024, le scientifique a procédé à un lâcher de 500 femelles Ganaspis sur des cerisiers, à Malaucène. Ces micro- guêpes auraient la vertu de cannibaliser la mouche drosophile. Les chercheurs parlent de lutte biologique par acclimatation, où des insectes sont utilisés pour mettre hors état de nuire d’autres insectes. Mais, là où la double ambiance de la réunion réside, c’est dans la temporalité. Difficile de faire coexister un chercheur et son temps (très) long et des cerisiculteurs, qui ne peuvent attendre des années pour que l’acclimatation porte ses fruits.

    « Le projet se porte bien »

    « Sur ma commune, il y a eu une expérimentation avec un lâcher de Ganaspi fait de manière secrète. J’ai l’impression que le résultat n’est pas concluant », s’aventure Dominique Plancher, maire (SE) de Venasque, territoire emblématique des cerises de Vaucluse. Alors que le pesticide le plus efficace sur les vergers a été interdit il y a quelques années pour son impact environnemental, « on est dans l’impasse, sans solutions rapides, bien que la Ganaspi peut être une bonne cartouche », estime Florian Bernard, producteurs de cerises à Beaumont-du-Ventoux.

    Ne prétendant pas avoir la panacée, Nicolas Borowiec plaide pour « des combinaisons de méthodes à des degrés de maturation différents, avec des filets, des insectes stériles ».

    En Vaucluse, une dizaine de lâchers a eu lieu. Le site de Malaucène est « favorable » et a donné lieu à un second lâcher de 100 femelles. « Le projet se porte bien, ce n’est pas parce qu’on ne détecte pas la guêpe qu’elle n’y est pas », souligne Nicolas Borowiec qui, confiant, sait que des recaptures ont été faites en Italie, qui a utilisé la même méthode.

    S’il comprend l’impatience des agriculteurs, le chercheur travaille sur le sujet depuis 2012… « Les politiques attendent l’urgence pour débloquer des fonds [300 000 euros pour ce projet] or, on aurait pu faire cette acclimatation en amont avant l’arrivée du ravageur », regrette-t-il.